Sarmates

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Sarmates
Image illustrative de l’article Sarmates
Cataphractaires sarmates auxiliaires de Rome : bas-relief de la colonne de Trajan représentant un épisode de la guerre des Daces.

Période IVe siècle av. J.-C.-IVe siècle
Ethnie Indo-Européens
Langue(s) rameau indo-iranien
Région d'origine entre le Don et l'Oural
Rois/monarques Amagê

Les Sarmates (Sauromates pour les Sarmates protohistoriques) sont un ancien peuple cavalier scythique de nomades de la steppe pontique, appartenant sur le plan ethno-linguistique au rameau iranien septentrional du grand ensemble indo-européen. Ils sont signalés à l'origine entre les fleuves Tanaïs et Daïkos (actuellement le Don et l'Oural).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de Sauromates, employé par Hérodote, pourrait provenir du grec sauros, « lézard » par allusion à leurs armures à écailles, mais cette interprétation est contestée[1] et des étymologies iraniennes ont aussi été proposées : Harold Walter Bailey (1899–1996) envisage l'avestique sar- (« bondir ») proche de l'ancien iranien tsarati, tsaru- (« chasseur »)[2] et Oleg Troubatchev rapproche ce nom du mythe des Amazones en suggérant l'indo-aryen *sar-ma(n)t (« puissance des femmes »), de l'indo-iranien *sar- (« femme ») avec le suffixe -ma(n)t/wa(n)t (« fort »)[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

La Sarmatie[4] se trouvait dans une vaste région naturelle, que les géographes actuels nomment « steppe pontique », et qui avait pour limites : au nord des terres couvertes de forêts inconnues des anciens, à l'ouest la Vistule qui cependant ne traçait pas une limite certaine entre les populations sarmates et germaniques (dont quelques-unes s'étendaient assez loin à l'est de ce fleuve), au sud le Pont-Euxin (mer Noire, où ils étaient en contact avec les Grecs), et à l'est une limite variable fluctuant entre les fleuves Rá (Ρά, ancien nom de la Volga, ou Lycus selon certains auteurs antiques) et Daïkos (Δάϊκος, ancien nom de l'Oural)[5].

La Sarmatie comprenait ainsi une grande partie des contrées de la Scythie, nom donné aux actuelles Ukraine et Russie méridionale au temps de l'expédition perse de Darius Ier en 513 avant notre ère. Selon Lucien de Samosate, le fleuve (Tanaïs) délimitait les territoires des Scythes et des Sauromates[6].

La Sarmatie à l'ouest du fleuve Tanaïs accueillit la grande migration des Goths du IIIe siècle. Parmi les peuples sarmates qu'ils ont assujettis, on distinguait les Roxolans et les Iazyges, ainsi que la confédération celto-germanique des Bastarnes.

La Sarmatie située au nord du Caucase occupait l'espace compris entre le Pont-Euxin (mer Noire), le liman Méotide (mer d'Azov), le Tanaïs à l'ouest et la mer Caspienne à l'est ; elle s'étendait au nord jusque vers l'endroit où le Tanaïs se rapproche le plus du fleuve du Rá, soit l'actuelle oblast de Volgograd en Russie.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire des Sarmates[7] est connue indirectement par les historiens grecs puis romains contemporains et grâce à de nombreux témoignages archéologiques ou toponymiques.

Mythe des Amazones[modifier | modifier le code]

Dès Hérodote, les Sarmates sont associés à la légende des Amazones : selon lui, les Sauromates descendent d'Amazones qui se seraient accouplées avec des Scythes, peuple voisin[8]; cette légende s'inspire peut-être de la place des femmes sauromates de rang princier dans leur société : les fouilles de leurs tombes, richement décorées et dotées d'armes, corroborent cette idée pour les VIe et Ve siècles av. J.-C.[9]. Eustathe de Thessalonique, commentant la Description de l'Univers de Denys le Périégète, et à sa suite Thomas de Pinedo, éditeur de l'encyclopédiste Étienne de Byzance, s'efforcent de réconcilier les récits historiques d'Hérodote avec ceux de Diodore de Sicile[10] selon lequel les Amazones prirent le nom de « Sauromatides »[11],[12].

Origines[modifier | modifier le code]

Selon Hérodote[13], les Sarmates protohistoriques s'allient au roi scythe Idanthyrse pour résister à l'expédition perse de Darius Ier en Scythie (v. -513). On sait que tous ces peuples parlaient des langues iraniennes mais on n'en sait pas plus sur leurs origines, ce qui a laissé le champ libre à diverses hypothèses allant d'une migration depuis l'Asie centrale par la steppe eurasienne durant l'âge du bronze, à une évolution sur place depuis le néolithique, l'un n'excluant pas l'autre[14].

Selon Pline l'Ancien, qui cite Eudoxe (probablement Eudoxe de Cnide[15]), les Sarmates historiques sont un peuple riverain du Don (Tanaïs), voisin oriental des Scythes. Ils seraient donc apparus au IVe siècle av. J.-C. et s'étendent depuis l'Oural au détriment des Scythes européens. C'est aux IIIe et IIe siècles av. J.-C. que les Sarmates supplantent ces derniers en Ukraine. Leur poussée vers l'ouest se poursuit jusqu’au Ier siècle : on trouve leurs traces de la mer Baltique jusqu'à la mer Caspienne.

À partir du Ier siècle av. J.-C., alors qu'ils dominent la steppe européenne, Strabon[16] et Pline l'Ancien[17] distinguent plusieurs (quatre ?) tribus sarmates, les Iazyges (entre le Danube et Dniepr), les Roxolans (à l'est du Dniepr), les Siraques et les Aorses (à l'est du Don).

Période romaine[modifier | modifier le code]

Certains groupes de Sarmates obtiennent de Rome le statut de fédérés (alliés pouvant résider dans l'empire contre service militaire, par fœdus, traité) pour protéger les camps situés sur la voie Agrippa sur l'axe Rome-Boulogne-sur-Mer tel que celui de Cora dans l'Yonne.

À la suite de nombreuses confrontations avec l’Empire romain, des lanciers sarmates sont recrutés par Rome au cours du IIe siècle. L'intégration de ces unités auxiliaires se traduit par l’adoption de l'armement et des techniques militaires steppiques ainsi que par la création d'unités spécialisés (la colonne Trajane montre les lanciers cataphractaires sarmates en train de combattre contre leurs voisins du sud-ouest, les Daces). À partir du IIIe siècle, une partie des Sarmates se soumet aux Goths. Dès lors, ils appartiennent à une coalition de peuples germaniques et non-germaniques, connue sous le nom de « culture de Tcherniakhov » (aussi appelée « culture Sânta Ana de Mureș » par les archéologues roumains). À la fin du IVe siècle, sous la pression des Huns, certains groupes de Sarmates participent aux migrations et s'installent sur le territoire romain. La notice des Dignités (Notitia Dignitatum) mentionne une préfecture des Sarmates et des Taïfales en Gaule, dans la Pictonie gauloise (Pictavis gallia, l'actuel Poitou) où ils sont installés en tant que colons avec le statut de gentiles. Trois des cinq communes nommées Sermaise en France doivent leur nom à ces groupes de Sarmates.

Période des Goths[modifier | modifier le code]

Une partie des Sarmates est soumise par les Goths entre 200 et 300. Au IVe siècle, les principaux groupes sarmates sont alors les Roxolans et les Iazyges de Pannonie, à la frontière romaine, et les Alains d'Ukraine et de Russie méridionale, voisins des Ostrogoths et des Taïfales.

En 376, les Sarmates de la mer Noire s'allient aux Huns pour détruire le Royaume des Goths puis participent aux invasions hunniques du Ve siècle en Europe occidentale.

Culture[modifier | modifier le code]

En raison de la période et de l'aire géographique concernées, plusieurs cultures ont été attribuées aux Sauromates protohistoriques et aux Sarmates : entre autres, culture de Prokhorovka et « culture sarmate moyenne » (IIe siècle av. J.-C.). Certains traits, toutefois, sont caractéristiques. La culture sarmate des origines semble avoir conféré aux femmes une importance égale aux hommes, du moins dans l'aristocratie guerrière. Au IIe siècle, une reine sarmate, Amagê, est connue, indiquant peut-être une permanence de ce trait culturel. D’après Hérodote[18], les femmes sarmates suivaient leurs maris à la chasse et à la guerre, et s'habillaient comme eux.

À l'époque romaine, la célèbre cavalerie lourde sarmate[19] témoigne de l'importance de la culture guerrière de ce peuple.

Héritage[modifier | modifier le code]

Sur le plan militaire, et par l'intermédiaire des Goths qui furent influencés par leur mode de combat, les Sarmates seraient à l'origine de la cavalerie lourde[20].

En géologie, un paléocontinent protérozoïque correspondant au socle rocheux situé au nord de la mer Noire a été appelé Sarmatia d'après le peuple des Sarmates. Les géologues et les paléo-géographes appellent « mer Sarmatique » l'étendue d'eau recouvrant, au Cénozoïque, les actuelles mer Noire, Ukraine, Sud de la Russie, mer Caspienne et mer d'Aral. Les géographes appellent « Sarmatie » la grande plaine de Pologne orientale, de Biélorussie et d'Ukraine, et utilisent l'adjectif « sarmatique » pour divers marécages comme les marais du Pripiat, biotopes, ensembles faunistiques ou forêts primaires comme celle de Bialowieza.

Le nom des Sarmates est à l'origine de nombreux toponymes. En Dacie, on leur doit le nom de la cité de Sarmizégétuse. Dans l'Empire romain d'Occident, les noms de Sermizelles (Sarmisola XIIe siècle), Salmaise, Sermaise, Sermaize, Sermoise et quelques autres, qui remontent tous au nom originel Sarmatia (fundum ou villa), témoignant de la présence de Sarmates déditices en Gaule belgique et Gaule lyonnaise antiques[21].

Plusieurs dénominations distinguent des peuples sarmatiques dans la bibliographie et ont elles aussi laissé des toponymes :

  • Alains (en grec Ἀλανοί, dérivant de l'iranien Arya ou Yârya signifiant « nobles »[22], à l'origine des toponymes de Dār-e Alān, d'Alanie du nord et d'Alanie du sud dans le Caucase) ;
  • Jazygues, Iaziges, Iazyges, Lazygues, Iasses, Jasses, Jassics ou Jasones (en grec Ιάσωνες, de la racine indo-européenne Yâsia, Yârya, Yrætta signifiant également « nobles », à l'origine des toponymes Jász ou Jassie en Hongrie et Iași ou Jassy en Roumanie) ;
  • Ossètes ou Ossèbes (en géorgien ოსეთი ou ოსები, autres variantes de Yâsia, à l'origine du toponyme Ossétie en Russie et Géorgie) ;
  • Roxolanes, Roxelanes, Roxolans (signifiant « brillants », à l'origine des prénoms Roxane, Roxelane, Oxana…).

Un mouvement culturel polonais, appelé sarmatisme, fondé sur l'ancienne croyance protochroniste selon laquelle la Szlachta (aristocratie polonaise) descendrait en droite ligne des Sarmates, se répand de la fin du XVIe jusqu’à la deuxième moitié du XVIIIe siècle dans la République des Deux Nations. Cette idée exerce alors une influence considérable sur les mœurs et l'idéologie de la noblesse polonaise, et influence aussi la littérature baroque sous la Rzeczpospolita.

Reprenant une thèse sur les origines historiques de la légende arthurienne[23], le film Le Roi Arthur, réalisé en 2004 par Antoine Fuqua, présente une version qui fait d'un groupe d'enrôlés Sarmates les premiers chevaliers de la table ronde.

Dans les arts séquentiels, deux concurrents sarmates, disputent la Transitalique, sujet du trente-septième album des aventures d’Astérix.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur cette question la discussion de Pierre Petit, Traité historique sur les Amazones, vol. 1, Leyde, J. A. Langerak, , chap. XIV (« Éducation des Amazones »), p. 152-153.
  2. Harold Walter Bailey, Khotanese Text, Cambridge University Press 1985, p. 65 [1], ISBN 9780521257794
  3. Oleg Troubatchev cité par Alemko Gluhak (hr) Podrijetlo imena Hrvat (« Origines de l'ethnonyme "Croate" ») dans la revue Jezik, vol. 37, t. 5, 1990 [2], pages 131–133.
  4. Félix Ansart, professeur d'histoire au Collège Royal de Saint-Louis, Essai de Géographie Historique ancienne, Paris, Mme Ve Maire-Nyon, quai Conti N° 15, , p. 427
  5. Claude Ptolémée, Géographie, livre 6, chap. 14, ed. Karl Friedrich August Nobbe et Karl Tauchnitz, Leipzig 1843, vol. 2, p. 122 [3] et John Watson McCrindle, Ancient India as Described by Ptolemy, ed. Thacker Spink, Bombay 1885, page 290 [4].
  6. Lucien de Samosate (2015), p. 844
  7. K.-F. Smirnov, « Sauromates et Sarmates », Dialogues d'histoire ancienne, vol. 6, no 1,‎ , p. 139–154 (DOI 10.3406/dha.1980.1405, lire en ligne, consulté le 27 janvier 2017)
  8. Pellegrin 2014, p. 1719.
  9. Véronique Schiltz, « Les Sarmates entre Rome et la Chine. Nouvelles perspectives », Comptes-rendus des séances de l'année... - Académie des inscriptions et belles-lettres, vol. 146, no 3,‎ , p. 845–887 (DOI 10.3406/crai.2002.22481, lire en ligne, consulté le 27 janvier 2017)
  10. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, livre II, chap. 44.
  11. Voir sur cette question la discussion de Pierre Petit, Traité historique sur les Amazones, vol. 1, Leyde, J. A. Langerak, , chap. XIV (« Éducation des Amazones »), p. 153.
  12. Diodore de Sicile (trad. A. F. Miot), Bibliothèque historique, vol. 1, Imprimerie royale, , p. 485, note 101 sur le chap. XLV.
  13. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne], livre IV, chap. 57.
  14. David W. Anthony, (en) The Horse, the Wheel, and the Language: How Bronze-Age Riders from the Eurasian Steppes Shaped the Modern World, Princeton University Press, ISBN 9781400831104
  15. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne], livre VI, chap. XIX. Pline mentionne en réalité « Eudoxe », sans précision (Hist. nat., livre I). Eudoxe de Cnide a écrit sur l’astronomie et les zones climatériques, et son ouvrage est l'une des sources des Phénomènes d’Aratos de Soles. D'Eudoxe de Rhodes, auteur parfois nommé comme la source d'information de Pline (cf. notamment Le Grand Dictionnaire historique de Louis Moréri, vol. I, p. 1237, article « Eudoxe »), on ne sait rien que ce qu'en dit Diogène Laërce (Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, chap. « Eudoxe le Pythagoricien »), à savoir qu'il écrivit une Histoire. L'attribution à cet auteur des citations de Pline est donc sujette à caution ; quoi qu’il en soit, la source de Pline est bien du IVe siècle av. J.-C.
  16. Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], livre VII, chap. 2 et surtout 3, § 17. Le géographe grec insiste sur le fait que ce sont des nomades, que l'on peut rencontrer « de l'Ister (Danube) au Borysthène (Dniepr) ».
  17. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne], livre VI, chap. XIX.
  18. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne] (Livre IV, 116)
  19. M.-C. L'Huillier, « La cavalerie lourde : Marius Mielczarek, », Dialogues d'histoire ancienne, vol. 21, no 1,‎ (lire en ligne, consulté le 27 janvier 2017)
  20. René Grousset, L’Empire des steppes, Attila, Gengis-Khan, Tamerlan, Paris, Éditions Payot, quatrième édition (première édition 1938), 1965, 620 p., p. 79.
  21. Carte de Didier Le Bon dans l'article de Christian Delabos : Vron 143A in : Histoire antique et médiévale n° 62, Juillet-Août 2012, p. 65.
  22. [5]
  23. Mark Adderley et Alban Gautier, « Les origines de la légende arthurienne : six théories », Médiévales. Langues, Textes, Histoire, vol. 59, no 59,‎ , p. 183–193 (ISSN 0751-2708, DOI 10.4000/medievales.6173, lire en ligne, consulté le 27 janvier 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Chambry, Émeline Marquis, Alain Billault et Dominique Goust (trad. Émile Chambry), Lucien de Samosate : Œuvres complètes, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1248 p. (ISBN 978-2-221-10902-1), « Toxaris », page 844. 
  • (fr) Pierre Pellegrin (dir.), Aristote : Œuvres complètes, Éditions Flammarion, , 2923 p. (ISBN 978-2081273160)
  • (fr) René Grousset (dir.), L’Empire des steppes, Attila, Gengis-Khan, Tamerlan, Paris, Éditions Payot, 4e éd. (1re éd. 1938), 620 p. (lire en ligne)
  • Richard Brzezinsky, The Sarmatians : 600 BC–AD 450, Osprey, , 48 p..
  • Iaroslav Lebedynsky, Sarmates et Alains face à Rome : Ier-Ve siècles, Ed. Maison, , 88 p. (ISBN 978-2-917575-11-6).
  • Iaroslav Lebedynsky, Scythes, Sarmates et Slaves : l'influence des anciens nomades iranophones sur les Slaves, L'Harmattan, coll. « Présence ukrainienne », , 194 p. (ISBN 229609290X).
  • Iaroslav Lebedynsky, Sur les traces des Alains et Sarmates en Gaule : du Caucase à la Gaule, IVe-Ve siècle, L'Harmattan, coll. « Voix du Caucase », , 223 p. (ISBN 978-2-296-55612-6).
  • Véronique Schiltz, « Les Sarmates entre Rome et la Chine. Nouvelles perspectives », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres,‎ , p. 845-887 (ISSN 1969-6663, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]