Philippe Ier de France

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Philippe Ier
Image illustrative de l'article Philippe Ier de France
Titre
Roi des Francs

&&&&&&&&&&01752547 ans, 11 mois et 25 jours
Couronnement ,
en la cathédrale de Reims

cathédrale Notre-Dame de Laon
Prédécesseur Henri Ier
Successeur Louis VI
Biographie
Dynastie Capétiens
Date de naissance 1052
Date de décès
Lieu de décès Château de Melun (France)
Père Henri Ier de France
Mère Anne de Kiev
Conjoint Berthe de Hollande
(1072-1092)
Bertrade de Montfort
(1092-1104)
Enfant(s) Constance de France
Louis VI Red crown.png
Henri de France
Charles de France
Eudes de France
Philippe de France
Fleury de France
Cécile de France
Eustachie de France

Philippe Ier de France[1], né en 1052 et mort le au château de Melun en Seine-et-Marne, fut roi des Francs de 1060 à 1108, quatrième de la dynastie dite des Capétiens directs.

Il est le fils d’Henri Ier, roi de France, et d’Anne de Kiev (voir son ascendance sur trois degrés).

Biographie[modifier | modifier le code]

Prénom[modifier | modifier le code]

Philippe est sans doute le premier prince en Europe occidentale à recevoir ce prénom qui allait se perpétuer jusqu’à nos jours. Il le doit à sa mère, Anne de Kiev.

Couronnement[modifier | modifier le code]

Henri Ier, père de Philippe et Roi de France sentant ses forces s'affaiblir, décide de faire sacrer son fils de son vivant comme le voulait la coutume de l'époque et donc d'en faire un Roi associé comme l'avait fait Hugues Capet et Robert II envers leur héritier présomptif. Avec l'accord des grands seigneurs du royaume, l'assemblée des grands ainsi que le prélat envoyé par le pape Nicolas II, Hugues de Besançon approuve pleinement ce "passage de témoin" et Philippe est couronné à Reims le 23 mai 1059 du vivant de son père[2].

Philippe Ier ne règne seul qu’à partir de 1066, car son oncle, le comte de Flandre Baudouin V, assisté de l’archevêque de Reims Gervais de Belleme ainsi que, dans un premier temps, d’Anne de Kiev, exerce la régence de la mort d’Henri Ier, en 1060, jusqu’à 1067. Il sera couronné plusieurs fois dans son règne, par exemple le , par l’évêque Élinand, en la cathédrale Notre-Dame de Laon[3],[4], comme le voulait la coutume de son temps.

Denier de 3e type sous Philippe Ier

Règne[modifier | modifier le code]

Sous son règne se dessinent les grandes lignes de la politique des souverains capétiens du XIIe siècle : assurer une base réelle à la puissance royale en consolidant le domaine, et abaisser ou contenir les trop puissants vassaux, chose que son père avait échoué à appliquer, provoquant une forte diminution du prestige et du pouvoir royal.

Pour agrandir le domaine royal, il s’empare d’une partie du Vermandois, du Gâtinais (1069), du Vexin français (1077). En 1101, il rachète pour une forte somme (60 000 sols d’or) la vicomté de Bourges et la seigneurie de Dun-le-Roi à Eudes Arpin[5], un chevalier qui part à la croisade. Il développe l’administration royale et, pour assurer des revenus à la couronne, dispose des biens de l’Église et vend les charges ecclésiastiques, ce qui lui attire les foudres des réformateurs grégoriens.

En 1071, il soutient Richilde de Hainaut, veuve du comte Baudouin VI de Flandre, et ses fils Arnoul III et Baudouin II contre leur beau-frère et oncle, Robert le Frison. Philippe est défait à la bataille de Cassel en février mais parvient à prendre Saint-Omer en mars. Arnoul III étant mort au cours de la bataille, il conclut la paix avec Robert qu'il reconnaît comme comte de Flandre et dont il épouse la belle-fille, Berthe.

Mais pendant la plus grande partie de son règne, Philippe Ier lutte pour réduire la puissance de son vassal le plus redoutable, Guillaume le Conquérant, duc de Normandie devenu roi d’Angleterre en 1066. Philippe trouve l’appui de Foulque IV le Réchin, comte d’Anjou et de Robert le Frison, comte de Flandre qui se sentent aussi menacés par ce trop puissant voisin. Afin de consolider son alliance avec la Flandre, il épouse Berthe de Hollande (v. 1055-† 1094), fille de Florent Ier comte de Hollande et de Gertrude de Saxe.

En 1076, Philippe inflige une grave défaite à Guillaume au pied de Dol, en Bretagne. L’année suivante, fort de sa victoires, Philippe Ier s’empare du Vexin français, possession de Simon de Vexin (fils de Raoul de Crépy, beau-père de Philippe Ier[note 1]), qui se fait moine, avec les châtellenies de Mantes et de Pontoise. Guillaume le Conquérant renonce à la Bretagne et fait la paix avec Philippe Ier. Ce dernier reste toutefois inquiet de la menace anglo-normande. Selon une politique qui sera reprise par ses successeurs, il va s’efforcer de développer les dissensions à l’intérieur de la famille du Conquérant.

En 1078, il prend parti pour Robert Courteheuse ou Courtecuisse, le fils aîné de Guillaume, qui s'est révolté contre son père. Après avoir confié la garde du château de Gerberoy, à côté de Beauvais, à Robert, il semble que Philippe Ier se soit retourné contre ce dernier. On le retrouve en 1079, en train d'assiéger le château en compagnie de Guillaume qui est blessé au cours du siège. Peu après, Robert Courteheuse obtient le gouvernement de la Normandie. Le roi capétien reçoit en récompense la ville de Gisors située sur la rive droite de l’Epte.

Denier de 2e type sous Philippe Ier

En février 1079, alors que le roi hiverne à Étampes, éclate une rébellion des vassaux directs du roi, menée par Hugues Blavons, seigneur du Puiset[6]. Au printemps l’armée royale est battue à plates coutures près du Puiset[7]. L'autorité royale, profondément humiliée, ne sera restaurée dans le secteur qu’à la génération suivante.

Dans les années qui suivent la mort de Guillaume le Conquérant, Philippe aide Robert Courteheuse qui essaie de récupérer le trône d’Angleterre dont son frère, Guillaume II le Roux, a hérité. Ce dernier tente, en représailles, de lui prendre le Vexin dans les années 1097-1099, mais échoue au cours de trois campagnes successives.

Au printemps 1092, Philippe s’entiche de Bertrade de Montfort († 1117), l’épouse de Foulque IV le Réchin. Il répudie alors Berthe de Hollande et se remarie avec Bertrade de Montfort le . Le , le concile d’Autun où sont réunis trente-deux évêques prononce l’excommunication du roi. Le couple royal vécut ainsi pendant 10 ans jusqu'en 1104 sous le coup des anathèmes de l'Église. Philippe et Bertrade se soumettent lors du Concile de Paris en 1104 mais malgré leur serment ils poursuivent leur vie commune [8]

Venu en France pour répandre la réforme grégorienne et excommunier le roi à nouveau, le pape Urbain II, prêche la première croisade au concile de Clermont le . Frappé d’anathème, le roi ne participe pas à la croisade dont Hugues de Vermandois, son frère est l’un des principaux acteurs avec aussi Raimond IV de Toulouse, et surtout Godefroy de Bouillon.

Philippe laisse le soin des opérations militaires dans le Vexin à son fils Louis VI[9] qu’il a associé à la couronne vers 1098, 1099.

Après une controverse au sujet du dépositaire de l’évêché de Beauvais, entre 1100 et 1104, Philippe se réconcilie avec la papauté et est absous en 1104. En 1107, le pape Pascal II se rend en France où il rencontre Philippe et le futur Louis VI à Saint-Denis. L’alliance entre le royaume de France et la papauté contre l’Empire est alors définitivement scellée pour un siècle.

Décès[modifier | modifier le code]

Le [10], Philippe Ier meurt au château royal de Melun après quarante-huit ans de règne (le troisième plus long règne de l’histoire de France après ceux de Louis XIV (1643-1715) et Louis XV (1715-1774) qui ont tous les deux régné plus de cinquante ans). Ne voulant pas, en raison de ses fautes, être enterré à côté de ses ancêtres en la basilique Saint-Denis, il a demandé à être inhumé dans l’abbaye de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire. Son fils Louis VI que l’on surnommera « le Gros », âgé de vingt-sept ans, lui succède. Son épouse Bertrade de Montfort, à trente-huit ans, prend le voile à l’abbaye de Fontevraud.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]


Descendance[modifier | modifier le code]

Gisant de Philippe Ier, abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, XIIIe siècle.

De l’union avec Berthe de Hollande sont issus :

De la seconde union avec Bertrade de Montfort sont issus :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Veuve du roi Henri Ier, Anne de Kiev, mère de Philippe Ier a épousé en secondes noces Raoul de Crépy

Références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de Philippe Ier sur le site Medieval Lands
  2. Gobry 2012 [1]
  3. Philippe I King of France. Consecrated 25 Dec 1071 at Laon, again 16 May 1098 at Tours, and for a fourth time 25 Dec 1100 at Reims.
  4. 2e couronnement de Philippe Ier, page 66.
  5. Paul Joanne, Géographie du département du Cher, 1906, p. 24
  6. Tout cet épisode a récemment été mis en lumière par Bernard Gineste, « Eustache de Saint-Père: Appel en justice devant le roi à Étampes (8 février 1079) », in Corpus Étampois,(2007).
  7. Le récit de cet épisode par Raoul Tortaire, vers 1114, a été édité et traduit par Bernard Gineste dans le Corpus Etampois (2008)
  8. Achille Luchaire Les premiers Capétiens, Libriarie Jules Tallandier, réédition 1980 (ISBN 2235008585) p. 182-183.
  9. Michel Parisse et Xavier Barral I Altet, Le roi de France et son royaume, autour de l’an Mil, 1987, p. 36.
  10. Achille Luchaire op.cit p. 183
  11. Bernard Gineste, citant Dom Basile Fleureau : Son mariage prétendu avec Jean d'Etampes repose sur une confusion avec Eustachie, fille de Ferry de Châtillon, fondatrice de l'abbaye d'Yerres Corpus Etampois

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Henri d'Arbois de Jubainville (éd.), Recueil des actes de Philippe Ier, roi de France (1059-1108), Paris, Imprimerie Nationale, Librairie C. Klincksieck, collection « Chartes et diplômes relatifs à l'histoire de France publiés par les soins de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres », 1908, [lire en ligne].
  • Bernard Gineste (éd.), « Eustache de Saint-Père : Appel en justice devant le roi à Étampes (8 février 1079) », in Corpus Étampois, 2007, [lire en ligne].

Études historiques[modifier | modifier le code]

  • Augustin Fliche, Le règne de Philippe Ier, roi de France (1060-1108), Paris, Société française d'imprimerie et de librairie, 1912, [lire en ligne]. Ouvrage de référence pour l'événementiel quoique dépassé sur les questions d'interprétation.
  • Bernard Monod, Essai sur les rapports de Pascal II avec Philippe Ier (1099-1108), Paris, Librairie Honoré Champion, 1907, [lire en ligne]. Compte rendu in Bibliothèque de l'école des chartes, no 69, 1908, p. 209-210.
  • Olivier Guyotjeannin, « Les actes établis par la chancellerie royale sous Philippe Ier », in Bibliothèque de l'école des chartes, no 147, 1989, p. 29-48, [lire en ligne].
  • Georges Duby, Le Moyen Âge, Histoire de France, Hachette, 1991.
  • Damien Varenne, Espace d'action et d'influence du pouvoir royal sous le règne de Philippe Ier, sous la direction d'Yves Sassier, mémoire déposé à l'université Paris IV-Sorbonne, 2007.
  • Ivan Gobry, Philippe Ier: 1060-1108 Père de Louis VI, Paris, Flammarion,‎ 2012, 269 p. (ISBN 978-2-7564-0049-5)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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1060-1108
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