Bugeat

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Bugeat
Bugeat
Le monument aux morts.
Blason de Bugeat
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Corrèze
Arrondissement Ussel
Canton Plateau de Millevaches
Intercommunalité Communauté de communes Haute-Corrèze Communauté
Maire
Mandat
Pierre Fournet
2014-2020
Code postal 19170
Code commune 19033
Démographie
Gentilé Bugeacois
Population
municipale
816 hab. (2016 en diminution de 6,53 % par rapport à 2011)
Densité 26 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 35′ 56″ nord, 1° 55′ 41″ est
Altitude Min. 667 m
Max. 844 m
Superficie 30,99 km2
Localisation

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Bugeat (Bujac en occitan) est une commune française située dans le département de la Corrèze en région Nouvelle-Aquitaine.

Ses habitants sont appelés les Bugeacois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Commune située dans le Massif central et le parc naturel régional de Millevaches en Limousin. Elle est arrosée par la Vézère et deux de ses affluents, la Petite Vézère et le ruisseau des Rochers.

Localisation[modifier | modifier le code]

Bugeat est limitrophe de sept autres communes.

Rose des vents Toy-Viam Tarnac,
Saint-Merd-les-Oussines
Rose des vents
Viam N Pérols-sur-Vézère
O    Bugeat    E
S
Gourdon-Murat Bonnefond

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Les siècles de l’Antiquite[modifier | modifier le code]

Avant la conquête de la Gaule par Rome, la présence humaine à Bugeat est attestée, à la charnière entre Préhistoire et Antiquité, par des tertres, appelé tumuli, comme le tumulus érigé dans le bois de Chaleix ; ces tumuli sont des lieux de sépultures, le plus souvent liés à la civilisation gauloise de La Tène (dans la période de 450 à 50 av. J.-C.) ; ces sépultures sont fréquemment localisées sur des sommets, et elles présentent une forme circulaire de plusieurs mètres de diamètre et de 1 mètre de hauteur. Dans les premiers siècles de notre ère se développe la civilisation gallo-romaine, dont la présence à Bugeat se manifeste à travers la villa gallo-romaine dite du « Champ du palais » ; cette construction, celle d’une exploitation agricole, a laissé des vestiges à proximité du Pont des Rochers, sur la route Bugeat-Egletons ; on a retrouvé à cet endroit des murs de fondation, un fragment de colonne, de la céramique, des pièces de monnaie[1].

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Parmi les monuments datant du Moyen Âge, on trouve, à Bugeat, l’église de la paroisse, paroisse placée sous le patronage de saint Pardoux ; une église a existé au XIIe siècle, de style roman, en forme de croix ; cette église romane n’existe plus, et, de cette époque, est restée une cuve baptismale romane, ornées d’arcatures cintrées, surmontées d’une rangée de petits cercles. Cette ancienne église a été remplacée, à la charnière du XIVe siècle et du XVe siècle, par l’église actuelle, de style gothique ; l’édifice présente, sur la façade d’entrée, un clocher-mur, et, à l’intérieur, plusieurs travées, avec, en clef de voûte, des sculptures : une couronne, une rose, un losange[1].

Les Temps Modernes du XVIe siècle au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le XVIIIe siècle est donc un siècle, où, dans certaines périodes, les conditions de vie, à Bugeat, ont pu s’améliorer ; témoigne de cet état économique en progrès les bâtiments édifiés près de Bugeat, à Gioux, en 1749 ; cet édifice, connu sous le nom de « château de Gioux », comporte un corps de logis bâti en pierres de taille de grand appareil en provenance de Pérols-sur-Vézère ; on également été bâties des dépendances comportant de belles écuries, ce qui manifeste l’intérêt qui existait à cette époque, dans cette région, pour l’élevage équestre[1].

L’époque contemporaine de 1789 à 1914[modifier | modifier le code]

Dans le dernier quart du XIXe siècle, Bugeat a vécu un évènement important : l’arrivée du chemin de fer ; le 8 octobre 1883, le tronçon Eymoutiers-Meymac, appartenant à la ligne de chemin de fer Limoges-Ussel, est inauguré ; la gare de Bugeat témoigne de cette apparition de la commune sur les cartes des routes ferroviaires[1].

La Grande Guerre (1914-1918)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Monument aux morts de Bugeat.

La guerre 14-18 a marqué, comme cela a été le cas pour toutes les communes françaises, l’histoire de la commune de Bugeat de manière profonde et durable ; le bilan humain du conflit est terrible : 74 soldats de la commune de Bugeat sont morts, et, à Bugeat, en 1919, 60 hommes mutilés sont recensés ; l’effet du conflit sur la démographie est notable : entre 1911 et 1921, la population de Bugeat a diminué de 5 %, alors que, sur l’ensemble du canton de Bugeat, la population a reculé de plus de 18 % (il est à noter que la guerre, mais aussi l’exode rural, qui a commencé avant 1914, expliquent ce recul)[2].

La grande majorité des soldats de Bugeat sont enrôlés dans des régiments d’infanterie (R.I.), comme le 100e R.I., le 126e R.I., le 300e R.I. ; ces régiments appartiennent à la 24e division d’infanterie, qui, elle-même, dépend du 12e corps d’armée, qui est le corps d’armée de la région militaire basée à Limoges et dont dépendent les départements de la Charente, de la Corrèze, de la Dordogne et de la Haute-Vienne[2].

Un grand nombre des 74 soldats qui sont morts dans cette période ont été victimes des combats de la Marne, ainsi que des combats de l’Aisne, et des combats de la Somme ; d’autres soldats ont été tués hors de France, comme ce soldat engagé sur le front d’Orient, en Serbie, Marius Jean-Baptiste Manigne, mort le 11 mars 1917 à Leskovets (le village de Leskoets – orthographe actuelle – est aujourd’hui en Macédoine)[2].

L’entre-deux-guerres (1918-1939)[modifier | modifier le code]

Dans l’entre-deux-guerres, arrive à Bugeat l’un des services rendus aux habitants de la commune (ces services qui sont liés aux idées de « progrès » et de « modernité »), après le train, et après l’électricité ; il s’agit de « l’eau courante sur l’évier » ; c’est en 1923 que l’amenée de l’eau courante est réalisée dans le bourg de Bugeat ; à cette époque, le raccordement à « l’eau courante » est réalisé pour certains particuliers du bourg ; en attendant la généralisation des branchements, sont installées des bornes-fontaines, judicieusement placées pour desservir les différents quartiers du bourg[2].

Seconde Guerre mondiale (1939-1945)[modifier | modifier le code]

En 1944, la Wehrmacht a commis des exactions à Bugeat et aux alentours.

Le , une unité de l’armée allemande fusille quatre Juifs à Tarnac[3].

Le même jour, des soldats allemands d’une unité de la Division Brehmer fusillent, pour terroriser la population qui protège des résistants, quatre habitants du hameau de l’Echameil, proche de Bugeat[4].

C’est également le que des soldats allemands de cette même division arrêtent, à Bugeat, onze Juifs dont un est assassiné à L'Église-aux-Bois. Les dix autres sont des femmes et enfants qui seront déportés à Auschwitz-Birkenau, centre de mise à mort, dans le convoi no 72 du  ; neuf d'entre eux y périront[4].

Ce même , trois résistants sont torturés puis fusillés au bois de Vergne par des soldats nazis pour avoir refusé de révéler où se trouvait leur camp.

Le , la Wehrmacht attaque le groupe Lalet cantonné dans le village abandonné des Bordes de Bonnefond, qui est incendié. Parmi les résistants, deux sont tués au combat, trois sont déportés à Dachau, l'un d'entre eux ne revenant pas de ce camp de la mort.

Le , au cours d'un accrochage avec la brigade Jesser, trois résistants de la 238e compagnie FTPF trouvent la mort à Marcy et six des leurs sont déportés. Avant de partir, les nazis incendient le village.

Dans la nuit du , les soldats du 3e régiment de parachutistes SAS reprennent contact avec le sol français à Fonfreyde pour lutter contre l'envahisseur nazi, aux côtés de leurs camarades des maquis.

Une stèle est érigée à la mémoire de trois résistants déportés de la commune de Gourdon-Murat. Une est arrêtée à Paris par les brigades spéciales de Pétain et déportée à Ravensbrück, un autre est déporté à Buchenwald dans les mêmes circonstances, et un qui devait être pendu, est finalement déporté à Dachau.

De la fin des années 1940 à nos jours[modifier | modifier le code]

Centre sportif de Bugeat
Espace Mille Sources.

Cette époque voit des initiatives prises par des responsables, à plusieurs niveaux, et venus de divers horizons, pour tenter de développer la commune, sur le plan économique ; comme le tourisme apparaît être l’une des seules chances de développement de Bugeat, les initiatives engagées s’adressent aux différents types de tourisme : tourisme familial (exemple : la « résidence secondaire »), tourisme social (exemple : la colonie de vacances), tourisme sportif (voir ci-après), tourisme « à la carte » (exemple : la randonnée). Une grande réussite dans ce domaine est liée au tourisme sportif ; il s’agit de la mise en place, à Bugeat, d’un Centre National d’Entraînement ; à la suite de sa victoire au marathon de Melbourne, en 1956, Alain Mimoun œuvre pour que soit installé un centre d’entraînement à Bugeat, où il s’est préparé pour les Jeux olympiques de Melbourne ; à partir de 1967, des responsables politiques municipaux, départementaux, régionaux, et nationaux prennent des décisions aboutissant à la construction d’un gymnase, près du stade de la Ganette, puis d’un bâtiment pour l’hébergement des athlètes ; c’est ainsi qu’est né le Centre national d’entraînement de Bugeat, connu maintenant sous le nom d’« Espace Mille Sources »[2].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 En cours Pierre Fournet   Retraité de l'enseignement

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[6]. En 2016, la commune comptait 816 habitants[Note 1], en diminution de 6,53 % par rapport à 2011 (Corrèze : -0,38 %, France hors Mayotte : +2,44 %).
Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
5856296927368258489221 011978
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
9649479059861 0211 1731 1531 1461 160
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 1431 2051 1551 0971 0801 1451 2271 1871 063
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
1 2691 1001 1081 0551 063996936926860
2016 - - - - - - - -
816--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Pardoux de Bugeat
  • La ville de Bugeat est connue des sportifs français par son Centre d'entraînement sportif national devenu l'« Espace 1000 Sources Alain-Mimoun »[9] initié par Alain Mimoun, grand champion français de course de fond et champion olympique du marathon en 1956. Ce centre sert régulièrement de cadre pour la préparation aux rencontres internationales pour des sportifs de nombreuses disciplines (rugby, athlétisme, boxe, ping-pong…).

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Charles Bichet : peintre, professeur aux Arts décoratifs de Limoges, né en 1863 à Paris, et mort en 1929 à Limoges ; Bichet a laissé une œuvre peinte d’une grande originalité, inspirée par les paysages de Crozant, de Châteauponsac, et d’autres lieux du Limousin ; il a également connu Bugeat dont il a représenté les sites dans plusieurs de ses œuvres.
  • Jean-Marie Borzeix : journaliste, écrivain, responsable d’institutions culturelles, né en 1941 à Bugeat ; certains de ses ouvrages sont inspirés par Bugeat et sa région, comme son récit Jeudi saint, qui rappelle les évènements tragiques survenus le 6 avril 1944 à Bugeat.
  • Georges-Emmanuel Clancier : romancier et poète, né en 1914 à Limoges ; au début des années 1930, le jeune lycéen, malade, interrompt ses études, et, convalescent, il vient goûter le « bon air » de Bugeat ; ses séjours à Bugeat lui inspire deux nouvelles : La Roue et Tuer.
  • André Larquetoux : ingénieur, inventeur d’un procédé de béton sous-marin, né en 1908 à Bugeat, et mort en 2004 à Paris ; il a vécu à Bugeat, et également à Lacelle ; il a beaucoup fait pour la restauration de la citadelle de l'île de Belle-Île-en-Mer, en Bretagne.
  • Bernard Mazaud : plasticien, né en 1923 à Paris ; il vit et travaille à Mouriéras, à proximité de Bugeat, en Haute-Corrèze ; il expose depuis 1972, et ses pièces et installations figurent dans les collections publiques et privées.
  • Marcel Merguiller : peintre, né en 1892 à Limoges, et mort en 1981 à Bugeat ; élève de Charles Bichet, il pratique la peinture en amateur, et il parcourt avec son maître la région de Bugeat, ainsi que d’autres sites du plateau de Millevaches ; il laisse des dessins, ainsi que des peintures, dont certaines sont à la maison de retraite de Bugeat, où il a vécu ses derniers jours.
  • Richard Millet : écrivain, né à Viam en 1953 ; Millet évoque, dans son œuvre, son pays natal, en faisant de la région de Viam et de Bugeat le cadre de plusieurs de ses romans : La Gloire des Pythre, L'Amour des trois sœurs Piale, Lauve le pur.
  • Alain Mimoun : coureur de fond, champion olympique, né en 1921 à Telagh, en Algérie française, et mort le 27 juin 2013 à Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne ; il s’entraîne à Bugeat dès les années 1950 ; dans les années 1960, il initie la création du Centre d'entraînement sportif national de Bugeat (devenu l'« Espace 1000 Sources Alain Mimoun »).
  • Xavier Patier : écrivain, haut fonctionnaire, né à Brive en 1958 ; Patier situe l'action de l'un de ses récits, La Foire aux célibataires, dans les campagnes situées à l'est de Bugeat, et dans un hameau qu'il dénomme « Couderc ».
  • Henri Troyat : écrivain, membre de l'Académie française, né à Moscou en 1911, et mort à Paris en 2007 ; dans son ouvrage Les Semailles et les Moissons, l'écrivain, nourri des souvenirs de son épouse et de sa famille, originaires de Bugeat, situe des épisodes de son roman à Bugeat, dont il a changé le nom ; le bourg de son récit s’appelle La Chapelle-au-Bois.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
Gironné d'or et d'azur de huit pièces à la croix de malte d'argent brochant sur la partition, au chef de gueules chargé d'un sapin d'argent accosté de deux abeilles volant d'or.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Raymond Pérel, « Le Pays de Bugeat dans l’histoire. Tome 1 : De la Préhistoire à l’aube du XXe siècle », Naves, Les Amis du Pays de Bugeat, 2001.
  2. a b c d et e Jean-Marie Borzeix (coordonné par), « Le Pays de Bugeat dans l’histoire. Tome 2 : le XXe siècle », Panazol, Les Amis du Pays de Bugeat, 2002.
  3. Bernard Bouche (sous la direction de), « Témoignages sur la Résistance dans le canton de Bugeat(Corrèze) », Bugeat, ANACR, 2010.
  4. a et b Jean-Marie Borzeix, « Jeudi saint », Paris, Editions Stock, 2008.
  5. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  9. Centre sportif de Bugeat.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]