Économie du Venezuela

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Venezuela
Indicateurs économiques
Monnaie Bolivar vénézuélien
Année fiscale calendaire
Organisations internationales
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 407.4 milliards $ (estimation 2013)
Produit intérieur brut en PPA
Rang pour le PIB en PPA en volume du PIB : 34e
Croissance du PIB + 1,6
PIB par habitant en PPA 13,600 $
PIB par secteur agriculture : 3,7 %
industrie : 35,5 %
services : 60,8 %
Inflation (IPC) 5,7 % (mai 2014)
Pop. sous le seuil de pauvreté 31,6% (estim 2011)
Indice de développement humain (IDH) 0,764
Population active 14 millions
Population active par secteur agriculture : 7,3%
industrie : 21,8 %
services : 70,9 % (T4 2011)
Taux de chômage 7,9 %
Principales industries
Commerce extérieur
Exportations 91.78 milliards $
Biens exportés
Principaux clients
Importations 38,61 milliards $
Biens importés
Principaux fournisseurs
Finances publiques
Dette publique 74,87 milliards de $ (25,5 % du PIB)
Dette extérieure
Recettes publiques
Dépenses publiques
Déficit public
Aide au développement
Sources :
« Venezuela sur CIA factbook » (consulté le 5 décembre 2011). Les données sont des estimations de l'année 2013, sauf mention contraire.

Cet article fournit des informations sur l'économie du Venezuela.

Le Venezuela est un pays situé au nord de l'Amérique du Sud.

Histoire économique du Venezuela[modifier | modifier le code]

L'importance ancienne du pétrole[modifier | modifier le code]

La principale activité économique est l'exploitation et le raffinage du pétrole pour l'exportation et la consommation intérieure. Le secteur pétrolier domine l'économie avec à peu près un tiers du PIB, 85 % des bénéfices à l'exportation[1] et 43 % des revenus du gouvernement[2]. Le pétrole est la ressource naturelle la plus abondante; elle est traitée par la société pétrolière nationale PDVSA depuis 1975. Son exploitation officielle commence dès 1875 dans l'État de Táchira. À partir de 1922 commence l'exploitation pétrolière à grande échelle, déclenchant bien des évènements qui changeront la marche du pays. C'est, entre autres, à l'initiative du Venezuela que fut fondée l'OPEP.

Cette dépendance de l'économie au pétrole participa à une importante crise financière en 1994, aggravée par la récession de 1993.

Les années de crise 1999-2003[modifier | modifier le code]

Alors que le taux de progression moyen du PIB PPA (parité de pouvoir d'achat) dans le monde entre 1990 et 2002 était de 57 %, le Venezuela est l'un des rares pays où celui-ci a baissé en passant de 6 169 dollars par habitants en 1990 à 5 380 dollars en 2002 et 4 740 $ en 2003.

En 1999, l'économie nationale avait régressé de 7,2 %. Un effondrement des cours pétroliers durant la première moitié de l'année, jusqu'à 10 dollars le baril, avait accéléré la récession, et amené le gouvernement de Chávez à contacter les autres pays membres de l'OPEP afin de réduire la production mondiale et faire remonter le cours du baril. En mars 1999, la réunion de La Haye permet la réduction de 4 % des quotas pétroliers de l'Oman, la Russie (non membre de l'OPEP), le Mexique (non membre de l'OPEP) et l'Arabie saoudite. Les cours du pétrole remontent.

En 2001, la croissance du Produit intérieur brut ou PIB fut de 2,7 %. Une augmentation significative des prix internationaux du pétrole a permis de sortir l'économie de la forte récession subie durant l'année 1999. Le secteur non pétrolier relativement faible, une fuite intense des capitaux, une chute temporaire des prix du pétrole et les tentatives de déstabilisation du gouvernement ont empêché que la récupération soit plus forte.

En 2002, le régime des changes a été changé par le gouvernement, passant d'un régime à taux libre flottant vers un régime à taux fixe contrôlé par le gouvernement, ce qui fit se déprécier considérablement la monnaie, le bolivar. En 2002 et 2003, en conséquence d'une importante instabilité politique et d'un coup d'État organisé par l'opposition au gouvernement, de la grève générale et du sabotage de la principale entreprise pétrolière nationale PDVSA, l'économie vénézuélienne subit une forte chute de son PIB de l'ordre de 8 %.

Le redressement depuis 2004[modifier | modifier le code]

Durant l'année 2004, grâce à l'augmentation des prix des hydrocarbures, d'un climat politique plus détendu et de la reprise en main de PDVSA, le Venezuela a connu un taux de croissance du PIB de 17 % (un des plus haut du monde, selon les chiffres officiels et ceux du FMI), permettant de récupérer presque intégralement les déboires antérieurs.

Les investissements sociaux du gouvernement (par le biais des misiones) dans les domaines éducatifs, alimentaires et médico-sanitaires, créées depuis 2001 commencent à porter leurs fruits : le taux de pauvreté est réduit entre 1999 et 2006 de près de 10 points (de 44 % à 34 %), le taux d'extrême pauvreté de 11 points entre 1999 et 2007(de 20,6 % à 9,4 %) tandis que près de 1 250 000 personnes ont été alphabétisées entre 2003 et 2004 selon les chiffres de la BCV (Banco Central de Venezuela).

Le PIB par habitant en PPA est passé entre 2003 et 2008 de 5 033 à 8 500 dollars selon les chiffres du FMI (estimation), et de 5 500 à 8 500 $ entre 1999 et 2008 (est.).

La crise économique de 2008 et l'effondrement soudain du cours des matières premières font craindre une faible croissance et une inflation forte. La forte inflation affecte la population (30,9 % en 2008).

La Révolution bolivarienne : une socialisation partielle de l'économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolution bolivarienne.

Les réformes mises en place ont pour objectif de faire du Venezuela une société socialiste bolivarienne : le pays du socialisme du XXIe siècle. La priorité serait l'indépendance vis-à-vis des États-Unis, qui restent le principal client pour le secteur stratégique des hydrocarbures. Cela explique en partie le rapprochement avec le Cuba castriste.

La nationalisation des secteurs stratégiques[modifier | modifier le code]

  • La nationalisation du secteur des pétroles est un choix aussi idéologique que stratégique. La ressource, dont les réserves de la région de l'Orénoque seraient énormes, représente 30 % du PIB et 85 % des exportations. PDVSA détient alors 60 % des projets menés par Petroleum PLC, américaines ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips, la française Total et Statoil
  • Les secteurs des télécommunications et de la production d'électricité ont également été nationalisés. Les sociétés refusaient par exemple d'investir dans des régions jugées peu rentables.
  • Au début de l'année 2008, le gouvernement vénézuelien annonce la nationalisation très prochaine de la production de ciment[3], montrée comme une réponse au choix des sociétés étrangères d'exporter une partie de leur production en situation de pénurie de logements.
  • En 2010, le commerce de détail est nationalisé, avec la chaîne Exito détenue par le groupe français Casino[4] accusée de contribuer à la hausse des prix. La filiale locale de de l'américain NorPro, fabricant un produit pour les forages pétroliers est étatisée et intégrée à l'entreprise publique PDVSA. Le groupe sidérurgique italien TenarisDalmine est exproprié de ses actifs, n'ayant trouvé un accord financier avec le gouvernement[5].

Une société encore très capitaliste[modifier | modifier le code]

La structure traditionnellement capitaliste de l'économie vénézuélienne n'a pourtant pas été bouleversée. En 2008, l'afflux des pétrodollars a fait de Caracas une vitrine du capitalisme, caractérisé par une frénésie de consommation: hôtels, restaurants, centres commerciaux se multiplient sur le modèle américain.

Les quartiers pauvres des bidonvilles de la capitale (barrios) montrent une certaine prise en charge de la société par l'État: mercal (supérettes subventionnées par l'État), souvent irrégulièrement approvisionnés; programmes de santé, d'éducation, d'aide aux nécessiteux, sous la surveillance des Comités révolutionnaires locaux[6].

Les finances[modifier | modifier le code]

Les obstacles au développement[modifier | modifier le code]

Le territoire a déjà subi, et est très à risque de subir à nouveau, des tremblements de terre, des raz-de-marée, des glissements de terrain et des sécheresses périodiques. Ensuite, deux de ses lagons, le Valencia et le Maracaibo, sont très pollués par les égouts, par la pollution urbaine et par la pollution aux hydrocarbures. Finalement, la corruption fait peur aux investisseurs étrangers.

Les problèmes actuels[modifier | modifier le code]

Présentement, le gouvernement doit faire face à deux crises : le manque d'eau dans le pays et le déficit de production du secteur électrique causé par l'absence d'investissements adaptés.

2005[modifier | modifier le code]

Le 3 mars 2005, la monnaie a été dévaluée face au dollar américain, le taux de change officiel passant de 1.920 à 2.150 bolívars par dollar. En 2005 le Venezuela a présenté une balance déficitaire d'exportations non-traditionnelles (c.-à-d. hormis le pétrole) par rapport à celle d'importations. En général, le Venezuela est un pays qui dépend des importations, y compris les produits alimentaires de base.

Le 30 septembre 2005, Chavez a annoncé que le Venezuela retirait une partie de ses réserves de devises étrangères des banques américaines pour les placer en Europe[7].

La croissance de l'économie en 2005 a été de 9,4 % du PIB. Cependant, les experts internationaux en économie estiment que la demande se situe à 20 %, donc la croissance de l'économie se fonde en grande partie sur les dépenses publiques et la consommation du secteur privé, ce qui explique les phénomènes observées d'ores et déjà. L'inflation est estimée à 17 %, la plus élevée du continent, selon les chiffres de la Banco Central de Venezuela (BCV) et du CEPAL.

2006[modifier | modifier le code]

Les réserves internationales en devises ont atteint 25 milliards de dollars en 2006, et 29 milliards de dollars en 2007. Le gouvernement a fait baisser les réserves d'un coup de 12 milliards de dollars dans une période de six mois seulement face à des tensions spéculatives sur la monnaie nationale.

Avec les cours élevés des produits pétroliers (principal produit d'exportation) et la nouvelle politique pétrolière que le gouvernement met en place, le journaliste Teodoro Petkoff, analyste de la société et de l'économie vénézuélienne, prévoit pour les prochaines années un grand désastre social et économique: le phénomène d'hyperinflation, la dollarisation de l'économie, et la dévaluation du Bolivar, sont entre autres les scénarios à venir, selon lui, si la nouvelle Constitution proposée par Chavez est approuvée. D'autres analystes à l'image de Luis Britto Garcia ont une opinion complètement contraire et prévoient que le rythme de croissance élevé actuel du Venezuela pourra se maintenir.

Mais cette croissance est déséquilibrée, elle est due surtout à l'accroissement des dépenses publiques qui dépasse le tiers du PIB en 2006 qui a vu l'inflation augmenter et dépasser les 15 %[8]. Cependant, cette croissance même déséquilibrée aura des effets bénéfiques à long terme en raison des fortes dépenses consenties en matière d'éducation et de santé.

2007[modifier | modifier le code]

Les annonces du président Chavez en début janvier 2007 concernant la re-nationalisation des compagnies de télécommunications et d'électricité (privatisés depuis environ une décennie), la fin de l'indépendance de la banque centrale et une révolution socialiste ont fait chuter la bourse de Caracas de 19 % le 9 janvier 2007[9]. Le phénomène est comparable aux évolutions de la bourse lors de la campagne présidentielle de Lula.

Le 8 janvier 2007, lors d'un discours, Hugo Chavez a critiqué l'indépendance de la banque centrale, qui ne l'est que du gouvernement politique élu et pas du FMI. Il a aussi dénoncé le fait qu'avant son intervention, la plupart des réserves internationales étaient placées dans des banques américaines à un taux d'intérêt de 3 % et que sur cet argent, les mêmes banques accordaient des crédits au Venezuela avec des taux d'intérêt de 8 à 10 %, accusant au passage l'élite en place avant lui d'être parfaitement au courant de cet état de fait[10].

Le 30 avril 2007, Hugo Chavez annonce le retrait du Venezuela du FMI (dont le pays a remboursé tous ses emprunts en avance grâce aux rentrées d'argent dues à l'exploitation pétrolière) et de la Banque mondiale. Il a également annoncé le jour d'avant que « l'Amérique latine en général irait mieux sans la Banque mondiale et le FMI, soutenus par les États-Unis »[11].

2008[modifier | modifier le code]

La hausse régulière des cours du pétrole jusqu'au milieu de cette année a été une aubaine pour le Venezuela.

93 % des exportations vénézuéliennes, qui ont généré 99,923 milliards de dollars en 2008, sont issues du secteur pétrolier. Les importations se sont élevées en 2008 à 47,601 milliards de dollars selon des chiffres préliminaires

En 2008, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) s'est élevée à 4,9 % contre 8,4 % en 2007, et l'inflation a atteint 30,9 %. (Record d'inflation pour l'Amérique Latine pour la troisième année). A Caracas, le prix des aliments[précision nécessaire] ont augmenté de 51,4 % .

2009[modifier | modifier le code]

Le gouvernement a pour sa part estimé que la croissance grimperait à 6 % et l'inflation à 15 % mais si le baril de brut se maintient à 40 dollars, ce qui n'est pas le cas, et que le Venezuela en vend à l'étranger quelque 2,3 millions de barils par jour à ce prix, il réalisera alors 32,580 milliards de dollars de recettes en 2009. Ce montant ne suffira pas à couvrir le coût de ses importations élémentaires[12].

2010[modifier | modifier le code]

Le 8 janvier 2010, le bolivar est dévalué pour lutter contre l'inflation et un double taux de change est institué avec le dollar pour favoriser l'industrie locale[13].

2011[modifier | modifier le code]

La croissance a atteint 4 % en 2011. Presque tous les secteurs d'activité ont enregistré une hausse notamment celui prioritaire pour le président Chavez, le logement social.

2014[modifier | modifier le code]

À la suite des manifestations de 2014 contre le président Nicolás Maduro, de l'insécurité, des pénuries dans les magasins et d'une hyperinflation de l'ordre de 60 %, l'économie vénézuélienne est en crise. Concernant le climat des affaires, le pays est classé 181e sur 189. Les uniques ressources du pays proviennent du pétrole, néanmoins en baisse depuis 10 ans[14].

Entreprises[modifier | modifier le code]

Structure économique[modifier | modifier le code]

Le population vénézuélienne était de 23,7 millions d'habitants en 1999; officiellement, en 2007, le taux de chômage ne dépassait pas 8,9 % de la population.

  • Population active par secteur : (estimation 1997)
    • Services : 64 %
    • Industrie : 23 %
    • Agriculture : 13 %

Secteur primaire: culture, élevage, pêche, mines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie au Venezuela.

Production agricole :

  • maïs, sorgho, sucre de canne, riz, bananes, légumes, café, bœuf, porc, lait, œufs.

Mines de fer.

Pétrole[modifier | modifier le code]

La caractéristique principale du pétrole venezuelien est d'être un pétrole lourd dont l'extraction et raffinage engendrent des coûts plus élevés que le pétrole léger présent notamment au Moyen-Orient. Le Venezuela produisait 2,85 millions de barils par jour en 2010.

Les réserves de pétrole du Venezuela[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réserves de pétrole du Venezuela.

Selon l'OPEP, les réserves prouvées en pétrole du pays atteindraient 296,50 milliards de barils ce qui le place à la première place mondiale devant l'Arabie saoudite[15].

Secteur secondaire: industries[modifier | modifier le code]

  • Industries :
    • production matériaux de construction, industrie alimentaire, industrie textile, production d'acier et d'aluminium, assemblage de moteurs de voitures.
  • Production électrique : 106,48 milliards de kWh (2005)
  • énergie fossile : 25,46 %
  • énergie hydraulique : 74,54 %
  • Consommation électrique : 106,48 milliards de kWh (2005)

Secteur tertiaire: services, tourisme, etc.[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. BANCO CENTRAL DE VENEZUELA, « Exportaciones e Importaciones de Bienes y Servicios Según Sectores » dans Información Estadística, données de 2003 à 2006.
  2. MINISTERIO DEL PODER POPULAR PARA LAS FINANZAS, Government Cash Revenue – tables de 2003 à 2006
  3. « Hugo Chavez nationalise le ciment après le pétrole et les télécoms », Arnaud Rodier, Le Figaro économie, no 19807, 5-6 avril 2008, p. 22
  4. « Caracas verse 690 millions de dollars à Casino et ses associés », Reuters,‎ 5 septembre 2010 (consulté le 5 septembre 2010)
  5. « Venezuela : nationalisation de firmes étrangères de l'acier et l'aluminium », AFP,‎ 16 mai 2010 (consulté le 5 septembre 2010)
  6. Sous la pluie des pétrodollars, Caracas oublie le socialisme bolivarien, Le Figaro, 21 novembre 2008, p. 6
  7. Le Venezuela retire ses réserves de devises étrangères des USA - Le Grand Soir, 1er octobre 2005
  8. Le Venezuela peine à récolter les fruits de sa forte croissance - Le Monde, 28 décembre 2006
  9. Les orientations économiques du Venezuela inquiètent - Euronews, 10 janvier 2007
  10. Prestation de serment des nouveaux intégrants du Cabinet Exécutif, Théâtre Teresa Carreño, 8 janvier 2007, cité dans une brochure du ministère pour la communication et l'information Nous sommes entrés dans une nouvelle ère, Projet National Simón Bolívar, pp. 58-59
  11. Le Venezuela va sortir de la Banque mondiale et du FMI, annonce Chavez - Yahoo!/AP, 1er mai 2007
  12. « Le Venezuela va devoir faire le gros dos face au risque de récession », AFP, 13 janvier 2009
  13. Après la dévaluation, Chavez menace les spéculateurs - RFI, 11 janvier 2010
  14. Anne Cheyvialle, « Le Venezuela en crise, c'est "l'Ukraine de l'Amérique latine" », Le Figaro, samedi 1er / dimanche 2 mars 2014, encart « Économie, page 22.
  15. Le Venezuela possède plus de pétrole que l'Arabie saoudite, Hayat Gazzane, Le Figaro, 20 juillet 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]