Éthio-jazz

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L'éthio-jazz est une forme de jazz née en Éthiopie (regroupant alors également l'Érythrée) à la fin des années 1950 et devenue extrêmement populaire dans les bars et hôtels d'Addis-Abeba de 1960 à la fin des années 1970. L'éthio-jazz connait une redécouverte en Occident à la fin des années 1990 avec le travail de Francis Falceto qui permet la réédition des albums dans la collection « Éthiopiques » du label français Buda Musique.

Historique[modifier | modifier le code]

L'éthio-jazz est né dans les bars d'Addis-Abeba sous les influences du jazz et de la musique traditionnelle éthiopienne dite azmari, de la musique latine, de la pop music anglo-américaine. L'influence du musicien d'origine arménienne Nersès Nalbandian (1915-1977) fut aussi très importante pour l'essor de la musique éthiopienne moderne[1]. De nombreux groupes officiels, alors seuls autorisés à jouer par le gouvernement, tels que l'Orchestre de la Garde impériale, le Police Orchestra, l'Alèm-Girma Band, ou le Ras Hotel Band développeront sur une période de 15 ans cette musique avec le soutien de Philips Ethiopia. Parmi les plus grands succès nationaux et internationaux de l'éthio-jazz, se trouve l'album Erè Mèla Mèla de Mahmoud Ahmed[2] publié en 1975.

À l'extérieur de l'Éthiopie, le renouveau de l'éthio-jazz est marqué par deux évènements. À la fin des années 1990, le label indépendant français Buda Musique réédite sous l'impulsion de Francis Falceto[3] les plus grandes voix de l'éthio-jazz avec la collection « Éthiopiques » permettant la redécouverte en Occident du groove de la corne de l'Afrique. Le second est lié au succès en 2004 aux États-Unis et dans le monde du film de Jim Jarmusch, Broken Flowers[4], où le personnage secondaire est un éthiopien fanatique de l'éthio-jazz des années 1970 qui illustre la bande originale du film, avec notamment les succès de Mulatu Astatke[5].

Ce renouveau est maintenu vivant par quelques chanteurs de cette période encore actifs, tel que Mahmoud Ahmed, et la reprise du style et des standards de l'éthio-jazz par de nouvelles formations américaines et européennes, telles que le Either/Orchestra (États-Unis), Imperial Tiger Orchestra (Suisse), et en France, uKanDanZ (avec le chanteur Asnaqé Guébréyès), Le Tigre (des platanes) (qui collabore depuis 2007 avec Eténèsh Wassié), Akalé Wubé, et Arat Kilo.

Principaux musiciens et chanteurs[modifier | modifier le code]

Mulatu Astatke est probablement la figure la plus emblématique et connue de l'éthio-jazz, avec le saxophoniste Getatchew Mekurya. Les chanteurs et musiciens populaires les plus connus sont Mahmoud Ahmed, Gigi Shibabaw, Teddy Afro, Tilahun Gèssèssè, Aster Aweke, Hamelmal Abate, Tewodros Tadesse, Ephrem Tamiru, Tèshomè Meteku, Muluqèn Mèlèssè, Bizunesh Bekele, Tadesse Alemu, Alèmayèhu Eshèté, Girma Bèyènè, Neway Debebe, Asnatqètch Wèrqu, et Ali Birra.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un siècle de musique moderne en Éthiopie par Francis Falceto dans Cahiers d'études africaines no 168, 2002, p.711-738.
  2. (en) Music Is the Weapon of the Future: Fifty Years of African Popular Music, par Frank Tenaille, Chicago Review Press, 2002, (ISBN 9781556524509), p.169
  3. Une première réédition remarquée de l'album Erè Mèla Mèla de Mahmoud Ahmed a eu lieu en 1986 sur le label Crammed Discs, déjà produite par Francis Falceto.
  4. Collection Éthiopiques, interview de Francis Falceto sur RFI Musiques le 6 avril 2006.
  5. Mulatu Astatke - Éthio jazz dans l'émission Tracks d'arte du 11 août 2011.