Siège éjectable

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Pilote s'éjectant d'un F-16
et de son siège

Un siège éjectable est un système de sécurité visant à permettre au pilote et à l'équipage d'un avion de s'échapper de celui-ci lorsqu'il devient incontrôlable ou est sur le point de s'écraser.

Ce système est principalement utilisé dans les avions militaires.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le mécanisme de déclenchement de l'éjection se fait à l'aide d'une poignée située entre les jambes ou au-dessus de la tête du pilote (de moins en moins utilisée car il est difficile de lever les bras notamment dans un avion en vrille du fait du facteur de charge important). L'éjection peut également être déclenchée avec un bouton sur le tableau de bord.

La première étape est l'ouverture de la verrière qui est :

  • soit éjectée à l'aide de fusées pour la détacher et de vérins qui l'entrouvrent, le vent relatif suffit alors à la faire partir ;
  • soit simplement fragilisée à l'aide d'un cordon explosif noyé dans le verre qui le fait s'étoiler comme un pare-brise de voiture.

Le pilote est ensuite plaqué sur son siège, ses jambes ramenées en arrière et ses bras immobilisés. L'alimentation en oxygène bascule alors sur une bouteille fixée au siège.

L'explosion de cartouches de poudre fait se déployer un tube télescopique auquel est fixé le siège, et le pousse hors du poste de pilotage. Un moteur-fusée se déclenche alors pour donner au siège suffisamment d'altitude et de vitesse pour l'éloigner rapidement de l'avion.

Un parachute stabilisateur se déploie et le siège commence à redescendre. Dès que diverses conditions comme l'altitude sont correctes, le pilote est libéré de son siège et un parachute de descente s'ouvre pour le faire atterrir.

Le temps entre la demande d'éjection et l'ouverture du parachute stabilisateur est inférieur à trois secondes. Un paquetage de survie fixé au siège est largué en même temps que le pilote est libéré de son siège. La composition de ce paquetage de survie dépend de la mission originale du pilote (couverture pour un milieu froid, canot de sauvetage pour les missions au dessus de la mer, etc...)

Sur certains avions, les sièges éjectables sont remplacés par des capsules ou des cockpits éjectables : dans ce cas, c'est le poste de pilotage complet qui est séparé du fuselage puis ralenti par des parachutes, l'équipage restant à l'abri à l'intérieur jusqu'à l'arrivée au sol. Cette technique permet d'évacuer l'avion à grande vitesse, sans que l'équipage subisse le choc dû au déplacement d'air. Ce système est notamment employé sur les F-111 Aardvark et les XB-70 Valkyrie.

Les sièges éjectables non standards comprennent également des systèmes à éjection vers le bas. Les premiers modèles du Lockheed F-104 Starfighter ont été équipés de ce type de siège à éjection vers le bas en raison du danger de la queue en T. Pour ce faire, le pilote était équipé d'«éperons» attachés à des câbles qui tiraient les jambes contre le siège de sorte que le pilote puisse être éjecté. Suite à ce développement, d’autres systèmes d’éjection ont commencé à utiliser des rétracteurs de jambes comme un moyen de prévenir les blessures aux jambes non maintenues et de fournir une plus grande stabilité du centre de gravité. Les problèmes inhérents à ce type de siège (utilisation impossible à trop basse hauteur) ont imposé que les F104 soient finalement équipés de sièges à éjection par le haut.

De même, deux des six sièges éjectables sur le Boeing B-52 Stratofortress éjectent vers le bas, à travers des écoutilles du fond de l'avion; ces trappes vers le bas sont éjectées de l'avion par un système pyrophorique qui force la trappe, puis la gravité et le vent l’arrachent et arment le siège. Les quatre sièges sur le pont supérieur à l'avant (pilote et copilote orientés vers l’avant, l’officier de guerre électronique et le mitrailleur tournés vers l'arrière de l'avion) sont éjectés vers le haut, comme d'habitude. Tout système d’éjection vers le bas n'est d'aucune utilité au sol ou près du sol si l'avion est en vol en palier au moment de l'éjection.

Siège zéro-zéro[modifier | modifier le code]

Les premiers modèles de sièges n'étaient utilisables que sous certaines conditions d'altitude et de vitesse. Depuis, les éjections sont possibles même à partir d'un avion immobile au sol (par exemple sur un parking, en cas d'incendie grave au démarrage des moteurs). De tels sièges sont appelés zéro-zéro (pour altitude zéro / vitesse zéro).

Test au sol du siège éjectable d'un McDonnell Douglas F/A-18 Hornet :

Histoire[modifier | modifier le code]

Logo signalant la présence d'un siège éjectable, peint sur la quasi-totalité des avions militaires occidentaux

Les premiers avions ne volaient ni très vite ni très haut et disposaient d'un poste de pilotage ouvert, ce qui rendait possible une évacuation de l'appareil simplement en sautant par dessus bord. Au fil des améliorations techniques, l'augmentation des vitesses et des altitudes, ainsi que la présence d'une verrière fermée, rendirent les évacuations plus difficiles puis impossibles manuellement.

En conséquence, les études pour un système d'éjection commencèrent au début de la Seconde Guerre mondiale. Il semble que le premier pilote sauvé par son siège éjectable fut Helmut Schenk, pilote d'essai allemand du Heinkel He 280, le 13 janvier 1942, ayant perdu le contrôle de son avion en situation de givrage. Le He 280 étant resté à l'état de prototype, c'est sur le Heinkel He 219 que l'Allemagne fut le premier pays à équiper d'un siège éjectable un avion construit en série. Les autres pays qui étudiaient des solutions du même type, comme le Royaume-Uni, ne réussirent pas à les mettre en œuvre avant la fin de la guerre.

Les deux principaux fabricants de sièges éjectables sont la société britannique Martin-Baker (avions américains ou d'Europe de l'Ouest) et NPP Zvezda (avions du bloc de l'Est).

À une époque, les pilotes ayant déjà eu à s'éjecter portaient souvent des cicatrices caractéristiques sur le visage. Ce problème a été résolu avec la généralisation des casques modernes.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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