Gustave Doré

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Gustave Doré

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Gustave Doré par Nadar en 1867.

Naissance
Strasbourg, Drapeau de la France France
Décès (à 51 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activités illustrateur
graveur
artiste peintre
sculpteur

Paul Gustave Louis Christophe Doré dit Gustave Doré est un illustrateur, graveur, peintre et sculpteur français, né à Strasbourg le , au 5 (aujourd'hui 16), rue de la Nuée-Bleue, et mort le à Paris dans son hôtel de la rue Saint-Dominique. Il fut reconnu internationalement de son vivant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait de Gustave Doré paru dans Le Trombinoscope
de Touchatout en 1875.

En 1840, le père de Gustave Doré, Jean-Philippe Doré, polytechnicien, est nommé ingénieur en chef des Ponts et Chaussées de l'Ain et la famille Doré s'installe à Bourg-en-Bresse. L'enfant aux dons précoces est un très bon élève du collège mais il se fait encore davantage remarquer par ses caricatures et ses dessins inspirés du monde bressan qui l'entoure : à douze ans un imprimeur local publie ses premières lithographies sur Les Travaux d'Hercule. Elles amènent l'éditeur parisien Charles Philipon à lui proposer de s'installer à Paris où à partir de 1847 il suit les cours du lycée Charlemagne et dessine en même temps des caricatures pour le Journal pour rire de Philippon. Il connaît vite la célébrité et débute en 1848 au Salon avec deux dessins à la plume mais continue à vivre auprès de sa mère après la mort de son père en 1849.

Carrière[modifier | modifier le code]

À partir de 1851, tout en exposant ses toiles, il réalise quelques sculptures de sujets religieux et collabore à diverses revues dont le Journal pour tous. En 1854, l'éditeur Joseph Bry publie une édition des œuvres de Rabelais, illustrée d'une centaine de ses gravures. De 1861 à 1868, il illustre la Divine Comédie de Dante.

De plus en plus reconnu, à la fois autodidacte et exubérant[style à revoir], Gustave Doré illustra entre 1852 et 1883 plus de cent vingt volumes qui parurent en France, mais aussi en Angleterre, en Allemagne et en Russie. Lors de la campagne de Crimée, il réalise, à la fois comme auteur et comme illustrateur, L'Histoire de la Sainte Russie, une charge contre ce pays avec qui la France et l'Angleterre étaient entrées en guerre. C'est un album qui préfigure la bande dessinée, où il joue sur le décalage entre le texte et l'illustration, et où il utilise d'étonnantes astuces graphiques.[réf. nécessaire]

Il fréquente alors la société mondaine et élargit ses activités picturales en composant de grands tableaux comme Dante et Virgile dans le neuvième cercle de l'Enfer (1861 - 311 × 428 cm – musée de Brou), L'Enigme (au Musée d'Orsay) ou Le Christ quittant le prétoire (1867-1872 - 600 × 900 cm- Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg).

Multipliant en même temps dessins et illustrations en tous genres (fantastique, portraits-charges), sa notoriété devient européenne et il rencontre un immense succès en Angleterre avec la Doré Gallery qu'il ouvre à Londres en 1869.

Pendant la commune de Paris, il se réfugie à Versailles[1].

Décès[modifier | modifier le code]

Il meurt d'une crise cardiaque à 51 ans, le 23 janvier 1883, en laissant une œuvre imposante de plus de dix mille pièces, qui exercera par la suite une forte influence sur nombre d'illustrateurs. Son ami Ferdinand Foch organise les obsèques à Sainte-Clotilde, l'enterrement au Père-Lachaise[2] et un repas d'adieu au 73 rue Saint-Dominique.

Collection[modifier | modifier le code]

En 1931, Henri Leblanc publie un catalogue raisonné qui recense 9 850 illustrations, 68 titres de musique, 5 affiches, 51 lithographies originales, 54 lavis, 526 dessins, 283 aquarelles, 133 peintures et 45 sculptures. Le musée de Brou à Bourg-en-Bresse, conserve pour sa part 136 œuvres de toute nature (peinture à l'huile, dessins, sculptures).

Famille[modifier | modifier le code]

Le chanteur Julien Doré est son arrière-arrière petit neveu[3]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages écrits et illustrés par Gustave Doré[modifier | modifier le code]

  • 1847 : Les Travaux d’Hercule
  • 1851 : Trois artistes incompris et mécontents
  • 1851 : Des-agréments d’un voyage d’agrément, Féchoz et Letouzey (Paris). Réédité par les Éditions 2024 en 2013.
  • 1854 : L'Histoire de la Sainte Russie, J. Bry aîné (Paris). Réédité par les Éditions 2024 en 2014.

Ouvrages illustrés par Gustave Doré[modifier | modifier le code]

Gustave Doré illustra plus de cent chefs-d'œuvre de la littérature universelle

Contrairement à ce qui est dit parfois, Gustave Doré - ami pourtant de Hetzel - n'illustra aucun roman de Jules Verne[4].

Ainsi que des ouvrages sur la tauromachie :

Peintures[modifier | modifier le code]

Sculptures[modifier | modifier le code]

D'Artagnan
  • D'Artagnan, bronze, 1883, Place du Général-Catroux, Paris.
  • La Parque et l’Amour, terre-cuite, 1877, musée des Beaux-Arts de Brou à Bourg-en-Bresse.
  • L'Effroi, bronze, Salon de 1879[5].
  • Monument à Alexandre Dumas père, 1883, Place Malesherbes, Paris[6].
  • À saute-mouton, bronze[5]
  • Acrobates, bronze, Ringling Museum of Art, Sarasota, Floride[5].
  • La Défense Nationale, bronze, Rosenberg Library, Galveston, Texas.

Illustrations[modifier | modifier le code]

Les contes de Perrault[modifier | modifier le code]

Les contes de Perrault

La Tauromachie de Gustave Doré[modifier | modifier le code]

La Tauromachie de Gustave Doré

Autres[modifier | modifier le code]

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Au château-musée de Nemours
  • Le Néophyte, v. 1869, plume et lavis sur papier, signé et dédicacé en bas à gauche : à Monsieur Ardail / affectueux souvenir / G. Doré. Acquisition Société des amis du vieux château, 1912 - au Château-Musée de Nemours. Adolphe Ardail[7].
  • Le Rêve, eau-forte, épreuve avant la lettre, Inv.106. Don Adolphe Ardail.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Delorme, Gustave Doré, peintre, sculpteur, dessinateur et graveur, Paris, Ludovic Baschet, 1879.
  • Blanche Roosevelt, Life and Reminiscences of Gustave Doré: Compiled from Material Supplied by Doré’s Relations and Friends, and from Personal Recollection: With Many Original Unpublished Sketches, and Selections from Doré’s Best Published Illustrations, Londres, S. Low, 1885.
  • Blanche Roosevelt, La Vie et les œuvres de Gustave Doré, d’après les souvenirs de sa famille, de ses amis et de l’auteur, traduit de l’anglais par M. du Seigneux, préface par Arsène Houssaye, Paris, Librairie illustrée, 1887.
  • Blanchard Jerrold, Life of Gustave Doré, Londres, W. H. Allen, 1891.
  • Henri Leblanc, Catalogue de l’œuvre complet de Gustave Doré, Paris, Ch. Bosse, 1931.
  • Gabriele Forberg et Günter Metken (dir.), Gustave Doré: Das graphische Werk, Munich, Rogner & Bernhard, 1975.
  • Herwig Guratzsch et Gerd Unverfehrt (dir.), Gustave Doré 1832-1883, Illustrator, Maler, Bildhauer, Dortmund, Harenberg Kommunikation, coll. « Die bibliophilen Taschenbücher », 1982, 2 vol.
  • Gustave Doré 1832-1883, catalogue d'exposition, Strasbourg, Musée d'Art Moderne et Cabinet des estampes, 1983.
  • Annie Renonciat, Gustave Doré, Paris, A.C.R., 1983.
  • Philippe Kaenel, « Le plus illustre des illustrateurs… le cas Gustave Doré, 1832/1883 », Actes de la recherche en sciences sociales, EHESS, no 66/67, 1987, p. 35-46 (http://www.persee.fr).
  • Rémi Blachon, La Gravure sur bois au XIXe siècle, l'âge du bois debout, Paris, Les Éditions de l'Amateur, 2001 (ISBN 2-85917-332-3)
  • Philippe Kaenel, Le Métier d’illustrateur, 1830-1880, Rodolphe Töpffer, J. J. Grandville, Gustave Doré, Genève, Droz, 2004 (2e éd.)
  • Dan Malan, Gustave Doré: Adrift on Dreams of Splendor, Saint Louis, Malan Classical Enterprise, 1995.
  • Philippe Kaenel, Gustave Doré à l’œuvre : vision photographique, imitation et originalité, L’image répétée : imitation, copie, remploi, recyclage, textimage (http://revue-textimage.com).
  • Philippe Kaenel (dir.) Gustave Doré (1832-1883). L'imaginaire au pouvoir, Paris, Flammarion, 2014 (à l'occasion de la rétrospective de l'œuvre au Musée d'Orsay, Paris et à la National Gallery of Canada, Ottawa, à paraître)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Commune de Paris, révolution sans images ?: Politique et représentations dans la France républicaine (1871-1914). de Bertrand Tillier, Éditions Champ Vallon, 2004
  2. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 290
  3. L'exposition Gustave Doré… vue par Julien Doré sur lemonde.fr
  4. E. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs (tome 4), Gründ,‎ 1999 (ISBN 2-7000-3044-3), p. 684
  5. a, b et c Maurice Rheims, La sculpture au XIXe siècle, Arts et Métiers graphiques, Paris, 1972.
  6. Monument à Alexandre Dumas père Photo du monument à Alexandre Dumas père
  7. [1] [archive]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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