Magie (surnaturel)

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La magie est un art fondé sur la croyance en l'existence d'êtres ou de pouvoirs surnaturels et de lois naturelles occultes permettant d'agir sur le monde matériel par le biais de rituels spécifiques.

Dans de nombreuses cultures, les moyens mis en œuvre par la magie en tant que science occulte s’opposent aux religions établies ainsi qu'aux raisonnements scientifiques[1]. Les évolutions des connaissances scientifiques, qui donnent des explications aux phénomènes comme la foudre, les mouvements des planètes, ou les réactions chimiques, se sont progressivement opposés à la croyance en la magie[réf. nécessaire].

Description[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot français « magie » vient du latin magia, lui-même issu du grec μαγεία (mageia), « religion des mages perses », « sorcellerie[2] ».

Pour remonter plus haut, il faut aller jusqu'en Perse. Le mot maguš[3], « mage » en vieux-perse, est visible pour la première fois sur une inscription gravée en 515 av. J.-C. à Béhistoun (Perse antique, Iran actuel), sur les exploits de Darius Ier, roi de Perse, qui a renversé en 522 av. J.-C. Gaumâta, un mage mède qui s'est proclamé roi de l'empire perse. « Darius le Roi dit : "Ensuite il y avait un homme, un Mage, du nom de Gaumâta." »[4] En perse, mag signifie « science, sagesse ». Héraclite (vers 500 av. J.-C.) est le premier à utiliser le mot, en énumérant « les somnambules, les mages (μάγοι), les bacchants [initiés à Dionysos], les ménades [initiées à Dionysos], et les initiés »[5]. Hérodote, vers 420 av. J.-C., précise le sens : « Les tribus mèdes sont : les Bouses, les Parétacènes, les Strouchates, les Arizantes, les Boudiens, les Mages (μάγοι) »[6]. En fait, les Mages forment la caste sacerdotale des Mèdes[7], comme les Brahmanes sont la caste sacerdotale des Indiens. Certains Mages sont prêtres. Ils ont diverses fonctions : interpréter les songes, pratiquer la divination, sacrifier au Soleil, à la Lune, à la Terre, au Feu, à l'Eau et aux Vents, chanter la théogonie, participer au pouvoir politique, faire des sacrifices royaux, procéder à des rites funéraires. Comme le montre une sculpture de Kizkapan, ils portent un bonnet qui couvre la bouche, ils officient sur un autel du feu. Le mot « mage » existe donc en Occident depuis le Ve siècle av. J.-C..

Vers le milieu du IVe siècle av. J.-C. le mot Mageia (en latin magia) est employé par les Grecs en tant que doctrine issue de la Perse, notamment avec Zoroastre (vers 590 av. J.-C. ?)[8]. Parmi les Mages perses (et non plus mèdes), ou prêtres de Zoroastre, les plus célèbres sont : Ostanès le Mage[9] et Hystaspe, qui seraient venus en Occident dès 480 av. J.-C. Ils auraient accompagné Xerxès Ier, roi de Perse, en pleines « guerres médiques », jusqu'à Abdère[10].

Le latin magus paraît dès 506 au concile d'Agde[11].

Définitions[modifier | modifier le code]

La sorcière de ‪Augusto De Luca‬, 1980

Le mot « magie » désigne tantôt une technique (les arts magiques), tantôt des procédés, des opérations, tantôt une action, un effet, mais cela n'est pas si gênant. Par exemple, la magie de Merlin concerne soit l'art magique (art occulte : Merlin connaît et pratique des procédés occultes pour produire des effets merveilleux), soit des procédés magiques (techniques occultes : Merlin utilise des formules secrètes), soit des effets magiques (puissances mystérieuses : Merlin rend invisible).

Apulée : « La magie est la science de la piété et du divin (…). Mes adversaires, toutefois, peuvent adopter le sens du vulgaire, selon lequel le mage, étant en communauté avec les dieux immortels, a le pouvoir de tout faire par la vertu mystérieuse des incantations »[12].

Helena Blavatsky : « La magie, considérée comme science, est la connaissance des principes et de la voie par laquelle l’omniscience et l’omnipotence de l’Esprit et son contrôle sur les forces de la nature peuvent être acquis par l’individu tandis qu’il est encore dans le corps. Considérée comme art, la magie est l’application de ces connaissances à la pratique »[13]. « La magie est la science de la communication avec les Puissances supra-mondaines éternelles et de leur direction, ainsi que du commandement de celles de ces puissances appartenant aux sphères inférieures ; connaissance pratique des mystères cachés de la nature connus seulement du petit nombre parce qu'il est très difficile de les acquérir sans tomber dans les péchés contre nature »[14].

Aleister Crowley : « La Magie est la Science et l'Art d'occasionner des Changements en accord avec la Volonté »[15].

Papus : « La Magie est l'étude et la pratique du maniement des forces secrètes de la nature »[16].

Pierre A. Riffard : « La magie est l'action efficace sur un objet réel ou mental, par la parole, le geste, l'image ou la pensée, indépendamment des catégories de l'être (espace, temps, causalité), mais conformément à des correspondances soit analogiques [par exemple, rouge = le fer, le mardi] soit mécaniques [rouge → excitation, mûrissement] »[17].

Définition du dictionnaire Hachette : « Science occulte qui permet d'obtenir des effets merveilleux à l'aide de moyens surnaturels. » L'idée de magie requiert d'admettre l'existence de forces surnaturelles et secrètes, contraindre les puissances du ciel ou de la nature, recourir à des moyens d'action qui ne sont ni religieux ni techniques mais occultes.

Mage, magicien, magiste y sont distingués.

  1. Le mage est un sage, qui connaît les secrets de la nature (les rois mages).
  2. Le magicien est un praticien, il réalise des merveilles ; dans les années 1760, on disait le comte de Saint-Germain magicien, car, soi-disant, il vivait depuis l'époque de Jésus, ne mangeait pas, créait des pierres précieuses, faisait disparaître les taches des diamants, transmutait les métaux en or…
  3. Le magiste est un sage praticien, il est à la fois savant comme le mage et habile comme le magicien ; au XIXe siècle, on considérait Helena Blavatsky et Papus comme des magistes.
  4. le sorcier (en anglais sorcerer) cherche à faire du mal, par diverses techniques magiques. « La puissance du magicien est merveilleuse, celle du sorcier diabolique et infernale »[18].
  5. Le mage noir (en anglais witch) nuirait par lui-même, du fait de sa présence ou de ses pouvoirs supposés maléfiques[19].

D'autres personnes font des « miracles », mais autrement. Le prestidigitateur et le fakir utilisent l'illusion ; le médium et le prodige ont un don ; le saint et le mystique comptent sur Dieu.

Facteurs pratiques de l'action magique[modifier | modifier le code]

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La pratique de la Magie repose sur la croyance que l’esprit humain est tout-puissant sur le monde qui l’entoure et qu’une pensée déterminée, bien orientée, bien concentrée, peut se concrétiser, influer sur les choses et les êtres[réf. nécessaire]. Mais comment cette concrétisation de la pensée serait-elle possible ? Selon les esprits matérialistes et la plupart des savants[Qui ?], il s’agit d’un phénomène physiquement impossible et dépourvu de fondement scientifique. Selon les magiciens[Qui ?], un pouvoir ou une force secrète servirait de truchement entre le monde mental et le plan de la réalité physique. La Magie est, en effet, présentée par ses adeptes comme l’utilisation d’un pouvoir ou d’une force pour influencer une cible donnée (le praticien lui-même, une tierce personne, une collectivité, une chose).[réf. nécessaire] Les adeptes de la Magie occidentale[Qui ?] contemporaine définissent ainsi le rôle des pratiques magiques : mettre en action cette fameuse force ou ce pouvoir pour influencer la destinée d’une cible.[réf. nécessaire] La connexion peut être facilitée par des accessoires, comme les encens ou des ingrédients.

D’après certaines théories magiques[Lesquelles ?], l’opérateur doit établir une connexion psychique avec la cible de son action. Il doit ensuite imaginer cette cible dans la situation qu’il souhaite lui voir arriver. Tout cela s’effectue par concentration et visualisation mentale, mais les magiciens s’aident aussi de la parole (alors appelée « incantation »). Cependant, l’être humain ne peut rester concentré sur le même objet bien longtemps. Pour remédier à cela les magiciens utilisent un objet magique (appelé « témoins ». Ce dernier, mis en scène dans un rituel, a pour fonction de faciliter la connexion en question, en aidant le praticien à se concentrer sur sa cible d’une part et sur l’effet qu’il désire d'autre part. Il existe traditionnellement deux sortes de témoins : les témoins d’action (représentations de l’effet désiré, de la situation telle que l’on voudrait qu’elle soit) et les témoins-cibles (représentation de l’individu ou de la collectivité visée). Tous deux entrent dans les facteurs de base de l’action magique.[réf. nécessaire]

Glyphes astrologiques. Un rituel magique peut inclure l'emploi d'un glyphe particulier, déterminé en fonction de l'influence planétaire qui correspond au but poursuivi[réf. nécessaire].

Les témoins d’action, qui ont donc pour fonction d’aider le magicien à se concentrer sur l’effet désiré, à s'immerger dans son désir, peuvent être des dessins, des symboles (astrologiques…), de l’encens, des bougies d’une certaine couleur, des huiles… ayant des correspondances de type analogique, archétypal, avec l'effet voulu.

La couleur noire le nombre des bougies sont déterminés en fonction du but poursuivi, d'après des codes ésotériques de correspondances.[réf. nécessaire]

Dans le cas d’un sort d’amour, le témoin d’action peut être : le dessin d’un cœur, le symbole de la planète Vénus (du fait que celle-ci est associée en astrologie à l’amour), de l’encens de rose (car la rose est traditionnellement associée à la notion d’amour), de l’huile essentielle de rose, une ou plusieurs bougies de couleur rouge (cette couleur étant associée à la passion), etc. Les correspondances peuvent s’appliquer jusqu'à la quantité de bougies : le 15 sera ici de rigueur, car ce nombre est, en numérologie, le signe de l’amour. En somme, un témoin d’action est la représentation symbolique, archétypale, de l’effet désiré.[réf. nécessaire]

Principes théoriques de l’action magique[modifier | modifier le code]

Comme toute tradition humaine, la magie comporte des aspects théoriques. Il faut noter à cet égard que la séparation entre magie et science est récente, et que bien des savants de premier plan étaient aussi des « magiciens », qui ont appliqué leur esprit à la magie comme ils ont pu le faire dans des travaux maintenant reconnu comme scientifique. il y aura donc des ressemblances.

La magie orientale — mésopotamienne, égyptienne, iranienne — explique ses effets par l'archétype, le modèle divin ou cosmogonique. À ses yeux, pour agir magiquement il faut faire comme font les dieux ou faire comme ce fut à l'origine. Les dieux sont des exemples, des créateurs, des tout-puissants, les origines sont des moments forts, ils concentrent des puissances idéales, des possibilités. C'est donc magique, par identification, analogie. On lit souvent sur les papyrus égyptiens ou gréco-égyptiens[20] : « Je suis Isis », « Je suis Osiris ».

Bôlos de Mendès, le premier des occultistes, explique la magie par les « sympathies et antipathies » et par les « vertus occultes[21]. » D'après lui, la salamandre et le feu sont en sympathie, le coq et le lion en antipathie, en inimitié ; la dépouille d'un serpent a la propriété merveilleuse de favoriser les menstrues.

Pic de la Mirandole, en néoplatonicien, explique la magie par l'amour. « Les merveilles de l'art magique ne s'accomplissent que par l'union et l'actualisation des choses qui sont latentes ou séparées dans la nature. (…) Faire de la magie n'est pas autre chose que marier le monde (Magicam operari non est aliud quam maritare mundum). » Tout comme le vigneron fait une greffe de la vigne sur un ormeau, le magicien lie l'inférieur au supérieur, le matériel au divin, sur le plan du caché, du latent, du séminal. Pour faire un talisman il faut lier le signe gravé ou inscrit à un esprit planétaire, à un des sefirot de l'arbre des kabbalistes[22].

Paracelse explique la magie par l'astral, aussi bien l'Esprit sidéral que le corps astral (corpus sidereum), d'autre part il explique par la volonté et l'imagination du mage. « L'Esprit sidéral » est la lumière répandue dans notre esprit autant que la Raison universelle. « Même les choses insensibles, les plantes, les graines, les fruits, les pierres, etc., tout a un corps astral », celui-ci est un « aimant » qui attire « les influx sidéraux », un « moteur » qui donne vie et esprit au corps élémentaire[23]. Le mage sait capter et diriger « les forces célestes », « les puissances astrales » dans les objets terrestres, mais aussi utiliser les images, les lettres, les chiffres, les mots, les sons. La pensée de Paracelse reste toutefois difficile à appréhender.

Agrippa de Nettesheim, Giambattista Della Porta, Swedenborg, la majorité des auteurs expliquent la magie par les analogies et correspondances[24] pour le côté abstrait, par les liens ou les déliements pour le côté concret. C'est la fameuse notion de « ligature » (serrer un lien, faire un nœud). On a là une idée magique de tous temps et pour tous lieux. Exemple : il y a, selon le magicien, analogie, ressemblance, métaphore, apparentement entre l'amour et un lien, un nœud, un enchaînement, donc, pour créer un amour de façon magique, le magicien fera un nœud. L'analogie créera le lien. Recette du IVe siècle : « Charme étonnant pour lier une femme aimée. Fais 365 nœuds. » Recette de 1997 : « Pour attirer l'amour. Dans un ruban rouge vous aurez écrit vos deux noms avec le sang de l'un des deux. Liez le ruban de manière à faire joindre les noms[25]. » L'action magique transfère à deux personnes le pouvoir qu'a le nœud sur deux cordes, celui d'unir, de rapprocher. Un mage d'une part scrute, connaît, d'autre part manipule, transfère les équivalences symboliques.

Franz Anton Mesmer (1766) et tout le mouvement du magnétisme animal expliquent par un « fluide magnétique universel », ou plus prosaïquement par l'électromagnétisme.

Éliphas Lévi explique par la volonté[26]. « Savoir, oser, vouloir, se taire, voilà les quatre verbes du mage (…). Vouloir, vouloir longtemps, vouloir toujours, mais ne jamais rien convoiter, tel est le secret de la force ; et c'est cet arcane magique que le Tasse met en action dans la personne des deux chevaliers qui viennent délivrer Renaud et détruire les enchantements d'Armide. (…) Ce qui rendait Jeanne d'Arc toujours victorieuse, c'était le prestige de sa foi. »

Frazer, ethnologue anglais, explique par les associations d'idées[27]. « Les hommes confondent l'ordre de leurs idées avec l'ordre de la nature, et, dès lors, imaginent que le contrôle qu'ils exercent ou semblent exercer sur leurs pensées les autorise à pratiquer un contrôle correspondant sur les choses. » Frazer distingue, dans son analyse de la magie, trois lois, qui marchent par associations (similitude, contiguïté, contrariété). Première loi, la similitude, la sympathie par imitation : « Tout semblable appelle le semblable, ou un effet est similaire à sa cause » ; par exemple, la technique d'envoûtement consiste à percer d'une aiguille une poupée imitant la personne que l'on veut blesser. Deuxième loi, la contiguïté, la sympathie par contact, la contagion : « Les choses qui ont été une fois en contact continuent d'agir l'une sur l'autre, alors même que ce contact a cessé » ; par exemple, un magicien peut blesser une personne en piquant les empreintes de pas laissées par cette personne. Troisième loi : « le contraire agit sur le contraire » ; par exemple, pour contrecarrer une blessure on peut susciter son contraire sous forme d'une image de cicatrisation.

Mikhaël Aïvanhov, un maître spirituel bulgare, explique par l'aura[28]. « Être un mage, c'est créer. Le mage véritable est entouré d'un cercle de lumière, son aura, ce halo de lumière invisible qui émane de lui et qu'il a formé grâce à son travail spirituel et à la pratique des vertus. Pour créer, le mage utilise les mêmes moyens que Dieu Lui-même : il projette une image ou prononce un mot qui traverse son aura, et c'est l'aura qui fournit la matière pour la manifestation. » Il existe « trois grandes lois magiques : 1) la loi d'enregistrement, 2) la loi d'affinité, 3) la loi du choc en retour[29]. »

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Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Chaque tradition ou culture possède ses propres définitions des catégories magiques.

Intention : magie noire, magie blanche[modifier | modifier le code]

Déjà saint Augustin distingue dans la magie une forme « plus détestable », la goétie (sorcellerie), et une forme « plus honorable », la théurgie[30]. Depuis la fin du Moyen Âge, vers 1450[31], les savants posent la distinction entre deux sortes de pratiques, en fonction de leurs buts moraux : la magie noire (« nigromancie ») et la magie blanche (« mageia »). Auparavant on voyait dans chaque magie du mal et du bien. Les statuts de Narbonne (1638) exposent la séquence suivante, décroissante en valeur : magiciens, devins, enchanteurs, sorciers.

  • La magie noire a des effets négatifs du fait même du magicien, de sa personne, et la sorcellerie a des buts consciemment maléfiques et des moyens intentionnellement négatifs (« diabolisme »). Les mages noirs et les sorciers passent pour être néfastes à la société, ils empoisonnent, ensorcellent, lancent des imprécations, invoquent des diables ou démons[32], utilisent des figurines d'envoûtement, nouent l'aiguillette (ils provoquent l'impuissance sexuelle), provoquent des sécheresses ou des orages, etc. En 1317, l'évêque Hugues Géraud de Cahors fut condamné au bûcher car il avait essayé de tuer le pape Jean XXII avec des images de cire.
  • La magie blanche, elle, concerne une utilisation de la Magie à des fins altruistes, ou préventives (« magie bleue »), avec des moyens presque toujours positifs, bénéfiques. Elle guérit, protège, exorcise, renforce, réconcilie… Elle invoque les « esprits bons », Dieu… et pas les mauvais démons.

La distinction magie noire/magie blanche recoupe presque la distinction entre magie illicite (ars prohibita) et magie licite, mais aussi la distinction entre magie diabolique (qui repose sur l'aide de mauvais démons) et magie naturelle (reposant sur un agencement adéquat des causes physiques). J. Pic de la Mirandole dit sur cette dernière distinction : « Il y a une double magie. L'une relève tout entière de l'activité et de l'autorité des démons (…). L'autre n'est rien d'autre que l'achèvement absolu de la philosophie de la nature (exacta et absoluta cognitio omnium rerum naturalium)[33]. »

Selon la Bible satanique, il n'existe pas deux formes de magies: la magie n'est pas manichéenne avec une bonne et l'autre non. Selon Anton Szandor LaVey il n'existe qu'une seule magie mais plusieurs manière de s'en servir : ainsi, certains s'en serviront pour punir et d'autres pour guérir.

  • La magie rouge fait son apparition — du moins le terme — vers 1840[34]. La plupart des définitions de la magie rouge l'associent à la sexualité, à l'amour, à la séduction et au plaisir amoureux ou charnel.
  • La magie verte ne concerne que l'ordre naturel végétal (voire animal, si les bêtes sont sauvages).
  • La magie bleue désigne parfois toutes les magies de protection.

L'Église Catholique ne fait pas de distinction entre différentes magie, elles sont toutes associées aux démons plus ou moins explicitement.

Au Tibet, la religion Bön et ses adeptes Bön-po, étaient versés dans la magie noire et la magie blanche. La magie noire est un des thèmes du film Milarépa : La voie du bonheur. Actuellement, les Bön-po ne pratiqueraient plus que la magie blanche.

Méthode : magie opératoire, magie naturelle[modifier | modifier le code]

Une deuxième opposition met face à face deux magies, l'une rituelle, l'autre physique : la magie opératoire et la magie naturelle. Agrippa insiste sur cette distinction[35].

  • La magie rituelle, au niveau le plus simple, est une magie opérative, c'est-à-dire faite d'actes réfléchis et efficients. Il suffit d'émettre un son, de poser un objet près d'un autre… Il faut aussi quelques conditions, dont les plus importantes sont, dit-on, « le respect scrupuleux des règles » et « la force magnétique de l'opérateur ». Ces conditions sont déjà si difficiles, que tout échec en magie finit par s'expliquer ! Si l'on ajoute le choix de l'heure propice, du lieu consacré, de l'objet approprié, la magie devient quasi impossible. Le rite du cercle magique est célèbre[36]. Le magicien, avec une épée ou une baguette, trace autour de lui un cercle, pour se protéger d'influences négatives, à l'extérieur, et pour attirer à l'intérieur des puissances positives. Les rites magiques les plus courants sont, quant à la fonction, les rites de renforcement de puissance, de protection, de guérison, de divination, et pour la forme, les incantations, les gestes, les sacrifices… Les grimoires, la franc-maçonnerie occulte, les rosicruciens, la Golden Dawn proposent à leurs adeptes des rituels très complexes.
  • La magie naturelle est presque une science ordinaire. Les faits existent depuis toujours. Anthème de Tralles, au VIe s., savait, techniquement, créer le tonnerre. La notion n'apparaît que vers 1230, grâce à Guillaume d'Auvergne[37] et Roger Bacon[38] et à d'autres auteurs. Della Porta, à la fois magicien et physicien, la définit ainsi : « Naturelle…, cette magie, douée d'une plantureuse puissance, abonde en mystères cachés et donne la contemplation des choses qui gisent sans être appréhendées, et la qualité, propriété et connaissance de toute nature comme sommet de toute philosophie. » En d'autres termes, c'est de la science physique, mais elle porte sur des phénomènes mal connus ou elle crée des phénomènes qui semblent des miracles sans en être, par exemple les feux grégois, l'attraction du fer par l'aimant, les monstres, les illusions d'optique, la prestidigitation. L'antique Claude Élien a donné la clef : « La nature est, elle aussi, magicienne[39]. »

Usage : magie médicale, magie divinatoire…[modifier | modifier le code]

Il existe différentes sortes de magie :

  • Magie cynégétique. C'est la magie pour la chasse.
  • Magie divinatoire. Magie et divination ont été confondues jusqu'au début du XIIIe s., puis on les a distinguées, mais on peut les réunir, quand il s'agit d'interroger occultement le passé, le futur, les secrets, les cachettes. Le cas le plus violent est la nécromancie, où le magicien interroge un mort. Le cas le plus élevé est la théurgie, quand le magicien interroge un dieu ou un ange ; John Dee, avec un médium, a pratiqué des « conversations angéliques » (1581) : « Edward Kelly est un voyant de grande qualité. Il a invoqué et parlé avec Uriel, l'un des Sept Anges. Il prie d'abord avec moi le Seigneur, puis invoque le Bon Ange, écoute ses paroles et répond[40]. »
  • Magie érotique ou magie sexuelle (en) ou magie rouge. Les moyens traditionnels sont bien connus, du moins en théorie. Déjà Sophocle les cite : « Si, par des philtres et par des charmes qui touchent Héraklès, je l'emporte sur la jeune fille, j'aurai conduit mon plan avec art[41]. » Herbes et incantations. Mais d'autres moyens seraient disponibles, comme la magie de rapprochement, la magie par contact qui permet d'agir sur un objet qui appartient à la personne désirée, les parfums, les visualisations, les rituels…
  • Magie initiatique. Depuis la Préhistoire, il existe des initiations où l'on transmet un instrument, une technique, un savoir magique, ou qui donnent l'initiation grâce à des opérations magiques telles que l'évocation d'un maître défunt, l'usage d'un talisman.
  • Magie médicale. Le premier usage de la magie fut probablement la médecine. Quand tous les moyens ordinaires échouent, comment ne pas songer à la magie ? On a alors l'embarras du choix quant aux moyens : pierres ou plantes ou animaux magiques, formules ou gestes magiques, imposition des mains, transes médiumniques, prières… Et les spécialistes sont foule : guérisseurs, rebouteux, radiesthésistes, magnétiseurs, chamanes

Supports extérieurs : plantes, astres, nombres, symboles…[modifier | modifier le code]

Un texte magique grec pointe déjà le sujet : « Ce sont dans les plantes, les formules et les pierres que résident tout l'art et la faveur et le pouvoir magique de l'effet cherché[42]. » Marsile Ficin fait une liste des sept choses qui peuvent attirer les influences célestes, d'après les planètes, en commençant par les supports extérieurs, physiques : Lune (pierres, métaux, etc.), Mercure (plantes, fruits, animaux), Vénus (poudres, vapeurs, odeurs), Soleil (mots, chants, sons), Mars (émotion, imagination), Jupiter (raison), enfin Saturne (contemplation intellectuelle, intuition divine)[43]. Il recommande « les émotions, le chant, l'odeur et la lumière » pour capter les divinités planétaires.

  • Choses magiques. Pour un mage comme Henri-Corneille Agrippa, le monde « élémental », celui des quatre ou cinq Éléments (Terre, Eau, Air, Feu, Éther), est inférieur, mais « il est gouverné par son supérieur et reçoit ses influences, en sorte que l'Archétype même et le Créateur souverain ouvrier nous communique les vertus de sa toute puissance par les anges, les cieux, les étoiles, les Éléments, les animaux, les plantes, les métaux et les pierres[44]. » La magie élémentaire porte sur les Éléments, la magie astrale sur les « esprits planétaires » (ceux de Vénus, Mars , etc.)… Les reliques de saints, depuis le VIe s. sont supposées avoir des dons miraculeux[45], leurs tombes aussi[46].
  • Fumigations et parfums. L'encens, les odeurs, etc. attirent ou repoussent des forces naturelles ou des « esprits ». Selon le Picatrix (I, 2), « les fumigations donnent des forces et attirent les esprits vers les images », les images magiques.
  • Nombres magiques. Depuis Pythagore, les magiciens distinguent des supports intelligibles (sons, formes, principes) et des supports sensibles (lettres de l'alphabet, figures géométriques, nombres)[47], et ils croient savoir que les nombres sont des principes d'organisation, des forces. On trouve également des carrés magique ou des tables de lettres magiques, associées tantôt à des planètes tantôt à des forces terrestres (magie hénokéenne)
  • Signes magiques. Pour le pseudo-Paracelse de l'Archidoxe magique, « Les caractères [écritures et symboles occultes], les mots et les sceaux [images astrologiques] ont en eux-mêmes une force scrète en rien contraire à la nature et n'ayant aucun lien avec la superstition[48]. »

Jean Pic de la Mirandole mentionne « les paroles et les mots », « les nombres », « les lettres », « les caractères, les figures », la musique[49]. Le magicien puise souvent dans des « images sacrées », des « images divines ». Il s'agit de symboles graphiques (comme le pentagramme), de « charactères » (lettres ou hiéroglyphes, « sceaux planétaires »), de symboles, de « carrés magiques », de talismans ou amulettes ; pour le magicien, agir sur ces figurations de forces équivaut à agir sur les forces figurées elles-mêmes. Le magicien mésopotamien ou égyptien, par exemple, fait couler de l'eau sur une statue couverte d'inscriptions magiques : l'eau entraîne les caractères, et sera utilisée, en boisson, comme médicament ou potion. L'usage de figures, dessins est bien connu. Toute représentation d'un magicien le montre avec la figure d'un pentagramme ou d'un sceau de Salomon. Un sommet de la magie des images est « l'art notoire », développé aux XIIe et XIIIe siècles : le sujet, en général un moine ignorant, « en jeûne et oraison », contemplait longuement des figures géométriques (« notes ») représentant une science, et il comptait ainsi pouvoir l'acquérir, par magie de contagion[50].

Supports intérieurs : parole, geste, imagination, volonté[modifier | modifier le code]

Le magicien peut puiser en lui-même une force magique de différentes manières :

  • La parole magique est supposé efficace à condition de connaître l'intonation correcte et les mots magiques (voces magicae). La parole magique est, au choix, une prière, une incantation, une formule, des « mots barbares[51] », un nom d'ange, une invocation, une onomatopée, une suite de voyelles… Les magiciens citent la parole biblique : « Que la Lumière soit », ou la formule de consécration romaine Si fas est (« si c'est permis », selon les lois divines ou par les lois naturelles).
  • Le geste magique est un acte supposé efficace, en particulier le sacrifice. Le geste magique exige souvent des instruments. Les plus connus sont la baguette magique, le miroir magique, le caducée d'Hermès, l'étoile flamboyante. Il faut ajouter des objets plus courants, comme les cierges liturgiques, les coupes d'eau lustrale.
  • L'imagination magique, par visualisations, symbolisations, rêves, fantasmes, poésie, est censé changer les choses. Le magicien n'invente pas une image, il trouve en esprit la vraie image des choses, par exemple pour l'homme celle d'un pentagramme, pour la planète Saturne celle d'un vieillard. Le rôle de l'imagination a été souligné par Marsile Ficin[52], Paracelse.
  • La volonté magique est une force aussi réelle que la volonté physique ou la vapeur. La magie, dit l'illuministe Jacob Böhme[53], « n'est en soi rien qu’une volonté, et cette volonté est le grand mystère de toute merveille et de tout secret : elle s’opère par l’appétit du désir de l’être. » La pensée unit telle chose à telle chose, selon sa volonté.

Supports spirituels : angélologie, démonisme, chamanisme, théurgie[modifier | modifier le code]

Lorsque le magicien n'a pas assez de puissance ou si les objets magiques ne sont pas suffisamment puissant, il peut faire appel à des esprits pour l'aider dans sa tache, bénéfique ou malfaisante. Ainsi il peut invoquer les démons, les incubes et succubes (démons sexuels), les esprits de la nature, les âmes des morts, les fées, les anges ou même les dieux.

Les magiciens ont parfois recours à un assistant magique, appelé « parèdre », qui est un démon, un dieu, un génie, un esprit, l'âme d'un mort. « On acquiert un démon comme assistant : il te dira tout, il vivra, mangera et dormira avec toi[54]. »

  • Angélologie. Certains magiciens disent agir grâce aux anges, dont ils connaissent les noms ou les « caractères » (glyphes, signes) qui les représentent ; ils sauraient les invoquer et leur ordonner. Un kabbaliste chrétien, Johannes Reuchlin[55], parle des 72 anges qui « ont pouvoir sur la terre entière » et ont chacun un Nom secret correspondant à un pouvoir de Dieu (Schemhamphoras) ; il ajoute d'autres noms : Metraton (« prince de l'univers »), Raphaël (gouverneur du Ponant), etc. À noter une forme plus polémique d'angélologie / angéologie appelée « magie hénokéenne »[56] dont les spécialistes ne savent pas bien comment elle fonctionne ni quoi en penser exactement ; apparue subitement au XVIe siècle en Angleterre, les manuscrits de ce système magique prétendent que la schemamphorash précédemment citée serait une version dégradée de cette magie dite « hénokéenne ». Les esprits ayant donné la dictée des manuscrits se présentent comme des Anges, et expliquent qu'il existe aussi des démons dont ils donnent les noms et fonctions, ainsi que ceux de leurs opposants angéliques.
  • Démonisme. Le recours aux esprits malfaisants (« magie démoniaque ») au moyen d'invocations (« goétie ») ou de rites (« basse magie ») laisse épouvanter. Pourtant, cela existe et relève du satanisme ou de la magie noire. Mais toutes sortes d'« esprits » existent, pour un magicien, dans les eaux, au ciel, dans les organes, partout, on peut les évoquer et obtenir un résultat. « Un certain Harnouphis, mage égyptien de l'entourage de Marc Aurèle, appela des génies par art magique, notamment Hermès Aérios, et, par leur entremise, il provoqua, dit-on, la pluie[57]. » Déjà Platon associe magie et démons[58]. Saint Augustin ramène tous les supports à l'action des démons : « Avec des herbes, des pierres, des animaux, des sons et des paroles déterminées, des représentations et des images, reflétant les mouvements des astres observés dans leur évolution céleste, les hommes pouvaient fabriquer sur terre des pouvoirs capables de réaliser les différents mouvements des astres… Tout cela vient des démons qui se jouent des âmes soumises à leur pouvoir » (Cité de Dieu, X, 11).
  • Nécromancie. Une classe courante de magie concerne la magie de la mort et des âmes des morts. Elle inclut, entre autres, les célèbres magies concernant les morts-vivants, les zombis, les fantômes.
  • Médiumnisme. Le magicien peut passer par un médium à transe, un somnanbule. Crowley est entré en haute magie en utilisant, au Caire, les dons de médium de sa première femme, Rose Kelly[59].
  • Chamanisme. Un chamane, par définition, entre en communication avec les esprits-maîtres des animaux, qui sont ses « auxiliaires[60]. » Le premier chamane occidental, Aristéas de Proconnèse (vers 600 av. J.-C.), était supposé « prendre la forme d'un corbeau[61] » ; la légende en fait un mage capable de se trouver dans deux lieux distincts à la fois (bilocation), qui pouvait vivre sans manger (inédie).
  • Théurgie. On n'est pas si loin de l'angélologie pratique. « La théurgie est une forme de magie, celle qui permet de se mettre en rapport avec les puissances célestes bénéfiques pour les voir ou pour agir sur elles (par exemple en les contraignant à animer une statue, à habiter un être humain, à révéler des mystères)[62]. » Le théurge invoque ou évoque des « entités supérieures », archanges, anges, génies, esprits ou dieux (« haute magie »), et il s'élève à elles ou bien il les fait descendre vers lui (« télestique »), soit par des moyens spirituels comme la méditation soit par des moyens matériels comme les herbes, la musique, le rhombe. La théurgie était présente chez les néo-platoniciens comme Jamblique et chez les Élus Coëns (voir Martinisme).

Bref, la magie qui invoque des diables ou démons malfaisants, c'est de la goétie, celle qui invoque des anges bienfaisants ou dieux, c'est de la théurgie ; les deux forment la « magie cérémonielle[63]. »

Souvent, tous les supports interviennent. Soit le « rituel d'appel de forces ». « Il faut d'abord se procurer une feuille de parchemin animal [symbole] sur laquelle on écrira sa demande. Le rituel s'effectuera en lune ascendante [astre], soit dans l'oratoire, soit en plein air [condition de lieu], la nuit [condition de temps]. Sur l'autel sont disposés : le parchemin enveloppé de soie, deux cierges liturgiques [Élément Feu], de l'eau lustrale [Élément Eau], un bol de terre ou un crâne [Élément Terre], de l'encens dans un brûle-parfum [Élément Air]. On tracera [expression par geste] le cercle de protection. On prend son couteau rituélique à manche noir [instrument] et on dit [expression par parole] : Introïbo ad altare Demiurgi, puis on lit les psaumes 2, 6, 101, 129 et 142. On visualise [expression par imagination] alors sa demande : si on souhaite de l'argent, on voit des piles de beaux billets. On appelle le génie que l'on a choisi [démonisme]. On attend jusqu'à ce que l'on sente la présence de l'entité appelée [expression par volonté], et, croyez-moi, on la sent. On lit à nouveau le texte du parchemin, puis on récite la formule suivante : Demiurgus Caeli[64] »

Théories sur la Magie[modifier | modifier le code]

La Magie selon les philosophes[modifier | modifier le code]

Plotin, dans son traité 28, explique la magie par les antipathies et sympathies (comme Bolos de Mendès), par l'Amour et la Haine cosmiques (comme Empédocle), par la sympathie cosmique (comme les stoïciens), par les démons (comme Pythagore et Xénocrate)[65]. « Pour les actes de sorcellerie (goetéia), comment les expliquer ? par la sympathie, par le fait qu'il existe par nature une harmonie entre les semblables et une opposition entre les contraires, par la variété des nombreuses puissances qui se mettent en œuvre pour réaliser l'unité de l'être vivant. D'ailleurs, sans que personne n'intervienne, beaucoup d'attractions et de sortilèges se produisent ; car la vraie magie c'est l'amour qu'il y a dans l'univers et inversement la haine. » « Ces sages antiques, qui cherchaient à s'assurer de la présence des êtres divins en érigeant des sanctuaires et des statues (…) comprirent que cette Âme [du monde], bien qu'elle soit partout présente, peut être captée d'autant plus facilement qu'un réceptacle adéquat aura été prévu à cet effet, un lieu particulièrement approprié pour en recueillir quelque portion ou phase, quelque chose qui puisse la reproduire ou capter son image à la manière d'un miroir[66]. »

Les humanistes de la Renaissance. Les grands noms sont Marsile Ficin, Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim, Pic de la Mirandole. On sent que leur connaissance du sujet est livresque.

Marsile Ficin opère une révolution dans l'histoire de la magie en en donnant une version subjective, complètement spirituelle. Il limite le pouvoir de la magie au seul esprit du mage[67]. Comme les stoïciens et Plotin, il pense qu'un Esprit cosmique (spiritus mundi), intermédiaire entre l'Âme du monde (Anima mundi) et le Corps du monde (Corpus mundi), de la nature de l'éther, qui « vivifie tout », qui est « la cause immédiate de toute génération et de tout mouvement », traverse le Tout ; la mage peut attirer cet Esprit qui peut canaliser l'influence des astres, « attirer la vie céleste ».

« L'opération de la magie est l'attraction d'une chose par une autre en vertu d'une affinité naturelle… Ainsi l'aimant attire le fer… Les œuvres de la magie sont donc des œuvres de nature… Et la nature entière est appelée magicienne en vertu de cet amour réciproque… Toute la puissance de la magie réside dans l'Amour et l'œuvre de l'Amour s'accomplit par fascination, incantation et sortilège[68]. »

Selon Pic de la Mirandole, alors âgé de 24 ans, « nulle science ne confirme davantage la divinité du Christ que la magie et la Cabbale ». Mais il fait l'effort de séparer la magie naturelle qui est en fait le mot traditionnel pour la science ou la philosophie, de la magie démoniaque qui est rigoureusement à condamner. « Je dis et je répète que ce nom de "magie" est un terme équivoque et signifie aussi bien la nécromancie, où l'on procède par pacte et accords étroits avec les démons, que la partie pratique de la science de la nature, qui n'enseigne rien d'autre qu'à accomplir des œuvres merveilleuses grâce aux forces naturelles[69]. » Dans ce sens là et sous cette restriction fondamentale « Faire de la magie n'est autre que marier le monde. » Pour lui la connaissance n'est pas que spéculative : elle conduit à l'action sur le monde. Il croit en quelques principes : l'animisme (tout est vivant et providentiel), la latence (le magicien peut « actualiser ou réunir » à une autre toute force cachée), Dieu (toute œuvre doit être rapportée au Créateur), les analogies. Pour Pic, la magie consiste à s'appuyer sur l'astrologie pour lire le Livre de la nature et sur la kabbale pour interpréter la Bible.

Pour Agrippa, les plantes, les planètes ont chacun une âme rationnelle. Les influences vont du supérieur à l'inférieur, verticalement, comme chez Platon : Dieu, Idées, Âme du monde, Figures et Nombres, rayons des étoiles, esprits et âmes humaines, choses matérielles[70].

La Magie selon les anthropologues[modifier | modifier le code]

  • Les approches évolutionnistes et positivistes

Depuis la fin du XIXe siècle, la magie est pensée par des spécialistes de sciences humaines[71]. Edward Burnett Tylor fait une différence radicale entre magie et approche. La magie repose sur « l'erreur consistant à prendre une analogie idéale pour une connexion réelle[72] », par exemple le raisonnement du magicien infère du fait que le coq chante quand le Soleil se lève l'idée que si l'on fait chanter le coq le Soleil se lèvera. En tout cas, la magie donne une explication du monde. Dans son ouvrage Le Rameau d'or[73], James George Frazer théorise l'hypothétique passage de l'humanité par trois stades intellectuels : magie, religion, science, et par là s'approprie la simplification « progrès = rationalisation ». Frazer distingue ces trois étapes et mentalités selon l'intention, la rationalité et l'autonomie de l'agent. La magie est le stade le plus ancien et bas. Magie et science veulent ensemble l'autonomie de l'agent et changer le monde, mais la magie, à la différence de la science, n'est pas rationnelle, elle a des principes tout autres. Magie et religion admettent ensemble l'existence de puissances surnaturelles, mais la magie a un but pratique et veut forcer les puissances surnaturelles, alors que la religion n'a pas de but pratique et cherche à se concilier les puissances surnaturelles (Dieu, anges, démons…).

  • Les approches sociologiques

Pour Hubert et Mauss[74], la religion a pour extrême le sacrifice, tandis que la magie a pour extrême le maléfice ; la religion recherche le grand jour et le public, tandis que la magie les fuit ; la religion se montre comme un « culte organisé », tandis que la magie se montre souvent sous un aspect « irrégulier, anormal, et peu estimable ». Le magicien a une position sociale, on lui attribue des pouvoirs spéciaux, « c'est donc l'opinion qui crée le magicien et les influences qu'il dégage ». « Et le magicien se dupe lui-même. » Dans Les formes élémentaires de la religion, Émile Durkheim[75] sépare magie et religion : individualiste et anti-sociale, la magie ne se prête pas à des manifestations collectives, et elle est viscéralement anti-religieuse. Mauss, ensuite, centre son approche sur la notion de mana. « Le mana est d'abord l'action spirituelle à distance qui se produit entre des êtres sympathiques. C'est également une sorte d'éther, impondérable, communicable, et qui se répand de lui-même. Le mana, en outre, fonctionne dans un milieu qui est mana. »

Pour Lucien Lévy-Bruhl, la magie relève d'une mentalité prélogique, car elle ignore les principes de non-contradiction et d'identité ; elle se centre sur la notion de participation mystique, qui veut que « les objets, êtres, phénomènes peuvent être à la fois eux-mêmes et autre chose qu'eux-mêmes », par exemple un primitif pense être lui-même et son totem.

  • Les approches fonctionnalistes

Pour Bronisław Malinowski[76], la magie est pragmatique, elle répond à des buts précis, surtout en cas de malheur et d'échec, et elle est individuelle. On recherche son efficacité et on trouve ses fins par les rites. La religion est plus abstraite, désintéressée que la magie, la magie intervient où la technique échoue. Magie comme religion ont pour dénominateur commun leur fonction apaisante pendant des périodes de troubles ou de doutes psychologiques ; cependant, si les progrès de la science vont réduire la magie, la religion continuera à rassurer.

  • Les approches structuralistes

Pour Claude Lévi-Strauss[77], la magie n'est pas une fausse science (comme le dit Frazer), une pensée prélogique (comme le soutient Lévy-Bruhl), mais une autre rationalité, une façon de donner du sens. Elle met en place un système de classification.

La magie peut-elle être efficace ?[modifier | modifier le code]

Point de vue l'historiographie[modifier | modifier le code]

Peu de faits magiques sont attestés. Il s'agit souvent de racontars, d'évènements mal présentés ou mal datés. Prenons la malédiction des Templiers. La légende veut qu'à l'instant de succomber dans les flammes, Jacques de Molay ait lancé une malédiction à l'attention du roi et du Pape : « Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races ! » La malédiction du templier allait s'avérer : Clément V meurt le 20 avril 1314 d'étouffement et Philippe le Bel décède en novembre 1314 d'un ictus cérébral ; ses trois fils mourront dans les douze années à venir, sans laisser de descendance mâle. En réalité, la malédiction est due à une confusion de Paul Émile, dans le De Rebus Gestis Francorum (1548) avec la malédiction d'un autre Templier. Les biographies racontant Pythagore, Appolonius de Tyane, le comte de saint Germain, Helena Blavatsky, Franz Bardon, le guérisseur Serge Alalouf, sont certes fascinantes, mais sont-elles vraies ? Et si elles sont vraies, ne sont-elles pas réductibles à une explication rationnelle (prestidigitation de l'auteur, illusion du spectateur, mécanismes cachés, hasard…) ?

Approche parapsychologique[modifier | modifier le code]

Certains pouvoirs magiques documentés, tels le Kundalini et le Qi, se manifesteraient, en théorie, depuis l’intérieur du corps, mais ne seraient prouvables que par un enseignement massif et un investissement de l’industrie biochimique[78]. Certains « pouvoirs magiques » sont examinés par des parapsychologues, mais ils ne sont guère reproductibles, et on peut les interpréter différemment. Toujours est-il que la psychokinèse, l'influence à distance du magnétiseur, les guérisons paranormales, l'efficacité thérapeutique de la prière n'ont jamais été scientifiquement prouvées.

Compréhension épistémologique[modifier | modifier le code]

La magie n'est jamais vérifiable et elle trouve toujours une justification. Si le rite échoue, le magicien dira que les conditions n'étaient pas remplies.

Vision sociologique[modifier | modifier le code]

Mauss[79] croit en une « suggestion collective ». La société a une influence sur l'individu. La société ou un groupe croit en la magie, et l'effet se produit, par insinuation. Par exemple, une hantise de la mort, d'origine purement sociale, peut entraîner la mort. Certains aborigènes d'Australie pratiquent le sort de « l'os pointé », qui consiste à viser celui qui doit mourir avec un os d'une longueur de 15-22 cm, d'origine humaine ou animale[80].

La magie dans le christianisme[modifier | modifier le code]

L'Ancien Testament rejette les pratiques magiques : « Tu ne laisseras pas vivre la sorcière » (Exode, XXII, 18). « Vous donc, n'écoutez ni vos prophètes, ni vos devins, ni vos songes, ni vos augures, ni vos magiciens » (Jérémie, XXVII, 9). La magie est assimilée aux sacrifices d'enfants par le feu, à la sorcellerie, à la nécromancie, et attribuée aux étrangers, Égyptiens, Mésopotamiens, Perses, Cananéens.

Dans le christianisme, la magie a mauvaise réputation. Les gouvernements, de 311 à 361, ont prohibé la magie, l'haruspicine (l'interrogation des entrailles des victimes sacrificielles en vue de la divination), les cultes syriens. Constantin, en 321, punit la simple connaissance de la magie, même sans pratique. Saint Justin (Dialogue contre Tryphon), Ambroise, saint Augustin (De la doctrine chrétienne), les théologiens condamnent, en ne distinguant pas la magie des autres sciences occultes et en y voyant un culte des démons ou une hérésie. L'Église aussi se montre sévère. Le Décret de Gratien, rédigé aux alentours de 1140 et qui rassemble plus de 3800 textes, contient quantité de condamnations.

Selon l'Apocalypse les magiciens sont excommuniés de facto ; ils n'ont pas accès à la vie éternelle, et vont directement en enfer.

Histoire de la magie occidentale[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

  • À quel moment de la Préhistoire la magie apparaît-elle ? Nul ne peut répondre. On peut imaginer qu'il y a eu des rituels magiques lors de la découverte du feu (750 000 ans), ou que l'homme préhistorique, chasseur (125 000 ans), ait orné des cavernes de représentations d'animaux pour multiplier magiquement leur prise[81]. L'utilisation de l'ocre rouge (280 000 ans) pour les armes, pour les peintures, pour les sépultures est aussi un indice. « L'homme de Néandertal, d'un degré d'évolution antérieur à notre humanité, montre déjà la présence d'un comportement magico-religieux », selon le préhistorien André Leroi-Gourhan[82]. Il est possible que certains personnages peints de 33 000 à 10 000 ans av. J.-C. soient des « sorciers » (selon l'abbé Breuil), ou des « chamanes » (selon Jean Clottes)[83].
  • Toutefois, Marcel Mauss[84], Marija Gimbutas et Hiramash[56] convergent tous les trois vers l'hypothèse suivante, en tout ou partie appuyée sur des faits chacun de leurs côtés : Il y a plus de 25 000 ans, l'essentiel des sociétés humaines était de nature matriarcale, et les tailles de ces groupes humains ne dépassaient pas trente ou quarante personnes, ce que le cerveau humain peut naturellement supporter et assimiler dans sa vie sociale. Ils s'adonnaient aussi spontanément à la magie que les humains croyaient en une déesse mère qui aurait créé le monde (et non un Dieu), et qui leur fournissait ce dont ils avaient besoin par la magie. Les peintures sur les parois étaient alors des fétiches, ainsi une scène de chasse avait pour but d'attirer le gibier dans la « vraie vie ». Leurs habitats se situant dans des grottes, ils imaginaient que ces cavernes étaient « l'utérus » de la Déesse Mère, au sein de laquelle toute « semence de désir » (en l'occurrence la peinture illustrant le vœu) déposée sur les parois aboutirait nécessairement à la réalisation de ce vœu. Puis, il y a 7 000 ans de cela, pour des raisons encore obscures qu'Hiramash identifie symboliquement au mythe de la victoire d'Horus (patriarcat) contre Seth (matriarcat), l'ensemble des sociétés humaines bascule vers le patriarcat, avec des religions à dieux dominateurs et la conviction intime que l'homme est supérieur à la femme. Des groupes de plus de quarante personnes se forment pour rechercher plus de « grandeur », c'est la naissance des institutions, des églises, des religions et des administrations, dont Hiramash avance qu'elles sont vouées à l'échec en tant que systèmes. Le sens de l'honneur apparaît, les états, les polices et les armées également ainsi que le mythe d'une « tradition magique primordiale » et une propension à l'irrespect de la nature (la Mère primordiale) et à la pollution ; l'ensemble des conséquences évaluées scientifiquement de ce basculement est abordé en anthropologie politique.

La magie occidentale a sans doute pris à d'autres cultures. Les Grecs en étaient conscients, en particulier quand ils disaient qu'Apollonios de Tyane avait « rendu visite aux Mages de Babylone, aux Brahmanes des Indes et aux Gymnosophistes d'Égypte[85]. »

  • La magie grecque commence peut-être en Crète avec les Dactyles (métallurges), les Courètes (danseurs) (vers 2500 av. J.-C. ?). On connaît des chamans grecs dès 600 av. J.-C.[86]. Les principaux documents sur la magie antique consistent en papyrus magiques, en tablettes d'envoûtement et en amulettes. Les esprits ont été marqués par ce passage du Corpus Hermeticum, traité XIX : Asclépius (Ier s.) : « Ce sont des statues pourvues d'une âme, conscientes, pleines de souffle vital, et qui accomplissent une infinité de merveilles, des statues qui connaissent l'avenir et le prédisent par les sorts, l'inspiration prophétique, les songes et bien d'autres méthodes, qui envoient aux hommes les maladies et qui les guérissent, qui donnent, selon nos mérites, la douleur et la joie. »

La magie est contrôlée politiquement, elle menace l'autorité. À Rome, la Loi des douze tables (450 av. J.-C.) sanctionne quantité d'opérations magiques, en particulier contre les terres d'autrui. L'empereur romain Constant Ier, en 341, interdit la magie, sous peine capitale. L'Église s'inquiète plutôt de paganisme, hérésie, concurrence à la création divine : le concile de Laodicée (Laodicæa ad Lycum), vers 364, dans son 36e canon, interdit aux prêtres de s’occuper de magie et de sorcellerie.

L'Église distingue les arts magiques et la magie lors du concile d'Ancyre, en 314.

Moyen Âge et Renaissance[modifier | modifier le code]

  • Le Moyen Âge vit sur cette définition confuse du magicien par Isidore de Séville vers 630
« Les magiciens (magi) sont ceux qu’on désigne vulgairement sous le nom de "malfaisants" (malefici) à cause de l'ampleur de leurs méfaits. Ils perturbent les éléments, troublent l’esprit des hommes, et, sans absorption d’aucune potion, seulement par la violence de leurs incantations, ils tuent. Ils osent tourmenter grâce aux démons qu’ils ont invoqués, pour que n’importe qui anéantisse ses ennemis par ces arts mauvais. Ils utilisent même du sang et des victimes et touchent souvent au corps des morts[87]. »

Le 4e concile de Tolède, présidé par Isidore de Séville en 633, distingue quand même les magiciens des devins (aruspices, arioli, augures, sortilegi)[88]. Il faudra beaucoup d'efforts, attendre le XVIe siècle pour séparer la magie non seulement des autres arts occultes (comme la divination), mais encore de la sorcellerie, de l'hérésie, du paganisme, de la nécromancie.

La confusion des mots s'accompagne d'une terrible répression, de censure, d'Inquisition. En 343-381, le synode de Laodicée exige que « les membres du haut clergé et du bas clergé ne soient pas des magiciens, des enchanteurs ou des faiseurs d'horoscopes ou des astrologues et qu'ils ne fabriquent pas ce que l'on appelle des amulettes, qui sont des entraves à leur propre âme[89]. » Dès 438, le code théodosien interdit magie, divination. En 506, le concile d'Agde condamne les enchanteurs (les magiciens), mais il distingue la magie de la religion et il énumère ce qui relève de la magie : les incantations, les phylactères, les maléfices, les prodiges[90]. Le concile de Rome, en 721, interdit les incantations (incantationes).

La notion de magie, isolée, distincte du paganisme ou de la sorcellerie, n'apparaît qu'au début du XIIIe siècle En 1277, l'évêque Tempier condamne les traités de géomancie, de nécromancie, les recueils de sortilèges et d'invocations de démons[91]. Giovanni Balbi (Jean de Gênes) distingue le prestigium (prestidigitation), qui relève de l'illusion des sens, et le maleficium, qui implique une soumission des démons au pouvoir des magiciens (Catholicon, 1286).

Le rôle des traducteurs est important. Le roi de Castille et de Leon, Alphonse X le Sage, fait traduire en latin le Sefer Raziel, traité kabbalistique en hébreu, puis en 1256 le Picatrix, traité en arabe.

Les textes importants au Moyen Âge sont Le secret des secrets du pseudo-Aristote*, le Picatrix [3] de l'Arabe pseudo-al-Majrîtî, le Des rayons des étoiles de l'Arabe al-Kindî, Le Grand Albert (1245 ss.), le Livre des visions de Jean de Morigny (1323), La magie sacrée d'Abramelin de Mage (1450 ? ou faux du XVIIIe s. ?). On parle surtout de vertus occultes, d'esprits, de talismans, d'astrologie. À partir de 1250 des livres de « magie salomonienne » circulent, dont la Clavicula Salomonis (Petite clé de Salomon, XVe siècle) [4], et le Lemegeton (plus tardif, XVIe siècle). Ils traitent de figures magiques, de noms d'esprits, anges ou démons à invoquer pour obtenir ce que l'on désire. Le Livre de l'ange Raziel fait le lien entre magie et kabbale car il recueille des fragments d'Éléazar de Worms avec divers tableaux et images. Kabbalistiques.[5]

Hugues de Saint-Victor, dans son Didascalicon (vers 1135) distingue cinq types de magie : la mantique (divination), la mathématique, les maléfices, les sortilèges, les prestiges.

  • La Renaissance, en étudiant les textes, en développant le libre examen, met de la clarté et de l'intelligence, même si alors le mot « Magie » désigne la philosophie occulte, l'ésotérisme. Selon Robert-Léon Wagner, « l'élaboration intellectuelle du concept de magie n'est pas antérieure au XVIe siècle[92]. » De grands esprits expliquent : Marsile Ficin, Jean Pic de la Mirandole en 1496, Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim en 1510, Paracelse en 1537, Nostradamus, Giordano Bruno, Thomas Campanella. L'influence de la kabbale se fait sentir. Les notions de microcosme, de signature, de magie naturelle, d'analogies s'imposent. En 1575, Camerarius divise la magie en incantations, prestiges et évocation des morts[93].

XVIIe et XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

  • Le XVIIe ne confond plus astronomie et astrologie, physique et magie naturelle, théologie et théosophie. On rationalise la Magie, avec Robert Fludd, Athanase Kircher. En France, le dernier auteur à croire aux magiciens et sorciers est Jacques d'Autun (L'incrédulité sçavante, 1671). En France, par édit royal de 1682, sous Louis XIV, la notion de sorcier ou magicien est supprimée : désormais l'État ne reconnaît plus que des charlatans, des imposteurs, ou des imaginatifs, des fous. Il faudra attendre 1735 en Angleterre (Witchcraft Act).
  • Le XVIIIe s. parisien voit défiler de hautes figures de la Magie, comme le comte de Saint-Germain en 1763, Franz Anton Mesmer en 1778, Cagliostro en 1785, tous contestés. Plus discrets, d'autres pratiquent la théurgie, dont les martinistes (J. Martines de Pasqually, Louis-Claude de Saint-Martin). Des grimoires, nettement satanistes, circulent, par exemple Le grimoire d'Honorius III (vers 1670) [6], Le grand grimoire, ou Dragon rouge (1750 ?).

XIXe et XXe siècles[modifier | modifier le code]

La contribution la mieux organisée, la mieux pensée à la magie vient d'une organisation initiatique, fondée en 1888 par deux Anglais : la Golden Dawn. Elle a élaboré de rituels, des symboles magiques de toutes sortes et attiré dans ses rangs les plus grands mages et magiciens, dont Samuel MacGregor Mathers, Arthur Edward Waite, Aleister Crowley, Israel Regardie. Crowley est « the most controversial and misunderstood personality to figure in the new era of modern day witchcraft (La personnalité la plus controversée et la plus incomprise à figurer dans la nouvelle ère de la sorcellerie moderne) ».

Deux mouvements émergent au XIXe : la Société théosophique de Helena Blavatsky et le néo-occultisme d'Éliphas Lévi et Papus. Les théosophistes utilisent des notions orientales, les néo-occultistes veulent concilier la magie avec la science.

Franz Bardon est un grand nom de la magie du XXe s., style occultiste.

Membre de plusieurs organisations initiatiques, Gerald Gardner a fondé en 1939 une tradition de sorciers et sorcières qui devint la Wicca ; en Angleterre, la peine capitale infligée aux sorcières a été abolie deux fois (Witchcraft Act de 1735 et 1951). L'accent est mis sur la magie, une magie païenne, sous l'influence d'un livre de Margaret Murray consacré au sorcières[94],[95].

La « magie du chaos », inspirée par les idées d'Austin O. Spare et l'éthique punk du Do it yourself, est une forme post-moderne et pragmatique de magie apparue à Londres au cours des années 1980.

Le New Age, né en 1970 aux États-Unis, sans être magique, baigne dans une atmosphère magique. La grande idée du New Age, c'est qu'on peut créer sa propre réalité grâce à des visualisations ou à des affirmations telles que « Je suis Dieu[96]. » La magie consiste à participer mystiquement à l'enchantement du monde et à augmenter spirituellement son pouvoir d'enchantement.

Duel de magie, deux magiciens transformistes s'affrontent, l'un prenant la forme d'un serpent, l'autre d'un rapace.
peint par Yoshitsuya Ichieisai — Japon, années 1860.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Traités de magie[modifier | modifier le code]

  • Papyri Graecae Magicae (PGM, recueil des textes magiques grecs, du IVe s. av. J.-C. jusqu'au IVe s., trad. : Michaël Martin, Les papyrus grecs magiques, Éditions Manuscrit-Université, "Histoire", 2002, 284 p.
  • Grand papyrus magique no 754 de la Bibliothèque nationale de Paris (PGM IV.297-408) (IVe s.), trad. du grec : Manuel de magie égyptienne, Paris, Les Belles Lettres, "Aux sources de la tradition", 1995, 165 p. En fait partie la Liturgie mithriaque ou Rituel mithraïque [7]
  • pseudo-al-Majrîtî (Picatrix), Le but des sages dans la magie (Ghâyat al-hakîm fi'l-sihr) (Picatrix) (vers 1050), trad. de la version latine (1256) : Le Picatrix, Turnhout (Belgique), Brepols, "Miroir du Moyen Âge", 2003, 383 p. Extraits en ligne : [8]
  • Le grand et le petit Albert (vers 1245-1703 pour le Grand Albert, avec des extraits, effectivement, d'Albert le Grand), trad. du latin, Trajectoire, 1999, 391 p. Extraits en ligne du Grand Albert : [9]. Petit Albert : [10]
  • Marsile Ficin, Les trois livres de la vie (1489), trad. du latin, Fayard, "Corpus des œuvres de philosophie", 2000, 276 p.
  • Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim, La philosophie occulte ou la Magie (1510, 1re éd. 1531-1533), livre I, 218 p. : La magie naturelle, livre II, 228 p. : La magie céleste, livre III, 248 p. : La magie cérémonielle, trad. du latin Jean Servier, Paris, Berg International, 1982. Le livre IV est apocryphe et démoniaque : La philosophie occulte, livre quatrième. Les cérémonies magiques (1559), Paris, Éditions traditionnelles, 2000, 80 p.
  • Paracelse, De la magie. Étude et textes choisis par Lucien Braun, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg, 1998, 147 p.
  • Éliphas Lévi, Dogme et Rituel de la haute magie (1854-1861), Histoire de la magie (1859), La clef des grands mystères (1859) : Secrets de la magie, Paris, Robert Laffont, "Bouquins", 2000, 1066 p. En ligne : [11]
  • Papus, Traité méthodique de magie pratique (posthume, 1924), Saint-Jean-de-Braye, Dangles, 1999, 648 p. En ligne : [12]
  • Philippe Pissier, Magick, partie I &II (traduction d'Aleister Crowley), éditions Blockhaus
  • Philippe Pissier, EQUINOXE, revue, deux livraisons à l'heure actuelle, remplies de traductions de textes de Crowley.
  • Franz Bardon, Le chemin de la véritable initiation magique (1956) en ligne [13], La pratique de la magie évocatoire (1956), La clé de la véritable Kabbale (1957), trad. de l'all., Courbevoie, Éditions Alexandre Moryason, 2001
  • Jean-Pascal Ruggiu, Rituels magiques Golden Dawn, tome 1
  • Alexandre Moryason, La lumière sur le royaume ou Pratique de la magie sacrée au quotidien, tome 1 (Moryason, en tant qu'éditeur, a permis que Franz Bardon soit publié en France)

Grimoires de magie[modifier | modifier le code]

voir à grimoire

Études sur la magie[modifier | modifier le code]

(par ordre chronologique)

  • Jules Garinet, Histoire de la magie en France, (1818).
  • Pierre Christian, Histoire de la magie (1870), 666 p.
  • Edward B. Tylor, La civilisation primitive (1871), trad. de l'an., Paris, Reinwald, 1876, 2 t.
  • Daremberg et Saglio, Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines, 1877-1919, article "Magia" Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines de Daremberg et Saglio
  • Marcel Mauss, Esquisse d'une théorie générale de la magie (1902-1903, 1re éd. 1950), in Sociologie et Anthropologie (1902-1934, 1re éd. 1950), Paris, PUF, 2004, p. 1-141
  • James George Frazer, Le Rameau d'or (1911-1915), trad. de l'an., Paris, Robert Laffont, "Bouquins", 1981, vol. I : Le roi magicien dans la société primitive (1890). Texte en ligne (en anglais) : Frazer, Sir James George. 1922. The Golden Bough
  • Lynn Thorndike, A History of Magic and Experimental Science during the first thirteen centuries of our era (1923-1934), New York, Columbia University Press, 1984, 8 vol. . T 1 : 835 p. ; t. II : 1036 p. ; t. III : 827 p. ; t. IV : 767 p. ; t. V : 695 p. ; t. VI : 766 p. ; t. VII : 695 p. ; t. VIII : 808 p.
  • Kurt Seligmann, Le miroir de la magie (1948, The history of magic), trad., Le Club du meilleur livre, 1956.
  • Mircea Eliade, Le Chamanisme et les Techniques archaïques de l'extase, 1951
  • Claude Lévi-Strauss, Anthropologie structurale (1958), chap. IX : "Le sorcier et sa magie", chap. X : "L'efficacité symbolique", Paris, Pocket, "L'agora", 2003, 480 p.
  • François Ribadeau-Dumas, Histoire de la magie (1960 ?), Paris, Pierre Belfond, "Sciences secrètes", 1973, 621 p.
  • Claude Lévi-Strauss, La Pensée sauvage, 1962
  • Jeanne Favret-Saada, Les mots, la mort, les sorts. La sorcellerie dans le bocage (1977), Paris, Gallimard, "Folio", 1985, 427 p. (ISBN 978-2070322817)
  • Régis Boyer, Le monde du double. La magie chez les anciens Scandinaves, Paris, Berg International, 1986, 219 p.
  • Richard Kieckhefer, Magic in the Middle Ages, Cambridge University Press, 1989
  • H. Maguire (éd.), Byzantine Magic, Cambridge (Mass.), 1995.
  • Alain Moreau et Jean-Claude Turpin, La Magie, Montpellier, Publications de l'Université Paul Valéry, 2000, t. 1 : Du monde babylonien au monde hellénistique, 330 p., t. 2 : 2. La magie dans l’Antiquité grecque tardive. Les mythes, 340 p., t. 3. Du monde latin au monde contemporain. 362 p., t. 4 : Bibliographie. 169 p.
  • Jean Servier, La magie, Paris, PUF, "Que sais-je ?", 1993, 127 p.
  • M. W. Dickie, Magic and Magicians in the Greco-Roman World, Londres et New York, Routledge, 2001, 380 p.
  • Claude Lecouteux, Le livre des grimoires (2002), Imago, 2008, 320 p.
  • Leo Ruickbie, Witchcraft Out of the Shadows, Robert Hale, 2004, p. 193-209 (sur la magie dans le néo-paganisme de la Wicca).
  • Jean-Michel Salmann (dir.), Dictionnaire historique de la magie et des sciences occultes, Paris, Le livre de poche, "Pochothèque", 2006, 935 p.
  • Pierre A. Riffard, Nouveau dictionnaire de l'ésotérisme, Paris, Payot, 2008, 331 p.

Références : films, jeux…[modifier | modifier le code]

Films et séries télévisées[modifier | modifier le code]

(par ordre chronologique)

Quelques sorciers connus[modifier | modifier le code]


Jeux de rôles axés sur la magie[modifier | modifier le code]

Beaucoup de jeux de rôle incluent de la magie, mais ceux qui suivent en ont fait le pivot de leur univers.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Entrée « Magie », Encyclopédie Universalis, version disponible en ligne au 16/03/2012.
  2. Définition étymologique de magie du Centre national de ressources textuelles et lexicales.http://elearning.unifr.ch/antiquitas/fiches.php?id_fiche=30. Pierre Chantraine, Dictionnaire étymologique de la langue grecque, t. 3, 1974. Voir sur le mot "magus" et les réactions de l'Église : Jean-Baptiste Thiers, Traité des superstitions, 1741, 4 vol.
  3. Meillet vieux-perse
  4. "Inscription de Béhistoun" (515 av. J.-C.), en écriture cunéiforme et en trois langues (vieux perse, babylonien, élamite)
  5. Héraclité, fragment B 14 : Les présocratiques, Paris, Gallimard, "Pléiade", 1988, p. 149.
  6. Hérodote, L'Enquête, livre I, 101, trad. du grec, Gallimard, "Folio", t. 1, p. 95.
  7. Sur les Mages mèdes : R. C. Zaehner, The Dawn and Twilight of Zoroastrianism (1961), Phoenix Press, 2002, p. 160 sq. G. Widengren, Les religions de l'Iran (1965), trad., Paris, Payot, "Les religions de l'humanité", 1968, p. 134 sq. Pierre A. Riffard, Ésotérismes d'ailleurs, Paris, Robert Laffont, "Bouquins", 1997, p. 503-511.
  8. (en) A. de Jong, Zoroastrianism in Greek and Roman Literatute, Leyde, 1997.
  9. La Matière première du Magistère
  10. Diogène Laërce, VII, 109 ; IX, 34. J. Bidez et F. Cumont, Les mages hellénisés. Zoroastre, Ostanès et Hystaspe d'après les traditions grecques (1938), Paris, Les Belles Lettres, 2 t., 1973. Textes mis en grec vers 270 av. J.-C., sous Ptolémée II Philadelphe. Textes en grec au t. I.
  11. Gian Mansi, Sacrorum Conciliorum nova et amplissima collectio (31 vol., in-folio, Florence et Venise, 1758-1798), vol. VIII.
  12. Apulée, Apologie, ou de la magie (vers 158), XXVI, 6, trad. du latin, Classiques Garnier, 1933, p. 47. Lire Adam Abt, Die Apologie des Apuleius von Madaura un die antike Zauberei, Giessen, A. Töpelmann Verlag, 1908.
  13. Helena Blavatsky, Isis dévoilée (1877), t. 2 : Théologie, trad. de l'an., Adyar, 2000.
  14. Helena Blavatsky, Glossaire théosophique (1892), trad., Adyar, 1981, p. 226.
  15. « Magick is the Science and Art of causing Change to occur in conformity with Will. », Aleister Crowley, Magick in Theory and Practice (1929-1930), Routledge and Kegan Paul, 1975, p. 125.
  16. Papus, A.B.C. illustré d'occultisme (1922, posthume), Saint-Jean-de-Braye, Dangles, 1984, p. 395.
  17. Pierre A. Riffard, Dictionnaire de l'ésotérisme, Paris, Payot, 1983, p. 198.
  18. René Bailly, Dictionnaire des synonymes de la langue française, Larousse, 1971, p. 356.
  19. Edward Evans-Pritchard distingue ainsi witchcraft et sorcery (Witchcraft, Oracles and Magic among the Azande, Oxford, Clarendon Press, 1937, trad. : Sorcellerie, oracles et magie chez les Azendés, Gallimard, 1972.
  20. Karl Preisendanz et Albert Henrichs, Papyri Graecae Magicae. Die Griechischen Zauberpapyri, 2e éd., 1974, 2 vol. Stuttgart, Teubner. Trad. : Michaël Martin, Les papyrus grecs magiques, Éditions Manuscrit-Université, "Histoire", 2002, 284 p.
  21. Sur Bôlos de Mendès : A.-J. Festugière, La révélation d'Hermès Trismégiste, t. 1 : L'astrologie et les sciences occultes (1944), Paris, Les Belles Lettres, 1981, p. 193-238.
  22. Jean Pic de la Mirandole, 900 conclusions (1486), no 782 et 784, trad., Paris, Allia, 1999, p. 195.
  23. Paracelse, La grande astronomie (1537, 1re éd. 1571), trad. de l'all., Paris, Dervy, 2000, p. 88, 106, 179. Sur la magie p. 166-175.
  24. Sur les analogies et correspondances : Pierre A. Riffard, L'ésotérisme, Robert Laffont, "Bouquins", 1990, p. 335-349 ; Wouter J. Hanegraaff (dir.), Dictionary of Gnosis and Western Esotericism, Leyde, Brill, 2005, t. 1, p. 275-279.
  25. Grand papyrus magique de la Bibliothèque nationale de Paris (IV° s.), trad. du grec : Manuel de magie égyptienne, Paris, Les Belles Lettres, "Aux sources de la Tradition", 1995. Éric Pier Sperandio, Le guide de la magie blanche. Recettes de sorcières (1997), Paris, J'ai lu, "Aventure secrète", 2004, p. 54.
  26. Éliphas Lévi : Secrets de la magie, p. 54, 203-204, 824-826.
  27. James George Frazer, Le Rameau d'or, t. 1 : Le roi magicien dans la société primitive (1890), chap. 3, trad., Robert Laffont, "Bouquins". Voir Marcel Mauss, Esquisse d'une théorie générale de la magie (1902-1903), in Sociologie et Anthropologie, PUF, 1950, p. 56-66). Les "lois d'associations d'idées" remontent au philosophe David Hume.
  28. Omraam Mikhaël Aïvanhov, "Cherchez le Royaume de Dieu et sa Justice", VI, 3 : "La magie divine", Fréjus, Éditions Prosveta, "Synopsis", 1998, p. 463-478. Voir Le livre de la magie divine, Fréjus, Prosveta, "Izvor".
  29. O. M. Aïvanhov, La livre de la magie divine, Fréjus, Prosveta, "Izvor", chap. 11.
  30. Saint Augustin, La cité de Dieu (420-429), X, 29-32.
  31. Voir Jean-Baptiste Thiers, Traité sur les superstitions qui regardent les sacrements d'après l'écriture sainte, les décrets des Conciles et les sentiments des Saints Pères et des Théologiens, Paris, 1741, 4 vol.[réf. incomplète]|date=7.8.2009
  32. Grimoire pour conjurer l'esprit d'un lieu, etc.
  33. J. Pic de la Mirandole, Discours sur la dignité de l'homme (1486). De même dans Apologia, 1489.
  34. Simon Blocquel, La magie rouge, crème des sciences occultes naturelles ou divinatoires, par l'helléniste Aaron, 1843, 160 p.
  35. Agrippa, Paradoxe sur l'incertitude, vanité et abus des sciences (1531), chap. 41-46, trad. du latin 1608.
  36. Sur le cercle magique : Théophraste, Recherches sur les plantes (IIIe s. av. J.-C.), IX, 8, trad. du grec, Les Belles Lettres, "Budé", t. 3, 1989 ; Pline l'Ancien, Histoire naturelle (vers 70), livre XXX, 49 et 107, trad. du latin, Les Belles Lettres, "Budé", 1974.
  37. Guillaume d'Auvergne, De la foi et des lois (De fide et legibus) (vers 1230).
  38. Roger Bacon, De l'admirable pouvoir (De secretis operibus artis et naturae) (vers 1260), trad. du latin, Gutenberg Reprints, 2008. Texte en ligne
  39. Claude Élien, Traité sur la nature des animaux (IIIe s.), II, 14, trad. du grec. Voir Michaël Martin, Magie et Magiciens dans le monde gréco-romain, Paris, Errance, 2005, p. 204.
  40. Claude Postel, John Dee. Le Mage de la ruelle d'or, roman, Les Belles Lettres, 1995, p. 106. D'après John Dee, A True and Faithful Relation of What Passed for Many Years between Dr. John Dee and Some Spirits, 1re éd. Casaubon, 1659. [1].
  41. Sophocle, Les trachiniennes (415 av. J.-C.), 585.
  42. C.C.A.G. Catalogus Codicum Astrologorum Graecorum, Bruxelles, 12 tomes en 20 volumes, 1898 à 1953, VIII, 2, p. 143, trad. Festugière.
  43. Marsile Ficin, Les trois livres de la vie (De triplici vita) (1489), III, 21 : Opéra omnia p. 562. D.-P. Walker, La magie spirituelle et angélique. De Ficin à Campanella (1958), Dervy, 1988, p. 26-27.
  44. Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim, La philosophie occulte, t. 1, p. 1.
  45. Jacques de Voragine, La légende dorée (vers 1250), trad., Paris, Gallimard, "Pléiade", 2004, 1550 p.
  46. Selon Grégoire de Tours (VIe s)
  47. Porphyre, Vie de Pythagore, § 48, Les Belles Lettres, p. 59.
  48. (Pseudo-)Paracelse, Liber secundus Archidoxis magicae, Bâle, 1570. Trad. Claude Lecouteux, Le livre des grimoires, Imago, 2002, p. 38.
  49. Pic de la Mirandole, 900 Conclusions philosophiques, cabalistiques et théologiques (1486), conclusion XXX, trad. du latin, Paris, Allia, 1999, p. 197-201.
  50. Sur l'art notoire : études de Julien Véronèse, dont L'Ars notoria au Moyen Âge et à l'époque moderne. Étude d'une tradition de magie théurgique (XIIe-XVIIe siècle), thèse, Paris X-Nanterre, 2004.
  51. Euripide, Iphigénie en Tauride (414 av. J.-C.), 1336.
  52. Marsile Ficin, Théologie platonicienne, XIII, 1 : Opera omnia p. 284.
  53. Jacob Böhme, Sex puncta mystica, 1620.
  54. Papyrus de Berlin. Voir Fritz Graf, La magie dans l'Antiquité gréco-romaine, Paris, Les Belles Lettres, 1994, p. 126-134, 223-226.
  55. Johannes Reuchlin, De arte cabalistica (1517), trad. François Secret : La kabbale, Aubier-Montaigne, 1973.[réf. incomplète]
  56. a et b la Magie d'Hénok, Hiramash, éditions Ambre
  57. Dion Cassius, Histoire romaine (III° s.), livre LXXII, 8, trad. du grec, Paris, Les Belles Lettres, "Budé".
  58. Platon, Le banquet, 203 a
  59. Aleister Crowley, Book of the Law. Liber Legis (1904).
  60. Roberte Hamayon, La chasse à l'âme. Esquisse d'une théorie du chamanisme sibérien, Paris, Société d'ethnologie, Université de Paris X, p. 533. Michel Perrin, Le chamanisme, Paris, PUF, "Que sais-je ?", 1995, p. 39.
  61. Hérodote, L'enquête, IV, 15. Voir M. Eliade, Le chamanisme et les techniques archaïques de l'extase (1968), Payot, p. 86, 305.
  62. P. Riffard, Dictionnaire de l'ésotérisme, Payot, 1983, p. 340.
  63. Saint Augustin, De la doctrine chrétienne (397-427) : opposition à la magie (II, 36-38), notion de « pacte avec le diable » (II, 24) ; Cité de Dieu (420-429), livres V, VIII et X.9. Agrippa de Nettesheim, La philosophie occulte, t. III : La magie cérémonielle. P. Massé du Mans, De l'imposture et tromperie des diables, devins, enchanteurs, sorciers, noueurs d'esguillettes, chevilleurs, nécromanciens, chiromanciens…, 1579.
  64. R. P. Johannès, Manuel pratique de sorcellerie berrichonne, Paris, Guy Trédaniel-Éditions de La Maisnie, 1986, p. 63-65.
  65. Plotin, Ennéades (III° s.), traité 28 (Ennéade IV.4), trad. du grec, Traités 27-29, Garnier-Flammarion, 2004.
  66. Plotin, Ennéades, IV, 3, 11.
  67. Marsile Ficin, Les trois livres de la vie (1489), livre III ("Comment organiser sa vie de façon céleste" De vita coelitus comparanda), trad. du latin, Paris, Fayard, "Corpus des œuvres de philosophie", 2000, 276 p. Voir Daniel-P. Walker, Magie spirituelle et angélique de Ficin à Campanella (1958), trad. de l'an., Paris, Albin Michel, 1988.
  68. Marsile Ficin, Commentaire sur le 'Banquet' de Platon (1469), VI, 10. Trad. R. Marcel, 1956, p. 219.
  69. Jean Pic de la Mirandole, Apologia (1487), apud H. Crouzel, Une controverse sur Origène à la Renaissance, Vrin, 1977.
  70. Agrippa, La philosophie occulte, I, chap. 11. Voir Platon, Timée, 29-50.
  71. Frédéric Keck, Les théories de la magie dans les traditions anthropologiques anglaise et française », Methodos, 2, 2002.
  72. Edward B. Tylor, La civilisation primitive (1871), trad. de l'an., Paris, Reinwald, 1876, 2 t.
  73. James Frazer, Le Rameau d'or (1911-1915), trad. de l'an., Robert Laffont, Collection Bouquins, 1981-1984, 4 vol.
  74. Marcel Mauss, Esquisse d'une théorie générale de la magie (1902-1903), in Sociologie et Anthropologie (1902-1934, 1re éd. 1950), Paris, PUF, 2004, p. 1-141.
  75. Émile Durkheim, Les formes élémentaires de la vie religieuse (1912), PUF, 2007, 647 p.
  76. Bronislaw Malinowski, Les jardins de corail (1935), trad. de l'an., Paris, La découverte, 2007. Archipel des Trobriand, au large de la Nouvelle-Guinée. Alfred R. Radcliffe-Brown, Structure et Fonction dans la société primitive (1952), trad. de l'an, Seuil, "Points Essais", 1969 ; Sorcellerie, oracles et magie chez les Azandé (1937), trad., Gallimard, 1972. Au Niger.
  77. Claude Lévi-Strauss, Anthropologie structurale, Plon, 1958 ; « Le sorcier et sa magie », « L'efficacité symbolique ».
  78. Steve Hutchison, Ton Pouvoir : l’occulte tangible, Gatineau, Shade.ca Arts,‎ 2012(ISBN 9781300153313)
  79. Marcel Mauss, Effet physique chez l'individu de l'idée de mort suggérée par la collectivité (Australie, Nouvelle-Zélande) (1926), in Sociologie et Anthropologie, PUF, p. 311 sq.
  80. M. Berger, "L'ésotérisme spirituel", 1998.[2]
  81. Salomon Reinach, "L'art et la magie", L'anthropologie, Paris, 1903, t. XIV, p. 257-266 ; Cultes, mythes et religions, t. I, 1905, p. 125-136.
  82. André Leroi-Gourhan, "Les hypothèses de la Préhistoire", apud Henri-Charles Puech (dir.), Histoire des religions, Paris, Gallimard, "Pléiade", t. 3, 1976, p. 570.
  83. Jean Clottes et David Lewis-Williams, Les chamanes de la Préhistoire. Transe et magie dans les grottes ornées (1996), Paris, La maison des roches, 2001, 236 p.
  84. Esquisse d'une théorie générale de la magie, Marcel Mauss
  85. Philostrate l'Athénien, La vie d'Apollonios de Tyane, I, 2, in Romans grecs et latins, Gallimard, coll. "Pléiade", 1958.[réf. incomplète]
  86. Le matin des Hommes-Dieux : Étude sur le chamanisme grec
  87. Isidore de Séville, Etymologiae (630), livre VII, chap. 9 : De magis, Oxford, 1957.
  88. Gian Mansi, o.c., vol. X, col. 627.
  89. Helefe-Leclercq, Histoire des conciles d’après les documents originaux, I, 2, p. 1018.
  90. Concile d'Agde (en 506) : Gian Mansi, o.c., vol. VIII, col. 336.
  91. Chartularium Universitatis Parisiensis, édi. H. Denifle et A. Chatelain, 1891-1899, t. I, p. 543.
  92. Robert-Léon Wagner, "Sorcier" et "Magicien". Contribution à l'histoire du vocabulaire de la magie, Droz, 1939, p. 138.
  93. Camerarius, Commentarius de generibus divinationum…, 1575, 151-11 p.
  94. Margaret Murray, The Witch-cult in Western Europe (1921), Filiquarian Publishing, 2007, 348 p.
  95. Gerald Gardner, Witchcraft Today (1954), Arrow Books, 1970, 192 p.
  96. Wouter J. Hanegraaff, New Age Religion and Western Culture SUNY (State University of New York) Press, 1998, p. 394.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Auteurs[modifier | modifier le code]

Notions[modifier | modifier le code]

Techniques / Outils[modifier | modifier le code]

Abracadabra - Baguette magique - Exorcisme - Incantation - Invocation - Thérianthropie (généralisation de la lycanthropie)

Rapports science / magie[modifier | modifier le code]

Épistémologie - Pensée magique - Science - Zététique - Plante magique

Liens externes[modifier | modifier le code]