Douglas A-3

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Pix.gif Douglas A-3 Skywarrior Su-27 silhouette.svg
A3D Skywarrior.jpg Vue de l'avion

Constructeur Drapeau : États-Unis Douglas Aircraft Company
Rôle Bombardier stratégique embarqué
Premier vol
Mise en service 1956
Équipage
3
Motorisation
Moteur Pratt & Whitney J57
Nombre 2
Type Turboréacteur
Poussée unitaire 46,7 kN
Dimensions
Envergure 22,10 m
Longueur 23,27 m
Hauteur 6,95 m
Surface alaire 75,4 m2
Masses
À vide 17 900 kg
Avec armement 31 750 kg
Maximale 37 200 kg
Performances
Vitesse maximale 980 km/h
Plafond 12 500 m
Rayon d'action 2 130 km
Charge alaire 421 kg/m2
Armement
Interne 2 canons de 20 mm en tourelle de queue
5 400 kg de bombes ou 1 bombe nucléaire Mark 15 de 3 540 kg

Le Douglas A-3 Skywarrior fut le premier bombardier stratégique biréacteur construit pour l'US Navy. Il fut surnommé « la Baleine » (eng: The Whale) par les équipages.

Pendant de nombreuses années, il fut l'avion le plus lourd à pouvoir décoller d'un porte-avions. Il fut également un des appareils de l'US Navy à rester le plus longtemps en service actif (1956-1991), surtout en tant que plate-forme de guerre électronique et ravitailleur en vol (EKA-3).

Il donna naissance à des versions spécifiques destinées à l'US Air Force, désignées Douglas B-66 Destroyer.

Conception[modifier | modifier le code]

Le Skywarrior fut pensé, dessiné et créé par Ed Heinemann, qui créa également le A-4 Skyhawk (A4D). Il devait principalement servir à l'attaque nucléaire à partir d'un porte-avions, rôle que l'US Navy abandonna par la suite après le succès du programme Polaris.

En 1948, l'US Navy émit une fiche programme pour un avion d'attaque embarqué à long rayon d'action à réaction. Il devait emporter une charge de 4 536 kg (10 000 livres US) ou une bombe atomique.

Son développement posa quelques problèmes, car à l'époque tout ce qui concernait l'armement nucléaire était classé « Top Secret », et les ingénieurs furent contraints d'estimer la taille de la bombe. De plus, une des spécifications précisait que la soute à bombes devait être accessible en vol afin de permettre à l'équipage d'armer la bombe atomique.

Lors d’une conversation avec le général Otto Glasser, responsable du programme des armes nucléaires de l’USAF, Heineman, prenant en référence la bombe d’Hiroshima qui faisait 154 cm de diamètre, déclara qu'il serait possible de construire une bombe atomique d’un diamètre de 81 cm (eng 32 inches) et que cette bombe pourrait se loger dans un bombardier embarqué. En fait, l’estimation d'Ed Heineman se révéla exacte, ce qui lui valut, une semaine après avoir parlé au général Glasser, la visite du FBI qui voulait absolument savoir comment il avait pu obtenir ces informations[1]. Toute la firme Douglas fut sous surveillance, mais fut exemptée de tous soupçons après enquête. L’usine d’El Segundo reçu même un contrat pour participer à la construction des nouvelles bombes nucléaires TX-5 et TX-7[2].


Le Douglas A-3 Skywarrior effectua son premier vol le 28 octobre 1952 (XA3D-1). Le Skywarrior fut préalablement nommé A3D (3e avion d'Attaque de Douglas). En 1962, après l'adoption d'une standardisation des désignations pour les trois Armes (USAF/US Navy/US Marine Corps), il fut nommé A-3.

Il était équipé à l'origine d'une tourelle arrière de 2 canons de 20 mm pour sa défense. Cette tourelle était télécommandée depuis le cockpit. Elle fut supprimée sur les versions EA/EKA/NA/TA-3.

Afin de réduire le poids de l’avion, les sièges éjectables furent abandonnés. A la place un tunnel d’évasion fut mis en place[3]. Les pilotes surnomèrent alors le A3D All 3 Dead, (les trois morts).

Engagements[modifier | modifier le code]

Après l'abandon de la mission de bombardement nucléaire, les A-3 furent modifiés en KA-3 (ravitailleur en vol et bombardier conventionnel).

Un KA-3 ravitaille un Supermarine Scimitar F.1 (en) de la Royal Navy sous la protection d'un Douglas A-4 Skyhawk (1962 ou 63)

Guerre du Viêt Nam[modifier | modifier le code]

Il fut le premier avion américain à effectuer des missions de bombardements au Nord-Viêt Nam. Par la suite, la plupart des KA-3 furent utilisés pour des missions de mouillage de mines, mais servirent plus intensivement comme plate-forme de ravitaillement en vol. Il fut modifié afin de pouvoir ravitailler aussi bien les appareils de l’USAF que ceux de l’US Navy. Ce type de mission sauva plus d'un équipage lors de son retour de mission sur le Nord-Viêt Nam.

La modification des KA-3 en EKA-3 donna la possibilité à l'US Navy d'utiliser le Skywarrior soit pour des missions de guerre électronique, soit pour le ravitaillement en vol, soit les deux simultanément. Dans ce type de mission, l'A-3 ravitaillait les autres appareils tout en brouillant les radars nord-vietmaniens.

Guerre froide[modifier | modifier le code]

Comme l'EB-66, l'EKA-3 fut aussi utilisé intensivement pour espionner les pays de l'Est, ainsi que la Chine. Il fut également utilisé pendant l'opération Desert Storm, qui fut sa dernière mission opérationnelle.

Variantes[modifier | modifier le code]

A-3 (A3D-1) : Bombardier stratégique embarqué
  • A-3 (A3D-1) : Bombardier stratégique embarqué
  • EA-3(A3D-1 Q) : Version de guerre électronique
  • EKA-3  : 34 KA-3 modifiés en ravitailleur en vol et guerre électronique
  • KA-3 : A-3 modifié en ravitailleur (suppression des équipements de bombardement)
  • NA-3 : appareil modifié pour test de radar et tir de missiles. 2 exemplaires participèrent entre autres au programme AIM-54 Phoenix
  • NKA-3 : KA-3 modifié pour test radar
  • TA-3 (A3D-2T) : Version d'entraînement, équipée pour former 4 opérateurs radars/guerre électronique
  • B-66 : Version destinée à l'USAF.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Jim Winchester, Military aircraft of the Cold War (The Aviation Factfile) : Douglas A-3 Skywarrior, Hoo, Grange Books,‎ 2006 (ISBN 1-840-13929-3)
  • (en) Tony Holmes, Jane's U.S. military aircraft recognition guide, New York, Collins,‎ 2007 (ISBN 978-0-061-13728-0)
  • (en) Bill Yenne, McDonnell Douglas : A tale of two giants, New York, Crescent Books,‎ 1985 (ISBN 0-517-44287-6)
  • (en) René Francillon, McDonnell Douglas aircraft since 1920, London, Putnam,‎ 1979 (ISBN 0-370-00050-1)