Claude Nicolet

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Claude Nicolet, né le à Marseille et mort le à Paris[1], est un historien français, spécialiste de la Rome antique, des institutions et des idées politiques[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé d'histoire et membre de l'École française de Rome de 1957 à 1959, il fut professeur d'histoire ancienne à l'université de Tunis, l'université de Caen, puis à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et directeur d'études émérite à partir de 1997 à l'École pratique des hautes études[3].

Membre de la Société des études latines, de la Société nationale des antiquaires de France, du Deutsches archäologisches Institut, de la Society for the Promotion of Roman Studies, de l’Institute for Advanced Study et du Cambridge Group for the Revision of the Texts of Roman Laws. Il fut rédacteur en chef de la revue Cahiers de la République de 1956 à 1963, directeur du centre Gustave Glotz de 1981 à 1992 et directeur de l'École française de Rome de 1992 à 1995[4].

En , il fait partie des 34 signataires de la déclaration rédigée par Léon Poliakov et Pierre Vidal-Naquet pour démonter la rhétorique négationniste de Robert Faurisson[5].

Membre de la British Academy, il est élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1986, au fauteuil de Louis Robert[6].

Conseiller ministériel[modifier | modifier le code]

Il fit une courte carrière politique en tant que membre du cabinet de Pierre Mendès France, en 1956. Il fut secrétaire, puis rédacteur en chef, des Cahiers de la République, et chargé de missions au cabinet de Jean-Pierre Chevènement, entre 1984 et 2002, sur l'éducation civique[7].

Il se montra soucieux tout au long de sa vie d'articuler son engagement républicain et son métier d'historien. Cela contribua à l'originalité de son œuvre, à cheval entre la Rome antique et l'époque contemporaine, autour notamment du fonctionnement de la société et des institutions politiques. Comme le souligne Catherine Virlouvet, « c'est un même questionnement qui unit Le Métier de citoyen dans la Rome antique (1976) et L'Idée républicaine en France (1982) »[8].

Il a été le fondateur et le premier président du Comité Laïcité République[9].

L'idée républicaine en France[modifier | modifier le code]

Selon Céline Spector[10], l'ouvrage de Nicolet L'Idée républicaine en France (1982) a contribué au retour en force de l'idée républicaine dans les années 1980. Selon lui, c'est Rousseau qui a fourni le socle théorique à la notion de République telle qu'elle est entendue en France. Elle a notamment repris au citoyen de Genève son concept de souveraineté et sa théorie de la loi. Nicolet écrit :

« La grande affaire des républicains, c'est bien entendu Rousseau. L'homme et l'œuvre ont été, par lui-même, si intimement liées, ils sont d'ailleurs si contradictoires en apparence, et si cohérents en réalité, qu'on ne pourra pas s'étonner que Rousseau ait été, un siècle durant - et peut-être plus - à la fois la référence inévitable et le signe de division le plus éclatant des républicains français, comme de quelques autres[11] »

Décorations[modifier | modifier le code]

Autres distinctions[modifier | modifier le code]

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le Radicalisme, Paris, Presses universitaires de France, 1957, 5e édition 1983, coll. « Que sais-je ? », no 761.
  • Pierre Mendès France ou Le Métier de Cassandre, Paris, Julliard, 1959.
  • L'Ordre équestre à l'époque républicaine, 312-43 av. J.-C., thèse d'État (2 vol.), Paris, coll. BEFAR, 1966 et 1974.
  • Les Gracques : Crise agraire et révolution à Rome, Paris, Gallimard, 1967.
  • Le Métier de citoyen dans la Rome républicaine, Paris, Gallimard, 1976[12].
  • Tributum, Bonn, Habelt, 1976.
  • Rome et la conquête du monde méditerranéen 264–27 av. J.-C. (2 vol.), Paris, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio », 1978[13]. (ISBN 2-13-035850-0).
  • Insula sacra : la loi Gabinia-Calpurnia de Délos (58 av. J.-C.), Rome, École française de Rome, 1980.
  • L'Idée républicaine en France : Essai d'histoire critique (1789-1924), Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », 1982 ; rééd. Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1994[14].
  • La laïcité en mémoire (avec Guy Gauthier), Paris, Edilig, 1987[15].
  • L'Inventaire du monde : Géographie et politique aux origines de l'Empire romain, Paris, Fayard, 1988[16]. (ISBN 2-213-02020-5)
  • Rendre à César : Économie et société dans la Rome antique, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », 1988[17].
  • La République en France. État des lieux, Paris, Le Seuil, coll. « Libre examen », 1992.
  • Aux sources de la culture française (avec Dominique Lecourt, Michelle Perrot, Émile Poulat et Paul Ricœur), Paris, La Découverte, 1997.
  • Mégapoles méditerranéennes : Géographie urbaine rétrospective, actes du colloque de Rome (mai 1996) [sous la dir. de], Rome, École française de Rome, 1999.
  • Histoire, Nation, République, Paris, Odile Jacob, 2000[18].
  • Censeurs et Publicains : Économie et fiscalité dans la Rome antique, Paris, Fayard, 2000 (ISBN 2213602964).
  • La Fabrique d'une nation : La France entre Rome et les Germains, Paris, Perrin, 2003.
  • Le Peuple inattendu (avec Anne-Cécile Robert et André Bellon), Paris, Syllepse, 2003.
  • Les Ordres à Rome [sous la dir. de], Paris, Publication de la Sorbonne, 2003.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Ferrary, « Claude Nicolet », Cahiers du Centre Gustave Glotz, no 22,‎ , p. 7-10 (lire en ligne)
  • Jean-Louis Ferrary, « Bibliographie de Claude Nicolet », Cahiers du Centre Gustave Glotz, no 22,‎ , p. 11-47 (lire en ligne)
  • Jean-Louis Crémieux-Brilhac, « Claude Nicolet, politique et historien », Cahiers du Centre Gustave Glotz, no 22,‎ , p. 49-54 (lire en ligne)
  • Christian Le Roy, « De la rue d’Ulm à l’université de Caen, 1950-1969 », Cahiers du Centre Gustave Glotz, no 22,‎ , p. 55-60 (lire en ligne)
  • Elisabeth Deniaux, « Claude Nicolet, professeur à Caen : les recherches sur les Gracques », Cahiers du Centre Gustave Glotz, no 22,‎ , p. 61-67 (lire en ligne)
  • Jean-Pierre Chevènement, « Un historien dans la cité : hommage à Claude Nicolet », Cahiers du Centre Gustave Glotz, no 22,‎ , p. 161-170 (lire en ligne)
  • Catherine Virlouvet, « Claude Nicolet et les Mégapoles méditerranéennes », Cahiers du Centre Gustave Glotz, no 22,‎ , p. 135-140 (lire en ligne)
  • Odile Rudelle, « Claude Nicolet face au dilemme de la République française », Cahiers du Centre Gustave Glotz, no 22,‎ , p. 141-149 (lire en ligne)
  • Céline Spector, Au prisme de Rousseau : usages politiques contemporains, Oxford, Voltaire foundation,

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Décès de l'historien Claude Nicolet », Le Figaro, 30 décembre 2010.
  2. Thomas Wieder, « Claude Nicolet, historien », sur lemonde.fr,
  3. Michel Gras, « Claude Nicolet (1930-2010) », Mélanges de l'école française de Rome, vol. 122, no 2,‎ , p. 5-6 (lire en ligne)
  4. Jean-Louis Ferrary, « Claude Nicolet », Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques, vol. 143,‎ , xxi-xxiii (lire en ligne)
  5. Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Paris, Le Seuil, coll. « La Librairie du XXe siècle », , 691 p. (ISBN 2-02-035492-6), p. 237.
  6. « NICOLET Claude, René », sur aibl.fr
  7. « Claude Nicolet », sur universalis.fr
  8. Catherine Virlouvet, L'Histoire no 364, mai 2011, p. 96.
  9. « Création d'un comité Laïcité-République. », sur lemonde.fr,
  10. Spector 2011, p. 176-177.
  11. Nicolet 1982, p. 70.
  12. Robert Turcan, « Cl. Nicolet. "Le métier de citoyen dans la Rome républicaine" », Revue de l'histoire des religions, vol. 193, no 2,‎ , p. 232-233 (lire en ligne)
  13. Emilio Gabba, « Claude Nicolet, "Rome et la conquête du monde méditerranéen, I : Les structures de l'Italie romaine" », Annales. Histoire, Sciences sociales, vol. 35, no 5,‎ , p. 943-948 (lire en ligne)
  14. Etienne Fouilloux, « Nicolet (Claude) "L'Idée républicaine en France. Essai d'histoire critique" », Archives de Sciences Sociales des Religions, vol. 58, no 2,‎ , p. 295-296 (lire en ligne)
  15. Odile Rudelle, « Gauthier (Guy), Nicolet (Claude), "La laïcité en mémoire" », Revue française de science politique, vol. 38, no 2,‎ , p. 284-286 (lire en ligne)
  16. Jules Wankenne, « Claude Nicolet, "L'inventaire du Monde. Géographie et politique aux origines de l'Empire romain" », L'Antiquité Classique, vol. 58,‎ , p. 474-475 (lire en ligne)
  17. Jean Andreau, « Claude Nicolet, "Rendre à César. Économie et société dans la Rome antique" », Annales. Histoire, Sciences sociales, vol. 45, no 5,‎ , p. 914-916 (lire en ligne)
  18. Odile Rudelle, « Claude Nicolet, "Histoire, Nation, République" », Revue française de science politique, vol. 50, no 6,‎ , p. 994-996 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]