Postes, télégraphes et téléphones (France)

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PTT

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Logo des PTT dans les années 1980.

Création 1879
Disparition 1991
Forme juridique Administration d’État, sous Budget annexe
Siège social Drapeau de France Paris (France)

Les Postes, Télégraphes et Téléphones ou PTT, initialement appelés Postes et Télégraphes (P&T), puis Postes, Télégraphes et Téléphones (PTT) et enfin Postes et Télécommunications à partir de 1959[1] (le sigle PTT est néanmoins conservé), étaient l'administration publique française responsable des postes et des télégraphes, puis des téléphones, aux XIXe et XXe siècles. C'était une administration d'État au sein du Ministère des PTT. Mais selon les gouvernements successifs des différentes Républiques, ce ministère avait en charge d'autres activités comme l'industrie ou l'espace.

Cette institution fonctionnait avec des fonctionnaires de l'état, des véhicules et des bâtiments du parc immobilier du domaine de l'État.

Elle est transformée au fur et à mesure des réformes de l'État en deux sociétés de service public : France Télécom, en 1988 et La Poste, en 1991, ainsi que des organismes de régulation — direction des réglementations générales (DRG), devenues autorité de régulation des télécommunications (ART), devenue autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) —.

Après l'éclatement des PTT en deux entreprises publiques, l'État a cédé les véhicules et le parc immobilier à ces deux identités commerciales, La Poste et France Télécom. Les fonctionnaires ont été affectés au sein de ces entreprises sans perdre leur statut de « fonctionnaire de l'état ». En revanche, La Poste et France Télécom se doivent de prendre en charge les traitements. Après cette période, le personnel recruté est embauché sous statut de droit privé. C'est-à-dire qu'il n'a pas le statut de fonctionnaire.

La dénomination « Postes, Télécommunications et Télédiffusion » n'a jamais eu de reconnaissance officielle par l'État français. Elle était surtout utilisée dans les campagnes françaises, sur les textes non officiels et lors de tournages de films. En effet, la télédiffusion (qui regroupe les services de chaînes de télévisions et les organes de la radio) a toujours été indépendante.

Le Ministère des PTT[modifier | modifier le code]

Le Ministère des Postes et des Télégraphes, créé en 1879, est issu de la fusion de deux administrations : d'une part, la Direction de l'exploitation postale, rattachée jusqu'alors au ministère des Finances; d'autre part, la Direction des lignes télégraphiques, qui avait longtemps relevé du ministère de l'Intérieur.

À ces deux administrations réunies en un ministère unique en 1879, vient s'ajouter en 1889, celle du téléphone, dont le monopole, concédé dix ans plus tôt à la Société générale des téléphones, est repris par l'État. Entre 1887 et 1930, les trois secteurs (Postes, Télégraphe, Téléphone) sont successivement placés sous l'autorité de directeurs généraux ou de secrétaires d'État rattachés d'abord au ministère des Finances puis à celui du Commerce et de l'Industrie ou encore des Travaux publics.

Doté d'un budget annexe en 1923, cette administration constitue à nouveau un département ministériel autonome à partir de 1930, sous l'appellation de Ministère des Postes, Télégraphes et Téléphones. Ce dernier prendra le nom de Ministère des Postes et Télécommunications en 1959, lors de la réunion de l'exploitation télégraphique et de l'exploitation téléphonique en une seule entité, la direction des télécommunications.

Entre 1981 et 1997, l'appellation du ministère reflète ses changements de mission : le ministère se verra attribuer tour à tour la télédiffusion, l'espace, les technologies de l'information, dépendant tantôt du ministère de l'Industrie, tantôt de celui de l'Économie et des Finances. C'est une période de grande transformation avec la naissance en 1988 de France Télécom puis en 1991 de l'entreprise La Poste.

À partir de 1998, ses attributions sont réorganisées à l'intérieur d'un secrétariat d'État à l'industrie au sein du ministère de l'Industrie.

Le bâtiment du ministère des PTT[modifier | modifier le code]

Le 103, rue de Grenelle à Paris

A sa création, le ministère des PTT s'installa au 103, rue de Grenelle dans le 7eme arrondissement de Paris. En 1939, l'administration centrale du ministère déménage dans le quartier de l’École militaire pour faire corps avec le nouveau ministère de la Marine marchande. Le nouveau bâtiment, moderne et fonctionnel, est conçu par Jacques Debat-Ponsan (1882-1942), architecte en chef des PTT. Le nouvel édifice aux lignes modernes s'étend sur trois cents mètres de façade dans un style néo-classique. Le ministère des PTT est demeuré dans ce bâtiment jusqu'à sa disparition consécutive à la création des opérateurs de droit public, La Poste et France Télécom. Des services de l'Industrie et maintenant l'administration centrale de l’Écologie ont occupé depuis cet immeuble[2].

Liste des ministres français des Postes et Télécommunications[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

XVe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1464 : alors que se sont développées de petits réseaux postaux privés (messageries universitaires, communales, réseaux postaux des communautés religieuses, des banquiers et marchands), Louis XI met en place la première poste d'État qui transporte uniquement des messages royaux par des chevaucheurs[3]. Il divise le corps des chevaucheurs des écuries du roi en deux groupes, les « courriers du cabinet » ou « chevaucheurs chevauchant » chargés de transporter le courrier royal, et les « postes assises » chargées de fournir les chevaux. Ces premiers relais de poste à chevaux créés sur le modèle italien sont tenus par un maître de poste par l'édit de Doullens du 19 juin 1464 (l'authenticité de ce document est cependant parfois remise en cause car le texte original n'a jamais été retrouvé et que sa copie de 1660 renferme plusieurs anachronismes[4]). Si la date de 1464 est sujette à caution, l'apparition de la poste est un processus complexe qui peut être daté entre 1475 et 1480[5].
  • 1479 : en octobre, Louis XI institue la charge de « contrôleur général des chevaucheurs » affectée à la surveillance des routes postales. Le premier système régulier de relais sur les grandes routes de France est désormais en place, la messagerie royale met à disposition des postillons et chevaux « postés », c'est-à-dire des montures fraîches dans chaque maison de poste, permettant à une lettre de parcourir 400 km en 24 heures[6] alors que les relais sont théoriquement distants de 4 ou 7 lieues, d'où les fameuses Bottes de sept lieues[7].

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1576 : création par Henri III d’offices de messagers royaux qui sont spécialisés dans le transport des prisonniers, des sacs de procédure, des fonds mais sont aussi autorisés à transporter les lettres des particuliers, les marchandises dont le poids est inférieur à 50 livres et les voyageurs. Ils concurrencent les messageries de l’Université qui dominent le commerce épistolaire depuis le XIIIe siècle et mes messageries royales[8].

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1672 : Deux beaux-frères, Léon Pajot et Louis Rouillé installent la "Poste aux Lettres" dans l'Hôtel de Villeroy au 34 rue des Bourdonnais, quartier des Halles à Paris[9]. Ils payent une redevance au roi Louis XIV pour pouvoir exploiter ce service. Les messageries de l'Université et les messageries royales voient leurs droits réduits au profit de cette organisation centralisée et concentrée qu'est la Ferme générale des postes[10].
  • 1689 : agrandissement et construction au 9 rue des Déchargeurs du "Bureau Général de la Poste". Un cabinet noir permet aux services du roi Louis XV d'espionner des lettres qui semblent intéressantes. Le bâtiment, classé Monument historique[11] existe toujours et abrite aujourd'hui des logements et la Crémerie de Paris.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1738 : le 21 mai, les familles Pajot et Rouillé qui régnaient sur la Ferme générale des postes depuis 1672 sont remplacées par les familles Grimod et Thiroux qui vont être à la tête des Postes jusqu'à la Révolution[12].
  • 1792 : c'est pendant la Révolution française en 1792 que le premier réseau de communication a vu le jour grâce au télégraphe Chappe.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Logo du ministère utilisé de 1988 à 1991

Les archives du Ministère des PTT sont conservées aux Archives nationales sous la cote F/90[15]

Les projets français de construction d'une fusée postale menés sous la tutelle du ministère des PTT sont conservés aux Archives nationales sous la cote 19780259/211[16]

Galerie[modifier | modifier le code]

Identité visuelle (logo)[modifier | modifier le code]

Voir aussi: oiseau postal, le logotype utilisé par La Poste françaises depuis 1960.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.cnrtl.fr/definition/p.t.t
  2. Des noces d'or pour cinquante ans d'avance (cinquantenaire du bâtiment du ministère des PTT) , dans Messages de la Poste, des Télécommunications et des techniques de communication, n° 386, 1989.
  3. Eugène Vaillé, Histoire générale des postes françaises. De Louis XI à la création de la surintendance générale des postes (1477-1630), Presses universitaires de France,‎ 1949, p. 5
  4. Jacques Borredon, Code de la voirie routière et textes annexes : explicitations et commentaires, Editions du Papyrus,‎ 2006, p. 13
  5. Camille Allaz, Histoire de la poste dans le monde, Flammarion,‎ 2013, p. 221
  6. L'œuvre de Louis XI
  7. Joseph Jobé, Au temps des cochers : histoire illustrée du voyage en voiture attelée du XVe au XXe siècle, Lausanne, Édita-Lazarus, 1976, p. 54.
  8. Patrick Marchand, Le maître de poste et le messager. Une histoire du transport public en France au temps du cheval, 1700-1850, Belin,‎ 2006, p. 20
  9. La Poste aux Lettres 9 rue des Dechargeurs / 34 rue des Bourdonnais
  10. Patrick Marchand, op. cit., p. 22
  11. « Notice no PA00085842 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. Patrick Marchand, op. cit., p. 100
  13. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k220903s/f55.image
  14. Arrêté du 7 octobre 1904 Le Ministre du Commerce de l'Industrie et des Postes et Télégraphes arrête : La station radiotélégraphique d'Ouessant est ouverte à partir du 10 octobre 1904 à l'échange des correspondances privées avec les navires en mer.
  15. https://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/pog/consultationPogN3.action?nopId=c614xe1c0iz-ka1yd6q1atyz&pogId=FRAN_POG_04&search=
  16. https://sia.culture.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/consultationIR.action?udId=d_214&consIr=&irId=FRAN_IR_013867&frontIr=&auSeinIR=false

Bibliothèque historique des postes et télécommunications

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Revue des PTT de France. Éditée par l'Administration Française des P.T.T. à partir de 1946.
  • « Histoire des postes françaises depuis la Révolution », Eugène Vaillé, Que sais-je?, Presses universitaires de France 1947.
  • « L'Exode d'un ministère à Vendôme, 2 septembre 1939, mi-juin 1940 », Pierre Plouseau, Corsaire Éditions 2009.