Bugeat

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Bugeat
Bugeat
L'église Saint-Pardoux de Bugeat depuis la rue de la Mairie, et l'hôtel de ville à droite.
Blason de Bugeat
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Corrèze
Arrondissement Ussel
Intercommunalité Communauté de communes Haute-Corrèze Communauté
Maire
Mandat
Jean-Yves Urbain
2020-2026
Code postal 19170
Code commune 19033
Démographie
Gentilé Bugeacois
Population
municipale
798 hab. (2018 en diminution de 6,23 % par rapport à 2013)
Densité 26 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 35′ 56″ nord, 1° 55′ 41″ est
Altitude Min. 667 m
Max. 844 m
Superficie 30,99 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton du Plateau de Millevaches
Législatives Première circonscription
Localisation
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Bugeat

Bugeat (Bujac en occitan) est une commune française située dans le département de la Corrèze en région Nouvelle-Aquitaine.

Ses habitants sont appelés les Bugeacois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Commune située dans le Massif central et le parc naturel régional de Millevaches en Limousin. Elle est arrosée par la Vézère et deux de ses affluents, la Petite Vézère et le ruisseau des Rochers.

Localisation[modifier | modifier le code]

Bugeat est limitrophe de sept autres communes.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Selon la terminologie définie par l'Insee et le zonage publié en 2020, Bugeat est une commune rurale, car elle n'appartient à aucune unité urbaine[Note 1],[1],[2]. La commune est en outre hors attraction des villes[3],[4].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Les siècles de l’Antiquité[modifier | modifier le code]

Avant la conquête de la Gaule par Rome, la présence humaine à Bugeat est attestée, à la charnière entre Préhistoire et Antiquité, par des tertres, appelé tumuli, comme le tumulus érigé dans le bois de Chaleix ; ces tumuli sont des lieux de sépultures, le plus souvent liés à la civilisation gauloise de La Tène (dans la période de 450 à 50 av. J.-C.) ; ces sépultures sont fréquemment localisées sur des sommets, et elles présentent une forme circulaire de plusieurs mètres de diamètre et de un mètre de hauteur.

Dans les premiers siècles de notre ère se développe la civilisation gallo-romaine, dont la présence à Bugeat se manifeste à travers la villa gallo-romaine dite du « Champ du palais »[5]; cette construction, d'une superficie de 5000 m², celle d’une exploitation agricole, a laissé des vestiges à proximité du Pont des Rochers, sur la route Bugeat-Égletons ; on a retrouvé à cet endroit des murs de fondation, un fragment de colonne, de la céramique, des pièces de monnaie[6].

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Parmi les monuments datant du Moyen Âge, on trouve, à Bugeat, l’église de la paroisse, paroisse placée sous le patronage de saint Pardoux ; une église a existé au XIIe siècle, de style roman, en forme de croix ; cette église romane n’existe plus, et, de cette époque, est restée une cuve baptismale romane, ornées d’arcatures cintrées, surmontées d’une rangée de petits cercles. Cette ancienne église a été remplacée, à la charnière du XIVe siècle et du XVe siècle, par l’église actuelle, de style gothique ; l’édifice présente, sur la façade d’entrée, un clocher-mur, et, à l’intérieur, plusieurs travées, avec, en clef de voûte, des sculptures : une couronne, une rose, un losange[6].

Les Temps Modernes du XVIe siècle au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le XVIIIe siècle est donc un siècle, où, dans certaines périodes, les conditions de vie, à Bugeat, ont pu s’améliorer ; témoigne de cet état économique en progrès les bâtiments édifiés près de Bugeat, à Gioux, en 1749 ; cet édifice, connu sous le nom de « château de Gioux », comporte un corps de logis bâti en pierre de taille de grand appareil en provenance de Pérols-sur-Vézère ; ont également été bâties des dépendances comportant de belles écuries, ce qui manifeste l’intérêt qui existait à cette époque, dans cette région, pour l’élevage équestre[6].

L’époque contemporaine de 1789 à 1914[modifier | modifier le code]

Dans le dernier quart du XIXe siècle, Bugeat a vécu un évènement important : l’arrivée du chemin de fer ; le 8 octobre 1883, le tronçon Eymoutiers-Meymac, appartenant à la ligne de chemin de fer Limoges-Ussel, est inauguré ; la gare de Bugeat témoigne de cette apparition de la commune sur les cartes des routes ferroviaires[6].

La Première Guerre mondiale (1914-1918)[modifier | modifier le code]

La guerre 1914-1918 a marqué, comme cela a été le cas pour toutes les communes françaises, l’histoire de la commune de Bugeat de manière profonde et durable ; le bilan humain du conflit est terrible : 74 soldats de la commune de Bugeat sont morts, et, à Bugeat, en 1919, 60 hommes mutilés sont recensés ; l’effet du conflit sur la démographie est notable : entre 1911 et 1921, la population de Bugeat a diminué de 5 %, alors que, sur l’ensemble du canton de Bugeat, la population a reculé de plus de 18 % (il est à noter que la guerre, mais aussi l’exode rural, qui a commencé avant 1914, expliquent ce recul)[7].

La grande majorité des soldats de Bugeat sont enrôlés dans des régiments d’infanterie (R.I.), comme le 100e R.I., le 126e R.I., le 300e R.I. ; ces régiments appartiennent à la 24e division d’infanterie, qui, elle-même, dépend du 12e corps d’armée, qui est le corps d’armée de la région militaire basée à Limoges et dont dépendent les départements de la Charente, de la Corrèze, de la Dordogne et de la Haute-Vienne[7].

Un grand nombre des 74 soldats qui sont morts dans cette période ont été victimes des combats de la Marne, ainsi que des combats de l’Aisne, et des combats de la Somme ; d’autres soldats ont été tués hors de France, comme ce soldat engagé sur le front d’Orient, en Serbie, Marius Jean-Baptiste Manigne, mort le 11 mars 1917 à Leskovets (le village de Leskoets – orthographe actuelle – est aujourd’hui en Macédoine)[7].

L’entre-deux-guerres (1918-1939)[modifier | modifier le code]

Dans l’entre-deux-guerres, arrive à Bugeat l’un des services rendus aux habitants de la commune (ces services qui sont liés aux idées de « progrès » et de « modernité »), après le train, et après l’électricité ; il s’agit de « l’eau courante sur l’évier » ; c’est en 1923 que l’amenée de l’eau courante est réalisée dans le bourg de Bugeat ; à cette époque, le raccordement à « l’eau courante » est réalisé pour certains particuliers du bourg ; en attendant la généralisation des branchements, sont installées des bornes-fontaines, judicieusement placées pour desservir les différents quartiers du bourg[7].

Seconde Guerre mondiale (1939-1945)[modifier | modifier le code]

En 1944, la Wehrmacht a commis des exactions à Bugeat et aux alentours.

Le , une unité de l’armée allemande fusille quatre juifs à Tarnac[8].

Le même jour, des soldats allemands d’une unité de la Division Brehmer fusillent, pour terroriser la population qui protège des résistants, quatre habitants du hameau de l’Echameil, proche de Bugeat[9].

C’est également le que des soldats allemands de cette même division arrêtent, à Bugeat, onze juifs dont un est assassiné à L'Église-aux-Bois. Les dix autres sont des femmes et enfants qui seront déportés à Auschwitz-Birkenau, centre de mise à mort, dans le convoi no 72 du  ; neuf d'entre eux y périront[9].

Ce même , trois résistants sont torturés puis fusillés au bois de Vergne par des soldats nazis pour avoir refusé de révéler où se trouvait leur camp.

Le , la Wehrmacht attaque le groupe Lalet cantonné dans le village abandonné des Bordes de Bonnefond, qui est incendié. Parmi les résistants, deux sont tués au combat, trois sont déportés à Dachau, l'un d'entre eux ne revenant pas de ce camp de la mort.

Le , au cours d'un accrochage avec la brigade Jesser, trois résistants de la 238e compagnie FTPF trouvent la mort à Marcy et six des leurs sont déportés. Avant de partir, les nazis incendient le village.

Dans la nuit du , les soldats du 3e régiment de parachutistes SAS reprennent contact avec le sol français à Fonfreyde pour lutter contre l'envahisseur nazi, aux côtés de leurs camarades des maquis.

Une stèle est érigée à la mémoire de trois résistants déportés de la commune de Gourdon-Murat. Une est arrêtée à Paris par les brigades spéciales de Pétain et déportée à Ravensbrück, un autre est déporté à Buchenwald dans les mêmes circonstances, et un qui devait être pendu, est finalement déporté à Dachau.

De la fin des années 1940 à nos jours[modifier | modifier le code]

Centre sportif de Bugeat
Espace Mille Sources.

Cette époque voit des initiatives prises par des responsables, à plusieurs niveaux, et venus de divers horizons, pour tenter de développer la commune, sur le plan économique ; comme le tourisme apparaît être l’une des seules chances de développement de Bugeat, les initiatives engagées s’adressent aux différents types de tourisme : tourisme familial (exemple : la « résidence secondaire »), tourisme social (exemple : la colonie de vacances), tourisme sportif (voir ci-après), tourisme « à la carte » (exemple : la randonnée).

Une grande réussite dans ce domaine est liée au tourisme sportif ; il s’agit de la mise en place, à Bugeat, d’un Centre National d’Entraînement ; à la suite de sa victoire au marathon de Melbourne, en 1956, Alain Mimoun œuvre pour que soit installé un centre d’entraînement à Bugeat, où il s’est préparé pour les Jeux olympiques de Melbourne ; à partir de 1967, des responsables politiques municipaux, départementaux, régionaux, et nationaux prennent des décisions aboutissant à la construction d’un gymnase, près du stade de la Ganette, puis d’un bâtiment pour l’hébergement des athlètes ; c’est ainsi qu’est né le Centre national d’entraînement de Bugeat, connu maintenant sous le nom d’« Espace Mille Sources »[7].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
avant 1988 ? Jean Marvier    
mars 2001 mai 2020 Pierre Fournet   Retraité de l'enseignement
mai 2020 En cours Jean-Yves Urbain [10]   Retraité

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[12]. En 2018, la commune comptait 798 habitants[Note 2], en diminution de 6,23 % par rapport à 2013 (Corrèze : +0,09 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
5856296927368258489221 011978
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
9649479059861 0211 1731 1531 1461 160
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 1431 2051 1551 0971 0801 1451 2271 1871 063
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
1 2691 1001 1081 0551 063996936926860
2017 2018 - - - - - - -
803798-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monument aux morts[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Bugeat.

Le monument, érigé en 1922, présente les noms des soldats de Bugeat morts pendant la Première Guerre mondiale ; le monument a, par la suite, rendu hommage aux morts de la Seconde Guerre mondiale, et de la Guerre d’Algérie[7].

Après l’Armistice du 11 novembre 1918, le conseil municipal de Bugeat adresse un hommage à « nos morts sacrés tombés pour la défense du droit et de la liberté. » Il est décidé, quelques années plus tard, d’édifier un monument aux morts qui puisse témoigner de la reconnaissance publique pour les soldats morts dans les combats[7]. L’adjudication pour le monument aux morts est faite le au profit de Jean Saintagne et d’Henri Salagnac, maçons demeurant dans le bourg ; le coût de 8 100 francs sera couvert pour partie par une somme affectée par le Conseil municipal (4 000 francs), et, pour le reste, par une souscription publique[7]. Le monument aux morts était initialement installé sur un espace situé devant le grand bâtiment d’habitation qui est connu comme la « Maison des bruyères », espace qui deviendra plus tard la Place de la Résistance ; par la suite, le monument a été déplacé au Champ de foire[7]. Le monument, dans sa configuration actuelle, est constitué de blocs de granite taillé.

Le monument à la forme d’un obélisque taillé dans un bloc de granite ; ce granite provient de la carrière d’Ambiaud, situé à quelques kilomètres de Bugeat, au sud du bourg[7].

Place de l'Église[modifier | modifier le code]

Que ce soit sous l’Ancien Régime ou au XIXe siècle[6], ou que ce soit au XXe siècle[7], il reste des témoignages de cette vie des siècles passées dans des lieux ou des évènements qui sont rattachés à cette place, comme l’église, la mairie, les cafés, les commerces, les marchés, les fêtes.

La place centrale, à Bugeat, est le lieu où se trouvaient le cimetière ancien et le presbytère, qui n’existent plus aujourd’hui ; c’est aussi le lieu où se trouve l’église, présente sur la place, dans son état actuel, depuis le XVe siècle, et la mairie/école, qui existe depuis 1911.

Sous l’Ancien Régime été pratiqué des inhumations dans les églises, sous les dalles du sol de l’édifice, pour des personnes qui étaient souvent des notables. Ainsi, de 1714 à 1778, il y a eu 95 inhumations dans l’église, à Bugeat. Dans certaines églises, il existe des gravures en creux montrant l’effigie d’une personne sur une pierre tombale ; ainsi, à la Collégiale Saint-Étienne d'Eymoutiers, se trouve une dalle gravée du XVe siècle. La dernière inhumation dans l’église a eu lieu, à Bugeat, en 1778, deux années après la publication de l’ordonnance royale interdisant cette pratique. Le sol de l’église a été refait vers 1950 et des dalles gravées ont été retournées durant ces travaux, dissimulant des gravures ; çà et là, sur le sol de l’église, se trouve, au centre de certaines grandes dalles, un trou qui a été percé et qui permettait de manipuler cette dalle[15].

Le presbytère ancien[modifier | modifier le code]

À l’endroit où se trouve aujourd’hui la mairie de Bugeat, il y a eu, pendant des décennies, des bâtiments utilisés par les curés de la paroisse : collée contre l’église, l’écurie du presbytère, et, en arrière, le bâtiment où ont résidé les curés, pendant 70 ans. Il y avait, au début du règne de Louis XVI, un presbytère, qui a subi un incendie en 1775 ; un nouveau bâtiment a été édifié en 1840. En 1910, cet édifice est démoli, remplacé en 1911 par le bâtiment de la mairie actuelle. Ce changement est comme le symbole d’un transfert de l’autorité, qui passe du magistère de l’Église à la gouvernance de la République laïque. Le presbytère démoli en 1910 a été édifié en 1840 sur les plans de Charles de Jouvenel. Ce presbytère moderne, ainsi que l’édifice plus ancien, ont servi de résidence aux curés de Bugeat[16].

La mairie, l'école[modifier | modifier le code]
L'hôtel de ville de Bugeat.

La mairie de Bugeat, qui se trouve au cœur du bourg, sur la place principale, est le symbole de la montée en puissance de l’autorité des municipalités tout au long du XIXe siècle ; deux dates illustrent cette évolution ; en 1792, la tenue de l’État civil, assurée jusque-là par l’autorité religieuse, passe aux mains des municipalités ; en 1882, le vote des lois Jules Ferry sur l’école donne aux municipalités un pouvoir accru sur l’organisation de l’instruction publique dans le cadre de l’école gratuite, laïque et obligatoire. La mairie/école de la place de l’Église va symboliser cette évolution. La mairie et l’école de Garçons seront installés dans un nouveau bâtiment, ouvert en 1911, et construit tout à côté de l’église. Cet édifice, symboliquement, a remplacé le presbytère[17].

La maison du forgeron/épicier[modifier | modifier le code]

L’un des maréchaux-ferrants de Bugeat était Léonard Lissandre, né en 1865 à L’Église-aux-Bois ; Lissandre s’illustrera par ailleurs, avec beaucoup de talent, comme sculpteur sur bois ; il ajoutera à son travail de forgeron une activité de commerçant, et le couple Lissandre tiendra une épicerie, place de l’Église. Jusqu’en 1909, année de son décès, Antoine Mazaud a habité au-dessus de cette boutique ; Antoine Mazaud, né en 1830 à Bugeat, a été, à partir de 1860, pendant plus de vingt ans, prêtre missionnaire aux États-Unis, dans l’état du Wisconsin principalement ; il est de retour à Bugeat vers 1885[18].

La boutique du sabotier[modifier | modifier le code]

Le sabotier de la place de l’Église, à Bugeat, n’est pas le seul, dans les années 1920, à œuvrer dans ce que l’on appelle alors des « industries rurales ». À cette époque, à Bugeat, dans le « Quartier du Centre », on pratique les métiers suivants : bourrelier, charron, cordonnier, forgeron, horloger, maçon, maréchal-ferrant, menuisier, sabotier, tailleur. On verra la plupart de ces métiers disparaître lorsque les modes de vie vont changer radicalement, à partir des années 1960 ; dans les années 1950, il reste à Bugeat, un bourrelier, un charron, deux cordonniers, un horloger, un maréchal-ferrant, deux sabotiers, deux tailleurs. Avec son enseigne, sa devanture, la boutique du sabotier fait partie de la dizaine de commerces présents sur la place de l’Église[17].

La pharmacie du bourg[modifier | modifier le code]

Il y a, à Bugeat, dans les années 1870, des maisons donnant sur la Grand-Rue, qui est la route de Limoges à Bort, et également sur la place, qui est alors le cimetière. Parmi ces bâtiments, à l’angle de la rue de la mairie, figure l’ancienne écurie Orliange, qui va être remplacée par un bâtiment de deux étages, couvert d’ardoises. Au rez-de-chaussée, s’installe la pharmacie, qui déménage de son emplacement précédent, une ancienne maison du bourg, face à la mairie ; cette nouvelle pharmacie est en place dans les années 1940, avec sa devanture, et avec son enseigne, un caducée. Avant les pharmaciens, il y avait les apothicaires, et l’un d’entre eux, apothicaire dans les années 1720, était Annet Regaudie. Parmi les pharmaciens, l’un d’entre eux a été pharmacien tout à la fin du XIXe siècle, Antoine Bourg, qui a été également maire de Bugeat ; pour le XXe siècle, l’un des pharmaciens a été Henri Léonet, pharmacien à Bugeat à partir des années 1910[6].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Charles Bichet : peintre, professeur aux Arts décoratifs de Limoges, né en 1863 à Paris, et mort en 1929 à Limoges ; Bichet a laissé une œuvre peinte d’une grande originalité, inspirée par les paysages de Crozant, de Châteauponsac, et d’autres lieux du Limousin ; il a également connu Bugeat dont il a représenté les sites dans plusieurs de ses œuvres.
  • Jean-Marie Borzeix : journaliste, écrivain, responsable d’institutions culturelles, né en 1941 à Bugeat ; certains de ses ouvrages sont inspirés par Bugeat et sa région, comme son récit Jeudi saint, qui rappelle les événements dramatiques survenus le 6 avril 1944 à Bugeat.
  • Georges-Emmanuel Clancier : romancier et poète, né en 1914 à Limoges ; au début des années 1930, le jeune lycéen, malade, interrompt ses études, et, convalescent, il vient goûter le « bon air » de Bugeat ; ses séjours à Bugeat lui inspirent deux nouvelles : La Roue et Tuer.
  • André Larquetoux : ingénieur, inventeur d’un procédé de béton sous-marin, né en 1908 à Bugeat, et mort en 2004 à Paris ; il a vécu à Bugeat, et également à Lacelle ; il a beaucoup fait pour la restauration de la citadelle de l'île de Belle-Île-en-Mer, en Bretagne.
  • Bernard Mazaud : plasticien, né en 1923 à Paris ; il vit et travaille à Mouriéras, hameau de Bugeat ; il expose depuis 1972, et ses pièces et installations figurent dans les collections publiques et privées.
  • Marcel Merguiller : peintre, né en 1892 à Limoges, et mort en 1981 à Bugeat ; élève de Charles Bichet, il pratique la peinture en amateur, et il parcourt avec son maître la région de Bugeat, ainsi que d’autres sites du plateau de Millevaches ; il laisse des dessins, ainsi que des peintures, dont certaines sont à la maison de retraite de Bugeat, où il a vécu ses derniers jours.
  • Richard Millet : écrivain, né à Viam en 1953 ; Millet évoque, dans son œuvre, son pays natal, en faisant de la région de Viam et de Bugeat le cadre de plusieurs de ses romans : La Gloire des Pythre, L'Amour des trois sœurs Piale, Lauve le pur.
  • Alain Mimoun : coureur de fond, champion olympique, né en 1921 à Telagh, en Algérie française, et mort le 27 juin 2013 à Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne ; il s’entraîne à Bugeat dès les années 1950 ; dans les années 1960, il initie la création du Centre d'entraînement sportif national de Bugeat (devenu l'« Espace 1000 Sources Alain-Mimoun »).
  • Xavier Patier : écrivain, haut fonctionnaire, né à Brive en 1958 ; Patier situe l'action de l'un de ses récits, La Foire aux célibataires, dans les campagnes situées à l'est de Bugeat, et dans un hameau qu'il dénomme « Couderc ».
  • Henri Troyat : écrivain, membre de l'Académie française, né à Moscou en 1911, et mort à Paris en 2007 ; dans son ouvrage Les Semailles et les Moissons, l'écrivain, nourri des souvenirs de son épouse et de sa famille, originaires de Bugeat, situe des épisodes de son roman à Bugeat, dont il a changé le nom ; le bourg de son récit s’appelle La Chapelle-au-Bois.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
Gironné d'or et d'azur de huit pièces à la croix de malte d'argent brochant sur la partition, au chef de gueules chargé d'un sapin d'argent accosté de deux abeilles volant d'or.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une commune rurale est une commune n'appartenant pas à une unité urbaine. Les autres communes sont dites urbaines.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Base des unités urbaines 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 8 novembre 2020)
  2. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 8 novembre 2020)
  3. « Base des aires d'attraction des villes 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 8 novembre 2020)
  4. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc, Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 8 novembre 2020)
  5. Article Ce que les fouilles révèlent de la villa romaine du Champ du Palais, à Bugeat (Corrèze) de Blandine Hutin-Mercier paru dans le journal La Montagne du mardi 28 juillet 2020
  6. a b c d e et f Raymond Pérel, Le Pays de Bugeat dans l’Histoire, tome 1 : De la préhistoire à l’aube du 20e siècle, Naves, Les Amis du Pays de Bugeat, 2001.
  7. a b c d e f g h i j et k Jean-Marie Borzeix (coordonné par), Le Pays de Bugeat dans l’histoire, tome 2 : Le XXe siècle, Panazol, Les Amis du Pays de Bugeat, 2002.
  8. Bernard Bouche (sous la dir. de), Témoignages sur la Résistance dans le canton de Bugeat (Corrèze), Bugeat, ANACR, 2010.
  9. a et b Jean-Marie Borzeix, Jeudi saint, Paris, éditions Stock, 2008.
  10. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le 10 septembre 2020)
  11. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  12. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  15. Martine Chavent, « Le Plateau de Millevaches » dans « La Corrèze. Plateau de Millevaches. Massif des Monédières », Martel, Éditions du Laquet, 2000.
  16. Léon Taguet (abbé), Livre d’or des familles Taguet-Bourzat, Teyssier-Bourzzat, Saint-Hilaire-Neuvic, Imprimerie de l’abbé Lescure, 1906.
  17. a et b Marcel Peyraud, Bugeat au 20e siècle. Première partie. 1901-1940, sans lieu, Imprimerie P. Reyssac, sans date.
  18. Daniel Chambre, La Haute-Corrèze oubliée, Naves, Imprimerie du Corrézien, 1992.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]