Blue Note Records

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Blue Note Records

Description de l'image  Blue note records logo.svg.
Filiale EMI
Fondation 1939
Fondateur Alfred Lion
Francis Wolff
Max Margulis
Maison de disques The Blue Note Label Group
Genre Jazz
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Site web (en) bluenote.com

Blue Note Records est un label de jazz fondé en 1939 à New York par Alfred Lion (1909-1987) et Max Margulis (1907-1996)[1]. Il appartient aujourd'hui au groupe EMI. Son nom provient de la note bleue caractéristique du jazz et du blues.

Histoire[modifier | modifier le code]

Alfred Lion, juif allemand, avait émigré aux États-Unis à cause de l'arrivée au pouvoir d'Hitler. Il s'associa d'abord à l'écrivain Max Margulis, qui financa les débuts du label, mais qui le quitta au milieu des années 1940[1]. Le photographe Francis Wolff (1907-1971), également juif allemand ayant fui le nazisme et ami de Lion, rejoignit alors Blue Note[1].

Blue Note est principalement associé au style hard bop, qu'il a grandement contribué à développer dans les années 50, bien qu'il ait publié des disques dans presque tous les genres de jazz. Horace Silver, Jimmy Smith et Art Blakey sont les musiciens les plus liés au label, mais Blue Note a enregistré presque tous les jazzmen importants de l'après-guerre, et notamment plusieurs "classiques" de Clifford Brown, Miles Davis, Lou Donaldson, Dexter Gordon, Johnny Griffin, Herbie Hancock, Freddie Hubbard, Grant Green, Jay Jay Johnson, Jackie McLean, Thelonious Monk, Lee Morgan, Bud Powell, Max Roach, Sonny Rollins ou Wayne Shorter.

Le label a longtemps été autonome et Alfred Lion enregistrait selon son goût personnel. Il fallait seulement avoir du swing ou du groove et garder le sentiment du blues. Quant à Francis Wolff, il réalisait les photographies pour les pochettes des disques. À partir de 1956, le graphiste Reid Miles contribua également à fixer l'identité visuelle de Blue Note, grâce à ses pochettes d'un style marqué[1]. De 1952 à la fin des années 1970, presque tous les albums de Blue Note furent enregistrés par l’ingénieur de son Rudy Van Gelder[2]. On doit également à ce dernier, depuis 1999, la remastérisation en CD 24 bits de plusieurs des albums les plus classiques du label.

Dans les années 1950 et 1960, le label avait comme particularité, parmi les étiquettes indépendantes, de financer les répétitions des musiciens en vue des enregistrements. Ce fait explique pour une part la richesse de son catalogue (qui en fit le plus célèbre des labels indépendants dédiés au jazz), de même que le caractère distinctif de ce qu’il est convenu d’appeler le « son Blue Note ». Ce son, marqué par la cohésion constante du jeu des musiciens[3], s’éloigne de celui des « jam sessions » impromptus qui étaient presque la norme sur disque à l’époque.

Suite à la retraite d’Alfred Lion en 1967 et à la mort de Francis Wolff en 1971, le label entre dans une période de déclin, caractérisée par des projets à visées essentiellement commerciales, qui le mène à sa dissolution en 1981. Il est toutefois ressuscité en 1984 par Bruce Lundvall, qui confie alors le vaste travail de réédition des archives du label à Michael Cuscuna. Ce dernier s’était déjà lancé, à partir de 1975, dans une entreprise d’édition des inédits de Blue Note, notamment sur l’étiquette qu’il avait fondée, Mosaic Records. Blue Note avait en effet accumulé, depuis sa fondation, nombre d’enregistrements de grand intérêt qui, par manque de temps ou d’argent, n’avaient jamais été commercialisés[4]. Dans la seconde moitié des années 1980, d'anciens artistes reviennent chez Blue Note, et de jeunes artistes prometteurs rejoignent le label[1].

Aujourd'hui, Blue Note met en avant des chanteuses comme Cassandra Wilson ou Norah Jones et n'hésite pas à élargir son répertoire en signant des artistes soul ou folk à l'instar de Amos Lee, Raul Midón ou Keren Ann ; ou encore le rappeur Oxmo Puccino.

Claude Nougaro fut le premier chanteur français à enregistrer sur le label, à l'occasion de son disque posthume La Note Bleue, sorti en septembre 2004.

Sélection[modifier | modifier le code]

Parmi les 900 ou 950 « standards » du label :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Richard Cook, Blue Note Records. The Biography, Pilmico, 2003
  • (en) Ashley Khan, Somethin' Else: The Story of Blue Note Records and the Birth of Modern Jazz, Viking Adult (à paraître)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Sylvain Siclier, « Blue Note fête soixante-dix ans au service du jazz », Le Monde, 7 avril 2009.
  2. M. Erlewine et al. (éds.), All Music Guide to Jazz, 3e éd., San Francisco, Miller Freeman Books, 1998, p. 1323.
  3. Jonathan Glusman, « La part du Lion », Jazz Magazine no 600, février 2009, p. 29-30.
  4. Entrevue de Michael Cuscuna avec Christian Gauffre, Jazz Magazine no 600, février 2009, p. 36-37.