Grande Colombie

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République de Colombie
República de Colombia (es)

18191831

Drapeau
Drapeau.
Blason
Blason.
Description de cette image, également commentée ci-après

Localisation de la Grande Colombie (en vert) dans le nord de l'Amérique du Sud.

Informations générales
Statut République
Capitale Bogota
Démographie
Population 2 379 888 hab. (1825)[1]
Densité 0,776 hab/km2
Superficie
Superficie 3 064 800 km2
Histoire et événements
17 décembre 1819 Proclamation de la République
25 juin 1824 Ley de División Territorial de la República de Colombia
19 novembre 1831 Dissolution de la fédération

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La Grande-Colombie, nom que l'on donne à la République de Colombie de 1821 à 1831 pour la différencier de l'actuelle Colombie, est un pays né de l'indépendance d'une partie de l'Amérique du Sud envers l'Espagne.

Le 10 juillet 1810, les habitants de Bogota instaurèrent la première assemblée représentative à défier l'autorité espagnole. L'indépendance ne fut proclamée qu'en 1813 et la République fut proclamée le 17 janvier 1819.

Simón Bolívar en fut le président et Francisco de Paula Santander le vice-président.

Elle fut scindée en trois pays en 1830 après la déclaration du général José Antonio Páez :

En 1903 les États-Unis séparèrent Panama et son canal de l'actuelle Colombie.

Sommaire

Toponymie [modifier]

Le choix du nom du pays revient à Simón Bolívar, il choisit de l'appeler Colombie en hommage à Christophe Colomb :

« Cette nation s’appellera Colombie, afin de rendre justice et gratitude au créateur de notre hémisphère.[2] »

Ce n'est qu'après sa dissolution que le pays recevra le nom de « Grande Colombie », afin de le distinguer de l'actuelle Colombie.

Histoire [modifier]

Fondation de la Grande-Colombie [modifier]

La vision prophétique de "la lettre de Jamaïque" [modifier]

Après la chute de la Première République du Venezuela, Simón Bolívar s'exile en Jamaïque, où il rédige la "Lettre de Jamaïque", dans laquelle il a une vision prophétique de l'avenir de l'Amérique du Sud espagnole, et où il projette la création de la Grande Colombie.

Le congrès d'Angostura [modifier]

Article détaillé : Congrès d'Angostura.
Maison du Congrès d'Angostura, Ciudad Bolívar où sont réunis la Nouvelle-Grenade et le Venezuela

Angostura (aujourd'hui Ciudad Bolívar), la capitale de la Guyane Venezuelienne sur l'Orénoque, est prise en juillet 1817. Simón Bolívar mène une campagne en Nouvelle-Grenade (Colombie actuelle), et par la victoire de Boyacá (7 août 1819) il libère le territoire, Bogota est prise le 10 août 1819. Le gouvernement de la Nouvelle-Grenade est confié au général Santander. Un congrès est donc réuni à Angostura, qui vise à rassembler la Nouvelle-Grenade (qui a été conquise), et le Venezuela (en cours de conquête) en un seul État sous le nom de Colombie.

Le congrès de Cúcuta [modifier]

Temple historique de Cúcuta, où se tint le Congrès de Cúcuta fondateur de la Grande Colombie
Article détaillé : Congrès de Cúcuta.

Le congrès consultatif de 1821 se réunit à Cúcuta pour rédiger la Loi Fondamentale de la République de Colombie (Constitution de la Grande Colombie).

Dissolution de la Grande-Colombie [modifier]

La Grande Colombie, crée en 1819, commence sa dissolution en 1826; plusieurs facteurs sont à l'origine de cette crise.

Le séparatisme vénézuélien prôné par le général Páez [modifier]

La révolution séparatiste appelé La Cosiata, dirigée par le général José Antonio Páez en 1826, où la municipalité de Caracas et Valencia ignorent l'autorité du gouvernement de la Colombie et depuis 1821 demandent une réforme de la Constitution de Cúcuta.

La Convention d'Ocaña [modifier]

Article détaillé : Convention d'Ocaña.
Monument commémoratif de Simón Bolívar, Pont de Boyacá, Colombie. Il est symbole de l'indépendance de l'Amérique du Sud, c'est à cet endroit que se déroula la bataille de Boyacá qui ouvrira à Simón Bolívar la route de Bogota.
Critique de la Constitution de Cúcuta et ouverture de la Convention [modifier]

La Constitution de Cúcuta était critiqué à cause de sa tendance au centralisme à une époque où certains considéraient qu'il était difficile d’intégrer politiquement et administrativement trois pays avec des caractéristiques et des situations très différentes. La divergence de points de vue entre Bolivar et Santander provoque en 1827 la consolidation des partisans bolivariens et santanderiens. Des assemblées populaires et militaires se joignent à l'un ou l’autre groupe.

Le Congrès de la Grande-Colombie décide de convoquer en 1827 la Grande Convention nationale pour le mois de mars 1828, afin de réformer la constitution de 1821 pour tenter de résoudre les problèmes issus l'intégration. La convention s'installera officiellement le 9 avril 1828 dans la ville d'Ocaña, lieu qui était le plus central pour l'arrivée des Vénézuéliens, Néogranadiens, Quiteños et des régions de la côte atlantique. La convention se développe dans une ambiance d’intérêts de partis en présentant deux projets de réforme constitutionnelle.

Deux visions opposées [modifier]
Les bolivariens [modifier]

Les bolivariens sont des conservateurs (menés par Simón Bolívar), favorable à un État centralisé et s'appuyant sur l'Église. Ils proposent :

  • Des pouvoirs extraordinaires pour le président de la République en temps de guerre.
  • Un mandat présidentiel de huit ans.
  • Des droits de co-législateur accordés au président.
  • Une réunion annuelle avec les assemblées départementales
  • Une magistrature à vie pour les magistrats de la Haute Cour de Justice.
Les santanderiens [modifier]

Les santanderiens sont des libéraux (menés par le général Santander), favorables à un État décentralisé, à la prééminence de l'État dans l'enseignement et les affaires civiles, et un suffrage plus élargi. Ils proposent :

  • Un système politique fédéral.
  • Une séparation des pouvoirs publics
  • Un mandat de quatre ans pour le président de la République.
  • Un renforcement du pouvoir des départements.
  • Des élections pour les charges de fonctionnaires du pouvoir judiciaire.

Finalement, sans arriver à un accord, le 10 juin 1828 la convention se dissout et un peu plus tard, au mois d'août, la dictature de Bolivar s'imposera avec un grand appui populaire.

Le conflit contre le Pérou [modifier]

Portrait de Simón Bolívar par Ricardo Acevedo Bernal.

Le Pérou envahit la Grande Colombie dans la région de l'Équateur en 1828. Simón Bolívar intervient contre le Pérou, et celui-ci est défait en 1829.

La fin de règne de Bolívar et la dissolution de la Grande-Colombie [modifier]

Entre le 24 juin 1828 et mars 1830, Bolívar gouverne par décret, tel un dictateur. Cela n'empêche pas la sécession du Venezuela le 27 décembre 1829. Le 20 janvier 1830, Bolívar convoque le Congrès Admirable afin de trouver une solution à la crise institutionnelle. Le congrès ne peut éviter la sécession du Venezuela. La santé de Bolívar se détériore rapidement et le 8 mai 1830, il donne sa démission. Domingo Caicedo devient président par intérim.

Le 13 mai 1830, le "Distrito del Sur" (district du Sud) déclare à son tour son indépendance et devient l'Équateur.

Le 1er juillet 1830, Antonio José de Sucre, que Bolívar considérait comme son successeur spirituel, est assassiné.

Une nouvelle Constitution est promulgué au Venezuela le 22 septembre 1830 sous l'impulsion du général Paez. Le territoire du nouveau pays y est défini comme celui que couvrait en 1810 (avant toutes modifications) la Capitainerie générale du Venezuela[2].

Le 17 décembre 1830, Bolívar s'éteint à Santa Marta.

Ce qui reste de la Grande-Colombie, correspondant au District de Nouvelle-Grenade (regroupant les actuels pays de Colombie, du Panama ainsi que la côte des Mosquitos dans l'actuel Nicaragua) se regroupe le 28 avril 1831 lors de la convention d'Apulo sous la vice-présidence provisoire de Domingo Caicedo. Le 20 octobre 1831 la convention Grenadine fait de la Nouvelle-Grenade une république appelée République de Nouvelle-Grenade (espagnol : República de la Nueva Granada). Un régime présidentiel est établi et Francisco de Paula Santander est élu par le Congrès de la République de Colombie pour quatre ans. La nouvelle constitution est adoptée le 29 février 1832.

Politique et institutions [modifier]

Présidents et vice-présidents de la République [modifier]

Nom Dates du mandat Charge Carrière
Présidents de la République et présidents par intérim
Simón Bolívar 7 décembre 1819 - 4 mai 1830 Président
(élections indirectes)
Général
Domingo Caicedo 4 mai 1830 - 13 juin 1830 Président par intérim Militaire et homme politique
Joaquín Mosquera 13 juin 1830 - 5 septembre 1830 Président
(élections indirectes)
Juriste, militaire et homme politique
Rafael Urdaneta 5 septembre 1830 - 3 mai 1831 Président par intérim Militaire et homme politique
Domingo Caicedo 3 mai 1831 - 21 novembre 1831 Président par intérim Militaire et homme politique
Vice-président n'ayant pas exercé la présidence par intérim
Francisco de Paula Santander 7 décembre 1819 - 20 février 1827 Vice-Président, chargé du pouvoir exécutif Militaire

Découpage territorial [modifier]

Organisation territoriale de la Grande-Colombie jusqu'en 1824.
Organisation territoriale de la Grande Colombie entre 1824 et 1830.

Les territoires sont divisés durant le Congrès de Cúcuta en trois grands départements, eux-mêmes subdivisés en provinces.

Le 25 juin 1824 est adoptée par le Congrès de la République de Colombie la Ley de División Territorial de la República de Colombia, qui redéfinit l'organisation politico-administrative du territoire.

Celui-ci est réorganisé en trois districts, divisés en départements puis en provinces :

Armée [modifier]

Durant les années 1820, le budget de l'armée représente les 3/4 du budget national[3].

Géographie [modifier]

Démographie [modifier]

Économie [modifier]

Culture [modifier]

La Grande Colombie dans la culture populaire [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. (es) Colombia una nación multicultural : Su diversidad étnica[PDF], p. 27, DANE
  2. a, b et c http://venezuelatina.com/tag/colombia/
  3. L'Amérique ibérique de 1570 à 1910, Thomas Calvo, Nathan Université, p246.

Voir aussi [modifier]

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