Nimrod

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Nimrud ou Nimrod, Nemrod (en arabe نمرود du verbe tamarada, et qui signifie " se rebeller " , en hébreu נִמְרוֹד du verbe maradh, qui dérive du verbe Mered, qui signifie également « se rebeller », ) est un personnage biblique du livre de la Genèse. Le nom de Nimrod peut signifier également " celui qui a dompté le tigre ", en partant de la signification arabe de Nimr, « tigre » et Rawad, « dompter ».

Nimrod dans la Bible[modifier | modifier le code]

Récit biblique[modifier | modifier le code]

Dans la Genèse, Nimrod est présenté comme un fils de Koush[1], lui-même fils aîné de Cham et petit-fils de Noé. Nimrod est le premier héros sur la terre, et le premier roi après le Déluge. Il est décrit comme un « chasseur héroïque devant Dieu ». La ville de Babel, au pays de Shinar, est une capitale de son royaume. En Assyrie, Nimrod a fondé Ninive, Kalkhu et Resen.

Interprétation et tradition judéo-chrétienne[modifier | modifier le code]

Le titre de « chasseur devant Dieu », donné à Nimrod, est peut-être péjoratif. En effet, le mot hébreu liphné, « à la face de », peut signifier « contre » ou « en opposition avec ». Bien que, dans ce cas, certains spécialistes prêtent à la préposition hébraïque le sens favorable, « en face de », les Targoumim juifs, ainsi que les Antiquités juives de l'historien Flavius Josèphe, mais aussi le contexte du chapitre 10 de la Genèse lui-même laissent entendre que Nimrud était un puissant chasseur qui provoquait Dieu.

Selon les traditions judéo-chrétiennes, Nimrod, le « roi-chasseur » régnant sur les descendants de Noé, eut l'idée de construire à Babel (Babylone) une tour assez haute pour que son sommet atteigne le ciel, en tout cas aussi haute que le mont Ararat (où s'est échouée l'Arche de Noé), afin que les flots ne puissent en submerger le sommet en cas de nouveau Déluge.[réf. nécessaire]

Nimrod était le fils-époux de Sémiramis[réf. nécessaire], la déification et le culte voué à ce couple incestueux sont traces de la naissance du mythe de la Mère et de l'Enfant commun à de très nombreuses religions.

Nimrod meurt d'une façon humiliante. On raconte qu'un moustique s'est introduit dans son nez, provoquant d'atroces migraines. Il demande à tous les passants de lui donner une tape sur le crâne dans l'espoir de faire tomber le moustique. C'est ainsi que celui qui se prenait pour un Dieu meurt victime d'un moustique. Dans le Talmud, la mort du « méchant Titus » qui a détruit le Temple de Jérusalem est décrite par un midrash identique. Selon les sources juives, Nimrod a été tué après avoir été provoqué en duel par Esaü, frère de Jacob.

L'opinion juive traditionnelle considère que la construction de Babel et de la tour de Babel débuta sous sa direction. Josèphe écrivit : « [Nimrud] peu à peu, transforme l'état de choses en une tyrannie. Il estimait que le seul moyen de détacher les hommes de la crainte de Dieu, c'était qu'ils s'en remissent toujours à sa propre puissance. Il promet de les défendre contre une seconde punition de Dieu qui veut inonder la terre : il construira une tour assez haute pour que les eaux ne puissent s'élever jusqu'à elle et il vengera même la mort de leurs pères. Le peuple était tout disposé à suivre les avis de [Nimrod], considérant l'obéissance à Dieu comme une servitude ; ils se mirent à édifier la tour […] ; elle s'éleva plus vite qu'on eût supposé. » — Antiquités judaïques, I, 114, 115 (IV, 2, 3).

Archéologiquement parlant, la Tour de Babel a été restaurée par Nabuchodonosor au VIe siècle avant notre ère, plus de 1 000 années après l'existence de Nimrod selon la Bible. [réf. nécessaire]

Étant un des plus anciens rois d'Assyrie, puissant chasseur, inaugurateur des guerres, il fut aussi un des premiers à regrouper les hommes en tribus et à construire des cités (Babylone et Ninive sont les plus importantes).

Nimrod appartient également au domaine légendaire arabe et persan.

Déification[modifier | modifier le code]

Selon Alexandre Hislop, pasteur protestant du XIXe siècle, après la mort de Nimrod, les Babyloniens se sentirent poussés à l'honorer grandement en tant que fondateur, bâtisseur et premier roi de leur ville, et comme organisateur de l'Empire babylonien initial. D'après la tradition, Nimrod mourut de mort violente. Puisque le dieu Mardouk (Merodak) était tenu pour le fondateur de Babylone, Hislop a émis l'hypothèse que Mardouk représente Nimrod déifié. De même il en rapproche la figure des divinités méditerranéennes et orientales Bacchus-Dionysos, voire Cupidon et Mithra archétypes antiques de l'Enfant Divin à la mort tragique.

Nimrod dans d'autres ouvrages[modifier | modifier le code]

Il est possible de voir en Nimrod, un personnage repris dans les Mille et une nuits, mentionné dans L'Histoire du Portefaix avec les jeunes filles, Histoire de Zobéida, la première adolescente. Cette dernière, suite à quelques mésaventures, échoue dans une cité où les personnages ont été changés en statues de pierre noire. Seul le fils du roi, converti à la religion d'Allah et de son Prophète par son éducatrice, a survécu à la punition qui a frappé la ville. En effet, ses habitants étaient des mages qui vénéraient « le terrible Nardoun », roi des Géants rebelles à Dieu, tout comme Nimrod.

Dans l'Enfer, Dante fait de Nimrod l'un des gardiens du Puits aux Géants, se trouvant au fond du huitième cercle de l'enfer. Ce puits est le passage vers le 9e cercle et terme de l'enfer. En voyant Dante et Virgile approcher, Nimrod leur crie ces paroles mystérieuses: « Raphél mai amèche zabi almi », mots vraisemblablement inventés par Dante pour retranscrire le mélange des langues (arabes et hébraïques) à Babylone, Nimrod étant celui qui causa la perte du langage unique et la division des hommes.

Nimrod est un personnage majeur de la franc-maçonnerie. Dans son encyclopédie maçonnique, Albert Mackey écrit que Nimrod fut l'un des fondateurs de la franc-maçonnerie.

Dans La Fin de Satan de Victor Hugo, Nimrod est représenté comme un tyran qui tentera d'atteindre les cieux après avoir conquis et ravagé la Terre. Il construit une grande cage, y accroche quatre aigles et au-dessus d'eux quatre carcasses de lions, et s'envole vers les cieux. Au bout de plusieurs jours de vols, il bande son arc et tire une flèche, « Et la terre entendit un long coup de tonnerre »[2]. Nimrod retombe mort sur Terre. « Auprès de lui gisait sa flèche retombée. La pointe, qui s'était enfoncée au ciel bleu, Était teinte de sang. Avait-il blessé Dieu ? »[2]

Lucrèce Nemrod est un personnage féminin créé par l'écrivain Bernard Werber apparu dans Le Père de nos Pères, L'Ultime Secret et Le Rire du cyclope.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Hislop, Les deux babylones, 1889

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Genèse 10,8–10,10
  2. a et b V. Hugo, La Fin de Satan