Philippe d'Orléans (1336-1375)
| Philippe d'Orléans | |
Portrait supposé de Jean d'Artois, comte d'Eu. L'inscription est erronée : il s'agit du duc d'Orléans portant un surcot à ses armes, proches de celles du comté d'Artois qui remplace les compons d'argent par des châteaux d'or. | |
| Titre | |
|---|---|
| Duc d'Orléans | |
| – (31 ans, 4 mois et 21 jours) |
|
| Prédécesseur | Création du titre |
| Successeur | Louis Ier d'Orléans |
| Comte de Valois | |
| – (31 ans, 4 mois et 21 jours) |
|
| Prédécesseur | Philippe VI de Valois |
| Successeur | Louis Ier d'Orléans |
| Comte de Beaumont-le-Roger | |
| – (9 ans, 10 mois et 11 jours) |
|
| Prédécesseur | Robert III d'Artois |
| Successeur | Charles II de Navarre |
| Comte de Beaumont-sur-Oise | |
| – (21 ans, 6 mois et 10 jours) |
|
| Prédécesseur | Charles II de Navarre |
| Successeur | Louis Ier d'Orléans |
| Biographie | |
| Dynastie | Maison capétienne de Valois |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Vincennes |
| Date de décès | (à 39 ans) |
| Sépulture | Cathédrale Sainte-Croix d'Orléans |
| Père | Philippe VI de Valois |
| Mère | Jeanne de Bourgogne |
| Fratrie | Jean II |
| Conjoint | Blanche de France |
| Profession | Lieutenant du roi ès parties de Picardie, Artois et Boulonnais (1355) |
|
|
|
| modifier |
|
Philippe de France, premier duc d’Orléans, comte de Valois et de Beaumont-le-Roger puis de Beaumont-sur-Oise, seigneur de Conches, Breteuil et Orbec, plus connu sous le nom de Philippe d'Orléans d'après son apanage principal (château de Vincennes, - ), est un fils puîné de Philippe VI de Valois, roi de France, et de sa première épouse Jeanne de Bourgogne.
Biographie
[modifier | modifier le code]Philippe est le deuxième et dernier fils de Philippe VI de Valois, roi de France (1328-1350) et de sa première épouse, Jeanne de Bourgogne, à atteindre l'âge adulte.
Par son grand-père paternel Charles de France, comte de Valois — fondateur de la maison de Valois —, Philippe descend en lignée mâle de Philippe le Hardi, mais aussi des premiers rois capétiens depuis Hugues Capet. Par sa mère Jeanne, Philippe appartient à la puissante maison de Bourgogne, dont le rôle dans la guerre de Cent Ans sera essentiel ; ainsi, il est le petit-fils du duc Robert II de Bourgogne et d’Agnès de France.

Pour apanage, son père lui donna en 1344 le duché d’Orléans, son comté patrimonial de Valois et celui de Beaumont-le-Roger (remplacé par Beaumont-sur-Oise après le traité de Mantes de 1354) et les érigea à la dignité de pairie. Philippe portait comme armoiries : D’azur, semé de fleurs de lys d’or, au lambel componé d’argent et de gueules[1],[2]. Son frère Jean II le Bon lui vend l’Hôtel de Navarre aujourd’hui situé dans la rue Saint-André-des-Arts dans le 6e arrondissement de Paris, hôtel qu’il avait hérité de Jeanne II de Navarre[3]. Il possédait également un hôtel à la Porte ou Poterne du Chaume bordée par l'actuelle rue Rambuteau, près de l'Hôtel de Clisson abritant de nos jours les Archives Nationales.
Né alors que son père était roi de France depuis 1328, Philippe de France est un contemporain du problème de succession de Charles IV le Bel, qui opposent les Valois aux Plantagenêt pour le trône de France. En effet, le conflit qui en découle, la guerre de Cent Ans, débute en 1337 alors qu’il n’a pas un an. Son père meurt alors qu'il n'a que quatorze ans.
C’est surtout sous le règne de son frère Jean II le Bon que Philippe participa discrètement dans la guerre contre les Anglais. Lors de la bataille de Poitiers en 1356, il est aux côtés du roi Jean II mais prend la fuite avec ses neveux pour éviter la capture et la rançon. Il est l'un des otages du roi d'Angleterre au traité de Brétigny-Calais de 1360 avec ses neveux Jean de Berry et Louis d'Anjou et est envoyé à ce titre en Angleterre. Il est libéré en 1365 par Édouard III après avoir livré au fils de ce dernier Thomas de Woodstock des forteresses en Saintonge et Poitou pour obtenir sa libération anticipée. Il se consacre pendant les dix dernières années de sa vie à la gestion de son domaine, retiré sur ses terres, et ne participe pas ou que très marginalement à la vie politique animée par Charles V et les autres princes du sang.
À sa mort soudaine et peut-être accidentelle le et sans postérité légitime, ses domaines reviennent au domaine royal à l'exception du douaire accordé à son épouse Blanche de France, qu'elle conserve en usufruit jusqu'à sa mort.
Union et descendance
[modifier | modifier le code]Le [4], Philippe épouse à la Sainte-Chapelle du Palais de la Cité la princesse Blanche de France, fille posthume du roi Charles IV le Bel et de Jeanne d’Évreux, avec qui il n’eut pas d’enfants. Le mariage laisse un goût amer aux invités puisque c'est pendant les joutes qui suivaient les festivités que le connétable Raoul Ier de Brienne, comte d'Eu, meurt transpercé accidentellement par une lance.
Le duc laisse cependant plusieurs enfants illégitimes :
- N.[5], dit le « bâtard d’Orléans » : élevé à Bourges auprès de son cousin le duc Jean de Berry, et de son fils aîné Charles Monseigneur. Il meurt en bas âge vers 1380 à Château-Thierry ;
- Louis, bâtard d’Orléans : Évêque de Poitiers et de Beauvais, il meurt le en pèlerinage vers Jérusalem et ses funérailles sont célébrées en la cathédrale Notre-Dame de Paris le en présence des membres du Parlement ;
- Marie d'Orléans, dite Marie de Valois : épouse de Gédéon V de Beauvilliers.
Ascendance
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Armorial de Gelre, folio 46r, écu n°314 [lire en ligne].
- ↑ Amédée René, Les princes militaires de la maison de France, Paris, (lire en ligne), p. 49.
- ↑ Marquis de Rochegude, Guide pratique à travers le vieux Paris, Paris, 1924 (BNF 31230895).
- ↑ Jules VIARD, Les Grandes Chroniques de France, Paris, Librairie ancienne Honoré Champion, , 392 p. (lire en ligne), p. 252
- ↑ Patrick Van Kerrebrouck, Les Valois, (ISBN 2-9501509-2-6).