Monseigneur (titre)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Monseigneur.

Monseigneur est un titre d’appel donné à des personnages puissants, tels les membres de la haute aristocratie française ou du haut clergé.

Titre donné aux princes et grands personnages laïcs[modifier | modifier le code]

Princes et haute noblesse[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, en France et en Angleterre, ce titre était accordé aux rois[1], princes et grands seigneurs. Il coexistait avec d'autre formes : messire et monsieur, ce dernier titre par influence de sieur, variante (cas sujet) de seigneur.

Sous l'Ancien Régime, on le donnait aux princes, aux ducs et à certains membres de la haute noblesse ; absolument, il désigna le Dauphin, notamment Louis de France (1661-1711), dit le Grand Dauphin, fils de Louis XIV.

Titulaires d'office[modifier | modifier le code]

Sous l'Ancien Régime, c'est aussi le titre donné aux titulaires d'un office important dans l'administration ou les armées. Ainsi, on appelle monseigneur le Chancelier, le Connétable, le Grand Amiral, les maréchaux de France, les ministres, certains parlementaires et les intendants de province[2].

Sous le Premier Empire, le titre revient à plusieurs haut dignitaires : par exemple, l'archichancelier.

De nos jours[modifier | modifier le code]

C’est le titre d’appel d'usage pour un prince souverain, par exemple le prince de Monaco (« Sire » pour un roi), ou un prince appartenant à une maison souveraine (« Madame » pour une princesse ou une reine).

Ce titre est encore accordé aux divers prétendants des anciennes monarchies et aux membres de leur famille (« Madame » pour les femmes).

Titre donné aux ecclésiastiques[modifier | modifier le code]

Évêques[modifier | modifier le code]

« Monseigneur » (Monsignore, en italien) est devenu un titre d’usage pour les évêques et les archevêques à partir du milieu du XVIIIe siècle. Auparavant, on appelait les évêques par le nom de leur diocèse, précédé de « Monsieur » : par exemple, Bossuet était « Monsieur de Meaux ».

Les Articles organiques qui ont fait suite au Concordat de 1801 ont fait interdiction aux ecclésiastiques de porter un autre traitement que « Monsieur » ou « Citoyen ». Plus tard et tout au long du XIXe siècle, les évêques ont été désignés comme suit : « Sa Grandeur Monseigneur X*** ».

De nos jours, l'usage est d'écrire : « Son Excellence Monseigneur X*** ». À noter qu'un évêque peut porter ce titre dès que sa nomination a été rendue officielle et avant même de recevoir la consécration. Pour les autorités républicaines, il reste « Monsieur l'évêque ».

Prêtres[modifier | modifier le code]

Le titre est également porté par des prêtres, faits membres de la famille pontificale, c’est-à-dire honorés par le pape. Ils peuvent être chapelains de Sa Sainteté[3] (le titre inférieur), prélats d’honneur (le titre plus courant) ou protonotaires apostoliques de numero ou surnuméraires (le titre supérieur).

Abréviations[modifier | modifier le code]

En français, le titre est abrégé en Mgr ou Mgr. L'abréviation au pluriel donne NN. SS[4] ; cependant, on trouve parfois NNgrs.

Extrait d'une plaque apposée dans l'église Saint-Just d'Arbois mentionnant l'abréviation NNgrs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La vie monseigneur sainct Loys roy de France [1]
  2. "Monseigneur d'Aguesseau, l'Intendant" en Languedoc (1673-1785), Archives Municipales de Béziers, cotes AA11 (folios 69 v°-70) et BB14 (délibération consulaire du 17 mai 16681)
  3. En janvier 2014, le pape François a décidé de restreindre l'attribution du titre de chapelain de Sa Sainteté à des prêtres méritants âgés d'au moins 65 ans (« Le pape restreint l’attribution du titre de chapelain de Sa Sainteté - La Croix », sur La Croix (consulté le 17 janvier 2016))
  4. WIlliam Ancourt et Christine Denuite, Grammaire pratique, le français de A à Z, De Boeck, (lire en ligne), p.5

Liens externes[modifier | modifier le code]