Religion en Europe

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Cet article traite de la religion en Europe.

Sur une population totale d'environ 730 millions d'habitants en 2010, l'Europe compte environ 255 millions de catholiques (35 %)[1], 197 millions d'orthodoxes (27 %)[1], 102 millions de protestants (14 %)[1] et 44 millions de musulmans (6 %)[2]. Les personnes n'ayant pas de religion ou pratiquant une autre religion sont environ 132 millions (18 %).

Histoire[modifier | modifier le code]

Les religions anciennes[modifier | modifier le code]

Avec l'arrivée du christianisme et son expansion au début du Ier millénaire, les peuples d'Europe se sont vu imposer une nouvelle religion et la plupart finirent par abandonner leurs anciennes croyances sans que celles-ci ne disparaissent totalement ce qui permit leur retour à la lumière dès le XVIIIe siècle.

En Europe occidentale, les religions que les chrétiens qualifieront de païennes, - c'est-à-dire campagnarde en raison du fait qu'elles restèrent vivantes plus longtemps à l'écart des villes que dans celles-ci - se subdivisent en trois groupes :

  • La foi en les Ases et les Vanes, qu'on appelle aujourd'hui odinisme ou parfois wotanisme, est la religion ethnique des Germains.
  • Le druidisme et sa variante irlandaise tardive, la religion des filid, est la religion ethnique des Celtes.
  • La croyance en les dieux de l'Olympe ou orphisme comme on l'appelle aujourd'hui est la religion dans sa forme latinisée des Latins.

L'un des points communs entre ces différentes religions traditionnelles est un polythéisme parfois un panthéisme en fait d'un polythéisme parfois un vrai polythéisme, parfois aussi un animisme.

Le prosélytisme n’était pas, et reposaient sur la tri-fonctionnalité indo-européenne. Les Chrétiens à partir de la Réforme grégorienne devinrent la religion officielle de l'Occident après avoir bataillé tout le haut Moyen Âge durant contre des courants païens anticléricaux, mouvements qui prirent souvent une forme syncrétique du fait de deux facteurs : -le déracinement à grande échelle par les Romains de divinités de tout le bassin méditerranéen et leur implantation à Rome puis sous forme romanisée ou non dans tout l'Empire où ces nouvelles divinités se mêlèrent aux croyances des populations autochtones des différentes provinces. Phénomène qui existait déjà auparavant mais à moindre échelle pour suppléer à une forme de la divinité alors inexistante: il existe ainsi chez les Celtes l'implantation du culte d'Isis bien avant l'arrivée des Romains en les Gaules, lequel culte donnera à la France ses fameuses vierges noires aux temps de la christianisation. Cet engouement particulier des Romains pour les autres religions s'explique par le fait que la croyance romaine en leur dieu n'a jamais été très forte contrairement aux Grecs, les Romains ayant hérité des Étrusques ce principe de la pax deorum, soit la paix avec les dieux, qui s'obtient par tout un rituel qui permet à l'homme de s'éloigner les dieux. Un tel système de croyance ne pouvait qu'amener les Romains à perdre toute spiritualité et à chercher celle-ci ailleurs. -la persécution chrétienne obligea les païens à pratiquer en cachette leur religion qui perdit en cohésion nationale, qui évolua vite de génération en génération n'ayant plus accès bien souvent aux textes écrits ou oraux de leurs traditions pourrait on dire et en l'absence d'un clergé, qui fût tôt assimilé à des sorciers et démonistes, ce qui provoqua l'apparition de tout un tas de charlatans qui se firent passer pour des sorciers...

Ce syncrétisme est essentiel pour comprendre la naissance du néopaganisme.

Religions[modifier | modifier le code]

Christianisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Christianisme en Europe.
Article connexe : Saints patrons de l'Europe.
  • Ligne nord/sud : l'Europe se distingue par un nord protestant et un sud catholique ainsi que quelques foyers calvinistes dispersés dans toute l'Europe.
  • Fracture à l'est : depuis le Grand schisme d'Orient, une grande partie de l'Europe de l'Est est orthodoxe.

Catholicisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Catholicisme en Europe.

Le catholicisme est la religion la plus importante en Europe de l'Ouest et du sud-ouest et du centre, où elle regroupe plus de 50 % de la population du pays (France, Belgique, Luxembourg, Espagne, Portugal, Italie, Malte, l'Irlande, l'Autriche, Hongrie, Pologne, Lituanie, Slovaquie)[citation nécessaire].

D'autres pays ont comme 1re religion le catholicisme mais pas la religion de la majorité de la population comme la Suisse (45 % environ), les Pays-Bas (30 % environ)[citation nécessaire] , l'Allemagne (30 % environ) [citation nécessaire]

Le siège de l'Église catholique se trouve sur le territoire européen, dans la cité-État du Vatican.

Orthodoxie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Orthodoxie en Europe.

Les chrétiens orthodoxes sont surtout présents en Europe orientale (majoritaires en Russie, Ukraine, Biélorussie, Géorgie; minorités dans les pays baltes) et dans les Balkans (Grèce, Bulgarie, Roumanie, Serbie, Macédoine, Monténégro, serbes de Bosnie-Herzégovine), ainsi qu'à Chypre (rattaché politiquement à l'Europe). Ils sont divisés traditionnellement entre les patriarcats de Constantinople et de Moscou. D'autres Églises nationales ont pris progressivement leur indépendance, reconnue ou non par la communion orthodoxe.

L'Arménie est de tradition chrétienne depuis le IVe siècle (Église apostolique arménienne).

Protestantisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Protestantisme en Europe.

Le protestantisme est surtout présent dans les Pays baltes, nord de l'Allemagne inclus, en Grande-Bretagne, et en Islande. Il y a aussi d'importantes minorités en Suisse et en Irlande du Nord (d'où certaines tensions religieuses avec les catholiques de ce pays), et dans le sud de l'Allemagne. Il existe quelques communautés en Europe de l'Ouest, en particulier en France [citation nécessaire].

Il est à noter que malgré leur très forte présence lors des guerres de religion en actuelle République tchèque, et les précurseurs qui y vivaient, les protestants ont quasiment disparu de ce pays, contrairement aux autres pays ayant vécu la même situation.

Le protestantisme européen se divise traditionnellement entre luthériens (Allemagne, Scandinavie, pays baltes) et calvinistes (Suisse, Pays-Bas, Écosse...). L'Angleterre est de tradition anglicane. Les chrétiens évangéliques sont présents de façon minoritaires depuis plus récemment, dans des pays de tradition religieuse différente.

Islam[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Islam en Europe.

Selon le Zentralinstitut Islam-Archiv-Deutschland, le nombre de musulmans en Europe en 2007 était d'environ 53 millions, dont 16 millions dans l'Union européenne, 25 millions en Russie, 5,7 millions dans la partie européenne de la Turquie, 5,5 millions en France, 3,5 millions en Allemagne, soit un peu plus de 7 % de la population européenne totale de 730 millions[3].

Certains pays d'Europe de l'Est comme l'Albanie (environ 82 % de musulmans), la Bosnie-Herzégovine (42 %), la Bulgarie (13 %), la Macédoine (35 %) et le Kosovo (92 %)[2] ont depuis très longtemps une influence musulmane plus ou moins importante due à leur ancienne appartenance à l'Empire ottoman.

En Europe de l'Ouest, les communautés musulmanes sont apparues majoritairement dans les années 1960, notamment en raison de l'immigration d'origine maghrébine, turque, afghane ou pakistanaise.

Néopaganisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Néopaganisme en Europe.

Le néopaganisme est un phénomène distinct des cultes païens de l'Antiquité. En effet, le néopaganisme englobe généralement l'ensemble des religions qui se proclament païennes depuis l'arrivée de l'ère chrétienne. Le néopaganisme concerne une multitude de religions dans le monde, principalement d'origine européenne.

Le retour à la lumière des religions ethniques des peuples d'Europe, phénomène distinct donc, commença au XVIIIe siècle avec la "renaissance druidique" à Londres, de l'initiative du franc-maçon John Toland. Cette soi-disant renaissance donna lieu à la création du Most Ancient Order of Druids, dont l'une des subdivisions est aujourd'hui l'Order of Druids, reconnu par l'État britannique.

Le religion nordique ancienne redevint un phénomène important plus tardivement, vers la fin du XIXe siècle. Cette religion est aujourd'hui reconnue en Islande, au Danemark, en Norvège, en Suède et en Espagne sous le nom d'Ásatrú, de Forn Siðr ou d'Odinisme, où les croyants ont des institutions officielles de leur culte.

L'Hellénisme (ou Orphisme ou dodécathéisme) connut une résurgence de son engouement populaire plus tardive encore, ancrée dans le milieu universitaire classique bien souvent. Cependant, cette religion est reconnue aujourd'hui en Grèce et les hellénistes ont l'autorisation de pratiquer leur foi dans certains temples de leurs ancêtres.

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Judaïsme en Europe.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive a diminué dans des proportions importantes, alors qu'elle représentait jusqu'à 25 % [citation nécessaire] de la population de certaines régions de l'Europe de l'Est.

Toutefois, en termes de valeur numérique absolue, la France comporte toujours la troisième plus grosse communauté juive au Monde (derrière Israël et les États-Unis)

Par ailleurs, la plupart des pays européens comportent de petites communautés.

Bouddhisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bouddhisme en Europe.

Le bouddhisme est présent de longue date en Kalmoukie (au Nord de la mer Caspienne). Hors de cette région, sa présence est récente. Elle se limite surtout à des groupes de convertis en Europe de l'Ouest.

Sans religion[modifier | modifier le code]

Athéisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Athéisme en Europe.
Pourcentage d'athées par pays selon un sondage Eurobaromètre mené en 2005.
Pourcentage de non croyants par pays selon un sondage Eurobaromètre mené en 2005.

Les premières traces d'athéisme remontent à la Grèce antique, dont Démocrite soutenait l'inexistence des dieux.

Par la suite, le mouvement resta extrêmement minoritaire. Jusqu'en Europe de l'Ouest au XVIIIe siècle, avec le mouvement des Lumières et la Révolution française de 1789.

Lors du XIXe siècle, il y eut un retour aux valeurs chrétiennes.

Récemment, l'athéisme fit un retour en force en Europe occidentale et centrale. À titre d'exemple, 60 % de la population tchèque est considérée comme athée ou assimilée. Tandis qu'une étude récente affirme que 70 % des Français entretiennent de très forts doutes sur la religion en général, 30 % à 35 % des interrogés allant même jusqu'à s'affirmer en tant que non croyants convaincus (voir irréligion en France).

L'évaluation de l'athéisme est variable selon les enquêtes :

  • Anciennement en Albanie, la religion était prohibée.
  • Selon l'ouvrage de J. Baubérot (dir.), Religion et laïcité dans l'Europe des 12, 1994, page 259 : un quart de la population de l'Union européenne serait « non religieuse » et 5 % des Européens seraient des athées convaincus.
  • Une enquête menée dans 21 pays sur 21 000 personnes et publiée en décembre 2004 annonce que 25 % des Européens de l'ouest se disent athées contre 12 % dans les pays d'Europe centrale et orientale. Toujours selon cette enquête publiée dans le The Wall Street Journal version européenne, 4 % des Roumains et 8 % des Grecs se disent athées. Au contraire, 49 % des Tchèques et 41 % des Néerlandais sont athées.
  • Selon une récente enquête du Centre public de recherches sociologiques (Le Monde, juillet 2005), 82,4 % des Espagnols se disent catholiques et 47,7 % d'entre eux pratiquants.

Agnosticisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Agnosticisme en Europe.

Laïcité[modifier | modifier le code]

La laïcité a été formalisée particulièrement en France (voir laïcité en France) et en Turquie (voir laïcité en Turquie), mais la séparation des Églises et des États est établie dans presque tous les pays. Cependant, au sein de l'Union européenne, divers pays ont des systèmes confessionnels, c'est-à-dire que l'État reconnaît une religion officielle ou dominante : entre autres, le Royaume-Uni (Église anglicane et Église d'Écosse, cette dernière étant presbytérienne) ; le Danemark et la Finlande (Église du Danemark et Église évangélique-luthérienne de Finlande, rattachées au luthéranisme) ; l'Irlande, la Belgique, l'Espagne, Monaco, l'Italie, Saint-Marin, (catholicisme) ; la Suisse (variable selon les cantons), la Grèce (voir Organisation de l'Église orthodoxe en Grèce). Dans ces cas, il n'y a pas égalité de traitement entre les religions mais des prérogatives (souvent d'ordre financier, parfois juste d'ordre honorifique) sont accordées à l'une d'entre elles. Des débats préparatoires à la constitution européenne ont évoqué la possibilité d'inscrire l'« héritage chrétien » dans le préambule du texte, mais cela fut écarté[4].

Références[modifier | modifier le code]

  • Jean Baubérot (dir.), Religion et laïcité dans l'Europe des 12, Syros,‎ 1994, 300 p. (ISBN 978-2841460014)
  • Pour plus d'information, voir le site Eurel (CNRS / Université de Strasbourg)