Monarchie élective

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Une monarchie élective est un type de monarchie où le monarque accède au trône par une élection et non de façon héréditaire.

Dans le monde[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui dans le monde, les monarchies électives sont :

  • L'Andorre peut être considérée comme une semi-monarchie élective par le fait que l'un des deux princes est le président de la République française, qui est élu par le peuple français.
  • En Arabie saoudite, le roi est élu au sein de la famille régnante, par les princes la composant. En 2006, le roi a fondé le Conseil d'allégeance, composé de 35 descendants d'Ibn Saoud, chargés de se prononcer sur le choix d'un candidat au trône.
  • Le Cambodge, où le roi est élu par le Conseil du trône, parmi les membres des familles Norodom, Sisowat, ou Ang Duong.
  • Le Émirats arabes unis, Le Conseil suprême, constitué des sept émirs, est le plus haut organisme de l'État. Il élit pour cinq ans le président et le vice-président et a le pouvoir législatif et exécutif. Il ratifie les lois et décret fédéraux, planifie la politique étrangère et a le pouvoir de relever le premier ministre de ses fonctions sur incitation du président. Le Conseil suprême élit également le Conseil des ministres. En pratique, le président est toujours un membre du clan al-Nahyan d'Abou Dabi et le vice-président et premier ministre de la tribu al-Maktoum de Dubaï[1].
  • La Malaisie, où le roi est élu par les neuf sultans des États de Malaisie
  • L'ordre de Malte a aussi le statut de monarchie élective, du fait que son prince et grand maître est élu à vie.
  • Les Samoa, où le chef de l'État (dont les fonctions sont cérémonielles) est, depuis 2007, élu par le Parlement avec un mandat de cinq ans. Par tradition, il est choisi parmi les lignées des grands chefs traditionnels.
  • Le Vatican (anciennement les États pontificaux), dont le Pape est élu lors du conclave par les cardinaux.

Ancienne monarchie élective[modifier | modifier le code]

La monarchie française fut théoriquement élective jusqu’à la mort de Philippe II, les rois étant élus par la noblesse. Les premiers Capétiens firent élire et sacrer leurs fils aînés de leur vivant. Philippe Auguste s’en dispensa ; lorsque son fils Louis lui succéda après sa mort en 1223, l’hérédité gagna le statut de coutume légale faisant partie des lois fondamentales[2].

Cette origine élective était symboliquement rappelée lors du sacre des rois de France lorsque les pairs soutenaient la couronne avant qu’elle ne fût ceinte sur la tête du roi.

La monarchie polonaise a également connu un épisode électif. Mais jusqu'à l'élection d'Henri III de Valois et sa constitution henrycienne, les élections des rois de pologne étaient essentiellement que de pure forme, se contentant d'élire l'héritier direct du précédent souverain. À une seule exception prêt qui est lorsque Louis Ier d'Anjou mourut en laissant sa fille Hedwige comme seule héritière. Cette dernière sut imposer son époux Ladislas II Jagellon. A l'extinction de la dynastie en 1572, de véritables élections libres ont été organisées jusqu'en 1791 (voir Élections libre).

Au XVIIe siècle le duché de Savoie est également considéré comme une monarchie élective ainsi que certaines provinces du Saint-Empire romain germanique (la Hongrie, la Saxe).

Le Saint-Empire romain germanique est lui théoriquement une monarchie élective bien que le pouvoir revienne depuis Charles Quint aux Habsbourg. En effet, c'est la réunion des sept princes électeurs qui doit déterminer qui sera le nouvel empereur. L'élection du futur empereur pouvant se faire avant la mort du souverain, on appelle donc le futur chef du Saint-Empire le roi des Romains.

La couronne de Bohême était également élective. Là encore, c'était essentiellement des élections nominales de l'héritier du précédent souverain jusqu'aux guerres hussites et l'avènement de Georges Ier. Puis les Habsbourg s'imposèrent mais respectèrent à chaque fois les élections nominales. En 1621, avec l'écrasement de la révolte de Bohême, Ferdinand II priva la Bohême de ses privilèges et la couronne bohémienne cessa d'être élective.

François Ier s'est présenté en 1519 à la fonction d'empereur contre Charles Quint et Henri VIII d'Angleterre. Charles Quint fut élu grâce à son grand-père Maximilien Ier.

Au début du Moyen Âge, le royaume wisigoth d'Espagne (VIe-VIIIe s.) est aussi une monarchie élective mais certains rois, cherchant à imposer leur dynastie, suscitèrent de nombreux complots orchestrés par une partie de la noblesse wisigothique opposée au caractère héréditaire de la royauté.

La Suède n'est une monarchie héréditaire que depuis 1544 lorsque le Riksdag des États, par Västerås arvförening, désignèrent les descendants de Gustav Vasa comme héritier du trône.

En Afrique, la régence d'Alger (du XVIIe siècle au XIXe siècle) fut une monarchie élective, dont le dey était élu, selon les périodes, par le Divan d'Alger ou par la Taïfa des raïs (Assemblée des corsaires). Les deys élus portaient également le titre de gouverneur-sultan d'Alger ou sultan d'Alger.

Dans la Grande Mongolie féodale, depuis Gengis Khan jusqu'au XXe siècle, le Khong Tayiji était un grand khan, puissant, contrôlant de vaste territoires, élu par une assemblée nommée Qurultay. Par extensions les Rois du Tibet oïrats mongols (de Gengis Khan au protectorat Mandchou du Tibet en 1720) bénéficient du même régime.


Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) David C. King, The United Arab Emirates, Marshall Cavendish, , 144 p. (ISBN 0-7614-2565-9, lire en ligne), p. 34
  2. François Bluche, L’Ancien Régime. Institutions et société, Librairie générale française, col. « Le Livre de poche / Références », Paris, 1993 (ISBN 2-253-06423-8), p. 29