Khan

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Khan (mongol bichig : ᠬᠠᠨ translit. VPMC : qan / mongol cyrillique : хан, translittération MNS : khan) ou kan est un titre signifiant dirigeant en mongol et en turc. Le terme est parfois traduit comme signifiant souverain ou « celui qui commande ». Le féminin mongol de « khan » est « khatoun ». La prononciation correcte du « kh » se rapprocherait de celle de la jota espagnole, ou du « h » aspiré français (Gengis Khan se prononce « djinguis haan » avec un a long chez les Mongols khalkhas, cela ne signifie pas khan, mais khagan, titre d'empereur chez les peuples turco-mongols dans leur ensemble).

Différents titres associés[modifier | modifier le code]

Un khan contrôle un khanat.

Pour les empires ou khaganats, le titre de khagan (mongol : ᠬᠠᠭᠠᠨ qayan / хаан khaan) est utilisé.

Popularisé par Gengis Khan, le titre de khan était pourtant déjà utilisé avant l'empire mongol. Les dirigeants jurchens auraient été les premier à utiliser ce titre au Ve siècle[1]. Les mandchous ont continué d'utilisé le titre de khan (han en mandchou) ; par exemple, Nurhachi était appelé Genggiyen Han. Les dirigeants des Göktürks (Turcs célestes), des Avars et des Khazars se servirent également du titre de kaghan.

Il a aussi été utilisé dans le Khaganat ouïghour (744-848), et continua de l'être par les descendants gengiskhanides tels que les dirigeants de la Horde d'or, ou les Ilkhanides. Ce fut aussi l'un des nombreux titres des sultans de l'empire ottoman (peuple turc) jusqu'au début du XXe siècle, ainsi que par des dirigeants de la Horde d'or et des états qui lui ont succédé.

Ailleurs le titre de khan a été employé par les dynasties turques seldjoukides du Proche-Orient pour désigner le dirigeant de plusieurs tribus, clans ou nations, inférieur en rang à un atabey.

Trois chroniques russes utilisent le titre de khan pour désigner le dirigeant de Kiev en 839 et 1186. C'est le seul cas connu d'un peuple sédentaire utilisant ce titre, suggérant des échanges culturels important avec les nomades Khazars[2] .

Les rois de Silla, un ancien royaume de Corée, étaient nommés marib-khan. Ainsi le roi Naemul était-il appelé Nemul Marib-Khan.

Les titres de khan et de khan bahadur (un rang au-dessus ; bahadur signifie « brave » en persan et est apparenté au mongol baatar et au russe bogatyr’) furent également employés à titre honorifique en Inde au temps des Grands Moghols, et plus tard par le Raj britannique pour la noblesse, souvent en signe de loyauté envers la couronne.

Les personnes les plus célèbres à avoir porté le titre de khan furent les Mongols Gengis Khan et son petit-fils Kubilai Khan. En tant que dirigeants de l'Empire, ils portaient en fait tous le titre de khaan ou de khagan, parfois traduit en Grand Khan. Le premier fonda l'empire mongol et le second la dynastie Yuan, qui gouverna la Chine. En le général Roman Fedorovitch von Ungern-Sternberg reçut le titre de khan de Mongolie par le Khoutouktou.

De nombreuses castes pachtounes (Afghanistan, Pakistan) portent également le nom Khan sans que l'on sache s'il existe un lien avec les Mongols. D'où le nom de nombreux acteurs bollywoodiens d'origine pachtoune: Shahrukh Khan, Aamir Khan et Salman Khan par exemple (tous trois aussi connus sous le nom the three khans).

Le titre de khan fut aussi porté par les souverains bulgares entre 681 et 864.

La signification du nom Gengis demeure controversée. Pour certains, il viendrait du mongol chinggis (ferme, puissant, loyal, cruel, etc. la signification variant d'une tribu mongole à l'autre). Pour d'autres, il serait dérivé du turc tangiz (océan ou mer)[3].

Littérature[modifier | modifier le code]

Littérature populaire contemporaine[modifier | modifier le code]

Le titre khan est modifié en khal par George R. R. Martin dans la série d'heroic fantasy, Le Trône de fer. Le personnage tient à peu près le même rôle: il dirige une horde semblable à celles de l'Empire mongol, nommée Khalasar, et le titre de Khal échoit aux guerriers les plus redoutables Dothraki[4].

Dans le Cycle Drenaï de David Gemmell, le titre de khan est attribué à plusieurs personnages. Il est donné indifféremment aux chamans, unificateurs et chefs des tribus nadirs, un peuple fictif aux yeux bridés et vivant dans la steppe, que l'on peut comparer aux Mongols. Ulric est le plus connu des khans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Grousset, René, 1885-1952., L'empire des steppes : Attila, Gengis-Khan, Tamerlan, Payot, (ISBN 2-228-27251-5 et 978-2-228-27251-3, OCLC 11727606, lire en ligne), p. 273
  2. Halperin, Charles J., Russia and the Golden Horde : the Mongol impact on medieval Russian history, Indiana University Press, (ISBN 0-253-35033-6, 978-0-253-35033-6 et 0-253-20445-3, OCLC 11814554, lire en ligne)
  3. Voir pages 89-91 in Genghis Khan: His Life and Legacy, Paul Ratchnevsky, Blackwell, 1993
  4. « Drogo est tellement riche qu'il fait porter même à ses esclaves des colliers d'or. Cent mille cavaliers montent dans son khalasar, et son palais de Vaes Dothrak comporte deux cents pièces dont les portes sont d'argent massif. […] Khal Drogo a beau posséder mille chevaux, , c’est d’une tout autre monture qu’il rêve, aujourd’hui.» (in « Le Trône de fer »)

Voir aussi[modifier | modifier le code]