British Library

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British Library
Image illustrative de l'article British Library
Entrée de la British Library
Présentation
Coordonnées 51° 31′ 46″ nord, 0° 07′ 37″ ouest
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Ville Londres
Informations
Site web http://www.bl.uk/
Géolocalisation sur la carte : Londres
British Library

La British Library (littéralement « bibliothèque britannique »), également connue sous le sigle BL, est la bibliothèque nationale du Royaume-Uni. Située à Londres, elle est l’une des plus importantes bibliothèques de référence du monde, avec plus de 170 millions de références, dont environ 14 millions de livres[1]. Chargée du dépôt légal, la British Library reçoit des exemplaires de tous les ouvrages publiés au Royaume-Uni et en Irlande, y compris les livres étrangers distribués dans ces pays. Elle acquiert également d'autres livres étrangers, pour un budget annuel d'environ 16 millions de livres, accroissant, au total, ses collections d’environ 3 millions de volumes par an. Dirigée par Roly Keating depuis 2012, elle emploie quelque 2 000 personnes.

Histoire[modifier | modifier le code]

La BL est une institution récente par rapport aux autres bibliothèques nationales : elle a été fondée en 1973 par le British Library Act (1973). Avant cette date, la bibliothèque nationale dépendait du British Museum, qui accueillait également la British National Bibliography (Bibliographie nationale britannique) et la National Sound Archive (Archives sonores nationales).

Ses collections ont longtemps été dispersées dans différents dépôts de Londres (comme Bloomsbury, Chancery Lane ou Holborn) et d’Angleterre (bibliothèque de prêt de Boston Spa dans le Yorkshire, journaux à Colindale, au nord-ouest de Londres…). C’est pourquoi un nouveau bâtiment a été conçu pour rassembler en un même lieu l’essentiel des collections. Ce bâtiment, situé à Euston Road (en), à côté de la gare de Saint-Pancras, au nord de Londres, a ouvert en 1997. Il est dû à l’architecte Colin St. John Wilson et constitue, avec ses 110 000 m2, le plus grand bâtiment public construit au Royaume-Uni pendant tout le XXe siècle. On y accède en traversant une cour où trône une statue de bronze d’Eduardo Paolozzi (d’après l’étude d’Isaac Newton par William Blake). Les sites de Colindale et de Boston Spa ont toutefois été conservés. Le cœur du bâtiment est constitué d’une tour de verre de trois étages qui contient la King’s Library (Bibliothèque du Roi), soit 65 000 volumes (imprimés, manuscrits, plans…) réunis par le roi George III entre 1763 et 1820.

Intérieur de la British Library. Derrière la vitre fumée, la King's library.

Accessibilité[modifier | modifier le code]

Un grand nombre de volumes, choisis parmi les plus prestigieux, sont présentés en exposition permanente. La Sir John Ritblat Gallery : Treasures of the British Library, dont l’entrée est libre et gratuite, est ouverte sept jours sur sept. Des expositions temporaires, aux sujets très variés, sont également organisées. Les dernières ont porté sur Elizabeth Barrett Browning ou, en 2006, Benjamin Franklin ou encore sur le Rāmāyana en 2008.

Jusqu’à un passé récent, la BL se voulait une « bibliothèque de dernier ressort », c'est-à-dire qui s’adresse à des lecteurs cherchant une information très précise et spécialisée introuvable ailleurs. Comme dans de nombreuses autres bibliothèques nationales, ce schéma a largement évolué. La bibliothèque souhaite désormais accueillir toutes les personnes souhaitant effectuer une recherche. Cette politique a été critiquée, notamment dans le cas des étudiants qui disposent de bibliothèques universitaires. Un million de lecteurs fréquentent ainsi chaque année les salles de la BL, qui dispose d'environ 1 200 places assises.

Un « Centre d'affaires et de la propriété intellectuelle » y a ouvert ses portes en 2006. Il se donne pour but d'aider les chefs d'entreprises ou les dirigeants à trouver l'information dont ils ont besoin, qu'elle soit imprimée ou diffusée sur d'autres supports, pour monter et développer leurs activités.

Dépôt légal[modifier | modifier le code]

Les principes du dépôt légal se manifestent pour la première fois en Angleterre en 1610 lorsque la Corporation des imprimeurs et Sir Thomas Bodley concluent une entente stipulant qu’une copie de chaque nouvelle publication serait remise à la Bibliothèque Bodlein d’Oxford.[2],[3] Deux ans plus tard, en 1662, la Loi sur la licence de presse fait de ce dépôt une obligation légale, en plus d’inclure comme dépositaires officiels la Royal Library et la Bibliothèque de l’Université de Cambridge[2].

Plusieurs autres législations se sont ajoutées au gré du temps afin de refléter l’évolution de la société et les changements politiques au sein du pays – entre autres la Loi sur le droit d’auteur de 1709 suite à la signature de l’Acte d’Union entre l’Angleterre et l’Écosse autorisant certains établissements écossais à être dépositaire au même titre que les autres établissements anglais. [2],[4] En 1814, on dénombre un total d’onze établissements autorisés à recevoir une copie des nouvelles publications en vertu de la loi : ceci est le plus grand nombre d’établissements autorisés de l’histoire du dépôt légal au Royaume-Uni. [5],[6] Quelques années plus tard, en 1842, un grand changement s’opère : la Bibliothèque du British Museum est déclarée seul dépositaire automatique des nouvelles publications. Les autres établissements sont toujours autorisés à recevoir des copies, mais ceux-ci doivent désormais en faire la demande officielle afin de les obtenir.[5] Ce privilège accordé au British Museum sera passé à la British Library à la suite de sa création plus d’un siècle plus tard. En 1911, la Bibliothèque nationale du Pays de Galles devient la sixième bibliothèque dépositaire. [5],[6] De plus, la loi rend le dépôt obligatoire pour les publications imprimées seulement et facultatif pour les autres types de publications tels que des arrangements musicaux[5].

La situation politique change au cours des années et la loi est modifié au fur et à mesure. En 1973, la British Library est créée et devient le dépositaire officiel pour le pays.[5],[7] Toute nouvelle publication a l’obligation légale de faire parvenir à ses frais une copie de l’œuvre à la British Library. Les autres établissements dépositaires (la Bibliothèque Bodleian d’Oxford, la Bibliothèque de l’Université de Cambridge, la Bibliothèque nationale d’Écosse, la Bibliothèque du Trinity College et la Bibliothèque nationale du Pays de Galles) peuvent faire la demande afin d’obtenir une copie à leur frais[8],[9],[10],[11].

À la suite de plusieurs années de requêtes et de discussions entre différents partis, le Comité conjoint sur le dépôt volontaire est créé en 2000. Ce comité propose une entente de dépôt volontaire pour les publications portables ou électroniques sur support physique. Cette proposition s’applique la même année. Cette initiative remporte un franc succès et inspire l’adoption de la Loi de 2003 sur les bibliothèques de dépôt, puis la Loi du dépôt légal de 2013.[10] [12],[13]Désormais, toute publication (imprimée, non-imprimée, publiée sous forme papier, publiée en ligne ou non, etc.) doit se soumettre à la loi du dépôt légal. De plus, depuis 2013, il est possible que le dépôt se fasse de façon électronique seulement si une entente le permettant est conclue. Seuls les documents contenant des informations personnelles, les enregistrements sonores, les films ou matériels similaires sont exclus de la loi[10].

Périodiques[modifier | modifier le code]

Le département des Journaux de la British Library est situé à Colindale, au nord de Londres. Il possède une collection à peu près complète de l’ensemble des journaux britanniques et irlandais depuis 1840, entre autres grâce à la législation de 1869 sur le dépôt légal, qui oblige à déposer à la BL un exemplaire de chaque édition. Pour les quotidiens et les hebdomadaires de la ville de Londres, les collections sont exhaustives jusqu’en 1801. Au total, les collections consistent en 660 000 volumes reliés et 370 000 microfilms, soit dix millions de journaux appartenant à 52 000 titres, sur 45 kilomètres linéaires d’étagères.

On trouve entre autres à Saint-Pancras les Thomason Tracts, comprenant 7 200 journaux du XVIIe siècle et la collection Burney, avec des journaux de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle.

Porte de la British Library

Grandes pièces de la collection[modifier | modifier le code]

Sculpture de bronze Newton, d'après William Blake, 1995, par Eduardo Paolozzi

Collections philatéliques[modifier | modifier le code]

Les timbres conservés à la British Library constituent la collection philatélique nationale du Royaume-Uni. Ils proviennent de la donation de la collection Tapling puis les collections se sont constamment développées. Une partie importante de la collection (environ 80 000 timbres) est présentée au public à la BL sur plus de 1 000 cadres de présentation. Le reste est accessible sur demande aux chercheurs et aux étudiants.

Comprenant le legs du bibliophile James Ludovic Lindsay, 26e comte de Crawford[14], la bibliothèque acquiert systématiquement toutes les études sur les timbres et la philatélie, ce qui est en fait l’un des principaux centres de référence sur ce sujet.

Programme de numérisation[modifier | modifier le code]

La British Library a annoncé pour la période 2008-2011 un programme de numérisation, comprenant de la littérature britannique, des dizaines de périodiques, plus de 100 000 manuscrits grecs, mais aussi des enregistrements sonores. L'accès aux documents est partiellement payant, partiellement gratuit[15].

Le British Library Document Supply Centre[modifier | modifier le code]

La British Library est réputée également pour son service de prêt entre bibliothèques, appelé British Library Document Supply Centre (« Centre de fourniture de documents de la BL », BLDSC). Possédant tous les documents publiés dans les îles Britanniques, mais aussi une proportion importante de documents des États-Unis, notamment des thèses, elle constitue une ressource importante pour les bibliothèques européennes.

Le BLDSC pratique des tarifs jugés élevés et mène une politique commerciale offensive.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.bl.uk
  2. a b et c Price, Richard et Stephens, Andy, « Le dépôt légal au Royaume-Uni », Les Cahiers de propriété intellectuelle, vol. 23, no 1,‎ , p. 315 (lire en ligne)
  3. Roussel, Ghislain, « Le dépôt légal et le droit d'auteur: État de situation et étude comparative », Les Cahiers de propriété intellectuelle, vol. 23, no 1,‎ , p. 396 (lire en ligne)
  4. Roussel, Ghislain, « Le dépôt légal et le droit d'auteur: Étude de situation et étude comparative », Les Cahiers de propriété intellectuelle, vol. 23, no 1,‎ , p. 396-397 (lire en ligne)
  5. a b c d et e Price, Richard et Stephens, Andy, « Le dépôt légal au Royaume-Uni », Les Cahiers de propriété intellectuelle, vol. 23, no 1,‎ , p. 316 (lire en ligne)
  6. a et b Roussel, Ghislain, « Le dépôt légal et le droit d'auteur: Étude de situation et étude comparative », Les Cahiers de propriété intellectuelle, vol. 23, no 1,‎ , p. 397 (lire en ligne)
  7. Roberts, Stephen A. et Frédéric Blin (dir.) (trad. de l'anglais par Emilie Barret, préf. Kathinka Dittrich van Weringh), Les bibliothèques en Europe : Organisation, projets, perspectives, Paris, Éditions du Cercle de la Librarie, coll. « Collection Bibliothèques », , 356 p. (ISBN 978-2-7654-1368-4, ISSN 0184-0886), « Les bibliothèques au Royaume-Uni et en République d'Irlande », p. 303
  8. Price, Richard et Stephens, Andy, « Le dépôt légal au Royaume-Uni », Les Cahiers de propriété intellectuelle, vol. 23, no 1,‎ , p. 319 (lire en ligne)
  9. Roussel, Ghislain, « Le dépôt légal et le droit d'auteur: Étude de situation et étude comparative », Les Cahiers de propriété intellectuelle, vol. 23, no 1,‎ , p. 462 (lire en ligne)
  10. a b et c (en) « Agency for the Legal Deposit Library » (consulté le 20 novembre 2019)
  11. Roberts, Stephen A. et Blin, Frédéric (dir.) (trad. de l'anglais par Emilie Barret, préf. Kathinka Dittrich van Weringh), Les bibliothèques en Europe : Organisation, projets, perspectives, Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, coll. « Collection Bibliothèques », , 356 p. (ISBN 978-2-7654-1368-4, ISSN 0184-0886), « Les bibliothèques au Royaume-Uni et en République d'Irlande », p. 304-305
  12. Price, Richard et Stephens, Andy, « Le dépôt légal au Royaume-Uni », Les Cahiers de propriété intellectuelle, vol. 23, no 1,‎ , p. 317-318; 324-325 (lire en ligne)
  13. Roussel, Ghislain, « Le dépôt légal et le droit d'auteur: État de situation et étude comparative », Les Cahiers de propriété intellectuelle, vol. 23, no 1,‎ , p. 428; 487 (lire en ligne)
  14. Fiche biographique de Lindsay sur le site du Hall of Fame de l'American Philatelic Society.
  15. Brève dans Archimag, no 218, oct. 2008, p. 16.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • British library, définition du Dictionnaire, enssib, 2012.
  • Véronique Heurtematte, « La British Library pour tous », dans Livres Hebdo, no 642, , pages 66-67.