Vignon (affluent de la Tourmente)

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Vignon
(ruisseau de la Doue)
Illustration
Le cours supérieur du Vignon en hiver
Caractéristiques
Longueur 8,2 km [1]
Bassin 43 km2 [1]
Bassin collecteur Bassin de la Dordogne
Nombre de Strahler 2
Régime Pluvial
Cours
Source Œil de la Doue
· Localisation Lot, France
· Altitude 170 m
· Coordonnées 44° 57′ 55″ N, 1° 35′ 15″ E
Confluence La Tourmente en rive droite
· Localisation Les Quatre-Routes du Lot
· Altitude 122 m
· Coordonnées 44° 59′ 39″ N, 1° 39′ 11″ E
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Rionet
· Rive droite sans
Pays traversés Drapeau de la France France
Département Lot
Arrondissement Gourdon
Cantons Martel, Vayrac
Régions traversées Occitanie

Sources : SANDRE, Géoportail

Le Vignon est un cours d'eau français qui prend sa source à l'œil de la Doue, dans le département du Lot, en région Occitanie. C'est un affluent en rive droite de la Tourmente, elle-même affluent en rive droite de la Dordogne.

Géographie[modifier | modifier le code]

De 8,2 km de longueur[1], le Vignon prend sa source à l'œil de la Doue. L'œil de la Doue est une exsurgence de forme lenticulaire au pied d'une falaise calcaire abrupte d'une trentaine de mètres de hauteur. Il existe en arrière de l'œil une rivière souterraine coulant à l'intérieur d'une vaste galerie. L'été, le débit de l'œil s'interrompt et il n'est pas rare qu'après une période de sécheresse une visite devienne possible[2] après que le siphon d'entrée se soit désamorcé. La galerie est alors praticable sur environ 400m, jusqu'à un second siphon qui lui ne désamorce jamais.

En été, le cours supérieur du Vignon, qui va de l'œil jusqu'au moulin de Murel, est généralement asséché. Le cours est ensuite réalimenté par une série de sources immergées existant dans la retenue du moulin de Murel. De nombreuses sources immergées existent aussi en aval, ce qui explique la permanence du Vignon à l'exception de son cours supérieur.

Communes et cantons traversés[modifier | modifier le code]

Dans le seul département du Lot, le Vignon traverse ou longe les cinq communes[1] et deux cantons :

Soit en termes de cantons, le Vignon prend source dans le canton de Martel, et conflue dans le canton de Vayrac, le tout dans l'arrondissement de Gourdon.

Affluents[modifier | modifier le code]

Le Vignon a deux affluents référencés[1] :

  • le ruisseau de Rionet (rg), 5,6 km sur les trois communes de Strenquels, Sarrazac et Cazillac.
  • un bras du ruisseau le Vignon (rg) 1,3 km sur les deux communes de Strenquels Les Quatre-Routes-du-Lot. Il s'agit en réalité du bief alimentant les moulins de Beyssagou et de Beyssac, donc d'un canal artificiel prélevant l'eau au Vignon pour la lui restituer 1.3 km plus loin et non d'un réel affluent.

Mais en réalité il existe aussi :

  • Le ruisseau du lavoir de Ripane, rejoignant le Vignon en rive droite entre le moulin de Paunac et Friat.
  • En rive droite le ruisseau de la Tulle, rarement tari, descendu du bois de l'Enfante entre Ripane et la Roquette, venant au Vignon au pont de la Borgne.
  • Le ruisseau Canalisé[3], venant de la combe de Mauriole par le Touron, souvent sec, gagnant le Vignon rive gauche par le bief de Beyssagou.
  • Le ruisseau venant de la combe Sangui entre Strenquels et le Carlat, arrivant au Vignon rive droite entre la Vergne et le pont de Beyssac.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Les reliefs modestes entourant le Vignon ne doivent pas tromper quant à son caractère : Il peut s'avérer tumultueux avec les pluies de printemps ou à l'occasion de pluies d'orages collectées par les combes qui l'alimentent. À l'étiage, le débit peut s'avérer critique, sans pour autant s'annuler. Comme tous les cours d'eau d'origine karstique, le Vignon est soumis à une circulation rapide de l'eau et ne bénéficie quasiment pas d'un aquifère filtrant. Il est donc très vulnérable à la pollution.

Environnement[modifier | modifier le code]

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

En raison des spécificités énoncées au paragraphe précédent, l'écosystème constitué autour du Vignon s'avère particulièrement sensible. Les multiples pollutions nées dans le bassin versant lui sont donc immédiatement imputées. Elles sont d'origine agricole : Les polycultures et élevages alentour sont forts pourvoyeurs de nitrates (élevage hors sol de porcs, chèvres, volailles) sans qu'y soient adjointes de véritables installations d'assainissement. Les résidus d'herbicides utilisés notamment pour le désherbage des noyeraies, comme ceux des pesticides et herbicides appliqués sur maïs, des engrais de synthèse épandus en excès sur les prairies, sont autant de polluants majeurs drainés par le Vignon. Elles sont aussi d'origine industrielle : Il existe dans le bassin versant une énorme décharge (2 hA) qui collecte depuis plus de vingt ans les ordures de deux cantons. Le lixiviat issu de ces déchets est malheureusement capté par le Vignon, tout comme celui issu d'autres décharges sauvages situées en aval. L'effondrement de la biodiversité dans la vallée du Vignon trouve ici sa cause principale. Il serait souhaitable que les pratiques des professionnels du bassin puissent évoluer dans le sens d'un moindre impact :

  • Abandon du désherbage chimique au profit d'un enherbement permanent contrôlé, notamment dans les noyeraies.
  • Restauration des haies champêtres pour le développement des auxiliaires et réduction drastique du recours aux pesticides
  • Exploitation des déchets végétaux (BRF, compostage) au détriment de l'emploi des engrais de synthèse.
  • Fermeture et démantèlement des décharges.

Le projet "Voie d'Avenir - T3"[modifier | modifier le code]

Un projet de route à grand gabarit appelé "voie d'avenir" emprunte le tracé de la départementale 96 qui longe en surplomb le cours supérieur du Vignon. Décidé par le conseil départemental du Lot alors qu'il est "rejeté par la majorité de la population locale" comme en témoigne le rapport d'enquête publique[4], ce projet menace par ses nombreux impacts environnementaux l'équilibre écologique fragile de la vallée du Vignon. Le Tribunal Administratif de Toulouse, statuant en première instance, a annulé le 30 mars 2018 la déclaration d'utilité publique délivrée par le préfet du Lot[5]. Malgré l'arrêt accablant du Tribunal Administratif et le rejet du projet par la population, les politiques ont indiqué qu'ils faisaient appel de l'annulation de ce projet qui, s'il se veut d'avenir, n'est certainement pas en faveur de celui du Vignon et de sa vallée, toujours menacée de dévastation.

Les moulins[modifier | modifier le code]

Le moulin de Murel

L'histoire du Vignon est indissociable de celle des moulins à eau que l'homme y a édifié dès le moyen âge[6]. On en dénombre douze sur un cours 8,2 km, soit un moulin par 700 m en moyenne. Ils ont aujourd'hui tous cessé leur activité. Depuis la source vers le confluent, on rencontrera :

  • le moulin de Murel[7]
  • le moulin grand du Pic[8]
  • le moulin bas du Pic[8]
  • le moulin de Lascoux (en ruines)[9]
  • le moulin de Paunac[10]
  • le moulin de la chambre de Friat[11]
  • le moulin grand de Friat[11]
  • le petit moulin de Friat[11]
  • le moulin de la Tulle[12]
  • le moulin de la Borgne[12]
  • le moulin de Beyssagou[13]
  • le moulin de Beyssac[14]

A noter que le moulin de la Tulle serait purement et simplement détruit si le projet dit "voie d'avenir" tracé T3 était finalement concrétisé[15]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Sandre, « Fiche cours d'eau - Le Vignon (P2150500) » (consulté le 4 février 2014)
  2. Groupe Spéléologique Corrèze, « Pas une larme à l’œil de la Doue » (consulté le 28 décembre 2018)
  3. Géoportail - IGN, « Géoportail » (consulté le 4 février 2014)
  4. Nascinguerra, Comby-Faltrept, Pipereau, « Conclusions motivées et avis sur la DUP du projet routier » (consulté le 27 décembre 2018)
  5. La Dépêche du Midi, « Le tribunal administratif rejette la Voie d'Avenir dans le Nord du Lot » (consulté le 27 décembre 2018)
  6. Marguerite Guély, « Strenquels, des origines à la révolution » (consulté le 29 décembre 2018)
  7. Marguerite & Michel Guély, « Le moulin de Murel » (consulté le 29 décembre 2018)
  8. a et b Marguerite & Michel Guély, « Les moulins du Pic » (consulté le 30 décembre 2018)
  9. Marguerite & Michel Guély, « Le prieuré de Maradenou » (consulté le 30 décembre 2018)
  10. Marguerite & Michel Guély, « Le moulin de Paunac » (consulté le 29 décembre 2018)
  11. a b et c Marguerite & Michel Guély, « Les moulins de Friat » (consulté le 29 décembre 2018)
  12. a et b Marguerite & Michel Guély, « Les moulins de la Tulle et de la Borgne » (consulté le 30 décembre 2018)
  13. Marguerite & Michel Guély, « Le moulin de Beyssagou » (consulté le 30 décembre 2018)
  14. Marguerite & Michel Guély, « Le moulin de Beyssac »
  15. Conseils Généraux du Lot et de la Corrèze, « Présentation générale de la zone d’étude et des variantes envisagées » (consulté le 29 décembre 2018)