Gustave Doré

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Gustave Doré

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Gustave Doré par Nadar en 1867.

Naissance 6 janvier 1832
Strasbourg, Drapeau de la France France
Décès 23 janvier 1883 (à 51 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activités illustrateur
caricaturiste
artiste peintre
sculpteur[1]
Influencé par Cham, Grandville, Rodolphe Töpffer

Paul Gustave Louis Christophe Doré dit Gustave Doré est un illustrateur, graveur, peintre et sculpteur français, né à Strasbourg le 6 janvier 1832, au 5 (aujourd'hui 16), rue de la Nuée-Bleue, et mort le 23 janvier 1883 à Paris dans son hôtel de la rue Saint-Dominique. Il fut reconnu internationalement de son vivant.

Biographie

Portrait de Gustave Doré paru dans Le Trombinoscope
de Touchatout en 1875.

En 1840, le père de Gustave Doré, Jean-Philippe Doré, polytechnicien, est nommé ingénieur en chef des Ponts et Chaussées de l'Ain et la famille Doré s'installe à Bourg-en-Bresse. Inspiré par Cham Grandville et Rodolphe Töpffer[2],[3], l'enfant aux dons précoces est un très bon élève du collège mais il se fait encore davantage remarquer par ses caricatures et ses dessins inspirés du monde bressan qui l'entoure : À douze ans un imprimeur local publie ses premières lithographies sur Les Travaux d'Hercule. Elles amènent l'éditeur parisien Charles Philipon à lui proposer de s'installer à Paris où à partir de 1847 il suit les cours du lycée Charlemagne. Il commence à dessiner en même temps des caricatures pour le Journal pour rire à partir de 1848[4] de Philippon. Il connaît vite la célébrité et débute en 1848 au Salon avec deux dessins à la plume mais continue à vivre auprès de sa mère après la mort de son père en 1849.

Carrière

À partir de 1851, tout en exposant ses toiles, il réalise quelques sculptures de sujets religieux et collabore à diverses revues dont le Journal pour tous. En 1854, l'éditeur Joseph Bry publie une édition des œuvres de Rabelais, illustrée d'une centaine de ses gravures. De 1861 à 1868, il illustre la Divine Comédie de Dante.

De plus en plus reconnu, à la fois autodidacte et exubérant[style à revoir], Gustave Doré illustra entre 1852 et 1883 plus de cent vingt volumes qui parurent en France, mais aussi en Angleterre, en Allemagne et en Russie. Lors de la campagne de Crimée, il réalise, à la fois comme auteur et comme illustrateur, Histoire pittoresque, dramatique et caricaturale de la sainte Russie, une charge contre ce pays avec qui la France et l'Angleterre étaient entrées en guerre. C'est un album qui préfigure la bande dessinée, où il joue sur le décalage entre le texte et l'illustration, et où il utilise d'étonnantes astuces graphiques[5].

En 1854 et 1873 il illustre deux versions des « Œuvres de Rabelais », et en 1855 « Les Cent Contes drolatiques » d'Honoré de Balzac.

Dans les années 1860, il illustre la Bible, publié en 1866[6] et « L’Enfer de Dante »[7]

Il fréquente alors la société mondaine et élargit ses activités picturales en composant de grands tableaux comme Dante et Virgile dans le neuvième cercle de l'Enfer (1861 - 311 × 428 cm – musée de Brou), L'Enigme (au Musée d'Orsay) ou Le Christ quittant le prétoire (1867-1872 - 600 × 900 cm- Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg).

Multipliant en même temps dessins et illustrations en tous genres (fantastique, portraits-charges), sa notoriété devient européenne et il rencontre un immense succès en Angleterre avec la Doré Gallery qu'il ouvre à Londres en 1869.

Pendant la commune de Paris, il se réfugie à Versailles[8].

Sa mère décède en 1879[9].

Décès

Tombe de Gustave Doré (cimetière du Père Lachaise, division 22).

Il meurt d'une crise cardiaque à 51 ans, le 23 janvier 1883, en laissant une œuvre imposante de plus de dix mille pièces, qui exercera par la suite une forte influence sur nombre d'illustrateurs. Son ami Ferdinand Foch organise les obsèques à Sainte-Clotilde, l'enterrement au Père-Lachaise[10] et un repas d'adieu au 73 rue Saint-Dominique.

Collection

En 1931, Henri Leblanc publie un catalogue raisonné qui recense 9 850 illustrations, 68 titres de musique, 5 affiches, 51 lithographies originales, 54 lavis, 526 dessins, 283 aquarelles, 133 peintures et 45 sculptures. Le musée de Brou à Bourg-en-Bresse, conserve pour sa part 136 œuvres de toute nature (peinture à l'huile, dessins, sculptures).

Famille

Le chanteur Julien Doré est son arrière-arrière petit neveu[11]

Œuvres

Ouvrages écrits et illustrés par Gustave Doré

Ouvrages illustrés par Gustave Doré

Gustave Doré illustra plus d'une centaine d'ouvrages, en particulier :

Ainsi que des ouvrages sur la tauromachie :

Contrairement à ce qui est dit parfois, Gustave Doré - ami pourtant de Hetzel - n'illustra aucun des Voyages extraordinaires de Jules Verne[14].

Peintures

Dessins

  • Le Grand Derby, aquarelle sur trait de crayon et rehauts de gouache blanche, 98 × 73 cm, vers 1870.

Sculptures

D'Artagnan
  • D'Artagnan, bronze, 1883, Place du Général-Catroux, Paris.
  • La Parque et l’Amour, terre-cuite, 1877, musée des Beaux-Arts de Brou à Bourg-en-Bresse.
  • L'Effroi, bronze, Salon de 1879[15].
  • Monument à Alexandre Dumas père, 1883, Place Malesherbes, Paris[16].
  • À saute-mouton, bronze[15]
  • Acrobates, bronze, Ringling Museum of Art, Sarasota, Floride[15].
  • La Défense Nationale, bronze, Rosenberg Library, Galveston, Texas.

Illustrations

Les contes de Perrault

Les contes de Perrault

La Tauromachie de Gustave Doré

La Tauromachie de Gustave Doré

Autres

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Au château-musée de Nemours
  • Le Néophyte, v. 1869, plume et lavis sur papier, signé et dédicacé en bas à gauche : à Monsieur Ardail / affectueux souvenir / G. Doré. Acquisition Société des amis du vieux château, 1912 - au Château-Musée de Nemours[17].
  • Le Rêve, eau-forte, épreuve avant la lettre, Inv.106. Don Adolphe Ardail.

Bibliographie

  • René Delorme, Gustave Doré, peintre, sculpteur, dessinateur et graveur, Paris, Ludovic Baschet, 1879.
  • (en) Blanche Roosevelt, The Life and Reminiscences of Gustave Doré: Compiled from Material Supplied by Doré’s Relations and Friends, and from Personal Recollection: With Many Original Unpublished Sketches, and Selections from Doré’s Best Published Illustrations, Londres, S. Low, 1885.
  • Blanche Roosevelt, La Vie et les œuvres de Gustave Doré, d’après les souvenirs de sa famille, de ses amis et de l’auteur, traduit de l’anglais par M. du Seigneux, préface par Arsène Houssaye, Paris, Librairie illustrée, 1887.
  • (en) Blanchard Jerrold, Life of Gustave Doré, W. H. Allen,‎ 1891, 493 p. (lire en ligne) (réédition e-book 2013, avec nombreuses illustrations de Gustave Doré).
  • Henri Leblanc, Catalogue de l’œuvre complet de Gustave Doré, Paris, Ch. Bosse, 1931.
  • Exposition rétrospective Gustave Doré 1832 — 1883, édition du Palais des beaux-arts de la ville de Paris (Petit Palais), 1952.
  • (de) Gabriele Forberg et Günter Metken (dir.), Gustave Doré: Das graphische Werk, Munich, Rogner & Bernhard, 1975.
  • (de) Herwig Guratzsch et Gerd Unverfehrt (dir.), Gustave Doré 1832-1883, Illustrator, Maler, Bildhauer, Dortmund, Harenberg Kommunikation, coll. « Die bibliophilen Taschenbücher », 1982, 2 vol.
  • Gustave Doré 1832-1883, catalogue d'exposition, Strasbourg, Musée d'Art Moderne et Cabinet des estampes, 1983.
  • Annie Renonciat, Gustave Doré, Paris, A.C.R., 1983.
  • Philippe Kaenel, Le plus illustre des illustrateurs… le cas Gustave Doré, 1832/1883, Actes de la recherche en sciences sociales, EHESS, no 66/67,‎ 1987 (lire en ligne), p. 35-46, (sur persee.fr)
  • (en) Dan Malan, Gustave Doré: Adrift on Dreams of Splendor, Saint Louis, Malan Classical Enterprise, 1995.
  • Rémi Blachon, La Gravure sur bois au XIXe siècle, l'âge du bois debout, Paris, Les Éditions de l'Amateur, 2001 (ISBN 2-85917-332-3)
  • Philippe Kaenel, Le Métier d’illustrateur, 1830-1880, Rodolphe Töpffer, J. J. Grandville, Gustave Doré, Genève, Droz, 2004 (2e éd.) (compte-rendu de l'édition 1996 de cette thèse par Pierre Georgel, « L'artiste illustrateur », sur Persée.fr,‎ 1999
  • Philippe Kaenel, « Gustave Doré à l’œuvre : vision photographique, imitation et originalité », sur revue-textimage.com,‎ octobre 2012. Colloque « L’image répétée. Imitation, copie, remploi, recyclage » des 2, 3 et 4 juin 2011, Université de Victoria, Colombie-Britannique, Canada
  • Christophe Leclerc, Gustave Doré, le rêveur éveillé, Éditions L'Harmattan,‎ 2012, 314 p. (ISBN 9782296502628, lire en ligne)
  • Philippe Kaenel (dir.) Gustave Doré (1832-1883). L'imaginaire au pouvoir, Paris, Flammarion, 2014 (à l'occasion de la rétrospective de l'œuvre au Musée d'Orsay (Paris) et à la National Gallery of Canada (Ottawa), à paraître)
  • Collectif, Gustave Doré, ogre et génie : D'après chroniques et historiens, 6 essais illustrés de 99 magnifiques reproductions, Musées de la ville de Strasbourg,‎ 2014 (ouvrage publié à l'occasion de l'exposition « Doré & Friends » au Cabinet d'art graphique du MAMCS, du 21 février au 25 mai 2014)

Notes et références

  1. il n'est pas graveur, ses dessins ont tous été gravés par des tiers.
  2. « Exposition Orsay 2014, salle1/09 »
  3. « Gustave Doré d'hier et d'aujourd'hui », bourgendoc.fr, centre de documentation de Bourg-en-Bresse (consulté le 6 mai 2014)
  4. « Exposition Orsay 2014, salle1/10 »
  5. Frédéric Potet, « Un précurseur ironique et inventif de la bande dessinée », Le Monde; jeudi 27 février 2014, page 12.
  6. « Exposition Orsay 2014, salle1/07 »
  7. « Exposition Orsay 2014, salle1/11 »
  8. La Commune de Paris, révolution sans images ?: Politique et représentations dans la France républicaine (1871-1914). de Bertrand Tillier, Éditions Champ Vallon, 2004
  9. « Exposition Orsay 2014, salle1/05 »
  10. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 290
  11. L'exposition Gustave Doré… vue par Julien Doré sur lemonde.fr
  12. Idylls of the King (en) est un cycle de 12 poèmes narratifs autour du Roi Arthur et des personnages du cycle arthurien. Doré a illustré les quatre premiers : Enid, Vivien, Elaine et Guinevere, parus en 1859.
  13. Antoine Capet, « London: A Pilgrimage, DE BLANCHARD JERROLD ET GUSTAVE DORÉ », sur Cercles.com
  14. E. Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs (tome 4), Gründ,‎ 1999 (ISBN 2-7000-3044-3), p. 684
  15. a, b et c Maurice Rheims, La sculpture au XIXe siècle, Arts et Métiers graphiques, Paris, 1972.
  16. Monument à Alexandre Dumas père Photo du monument à Alexandre Dumas père
  17. Château-Musée de Nemours

Liens externes

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