Religion en Suisse

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Distribution des confessions en Suisse, en 2015 (vert : Protestants ; rouge : Catholiques).

La Suisse n'a pas de religion d'État sur l'ensemble du pays.

La liberté de culte est garantie par l'article 49 de la constitution de 1874. Celle de 1999 prévoit à son article 15 la liberté de conscience et de croyance. Selon le recensement fédéral de la population 2010, la religion la plus répandue du pays serait le catholicisme, avec 38,82 %[1] de la population. La deuxième religion serait l'Église évangélique réformée, avec 30,9 %[1] de la population. Généralement, les cantons se réclament de l'une des deux confessions. L'islam serait la quatrième religion avec 4,5 % de la population[1]. 40 000 à 50 000 alévis bektachiss vivent en Suisse, la plupart sont d'origine turque. Le parlement bâlois a accordé le 17 octobre 2012 la reconnaissance cantonale à la communauté alévie [2]. Les orthodoxes toutes tendances confondues représenteraient environ 1,81 % de la population[1]. La présence de communautés juives en Suisse est attestée avant la création de la première Confédération, elle est de nos jours organisée en institutions dans la plupart des grandes villes et représente 0,25 % de la population. La proportion des habitants se déclarant sans religion serait de 20 % actuellement[1]. 4,33 % n'a pas révélé ses croyances[1].

D'après l'Eurobaromètre 2005[3],

  • 48 % des citoyens suisses ont répondu qu'« ils croyaient qu'il existe un Dieu ».
  • 39 % ont répondu « qu'ils croyaient qu'il y a une sorte d'esprit ou une force vivante ».
  • 9 % ont répondu qu'ils « ne croyaient pas qu'il existe une sorte d'esprit, de Dieu, ou de force vivante ».

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Appartenance religieuse de la population, d'après le relevé structurel de 2010[4] :

Religion Part
Catholiques 38,8 %
Protestants 30,9 %
Sans religion 20,1 %
Musulmans 4,5 %
Juifs 0,2 %
Autre 5,5 %

Répartition catholiques/protestants par canton[modifier | modifier le code]

Une église à Fischenthal, un village dans le canton de Zurich.

Légende

  •      Majorité catholique
  •      Majorité protestante
  •      Majorité sans/autres
Répartition par cantons en 2000[1],[5]
Canton Catholiques Protestants Sans/autres
Drapeau du canton Uri 86 % 6 % 8 %
Drapeau du canton Schwytz 72 % 12 % 16 %
Drapeau du canton Nidwald 76 % 11 % 13 %
Drapeau du canton Obwald 81 % 7 % 12 %
Drapeau du canton Lucerne 71 % 12 % 17 %
Drapeau du canton Zurich 31 % 40 % 29 %
Drapeau du canton Glaris 38 % 42 % 20 %
Drapeau du canton Zoug 62 % 16 % 22 %
Drapeau du canton Berne 16 % 64 % 20 %
Drapeau du canton Fribourg 71 % 14 % 15 %
Drapeau du canton Soleure 43 % 29 % 28 %
Drapeau du canton Bâle-Ville 25 % 26 % 49 %
Drapeau du canton Bâle-Campagne 32 % 41 % 27 %
Drapeau du canton Schaffhouse 24 % 47 % 29 %
Drapeau du canton Appenzell Rhodes-Intérieures 82 % 9 % 9 %
Drapeau du canton Appenzell Rhodes-Extérieures 31 % 48 % 21 %
Drapeau du canton Saint-Gall 52 % 27 % 21 %
Drapeau du canton Grisons 46 % 39 % 15 %
Drapeau du canton Argovie 40 % 35 % 25 %
Drapeau du canton Thurgovie 36 % 42 % 22 %
Drapeau du canton Tessin 76 % 6 % 18 %
Drapeau du canton Vaud 34 % 38 % 28 %
Drapeau du canton Valais 81 % 6 % 13 %
Drapeau du canton Neuchâtel 31 % 35 % 34 %
Drapeau du canton Genève 29 % 16 % 55 %
Drapeau du canton Jura 74 % 11 % 15 %

À noter que seuls les cantons de Lucerne, Schwytz, Valais, Uri, Zoug, Fribourg, Unterwald, Tessin et Appenzell Rhodes Intérieur sont historiquement catholiques. Les autres Cantons et demi-Cantons sont protestants à la base. Cette différence se remarque surtout au niveau des lois et des traditions cantonales. Les fêtes religieuses donnent lieu à des congés dans les cantons catholiques, mais pas dans les Cantons d'origine protestantes, même si la majorité des croyants sont, à l'heure actuelle, catholiques (Genève, Soleure, Saint-Gall, Grisons, Argovie).

Demi-cantons d'Appenzell[modifier | modifier le code]

AppenzellRI-coat of arms.svg À l'origine une seule entité, le canton d'Appenzell s'est scindé en 1597 en deux demi-cantons pour des raisons religieuses : Appenzell Rhodes-Intérieures est catholique, Appenzell Rhodes-Extérieures protestant.

Canton de Genève[modifier | modifier le code]

Coat of Arms of Geneva.svg

Le canton de Genève est à majorité catholique (29 % contre 16 % de réformés), mais est le berceau du calvinisme et les fêtes catholiques (Fête-Dieu, Assomption, Immaculée Conception et Toussaint) n'offrent pas de jours fériés. Cette majorité de catholiques s'explique par le cosmopolitisme de Genève ; de nombreux immigrés se sont installés en provenance de pays catholiques, France, Italie et Espagne en tête.

Canton du Jura[modifier | modifier le code]

Jura-coat of arms.svg Le « Jura historique » comptait originellement sept districts (un par bande rouge ou blanche sur le flanc senestre du blason cantonal), tous rattachés au canton de Berne. Lors de la création du nouveau canton en 1975, les trois districts catholiques (Delémont, Porrentruy et Franches-Montagnes) sont devenus jurassiens, et les trois districts protestants (Courtelary, La Neuveville, Moutier) ont choisi de rester bernois. Le district de Laufon, catholique et alémanique a choisi de rester dans le canton de Berne. Il est alors devenu une enclave et, dès 1994, a préféré être rattaché au canton de Bâle-Campagne.

Littérature[modifier | modifier le code]

Christophe Monnot: Croire ensemble. Analyse institutionnelle du paysage religieux en Suisse. Collection «Terrains des sciences sociales». Zurich: Éditions Seismo, Sciences sociales et problèmes de société, 2013, ISBN 978-2-88351-060-9

Valentine Clémence, Martine Vonlanthen, Les religions et leurs pratiques en Suisse, Lausanne: LeP, 2013, ISBN 978-2-606-01419-3

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]