Scat

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Le scat est une forme de jazz vocal (en) où des onomatopées sont utilisées plutôt que des paroles, s'opposant en cela au vocalese, autre forme de jazz vocal.

Historique[modifier | modifier le code]

Louis Armstrong qui a popularisé le scat

Selon Mezz Mezzrow (dans Really the Blues, son autobiographie), c'est Louis Armstrong qui a pour la première fois enregistré du scat. Lors de la session du 26 février 1926 avec son Hot Five, Louis entame Heebies Jeebies, fait le clown, et du coup lâche le papier où étaient écrites les paroles. Il doit alors inventer le reste pour finir le chorus..

« À ce moment précis, l'instant où Louis laissa tomber ce bout de papier et donna libre cours à son génie d'improvisation, il marqua le début d'une mode musicale qui allait faire fureur et devenir partie intégrante de la culture américaine, au même titre que Mickey Mouse ou le Coca-Cola. Tous les brailleurs de « hi-de-ho », « vo-de-o-do » et de « boop-boop-a-doo » qui surgirent par la suite dans tout le pays [...] ne réussirent pour la plupart qu'une pâle imitation commerciale de ce que Louis avait fait spontanément et avec un sens musical parfait. » [1]

Dans My musical autobiography, enregistrée en 1957-1958, Satchmo raconte lui-même cet épisode !

On trouve une séquence analogue dans Les Temps modernes (1936) de Charlie Chaplin au cours de laquelle Charlot perd le bracelet sur lequel la gamine avait écrit les paroles de sa chanson.

Il existe cependant des enregistrements de scat plus anciens, notamment de Don Redman et Cliff Edwards. Jelly Roll Morton affirmait déjà le chanter avec Tony Jackson à la Nouvelle-Orléans en 1905 !

La chanson I wanna be loved by you, en 1928, fait également intervenir le scat. Elle sera reprise notamment par Marilyn Monroe dans le film Certains l'aiment chaud, où elle intègre le célèbre « pou-pou-pi-dou » chanté par Betty Boop au début des années 1930.

La chanson Be-Bop-A-Lula, chantée en 1956 par Gene Vincent et reprise par de nombreux artistes, est également un exemple notoire de scat.

Anita O'Day a été également une interprète de scat, par exemple dans Tea For Two, Four Brothers enregistrement Live In Tokyo 63 (Kayo Stereophonics 2007) Sweet Georgia Brown (Jazz On A Summer Day Newport 1958)

La grande chanteuse de scat Ella Fitzgerald

Ella Fitzgerald a utilisé et développé cette technique dans une grande partie de son répertoire.

Cab Calloway apporta également beaucoup au mouvement scat, avec des succès tels que Zaz-Zuh-Zaz, ou The Scat Song.

Le dessin animé Les Aristochats produit en 1970 par Walt Disney Company comporte une ou deux scènes où les chats copains de O'Malley, dont le « chef de bande » s'appelle justement Scat Cat, se déchaînent en scat — le jeu de mots entre cat (signifiant « chat » en anglais) et scat étant utilisé dans l'air Everybody wants to be a [s]cat.

Louis Armstrong et Danny Kaye ont laissé un duo de scat remarquable dans l'interprétation de When The Saints du film The Five Pennies en 1959.

En France, Michel Legrand et France Gall à leurs débuts ont remarquablement illustré le genre.

Le fondateur du groupe Magma, Christian Vander, également célèbre pour son utilisation d'une langue inventée, le kobaïen, a parfois recours au scat, par exemple dans le morceau «Zëss», composé dans les années 1970, jamais enregistré en studio, mais qu'on peut entendre sur le DVD Mythes et Légendes : Epok IV enregistré au Triton, à Paris, en 2005. Dans «Öhst» (Félicité Thösz, 2012) kobaïen et scat sont parfois difficiles à dissocier. Dès les années 1970, Christian Vander avait l'habitude de ponctuer de scat aux éléments très brefs ses solos de batteries comme dans «Korüsz XXVI» (Bourges 1979, 1979).

Toujours en France, la chanteuse Anne Ducros développe un art du scat très personnel tout en restant dans la grande tradition d' Ella Fitzgerald et de Sarah Vaughan.

Le scat a été popularisé aussi auprès du grand public, en fin d'année 1994, par le pianiste et chanteur John Larkin, sous le pseudonyme de Scatman, qui a été pendant quelques semaines une vedette du Top 50 avec son hit Scatman (Ski Ba Bop Ba Dop Bop). Il a reçu à sa mort le surnom de King of Scat.

Le groupe KoЯn utilise du scat dans certaines chansons, notamment dans la chanson Twist, introduction de l'album Life Is Peachy ou encore dans Freak On A Leash, single de l'album Follow The Leader.

Notons aussi la chanson Le Scat de Michel Jonasz, où le scat est bien sûr le thème de la chanson, mais de plus constitue la plus grande part du morceau.

On peut aussi considérer le hit 2010 We No Speak Americano de Yolanda Be Cool et DCUP comme utilisant le scat, entre autres, avec de la techno et des cuivres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mezz Mezzrow, Really The Blues / La rage de vivre, p. 178, Le Livre de poche, 1341-1342, Ed. Buchet-Chastel.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]