CTI Records

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir CTI, Creed et Taylor.

CTI Records

Filiale A&M Records
Fondation 1967
Fondateur Creed Taylor
Statut disparu
Genre smooth jazz
soul jazz

CTI Records (ou Creed Taylor Inc.) est un label discographique de jazz fondé en 1967 par le producteur américain Creed Taylor. À l'origine filiale de A&M Records, le label devient indépendant en 1970. Les productions CTI ont touché un large public durant les années 1970 en fusionnant jazz et pop.

Histoire du label[modifier | modifier le code]

Producteur de jazz réputé, Creed Taylor fonda le label Impulse! et travailla pour Verve Records et A&M Records durant les années 1960 avant de fonder Creed Taylor Inc. en 1967[1],[2]. CTI était à l'origine une filiale du label A&M Records et devint indépendant en 1970[3]. Le label réussit à plusieurs reprises à toucher un public plus large que celui des amateurs de jazz, notamment avec les albums Mister Magic de Grover Washington, Jr. et BJ 4 de Bob James[3]. L'adaptation par le musicien brésilien Eumir Deodato du poème symphonique Ainsi parlait Zarathoustra, composé par Richard Strauss, rencontra un grand succès en 1973, se classant à la seconde place du Billboard Hot 100[4]. La filiale Kudu Records fondée en 1971 était plus orientée soul jazz et édita entre autres les disques de Grover Washington, Jr., Hank Crawford et Idris Muhammad[1],[3].

Lorsque CTI fit faillite son catalogue devint la propriété de Columbia Records, label appartenant à Sony Music Entertainment, qui réédita sous l'étiquette CBS des albums de Gerry Mulligan, Esther Phillips ou encore George Benson au format CD durant les années 1980[2]. D'autres disques du catalogue CTI, notamment des albums de Stanley Turrentine et Antônio Carlos Jobim, furent réédités par Legacy, filiale de Sony, durant les années 2000[3].

Style musical et héritage[modifier | modifier le code]

Le label recruta l'ingénieur du son Rudy Van Gelder, qui travailla auparavant chez Impulse! et Verve, et créa le « son CTI »[3]. Creed Taylor employait ses propres arrangeurs, tel Don Sebesky, dont les orchestrations contribuèrent à la popularité des disques de Wes Montgomery et George Benson[5], et Bob James, qui fut engagé en 1973 et travailla sur les disques de Grover Washington, Jr., Eric Gale et Hank Crawford avant de rejoindre CBS Records[6]. Les artistes signés par CTI, tels Freddie Hubbard, Paul Desmond et Ron Carter, apparaissaient souvent en tant qu'instrumentistes sur les disques de leurs camarades de label[2].

CTI réussit à séduire un large public en fusionnant l'improvisation propre au jazz avec des aspects plus accessibles et pop[7],[8], inventant le concept de smooth jazz avant l'heure. Les productions du label ont été fréquemment samplées après sa disparition, des extraits de morceaux édités par CTI apparaissent sur les disques d'artistes hip-hop tels Run-DMC, LL Cool J et Snoop Dogg[3].

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

Les pochettes de disques réalisées par le photographe Pete Turner, souvent conçues comme des compositions abstraites, ont contribué à forger l'identité visuelle du label[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Scott Yanow, « Biographie de Creed Taylor », Allmusic
  2. a, b et c (en) Leonard Feather, « Jazz: The Superior Fusion of Creed Taylor », Los Angeles Times,‎ 31 janvier 1988
  3. a, b, c, d, e et f (en) J. D. Considine, « Music: That 70's Jazz (for the Discriminating Rapper) », The New York Times,‎ 31 mars 2002
  4. (en) « Eumir Deodato - Charts & Awards - Billboard Singles », Allmusic
  5. (en) Richard S. Ginell, « Biographie de Don Sebesky », Allmusic
  6. (en) Ian Carr, Digby Fairweather et Brian Priestley, The Rough Guide to Jazz, Rough Guides,‎ 2004, 3e éd., 927 p. (ISBN 9781843532569, lire en ligne), p. 398
  7. (en) James E. Perone, The Sound of Stevie Wonder : His Words and Music, Greenwood Publishing Group,‎ 2006, 187 p. (ISBN 9780275987237, lire en ligne), p. 99
  8. (en) Robert Palmer, « Esther Phillips: Blues, Jazz and Soul », The New York Times,‎ 19 mars 1982
  9. (en) Steve Coates, « Holiday Books: Jazz », The New York Times,‎ 6 décembre 2006

Liens externes[modifier | modifier le code]

Discographie par Doug Ramsey :