Stance

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On nomme stance, en poésie, un nombre défini de vers comprenant un sens parfait et arrangé d’une manière particulière qui s’observe dans tout le poème. Au théâtre, les stances sont une forme versifiée de monologue, marquées par un rythme particulier[1].

Origine et définition[modifier | modifier le code]

Le terme vient de l’italien stanza, qui signifie demeure, parce qu’il faut qu’il y ait un sens incomplet et un repos à la fin de chaque stance. Les stances sont, dans les sujets graves, spirituels et dérangeant, ce que le couplet est dans les chansons et la strophe dans les odes.

La poésie emploie indifféremment toutes sortes de stances, régulières et irrégulières. On appelle stance irrégulière des stances de suite, qui ne sont pas assujetties à des règles déterminées. Le mélange des rimes y est purement arbitraire, pourvu toutefois qu’il n’y ait jamais plus de deux rimes masculines ou féminines de suite.

Les stances sont de quatre, six, huit, dix, douze et quatorze vers. On fait aussi des stances de cinq, de sept, de neuf et de dix vers. Les stances de quatre vers font un quatrain, cinq vers font un quintil, six, un sixain, huit, un huitain, dix, un dizain, et douze, un douzain. Les stances de sept, de neuf, de douze, de treize et de quatorze vers n’ont pas de nom particulier.

Les stances de douze vers se composent comme un dizain auquel on ajoute deux vers, lesquels sont ordinairement de même rime que ceux qui les précèdent. Les stances de quatorze vers sont des stances de dix vers auxquels on ajoute quatre vers, que l’on peut faire rimer avec ceux qui précédent. Ces sortes de stances, encore plus celles de treize et de seize vers, sont très rares. Les stances de sept vers se composent soit d’un quatrain et d’un tercet, soit d’un tercet et d’un quatrain, avec un repos entre les deux. Les stances de neuf vers sont toujours composées d’un quatrain suivi d’un quintil, le repos étant placé après le quatrième vers, comme dans ces vers de Jean-Baptiste Rousseau :

Je ne prends point pour vertu
Les noirs accès de tristesse
D’un loup-garou revêtu
Des habits de la sagesse.
Plus légère que le vent,
Elle fuit d’un faux savant
La sombre mélancolie ;
Et se sauve bien souvent
Dans les bras de la folie.

Une loi essentielle de la stance est de ne pas enjamber d’une stance à l’autre, de sorte qu’on ne rencontre pas, en passant de la première à la deuxième, deux vers masculins ou deux vers féminins consécutifs qui riment ensemble.

Les stances n’ont été introduites dans la poésie française que sous le règne de Henri III en 1580. Lingendes, dont les poésies ont beaucoup de douceur et de facilité, est le premier poète français qui ait fait des stances. Les irrésolutions, les douces rêveries s’accommodent assez à leur cadence inégale. Cependant leur matière peut être enjouée et les vers sont arrangés de telle façon que, dans les sujets galants, chaque stance se termine par un masculin et par un féminin dans les tristes, les rimes masculines sonnant moins languissantes que les féminines.

Les Stances de Jean Moréas[modifier | modifier le code]

Le genre a été notoirement cultivé par Jean Moréas dans ses Stances de 1899. Ici, les stances IV-XIII et V-XII parues dans la Plume en 1904 sous forme autographe :

Jean Moréas - Stances.jpg

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Scherer, La Dramaturgie classique en France, Paris, Nizet, 1973. Appendice I, « Quelques définitions ».

Source[modifier | modifier le code]