Fats Waller

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Thomas Waller

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Fats Waller en 1938

Informations générales
Surnom Fats Waller
Nom de naissance Thomas Wright Waller
Naissance 21 mai 1904
Décès 15 décembre 1943 (à 39 ans)
Activité principale Pianiste, organiste, chanteur, chef d'orchestre
Genre musical Jazz, swing, stride
Années actives 1922 - 1943
Labels Victor, Bluebird Records
"Fats" Waller and his Rhythm: Functionizin'

Thomas Wright Waller, dit Fats Waller, né le 21 mai 1904 à New York, mort le 15 décembre 1943 à Kansas City (Missouri), est un pianiste de jazz, organiste et compositeur américain.

Biographie[modifier | modifier le code]

La famille Waller est originaire de Virginie et s'est installée à New York au tournant du XXe siècle siècle pour s'assurer un avenir plus favorable. De 1890 à 1910, ils auront onze enfants dont cinq seulement survivront.

Thomas Wright Waller naît le 21 mai 1904. Vers l'âge de 6 ans, il se familiarise avec le piano d'une voisine puis reçoit quelques leçons d'une certaine Miss Perry. Il suit souvent ses parents qui prêchent au coin des rues. Au temple, il accompagne les chants sur l'orgue, instrument auquel il restera attaché toute sa vie. Son intérêt pour la musique grandit et l'acquisition d'un piano dans le foyer confirme sa vocation, il sera pianiste.

Dans l'orchestre de l'école, il se distingue en jouant des airs à la mode. Lorsqu'il découvre Harlem et sa vie nocturne, le déclic est foudroyant ; il trouve des petits emplois, joue de plus en plus et traîne aux abords des night-clubs afin d'approcher ses idoles. Au désespoir de son père avec lequel il se brouille, il quitte le domicile familial et fait la connaissance de James P. Johnson, alors maître incontesté du stride, devient son élève et son protégé. À 16 ans, il décroche son premier engagement en tenant l'orgue du Lincoln Theater durant les projections de films muets.

Thomas Wright Waller, qu'on appelle déjà « Fats » en raison de sa corpulence, se révèle très doué. Il rencontre Willie « The Lion » Smith, autre grande figure de l'école « stride » de Harlem et trouve naturellement sa place dans le milieu professionnel. Sa notoriété ne cesse de grandir tant dans les night-clubs que dans le circuit des soirées privées (« rent parties »).

En 1922, il grave ses premiers enregistrements, Muscle Shoals Blues puis Birmingham Blues. Pour la QRS Company, il grave des « pianos-rolls » (rouleaux pour piano mécanique). À 20 ans, c'est un artiste reconnu sur toute la scène de Harlem. Il se lie d'amitié avec Andy Razaf, poète et parolier. Ensemble, ils écrivent des comédies musicales pour Broadway. De ces spectacles sont nés des thèmes qui sont aujourd'hui des standards de jazz, comme Ain't Misbehavin' (en), Black and Blue ou Honeysuckle Rose.

Durant toute sa carrière, Fats Waller ne signera pas loin de 450 compositions. Dans les années 1930, sa popularité en tant que pianiste, compositeur et chanteur est immense. Il enregistre ses plus beaux solos de piano, apparaît dans des films (Stormy Weather en 1943) et fait deux tournées en Europe. Chaque apparition en public déclenche les rires et la bonne humeur tant la personnalité de Fats est explosive et truculente. Avec son orchestre « Fats Waller and his Rhythm » fondé en 1934, il sillonne les États-Unis et grave près de 500 titres.

Parmi ses chansons les plus célèbres, citons Squeeze Me (1919), Ain't Misbehavin' (en) (1929), Honeysuckle Rose (1929), I’ve Got a Feeling I’m Falling (1929), Blue Turning Grey Over You (1930) et Jitterbug Waltz (1942).

Durant sa tournée triomphale au Royaume-Uni en 1938-1939, il fut invité dans l’une des premières émissions de télévision de la BBC. Il y fit aussi quelques enregistrements, avec un orchestre du nom de Fats Waller & His Continental Rhythm. Il enregistra également sa London Suite en solo.

À la demande des producteurs, il ajoutera à son répertoire de plus en plus de chansons populaires sans intérêt particulier, qu'il interprètera avec les grimaces et pitreries réclamées par le public. Sur la fin de carrière, il confiera à ses amis qu'il est las de son image d'amuseur burlesque et qu'il souffre de ne pas être considéré avant tout comme un musicien. Seuls ses proches et un public plus averti savaient que derrière le clown se cachait un pianiste complet et d'une grande sensibilité.

Après une succession de tournées harassantes qui l'affaiblissent considérablement, Thomas Fats Waller décède à 39 ans d'une broncho-pneumonie le 15 décembre 1943, dans un train à proximité de Kansas City.

Enregistrements[modifier | modifier le code]

Piano Solos[modifier | modifier le code]

Fats Waller & His Buddies (1929)[modifier | modifier le code]

  • The Minor Drag
  • Harlem Fuss
  • That's How I Feel Today
  • Six or Seven Times
  • Looking Good But Feeling Bad
  • I Need Someone Like You
  • Looking for Another Sweetie
  • Ridin' But Walkin'
  • Won't You Got Off Please
  • When I'm Alone

Fats Waller & His Rhythm[modifier | modifier le code]

Plus de 400 enregistrements parmi lesquels :

Filmographie[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Le film Soyez sympas, rembobinez, de Michel Gondry, est parcouru par le récit de la création d'un documentaire/fiction amateur consacré à la vie de Fats Waller.
  • Un jour, Fats Waller fut enlevé par quatre gangsters sous la menace de leurs armes et jeté dans une limousine. Étant noir et ses ravisseurs blancs, Fats était terrorisé. On l'emmena à une réception où on le fit s'asseoir au piano. Fats Waller était le cadeau d'anniversaire fait à Al Capone par ses hommes. Capone lui servit du champagne et remplissait ses poches de billets à chaque fois qu'il lui jouait un air à sa demande. Fats rentra chez lui au bout de trois jours avec une gueule de bois et les poches remplies de billets...
  • Sous ses yeux, sa mère dut être évacuée de chez elle par un treuil car son obésité lui interdisait de franchir la porte d'entrée. Cette épreuve fut pour lui un traumatisme alors qu'il n'avait que 16 ans. Cela ne calma guère sa boulimie. Refusant par la suite de vivre seul dans le domicile familial, il se mit alors à « squatter » chez James P. Johnson, ce qui lui permit quand même d'y découvrir le piano mécanique, et donc ce fabuleux art qui plus tard fera sa gloire[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ain't Misbehavin': The Story Of Fats Waller, Ed Kirkeby (Dodd, Mead & Company 1966)
  • (en) Fats Waller, the Cheerful little earful, Alyn Shipton (2005)
  • (en) Fats Waller, His Life & Time , Alyn Shipton (Omnibus Press UK, 1988)
  • (en) Fats Waller, Performances in transcription, Paul S. Machlin (AR Éditions Inc, 2001)
  • (en) Stride : The music of Fats Waller, Paul S. Machlin, (Twayne Publishers, 1985)
  • (en) Fats Waller, Maurice Waller and Anthony Calabrese (Schirmer Books, 1997)
  • Fats Waller, bande dessinée de Igort et Carlos Sampayo (2004)
    • tome 1 : La Voix de son maître
    • tome 2 : Chocolat Amer

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Filmographie de Fats Waller », sur imdb.com (consulté le 9 juin 2013).
  2. Jazzman no 102, 1er mai 2004.

Liens externes[modifier | modifier le code]