Booker T. Washington

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Booker T. Washington

Booker Taliaferro Washington ( à Hale's Ford (Virginie) – (à 59 ans) à Tuskegee (Alabama)) fut enseignant, écrivain et un militant qui défendit les droits des Américains noirs.

Biographie[modifier | modifier le code]

Washington est né esclave, d'un père blanc et d'une mère noire, dans une ferme du Sud-Ouest de la Virginie. À l'abolition, en 1865, il exerce divers travaux manuels avant de poursuivre des études à l'université de Hampton, en Virginie. Il devient ensuite lui-même enseignant à Hampton. Sur recommandation du président de l'université de Hampton, le général Armstrong, Washington fonde en 1881 la première école normale (chargée de former les enseignants) destinée aux populations noires dans le Sud, l'institut de Tuskegee en Alabama.

Le 18 septembre 1895, Washington prononça le discours qui marquerait le tournant de sa carrière lors de l'inauguration de l'Exposition Internationale des États producteurs de coton à Atlanta, plus connu sous le nom de Compromis d'Atlanta. Devant une assemblée composée de personnes blanches et noires, il expose ses convictions quant à l'émancipation de son peuple, trente ans après la fin de l'esclavage. « Nous pouvons, sous toutes les facettes de notre existence sociale, être séparés comme les doigts, mais nous unir en une main pour toute chose essentielle à notre progrès mutuel[1]. » Ces paroles marqueront durablement les esprits. Car dans l'idéologie de Washington sont encore perceptibles des positions de soumission à l'égard des blancs et une incapacité à sortir brutalement de la ségrégation, ce qui lui attira les foudres d'autres leaders noirs de l'époque. Toutefois, sa volonté de cohésion des deux groupes, sa foi dans une convergence des intérêts des deux « races » (Washington emploie le terme de race pour parler des Noirs et des Blancs), lui ont permis de se faire entendre des plus hautes instances blanches du Sud comme du Nord.

Jusqu'à sa mort en 1915, Washington a fait figure de représentant majeur de la communauté afro-américaine des États-Unis.

Le 4 novembre 2008, dans son discours de clôture de la campagne faisant suite à la victoire de son adversaire Barack Obama, le malheureux sénateur John McCain a fait référence à Booker T. Washington. Il cherchait à indiquer qu'il aura fallu une centaine d'années entre l'invitation du Président Theodore Roosevelt à Booker T. Washington et l'élection à la plus haute marche d'un afro-américain.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Traduction J.M. Vazelle. Up from Slavery, ascension d'un esclave émancipé, Les éditeurs libres, 2008.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur Booker T. Washington[modifier | modifier le code]

  • (en) Louis R. Harlan, Booker T. Washington: The Making of a Black Leader, 1856-1900 (1972) the standard biography, vol 1.
  • (en) Louis R. Harlan, Booker T. Washington: The Making of a Black Leader, 1856-1901 (1975) (Oxford University Press).
  • (en) Basil Mathews,Booker T. Washington (2007) (Mathews Press).

Voir aussi[modifier | modifier le code]