PDVSA

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PDVSA

Description de l'image  Logo pdvsa.jpg.
Création 1975
Personnages clés Rafael Ramirez
Forme juridique Petróleos de Venezuela S.A.
Siège social Drapeau du Venezuela Caracas (Venezuela)
Activité énergie, hydrocarbures
Produits essence, diesel
Effectif 80 000
Site web http://www.pdvsa.com
Chiffre d’affaires 88,100 milliards USD (2010)

Petróleos de Venezuela SA (abrégé en PDVSA) est la compagnie pétrolière appartenant à l’État vénézuélien. Le Venezuela est l’un des plus gros exportateurs de pétrole au monde. Fondée en 1976 lors de la nationalisation de l'industrie pétrolière vénézuélienne, PDVSA a acheté 50 % de la marque d'essence CITGO aux États-Unis à la société Southland en 1986 et le solde en 1990. En 2005, PDVSA a ouvert son premier bureau en Chine, et a annoncé un plan pour tripler sa flotte de tankers jusqu’à 58 navires.

Le Venezuela dispose d'importantes réserves d'hydrocarbures, ce qui place le pays au cinquième rang en termes de réserves conventionnelles prouvées. De plus, il représente approximativement la moitié des réserves de pétrole de la région. Avec les gisements de la « ceinture de l'Orénoque », le Venezuela disposerait des plus importantes réserves de pétrole au monde, devant l'Arabie Saoudite.

PDVSA a une capacité de production d’environ 4 millions de barils/jour (de 600 000 m³), alors que la production excède 3 millions de barils/jour (de 500 000 m³). Les réserves prouvées s’élèvent à 78 milliards de barils de pétrole brut, ainsi que 148 trillions de mètre cube de gaz naturel.

Statut public[modifier | modifier le code]

Depuis la nationalisation de l'industrie pétrolière vénézuélienne en 1976, pendant le gouvernement de Carlos Andrés Pérez, PDVSA est une entreprise publique. L'État vénézuélien possède la totalité des actions de la société, qui dépend du Ministère de l'Énergie et du Pétrole. La Constitution de 1999 établit que l'entreprise ne pourra être privatisée et gardera le monopole exclusif des hydrocarbures se trouvant dans le sous-sol vénézuélien. Elle peut cependant s'associer à d'autres sociétés dans le cadre d'entreprises mixtes, et octroyer des concessions dans le domaine de la distribution et le commerce des dérivés du pétrole.

Jusqu'au milieu des années 1990, PDVSA -à travers ses filiales- avait le monopole de la vente et la distribution de tous les dérivés du pétrole au Venezuela. Lors de la « libéralisation pétrolière » (apertura petrolera) du gouvernement de Rafael Caldera, des multinationales comme Shell, BP et Texaco ont été autorisées à distribuer ces produits, sous certaines conditions (par exemple respecter le prix régulé de l'essence).

PDVSA a des filiales aux Etats-Unis (Citgo), en Allemagne (Ruhr Oil, 50 % de participation), en Suède (Nynäs Petroleum, 50 % de participation).

Organisation de l'entreprise[modifier | modifier le code]

PDVSA est divisée en quatre « unités de travail », correspondant chacune à une étape différente du processus de production :

  • Prospection et Production : Évaluation, prospection, certification et forage de gisements de pétrole.
  • Raffinage : Séparation, traitement et extraction des produits et dérivés du pétrole.
  • Distribution et commercialisation : Placement des produits dans le marché international et national.
  • Gaz : Ensemble du processus d'extraction, traitement et commercialisation du gaz.

Présidents[modifier | modifier le code]

Président Période
Rafael Alfonzo Ravard Janvier 1976 – Mars 1983
Humberto Calderón Berti Mars 1983 – Février 1984
Brígido Natera Février 1984 – Octobre 1986
Juan Chacín Guzmán Octobre 1986 - Mars 1990
Andrés Sosa Pietri Mars 1990 - Mars 1992
Gustavo Roosen P. Mars 1992 - Mars 1994
Luis Giusti López Mars 1994 - Février 1999
Roberto Mandini Février 1999 - Août 1999
Héctor Ciavaldini Août 1999 - Octobre 2000
Guaicaipuro Lameda Montero Octobre 2000 - Février 2002
Gastón Parra Luzardo Février 2002 – Avril 2002
Alí Rodríguez Araque Avril 2002 – Octobre 2004
Rafael Ramírez Carreño Novembre 2004 -

Grève générale de 2002-2003[modifier | modifier le code]

En décembre 2002, pendant la grève générale de 2002-2003 au Venezuela, une grande partie des employés et cadres de PDVSA, soutenus par le syndicat CTV, a pratiquement arrêté la production de pétrole pendant 2 mois, afin de forcer le président Hugo Chávez à démissionner. Chávez a riposté en faisant appel au Tribunal suprême de justice, lequel autorisa le gouvernement à licencier les 19 000 cadres et salariés (sur les 30 000 d'alors) qui refusaient de travailler depuis 2 mois et à les remplacer par des nouveaux employés, essentiellement d'anciens retraités et des jeunes mal formés. Pour Horacio Maldonado, ancien employé vivant depuis à Miami (États-Unis), « le personnel technique était hautement qualifié, pour des opérations élicates. Ils n'ont pas pu remplacer tout le monde » alors que l'économiste Arnoldo Pirela estime qu'« on a donné des responsabilités à des gens qui avaient à peine trois ans d'expérience », cela déteignant sur la productivité de l'entreprise et la motivation des salariés[1].

L'Organisation internationale du travail a demandé au gouvernement d'enquêter sur des allégations de torture au cours de cette grève [1]. Le blocage de la production a provoqué des dégâts macro-économiques significatifs, portant notamment le taux de chômage de 5 % à plus de 20 % en mars 2003. Les pertes monétaires s'élèvent à 10 milliards de dollars ([2] lien en espagnol).

Chauffage subventionné aux États-Unis[modifier | modifier le code]

En novembre 2005, PDVSA et sa filiale américaine Citgo, annoncèrent un accord avec l'État du Massachusetts pour la fourniture de fioul de chauffage à des foyers défavorisés de Boston à un tarif 40 % en dessous du prix du marché [3]. Des accords similaires furent signés par la suite avec les États du Maine, Rhode Island, Pennsylvanie, Vermont et Delaware, et avec plusieurs villes du Nord-Est, dont celle de Bronx dans l'aire métropolitaine de New York.

Association en entreprise mixte[modifier | modifier le code]

Le gouvernement d'Hugo Chávez décréta en 2007 la requalification de toutes les concessions en cours sur la « ceinture de l'Orénoque » en entreprise mixte, où l'État devenait l'actionnaire majoritaire. Les entreprises associées devaient en outre accepter un taux d'imposition plus élevé. ExxonMobil et ConocoPhillips se sont retirées. Total, British Petroleum, Chevron et Statoil ont accepté les nouveaux termes.

Critiques[modifier | modifier le code]

La sécurité des installations et la protection des employés fait l'objet de critiques, notamment de José Boda, leader syndical des Travailleurs du pétrole du Venezuela, qui évoque les « problèmes respiratoires des employés à cause des fuites de brut soufré » ou du carbone extrait du pétrole, extrêmement toxique, contre lesquels les agents de la compagnie sont mal protégés. Mais c'est le statut même de l'entreprise qui est remis en cause : nationalisée en 1976, les bénéfices de PDVSA servent à financer la politique sociale du pays à travers le fonds social Fonden, non audité, auquel étaient reversés en 2011 62 % des profits, et ce au détriment de l'entreprise elle-même ; d'autre part, une partie de la production (110 000 barils par jour) est directement envoyée à Cuba, qui envoie en retour des médecins, des militaires ou encore des agents de renseignement ainsi qu'à d'autres pays du continent sud-américain, créant une situation de dépendance géopolitique[1].

La mainmise de PDVSA par l'État est également dénoncée, le PDG de l'entreprise étant le ministre du Pétrole, amenant à ce que les employés, pour obtenir une promotion, doivent participer aux manifestations du parti chaviste, le PSUV.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Claire Meynial, « À la poursuite du trésor de Chavez », in Le Point, semaine du 23 mai 2013, pages 64-66.

Lien externe[modifier | modifier le code]