Langues en Suisse

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Inscription en suisse allemand sur un lampion lors du carnaval de Bâle : Friehner isch alles besser gsi! (allemand : Früher war alles besser! ; français : « Tout était mieux auparavant ! »).

La question des langues en Suisse est une composante culturelle et politique centrale de la Suisse. L’allemand, le français, l'italien et le romanche sont les quatre langues nationales parlées en Suisse ; les trois premières étant en usage officiel pour les rapports à la Confédération ou aux cantons. Historiquement, les langues pratiquées en Suisse ont connu des statuts divers. Le plurilinguisme affirmé du pays est à la fois le résultat historique de leurs rapports respectifs et celui de la volonté politique qui fonde la Confédération. Une cinquième langue nationale, sans territoire affilié, est le yéniche, reconnu lorsque la Suisse ratifia de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires en 1997[1], bien qu'il ne soit utilisé dans aucun texte officiel.

Le territoire suisse est découpé en quatre zones linguistiques dont la langue majoritaire détermine la langue en usage. La Constitution fédérale fixe quatre principes : l'égalité des langues, la liberté des citoyens en matière de langue, la territorialité des langues et la protection des langues minoritaires.

En vertu du principe de territorialité, les frontières linguistiques sont fixées par les cantons, parmi lesquels plusieurs sont plurilingues. Le découpage linguistique actuel, apparu à la fin du XIIIe siècle, est demeuré presque inchangé depuis. Le Röstigraben est le nom donné à la frontière culturelle et linguistique entre l'allemand et le français, qui trouve ses racines dans l'histoire.

Fondée par les Waldstätten en 1291, la Confédération est totalement germanophone à l'origine, avec de nombreux dialectes suisses allemands, mais dès le XVe siècle, elle connaît une extension de son aire d'influence au sud des Alpes, dans une région italophone, puis à l'ouest, dans une région francophone. L'allemand reste dominant, mais le français est valorisé sous l'Ancien Régime par le prestige de la culture française et les liens entre la France et la Suisse. Au XIXe siècle, alors que la République helvétique apporte la reconnaissance formelle de l'égalité des langues, l'État fédéral de 1848 adopte l'allemand, le français et l'italien comme langues nationales.

Aujourd'hui, selon le recensement de 2010, 65,6 % de la population est germanophone (63,7 % en 2000) et parle l'un des nombreux dialectes suisses allemands ou Schwyzerdütsch et 22,8 % francophone[2] (20,4 % en 2000), le français étant parlé majoritairement à l'ouest du pays ; l'italien, qui représente 8,4 % de la population (6,5 % en 2000), est essentiellement parlé au sud des Alpes, et le romanche, 0,6 % (0,5 % en 2000), se parle essentiellement dans le canton des Grisons et compte moins de 40 000 locuteurs.

L'italien et le romanche, fortement minoritaires, sont soutenus par l'État fédéral. Enfin, en raison d'une forte immigration, environ 9 % de la population résidente parle une langue étrangère non nationale comme langue principale.

Sommaire

Historique des langues en Suisse[modifier | modifier le code]

Origines du clivage linguistique[modifier | modifier le code]

Burgondes et Alamans avant l'an mil

Du Ier siècle av. J.-C. au IVe siècle, le territoire de l'Helvétie est sous domination de l'Empire romain. L'usage du latin se généralise. Tous les écrits (pour la plupart sur des tablettes enduites de cire) retrouvés sont en effet en latin, une indication que la langue s'est répandue non seulement dans l'administration, mais aussi dans la vie de tous les jours[3]. Mais dès la fin du IIIe siècle, les premières incursions barbares repoussent la population romaine vers le sud, et le territoire est finalement occupé par deux peuples en guerre permanente l'un contre l'autre[4] : les Burgondes à l'ouest et, dès le VIe siècle, les Alamans (ou Alémans) à l'est[5].

Lors de leur installation en Helvétie à l'ouest du territoire suisse actuel, vers 443, les Burgondes ont déjà connaissance du latin : nombre d'entre eux sont bilingues et peuvent s'exprimer en bas latin[6]. Abandonnant leur langue d'origine issue de la branche germanique orientale aujourd'hui éteinte, ils adoptent le latin local, qui évolue peu à peu pour donner le francoprovençal, qui depuis a été supplanté par le français, bien qu'on parle encore cette langue dans quelques communes de Romandie.

À l'est du territoire suisse actuel, les langues germaniques du royaume alaman donnent naissance aux dialectes alémaniques[7].

L'archéologie et la toponymie permettent de suivre la progression des colonies alamanes sur le plateau suisse à partir du VIe siècle. Alors que les langues romanes disparaissent lentement à l'est de l'Aar, les Alamans atteignent au cours du VIIe siècle les terres au sud-est de l'Aar jusqu'aux lacs de Thoune et de Brienz. Ils remontent ensuite les vallées de l'Oberland bernois (vallées de la Simme et de la Kander). La limite linguistique dans la région centrale du plateau suisse se fixe ainsi peu à peu : elle longe le pied du jura, suit la ligne MoratFribourg ; l'espace compris entre l'Aar et la Sarine devenant dès le VIIe siècle une zone de contact linguistique qui persiste jusqu'à ce jour[dhs 1],[dhs 2].

L'insertion du royaume de Bourgogne dans le Saint Empire en 1032 et la fondation de la ville de Fribourg par les Zähringen en 1157 favorisent l'allemand. Seuls quelques changements locaux interviennent les siècles suivants comme pendant les guerres de Bourgogne ou la Réforme[8]. La frontière des langues ainsi fixée à la fin du XIIIe siècle ne se modifie que peu et correspond au découpage linguistique actuel[9],[10].

En Valais, la partie amont de la vallée du Rhône est occupée vers l'an mil par un groupe d'Alamans venus de l'Oberland bernois, les Walser. Ainsi la limite des langues sépare le Haut-Valais germanophone du Bas-Valais francophone.

Immigrations en Rhétie. Influence romane et germanique[modifier | modifier le code]

Les Rhètes, établis dans les Grisons actuels, au Tyrol et dans une partie de la Lombardie, sont soumis aux Romains entre 15 av. J.-C. et l'an 400. Au contact du latin, les langues rhétiques indigènes donnèrent naissance à une variante rhétique du latin vulgaire dite « rhéto-romane », les dialectes romanches[11]. L'aire de diffusion du romanche, à l'origine, s'étend au nord jusqu'au lac de Walenstadt et au lac de Constance. L'arrivée de peuples germaniques à partir du Moyen Âge vont repousser le romanche dans quelques vallées des Grisons[dhs 3].

Au Moyen Âge, la Rhétie est au centre de plusieurs mouvements d'immigration ; elle va voir sa population doubler entre les VIe siècle et XIVe siècle. À partir du IXe siècle, sous Charlemagne, la Rhétie fait partie du Saint-Empire. Un comte germanique s'installe à Coire puis l'Évêché de Coire est rattaché à celui de Mayence ce qui renforce la présence des langues germaniques. Après l'incendie de Coire en 1464 et sa reconstruction par les artisans germanophones, la germanisation de la ville et région est complète[11]. Entre le XIIe siècle et le XVe siècle, les Walser, en provenance du Haut-Valais, colonisent les hautes vallées peu peuplées du nord et du centre des Grisons amenant leur propre langue alémanique, le « walser ». Les habitants des vallées ouvertes au sud des Alpes comme le Val Poschiavo et le Val Mesolcina parlent des dialectes lombards[dhs 4].

Confédération suisse[modifier | modifier le code]

La croissance de la Confédération (1291 - 1481)[modifier | modifier le code]

Née à la fin du XIIIe siècle, la Suisse s'est formée lentement à partir des Waldstätten et de la Confédération des III cantons. Depuis 1291 jusqu'en 1481, la Confédération s'est développée uniquement dans des régions germanophones pour former la Confédération des VIII cantons (avec Lucerne, Zurich, Glaris, Zoug et Berne). Bien qu'également germanophone, la ville de Berne est située plus à l'ouest en territoire burgonde, entre la zone d'influence des Habsbourg et celle de la Maison de Savoie. Ville dominant l'ouest du plateau suisse, Berne dispose d'un système d'alliances avec Bienne, Soleure, Fribourg et Neuchâtel, et convoite les zones francophones du pays de Vaud afin d'assurer des limites naturelles à son territoire entre Jura et lac Léman[b 1].

Le premier territoire non germanophone est pourtant italophone. Le canton d'Uri, qui contrôle l'accès nord de la route du Gothard, souhaite également en contrôler l'accès sud. En 1403, Uri et le canton d'Obwald profitent d'une rébellion en Léventine contre le duché de Milan, propriétaire de la région, pour conquérir une première fois la Léventine, qui devient le premier pays sujet des Confédérés. Suivent le Vallemaggia, le Val Verzasca et Bellinzone. Le traité de 1403 avec Uri et Obwald[dhs 5] était rédigé en allemand[b 2].

À l'ouest, lors des guerres de Bourgogne en 1475, Bernois et Fribourgeois gagnent pour la première fois des territoires francophones en Pays vaudois ; les Haut-Valaisans (alliés des Confédérés) s'emparent du Bas-Valais[b 3].

En 1481, la Confédération s'est considérablement agrandie et est devenue plurilingue, avec des possessions italophones au sud du Gothard, des liens avec les trois Ligues romanches grisonnes et des possessions francophones avec le Pays de Vaud, le Bas-Valais, mais aussi des territoires dans le Jura détenus par Bienne et l'évêché de Bâle[b 4]. Fribourg devient alors le premier canton francophone à entrer dans la Confédération ; dans ce canton, l'allemand est toutefois la langue officielle des autorités dès 1543 et le reste jusqu'à la chute de l'Ancien Régime lorsque le bilinguisme est rétabli[12]. La conscience de constituer dorénavant une nation les incite à considérer le suisse allemand comme seule « langue nationale ». Ainsi toute la correspondance officielle est rédigée en suisse allemand[b 5].

L'influence française (1481 - 1798)[modifier | modifier le code]

Pierre Victor de Besenval de Brünstatt, baron de Besenval, écrivain, courtisan et militaire suisse au service de la France, peinture de Henri-Pierre Danloux, 1791, huile sur toile, 46,5 × 37 cm, Londres, National Gallery.

De Louis XI à Louis XVI, les mercenaires suisses servent les rois de France. Si Louis XI n'employait que les mercenaires germanophones, par la suite, les Romands deviennent majoritaires. À partir du XVIIe siècle, le français s'impose en Europe et même les mercenaires alémaniques se mettent à parler français, ce qui contribue au développement de l'usage du français en Suisse[b 6].

Aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle, les liens entre la France et la Suisse étaient forts et le prestige de la culture française valorisa la Suisse romande[n 1]. Les villes situées sur la frontière linguistique cultivaient les relations avec le monde francophone : les bonnes familles bernoises étaient francophiles, on y parlait un mélange de français et de dialecte bernois, à Bâle le français est fréquent et à Fribourg, les bonnes familles parlent seulement le français. « Dans les villes de Berne, Fribourg et Soleure, parmi les gens d'un certain rang, la langue française est la plus usitée » raconte un voyageur en 1780. En Suisse centrale, l'influence est restreinte à l'usage de certains mots français tels que « adieu » ou « bonjour », qui remplacent les mots suisses allemands[b 7].

Au XVIIIe siècle, les écoles privées, fréquentées par des Suisses germanophones qui cultivent l'art de vivre à la française, se développent à Genève, Lausanne et Neuchâtel. Au XVIIe siècle déjà s'étaient développés des échanges de jeunes entre familles alémaniques et romandes. Des centaines de « Schönfilles »[n 2] firent des « Welschlandjahr »[13] c'est-à-dire un séjour linguistique d'une année en Suisse romande. De nombreux Suisses alémaniques s'installent en Suisse romande[b 8].

Entre égalité des langues et prédominance de l'allemand (1798 - 1848)[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, l'allemand est considéré comme l'unique langue de la Confédération. La République helvétique entre 1798 et 1803, apporte la reconnaissance formelle de l'égalité des langues ainsi que l'égalité des citoyens. Les sujets vaudois et tessinois voulant rester liés à la Suisse, ils intègrent la République helvétique. Le , les conseils législatifs publient les lois et décrets en français et en allemand. En juillet 1798, les cantons italophones de Lugano et de Bellinzone rejoignent la république ; l'italien est également reconnu comme langue nationale[b 9].

Avec l'Acte de médiation, entre 1803 et 1813, la Suisse est soumise à la France et organisée selon un modèle fédéral attribuant plus d'autorité aux cantons. Dix-neuf cantons composent le pays ; seuls Vaud et Tessin ne sont pas germanophones. Lors des Diètes, l'allemand domine clairement, les Grisons et les Fribourgeois utilisant cette langue majoritaire[b 10].

Entre 1815 et 1830, la « Restauration » voit les 22 cantons souverains liés par un pacte. Bien que cette nouvelle Confédération comprenne quelques cantons latins ou multilingues (Genève, Vaud, Neuchâtel, Fribourg, Berne, Valais, Tessin et Grisons), l'allemand reste la langue privilégiée du pays, en réaction à la prépondérance du français sous l'ancienne République helvétique. À la Diète, chacun fait usage de la langue de son choix mais les décisions sont publiées uniquement en allemand « le texte allemand faisant foi »[b 11].

La création d'institutions militaires fédérales, comme l'École militaire de Thoune, ainsi que la création de nombreuses sociétés d'étudiants contribuent à l'émergence d'un sentiment national et permettent à des personnes provenant des diverses régions linguistiques de se côtoyer. En outre, les élites de confession protestante des cantons de Genève, Vaud, Neuchâtel et Jura bernois s'intéressent à la culture allemande. Le français est introduit dans les programmes scolaires de Suisse allemande, à Bâle à partir de 1817. La Suisse romande occupe désormais une place dans la vie économique et culturelle créant un certain équilibre entre Alémaniques et Romands[b 12].

L'État fédéral de 1848 plurilingue[modifier | modifier le code]

En 1847, la guerre civile du Sonderbund oppose cantons catholiques (Tessin excepté) et protestants. Les cantons romands se répartissent dans les deux camps selon leur confession et non leur appartenance linguistique ; ainsi les soldats de tout le pays se côtoient pour la même cause, ce qui préserve la paix des langues. La rapide victoire des forces fédérales permet la création d'un État démocratique et progressiste[b 13].

Le problème des langues n'est pas un thème central du nouvel État. Selon l'article 109 (adopté de justesse) de la constitution de 1848, « Les trois principales langues parlées en Suisse, l'allemand, le français et l'italien sont les langues nationales de la Confédération ». Ces trois langues deviennent également langues officielles. Il n'y a donc pas coïncidence entre langue et nation en Suisse puisque l'allemand, majoritaire, n'est pas la seule langue nationale. C'est une originalité dans le contexte européen des États-nations[dü 1].

Le premier conseil fédéral tient compte des langues car il est composé de cinq Alémaniques, d'un Romand et d'un Tessinois. Toutefois, de par sa structure même, l'État fédéral de 1848 a rendu les trois langues latines minoritaires : la tendance est à la centralisation des affaires publiques sur le plan national[b 14].

Il faut attendre les années 1990 pour voir la question de la sauvegarde de la diversité linguistique et culturelle s'inscrire dans les textes fondamentaux. Le peuple accepte, en 1996, un nouvel article constitutionnel sur les langues[dü 2]; la révision de la constitution fédérale d'avril 1999 contient plusieurs nouveaux articles sur les langues, dont les apports principaux sont : le romanche, langue nationale depuis 1938[dhs 6] est inscrit en tant que langue nationale (article 4), les cantons déterminent leurs langues officielles en prenant en considération les minorités autochtones (article 70.2), la Confédération et les cantons encouragent la compréhension et les échanges entre communautés linguistiques (article 70.3), la Confédération soutient les cantons plurilingues dans leurs tâches particulières (article 70.4) et soutient les mesures pour promouvoir et sauvegarder l'italien et le romanche (article 70.5)[b 15].

Langues nationales et langues officielles[modifier | modifier le code]

Usage des quatre langues par le « Don suisse » sur une « carte de la Fête nationale » de 1945.

Au niveau fédéral, on distingue les langues nationales[14] qui sont les langues utilisées en Suisse des langues officielles[15], qui sont celles utilisées pour les rapports à la Confédération ou aux cantons.

Les quatre langues nationales sont l'allemand (et non le suisse allemand[16]), majoritaire, et trois langues romanes minoritaires : le français, l’italien et le romanche[17].

Les langues officielles sont l'allemand, le français et l’italien. Selon l'article 70 de la Constitution fédérale de 1999, le romanche est partiellement langue officielle en ce sens qu'il est utilisé pour les rapports que la Confédération entretient avec les personnes de langue romanche[15] ; c'est donc, depuis cette date, une langue officielle régionale[18] car localisée au seul canton des Grisons.

À l'ONU, la Suisse utilise le français comme langue de travail[19],[20]

Principes[modifier | modifier le code]

Les quatre grands principes inscrits dans la Constitution fédérale sont[7] :

  • l'égalité des langues ;
  • la liberté des citoyens en matière de langue ;
  • la territorialité des langues ;
  • la protection des langues minoritaires.

Les trois langues officielles sont donc égales en droit au niveau fédéral depuis 1848[21]. Selon le deuxième principe, les citoyens ont la liberté de choisir leur langue, c'est cependant le principe de territorialité qui est primordial, car il permet de stabiliser les zones linguistiques. Quant au romanche, fortement minoritaire, il voit son territoire se réduire au fil du temps. Par ailleurs, grâce à leur statut de langues régionales et au titre du quatrième principe, l'italien et le romanche reçoivent le soutien de la Confédération, qui encourage les mesures prises par les cantons des Grisons et du Tessin.

Législation[modifier | modifier le code]

Le soutien des langues minoritaires est d'abord régi par la « loi fédérale du 6 octobre 1995 sur les aides financières pour la sauvegarde et la promotion des langues et des cultures romanche et italienne ». Cette loi est remplacée depuis le 1er janvier 2010 par une loi générale, la « loi fédérale du 5 octobre 2007 sur les langues nationales et la compréhension entre les communautés linguistiques (Loi sur les langues, LLC) »[22]. Son ordonnance d’application entre en application le 1er juillet 2010[23]. La sauvegarde et la promotion des langues minoritaires est reprise par l'ordonnance. De nouveaux points y sont ancrés : ce sont des mesures d'encouragement aux échanges scolaires, le soutien aux cantons plurilingues, des mesures pour renforcer le plurilinguisme dans l'administration fédérale, en instaurant des quotas et, finalement, par la création d'un centre de compétence du plurilinguisme[24],[25].

La liberté des citoyens en matière de langue cohabite avec la jurisprudence du Tribunal fédéral en matière de langue maternelle[fh 1],[26]. En effet, le principe de la liberté des citoyens en matière de langue et celui de la territorialité des langues peuvent être en concurrence, principalement dans les quelques communes, districts ou cantons officiellement bilingues[dü 2].

La Suisse et la convention européenne sur les langues minoritaires[modifier | modifier le code]

Le , la Suisse a ratifié la charte européenne des langues régionales ou minoritaires du 5 novembre 1992 ; celle-ci est entrée en vigueur dans le pays le sous la forme de la loi RS 0.441.2[27] présentée par l'office fédéral de la culture qui est responsable de sa mise en œuvre[28]. De par sa situation linguistique spécifique, la Suisse déclare alors ne pas avoir de « langue régionale ou minoritaire » tout en reconnaissant au romanche et à l'italien le statut de « langues officielles moins répandues » au sens de l'article 3 de la charte[29] et déclare le yéniche comme « langue sans localisation territoriale »[30]. Conformément aux dispositions de la charte, la Suisse adresse au secrétaire général du Conseil de l'Europe un premier rapport périodique le dans lequel sont précisées les dispositions juridiques alors mises en place, l'absence, au sens juridique du terme, de langue régionale ou minoritaire ainsi que deux rapports, rédigés respectivement par les cantons des Grisons et du Tessin sur l'application des paragraphes concernant les mesures recommandées par la charte[31].

Conformément à l'article 15 de la charte, un rapport d'évaluation rédigé par des experts indépendants est remis tous les trois ans au conseil de l'Europe[30].

En 2001, le comité des ministres du Conseil de l'Europe adopte, sur proposition d'un comité d'experts dont le rapport contient huit conclusions générales, une recommandation en trois points demandant à la Suisse de renforcer la protection de la langue romanche, en particulier devant la justice dans les Grisons et de renforcer l'utilisation du romanche et de l'italien au sein de l'administration fédérale[32]. L'année suivante, la Suisse produit un second rapport périodique[33] dans lequel elle revient largement sur la recommandation de renforcer l'usage des langues minoritaires au sein de l'administration[34] et précise en particulier la différence entre l'italien, langue officielle, et le romanche, langue nationale, dont l'adoption comme langue de travail ne serait « pas réaliste, vu le petit nombre de personnes de langue romanche dans l'administration et le coût disproportionné de l'opération ». Le rapport mentionne enfin les développements des services de traduction italienne, décidés en 1991 et mis en application en 1996 et 1999 lorsque plus de 20 postes de travail ont été créés dans ce domaine.

Dans sa seconde publication en 2004, le comité met en avant deux nouvelles recommandations : l'encouragement de l'utilisation du romanche sur les radios et télévisions privées ainsi que la reconnaissance du yéniche comme langue régionale ou minoritaire traditionnellement parlée et faisant partie du patrimoine culturel et linguistique du pays[35]. Dans le rapport d'experts qui accompagne la recommandation, le cas particulier de la minorité parlant le walser dans la commune de Bosco-Gurin est évoqué sous la forme d'une indication selon laquelle cette langue serait en train de disparaître et d'un avis demandant aux autorités compétentes de prendre « des mesures urgentes pour soutenir l'allemand (walser) dans cette commune »[36]. Ces différents points sont largement pris en compte et détaillés dans le troisième rapport publié par la Suisse en 2006[37] où, si le yéniche est officiellement reconnu comme faisant partie intégrante du patrimoine culturel suisse, le canton du Tessin déclare « qu'à l'image des espèces biologiques il existe également pour les langues en voie d'extinction une grandeur limite en deçà de laquelle la survie est impossible » et que les quelque 30 habitants de la commune parlant encore walser ne justifient pas d'entreprendre des actions de sauvegarde de cette langue.

Le troisième rapport du comité d'experts, publié en 2008, demande de s’assurer que le Rumantsch Grischun est introduit dans les écoles ; que, dans les communes à majorité germanophone, le romanche soit utilisé dans les relations avec les locuteurs minoritaires romanches ; et finalement de maintenir le dialogue avec les locuteurs yéniches en vue de l'application de la charte[38].

Équilibre linguistique du conseil fédéral[modifier | modifier le code]

L'organe exécutif de la Confédération est le Conseil fédéral composé de sept membres.

La loi ne fixe que peu de critères sur la représentativité des membres du Conseil mais l'origine géographique cantonale et linguistique des candidats joue un rôle déterminant dans le choix de ceux-ci. La proportion entre Latins et Alémaniques a de tout temps fait l'objet d'une attention particulière ainsi, le premier Conseil fédéral de 1848 comportait deux Latins (un Vaudois et un Tessinois) et cinq Alémaniques[39], une proportion proche de la répartition linguistique de la population suisse. La plupart du temps les deux Latins viennent de Suisse romande mais cette proportion ne fut pas constante et, parfois, le Conseil n'eut qu'un Latin (les périodes 1913 - 1917, 1934 – 1947 et 1967 - 1970)[40]. La Suisse italienne n'a pas toujours été représentée au Conseil fédéral, tout comme les romanchophones. Les quelques conseillers fédéraux du canton des Grisons parlaient romanche mais un seul, Felix-Louis Calonder, conseiller fédéral entre 1913 et 1920, a pleinement représenté la région romanche[41].

La question de la représentativité linguistique au sein du Conseil fédéral est régulièrement sujet de débats et spéculations lors des périodes de renouvellement des conseillers fédéraux[42].

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

Sections détaillées dans les articles Canton de Fribourg et Canton du Valais
Population résidante selon la langue principale en % de la population totale[43]
année allemand français italien romanche autres
langues[n 3],[44]
1910 69,1 21,1 8,1 1,1 0,6
1920 70,9 21,3 6,1 1,1 0,6
1930 71,9 20,4 6,0 1,1 0,6
1941 72,6 20,7 5,2 1,1 0,4
1950 72,1 20,3 5,9 1,0 0,7
1960 69,3 18,9 9,5 0,9 1,4
1970 64,9 18,1 11,9 0,8 4,3
1980 65,0 18,4 9,8 0,8 6,0
1990 63,6 19,2 7,6 0,6 8,9
2000 63,7 20,4 6,5 0,5 9,0
2010 65,6 22,8 8,4 0,6 ND
La répartition des langues en 2000[pls 1]
Source : Office fédéral de la statistique (2002)

La Suisse est découpée en quatre zones linguistiques reconnues, en principe unilingues : une zone de langue allemande, une zone de langue française[45], à l'ouest du pays, une zone de langue italienne, représentée par le canton du Tessin et quelques vallées méridionales des Grisons et une zone de langue romanche située aux Grisons.

Si la majorité des cantons sont unilingues, certains ont leur territoire partagé en deux voire trois zones linguistiques.

Sur les 26 cantons que compte le pays, 22 ont une seule langue officielle :

Les cantons partagés en deux voire trois zones linguistiques sont :

  • trois cantons avec l'allemand et le français comme langues officielles : Fribourg, le Valais et Berne ;
  • un avec l'allemand, l'italien et le romanche comme langues officielles : les Grisons. Cependant, le romanche est présent seulement dans une petite partie du canton.

Principe de territorialité[modifier | modifier le code]

La Confédération n'est pas compétente en matière de répartition des langues. Les frontières linguistiques sont fixées par les cantons, qui déterminent leurs langues officielles et veillent à la répartition territoriale traditionnelle des langues. Dans certains cas, ils peuvent déléguer ce pouvoir aux communes (par exemple pour délimiter la zone de langue romanche dans le canton des Grisons).

Le but du principe de territorialité est le maintien, autant que possible, des zones linguistiques dans leurs limites historiques, qui restent relativement stables. Néanmoins, entre 1860 et 2000, 83 communes ont changé de région linguistique[46] et au cours de l'histoire la frontière entre l'allemand et le français a varié à Fribourg, au Jura et en Valais.

Par exemple en Valais, les villes de Sion et Sierre ont été d'abord de langue française puis, sous l'Ancien Régime, de langue allemande avant de revenir au français. La région romanche diminue régulièrement au profit de la région linguistique allemande[10].

Avec le principe de territorialité, chaque commune a une langue officielle et, par exemple, lorsqu'un germanophone s'établit en Suisse romande, il doit accepter la langue officielle de son lieu de résidence et, notamment, accepter que l'école publique se fasse en français[7]. Une exception partielle à ce principe est admise en ville de Berne, de par sa fonction de ville fédérale, où travaillent de nombreux employés fédéraux provenant des autres régions linguistiques. La ville comporte notamment des écoles en d'autres langues que l'allemand, dont une officielle, en français.

Brassage des langues[modifier | modifier le code]

À l'intérieur même des quatre régions linguistiques, on observe des différences dans la répartition des langues. Dans la région germanophone, en 2000, l'italien est la deuxième langue nationale la plus pratiquée avec 3 % de la population, le français seulement 1,4 %. Dans les autres régions linguistiques, l'allemand se place toujours au deuxième rang, mais à des degrés divers : 5,1 % en Suisse romande, 8,3 % en Suisse italienne et 25 % en région romanche.

La région romanchophone est la moins homogène avec 68,9 % des résidents utilisant la langue officielle. En outre, seule un peu plus de la moitié de l'ensemble des romanchophones y réside. En effet, 18 000 locuteurs vivent dans leur propre région linguistique, 9 000 dans le reste du canton des Grisons et 8 000 dans le reste de la Suisse dont 990 à Zurich, qui est la ville suisse (hors Grisons) comptant le plus grand nombre de personnes parlant romanche[pls 2].

Répartition des langues nationales en tant que langues principales selon la région linguistique [en %] (en 2000)[pls 3]
- Allemand Français Italien Romanche Langues non nationales


[n 3],[pls 4]

Région germanophone 86,6 1,4 3,0 0,3 8,7
Région francophone 5,1 81,6 2,9 0,0 10,4
Région italophone 8,3 1,6 83,3 0,1 6,6
Région romanchophone 25,0 0,3 1,8 68,9 3,9
Source : Recensement fédéral de la population (2000), Office fédéral de la statistique

Le brassage des langues est dû à :

  • les échanges le long d'une frontière linguistique,
  • l'économie et les transports,
  • l'immigration et
  • les migrations internes.

Le long des frontières linguistiques les langues se côtoient, voire se mélangent, et l'on recense quelques communes bilingues comme Bienne, Fribourg, Sion et Sierre. Alors que les Suisses sont dans leur grande majorité monolingues, les habitants de ces régions sont naturellement bilingues[dü 3].

Loin des frontières linguistiques les langues se côtoient aussi de par l'économie. Par exemple, la part de germanophones au Tessin progresse au XXe siècle. Ceci depuis la construction de la ligne de chemin de fer du Gothard par le tunnel du Gothard, ouverte en 1882, suivie par le tunnel routier ouvert en 1980 qui facilitent les échanges, le tourisme et l'établissement de nombreux germanophones suisses ou étrangers au Sud des Alpes. En 1980, certaines communes, comme Orselina, ont jusqu'à 50 % de germanophones[dü 4]. Dans les grands centres économiques comme Genève ou Zurich, l'anglais est très présent dans les entreprises multinationales. La ville fédérale de Berne occupe de nombreux fonctionnaires francophones[dü 3].

L'immigration d'italophones de l'étranger dans les années 1960 - 1970 fait que le nombre de personnes de langue maternelle italienne a augmenté dans une grande proportion partout en Suisse, et pas seulement en Suisse italienne[10]. Le taux maximal d'italophones en Suisse a atteint 11,9 % en 1970 ; il baisse depuis lors car les descendants de la première génération d'immigrés adoptent la langue de leur lieu de résidence. Parmi ceux-ci, 40 % pratiquent encore l'italien dans le cercle familial[47].

La migration interne : des étudiants tessinois qui doivent étudier à Zurich, des entreprises ouvrant des succursales dans toute la Suisse sont des exemples induisant des déplacements de population d'une région linguistique à l'autre[dü 3].

Cantons bilingues[modifier | modifier le code]

Dans les cantons qui comptent deux voire trois zones linguistiques, la Confédération soutient les cantons plurilingues dans l’exécution de leurs tâches particulières. La politique linguistique est déterminée par chaque canton[dü 5] au niveau des districts et des communes et le principe de la territorialité est appliqué.

Ainsi, dans le canton bilingue de Berne, le français est la langue officielle dans le Jura bernois alors que c'est l'allemand dans le reste du canton, sauf la région de Bienne qui est bilingue allemand / français.

Districts et communes bilingues[modifier | modifier le code]

Plaque indicatrice de rue bilingue à Bienne.

Dans certaines agglomérations situées sur la frontière linguistique, le bilinguisme est également appliqué au niveau communal. Le bilinguisme communal est cependant très rare : seules 35 communes sont bilingues français - allemand. Une commune est bilingue si la minorité linguistique représente au moins 30 % de la population résidente[10]. Par exemple, Bienne est bilingue allemand - français et la ville de Fribourg bilingue français - allemand.

Les districts bilingues sont :

Limites de la liberté des langues[modifier | modifier le code]

Dans les quelques régions officiellement bilingues, le principe de la liberté des citoyens en matière de langue est limité par celui de la territorialité des langues. Le principe de la liberté des citoyens en matière de langue permettrait à une minorité nationale d'utiliser sa langue dans ses rapports aux autorités ou qu'il soit possible de suivre l'école publique dans sa langue minoritaire. En fait, le principe de territorialité exige que seule la langue déterminée officiellement soit utilisée à l'école. Par exemple, dans le canton des Grisons, les communes déterminent leur langue et, en raison de la forte présence de germanophones dans les communes romanchophones, les situations varient selon les politiques communales. À Pontresina l'école se fait en romanche alors que seul 15 % de la population est romanchophone. Dans la commune voisine de Saint-Moritz, la population romanchophone également minoritaire doit accepter que l'école se fasse en allemand. Le principe de la territorialité des langues, parfois remis en question, agit ainsi comme un instrument d'assimilation dans les cantons des Grisons, Fribourg, Valais et Berne ou les villes de Bienne, Fribourg, Sion et Sierre[dü 6].

L'arrondissement administratif de Bienne, bilingue, restreint le principe de la territorialité au profit de celui de la liberté des langues ; la population est censée être polyglotte. L'usage de l'allemand et du français est possible envers les autorités. La représentation politique est proportionnelle à la répartition allemand / français de la population et chacun s'exprime dans sa langue au parlement, sans traduction[dü 5].

Limites linguistiques[modifier | modifier le code]

Röstigraben[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Röstigraben.

Le Röstigraben (en allemand, traduit[48] par la « barrière de röstis », du nom du plat typique de Suisse alémanique, la galette de pommes de terre grillées) est le nom que l'on donne au clivage linguistique, culturel et politique entre allemand et français. Cette frontière linguistique remonte au Haut Moyen Âge.

L'étude des toponymes de localités permet de retracer l'étendue des zones d'influence des différentes langues. Ainsi, les noms de villages se terminant en -ens ou -ence (équivalent du -ange lorrain et du -inge picard), très fréquents dans les cantons de Fribourg et de Vaud jusqu'au bord du lac Léman, sont d'origine alamane et montrent ainsi des percées larges dans le territoire burgonde, les préfixes Wal- et Walen- (qui signifient Welsch) se trouvent en nombre dans la zone comprise entre l'Aar et la Sarine, qui fixe la frontière linguistique à partir du VIIIe siècle.

Limite du romanche[modifier | modifier le code]

Dans le sud et l'est du pays, le processus ne sera pas aussi rapide et la frontière linguistique changera lentement. Si le romanche est resté pendant longtemps dominant dans les vallées rhétiques, il s'étend, selon certaines sources, encore jusqu'à Einsiedeln au Xe siècle. Glaris est encore bilingue au XIe siècle, à la période où le dialecte germanique commence à se répandre dans la vallée de Conches, puis dans tout le Haut-Valais, provoquant la migration des Walser, qui vont ensuite rejoindre, au XIIIe siècle, les vallées grisonnes. Dès le XIVe siècle, la majorité des vallées et la totalité du Vorarlberg sont devenus germanophones, la population indigène ayant adopté la langue de la classe dominante. Les seules enclaves romanches qui résistent sont géographiquement reliées par des cols à l'Italie[49].

Limite de l'italien[modifier | modifier le code]

La limite linguistique entre l'italien et l'allemand est naturelle et sépare, en Suisse, le nord du sud des Alpes. Elle suit les sommets du massif du Gothard, l'italien et ses différents dialectes étant parlés au sud de celui-ci, au Tessin, et dans les vallées du canton des Grisons situées au sud des Alpes[10].

Migrations internes[modifier | modifier le code]

Usages[modifier | modifier le code]

Audio externes
Écouter les accents suisses et différents dialectes alémaniques et tessinois

Si le pays est quadrilingue, les habitants ne possèdent pas tous le même répertoire et rarement les quatre langues nationales. En majorité, les Suisses naissent monolingues ; 6 % sont bilingues au début de la scolarité. La majorité des Suisses deviennent ainsi plurilingues par l'apprentissage des langues[dü 7].

L'usage des langues diffère selon les régions linguistiques, la proximité ou non d'une limite linguistique, la nationalité et le brassage des populations, le profil socio-économique ou la branche d'activité. environ 64 % de la population a l'allemand comme langue principale, le français représente environ 20 % de la population, l'italien environ 6 %, le romanche est en régression lente (-15 % depuis dix ans) et compte moins de 40 000 locuteurs, et environ 9 % de la population résidente parle une langue étrangère non nationale. Dans la pratique, les germanophones parlent en majorité l'un des nombreux dialectes suisses allemands ou Schwyzerdütsch. Par rapport à la répartition des langues principales, les langues parlées pour un usage familial ou professionnel sont plus fortement représentées, surtout les langues minoritaires et y compris celles de l'immigration ; en moyenne, un adulte parle deux langues étrangères.

Les Suisses alémaniques appellent parfois les Romands les Welsches[dü 8] et la Suisse romande le Welschland, le mot Welsch signifiant celte en vieil allemand. Il a ensuite été repris pour qualifier les peuples de langue romane dans les zones majoritairement francophones comme la Romandie (Welschland) ou encore la Wallonie (sud de la Belgique).

Les Suisses romands appellent parfois les Suisses alémaniques les Totos[dü 8] ou Bourbines et la Suisse alémanique Bourbineland (ces termes ont en principe une connotation péjorative).

Langues nationales (les quatre zones linguistiques)[modifier | modifier le code]

Panneau en quatre langues.

La plupart des Suisses parlent plus d’une langue. À l'école, l'enseignement d'une autre langue nationale comme langue étrangère est obligatoire et est du ressort de chaque canton. Les Romands ou Tessinois apprenant l'allemand standard à l'école, l'usage courant du suisse-allemand en Suisse alémanique est une difficulté supplémentaire aux échanges culturels, ainsi que pour l'accès à des études ou à des emplois où la connaissance et la pratique d'un dialecte alémanique sont importantes[50]. En Suisse alémanique, les étrangers et les Suisses provenant des autres régions linguistiques doivent, s'ils veulent pouvoir communiquer avec les habitants de leur lieu de résidence, apprendre l'allemand standard et le suisse-allemand local[51].

Les minorités italophone et romanchophone sont particulièrement défavorisées  : les principales hautes écoles se trouvent soit en Suisse romande, soit en Suisse alémanique. Aussi, ces minorités sont contraintes de parler l'allemand pour défendre leur économie face à la Suisse allemande.

La plupart des produits commerciaux sont étiquetés en français, en allemand et en italien.

Allemand[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Suisse allemand.
L'aire de diffusion traditionnelle des signes dialectals d'allemand supérieur occidental (=alémannique) aux XIXe et XXe siècles.
Première parution de la Neue Zürcher Zeitung en 1780.

Dans l'usage courant des langues et dans la sphère privée, la population germanophone parle généralement l'un des nombreux dialectes suisses allemands ou Schwyzerdütsch[dhs 7], lesquels jouissent d'une grande valorisation sociale, y compris dans les centres urbains, alors que l’usage de l’allemand standardHochdeutsch ou « haut allemand » – est limité aux situations les plus formelles.

Le suisse-allemand emprunte de nombreux termes étrangers au français, à l'italien ou à l'anglais. Ces emprunts ne sont pas forcément les mêmes que ceux de l'allemand[52]. En linguistique, un helvétisme désigne une tournure ou expression typiques à la Suisse. Par exemple  : Perron, Kondukteur et Billet au lieu de Gleis, Schaffner et Fahrkarte[53].

Formés entre les XIe siècle et XVe siècle, les dialectes suisses allemands se répartissent, du nord au sud, en trois groupes : bas alémanique, haut alémanique et alémanique supérieur.

Seul le dialecte bâlois appartient au bas alémanique. La grande majorité des dialectes sont haut alémaniques et les dialectes pratiqués dans les Alpes sont de l'alémanique supérieur. La prononciation varie fortement du nord au sud et d'une région à l'autre.

L'allemand standard est appris à l'école primaire, il est ensuite principalement utilisé pour la forme écrite formelle, les journaux et les magazines. Son usage oral n'est pas apprécié de la population alémanique, en effet  :

« Le Suisse allemand n'est pas à l'aise quand il parle allemand, conscient qu'il est de s'exprimer de façon bizarre. Ainsi, les Suisses allemands n'ont pas une langue standard orale simplement déviante, ils n'ont en fait aucun registre oral dans la langue standard dans lequel ils soient à l'aise »

— Haas p. 104[fh 2]

À la radio, à la télévision, mais aussi en politique, on parle de préférence le suisse allemand au lieu de l'allemand standard, sauf dans certaines émissions, comme les « nouvelles » et les discussions de fond traîtant de la Suisse entière, où participent des représentants des minorités linguistiques. Dans le milieu scolaire, afin d’élever le niveau d’allemand des élèves qui généralement préfèrent le dialecte, plusieurs cantons alémaniques (dont Zurich, Schwytz, Uri et Zoug) ont imposé l’usage systématique de l'allemand standard, et les professeurs sont tenus de s’exprimer exclusivement dans cette langue. C'est également ce que recommande la conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP)[fh 2].

La considération de l'allemand standard par rapport aux dialectes alémaniques a évolué au cours de l'histoire. Au XVIIIe siècle, les dialectes étaient mal considérés et lorsque l'école devint obligatoire au début du XIXe siècle, l'usage de l'allemand standard augmenta significativement. À la fin du XIXe siècle l'allemand était utilisé en public et le dialecte en famille[fh 2]. L'arrivée grandissante de ressortissants allemands en Suisse fit craindre la disparition des dialectes. Des dictionnaires de régionalismes sont alors édités pour sauvegarder ce patrimoine, comme en 1862 le Schweizerische Idiotikon[54]. Au début du XXe siècle, après la Première Guerre mondiale, l'allemand standard perdit de son influence et, après 1933, l'usage des dialectes fut encouragé afin de se distancer de l'Allemagne[fh 2]. Dans la seconde moitié du XXe siècle, le suisse allemand devient la langue courante. Dans l'enseignement public le dialecte devient la langue pratiquée avant de revenir au bon allemand à la fin du XXe siècle[fh 2]. Cependant, le brassage des populations urbaines et les médias modernes ont tendance à modifier les dialectes locaux, qui se transforment en un « suisse allemand interrégional » commun à toute la Suisse allemande[dhs 7].

En Suisse romande et italienne, c'est l'allemand standard qui est enseigné à l'école. C'est un handicap pour la communication et la compréhension interrégionale[55].

Français[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Français de Suisse.
Les dialectes francoprovençaux et d'oïl.

Parlé dans l’ouest du pays, le français de Suisse se différencie peu du français de France. Il se caractérise par quelques termes issus du francoprovençal, par des mots tels que septante, huitante ou nonante, ainsi que, localement, par des mots et expressions empruntées aux langues germaniques tels que mouttre, witz, ou poutser.

L'usage des dialectes romands ou franco-provençaux décline à partir de la Réforme et le déclin se poursuit durant la Révolution française. Il se maintient un peu plus dans les cantons catholiques et à la campagne. Au début du XIXe siècle, les pédagogues conseillent aux parents de parler français avec les enfants pour leur faciliter l'apprentissage des matières scolaires puis, à la fin du XIXe siècle, les dialectes seront finalement interdits à l'école sous peine de sanctions[fh 2]. Les dialectes romands se sont éteints au cours du XXe siècle. La commune d'Evolène dans le Val d'Hérens est la seule commune de Suisse romande où le patois local est transmis de génération en génération sans interruption[56]. La pratique locale des patois subsiste, notamment en Valais (6,3 % de locuteurs à la fin du XXe siècle), dans le canton de Fribourg (3,9 %), et celui du Jura (3,1 %), mais ils ont presque totalement disparu dans l’usage quotidien. Ils proviennent tous du francoprovençal, excepté celui du canton du Jura qui est un dialecte d'oïl, le franc-comtois. Malgré l'appui institutionnel et le fait que le patois est inscrit dans la constitution jurassienne, le dialecte local ne se développe pas[dhs 8].

La publication d'un glossaire des patois de la Suisse romande débute en 1899, à l'initiative de Louis Gauchat[57].

Les Suisses romands apprennent l'allemand standard. S'ils habitent non loin de la frontière linguistique, ils apprennent plus facilement le suisse allemand[55].

Italien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tessinois.

En Suisse italienne (le canton du Tessin et quelques vallées méridionales des Grisons  : Val Poschiavo, Val Bregaglia, Val Calanca et Val Mesolcina, ainsi que la commune de Bivio, seule commune du versant nord des Alpes dont l'italien est langue officielle), l'on parle un dialecte tessinois, apparenté aux parlers lombards, et la langue écrite est l'italien.

Il y a trois sortes d'italiens en usage :

  • un dialecte local qui change d'une vallée à l'autre et qui est la langue des anciennes générations ;
  • le dialecte tessinois régional, qui tend à remplacer les dialectes locaux, est le langage familier le plus couramment utilisé par toutes les couches de population, aussi bien pour un usage dans la sphère privée qu'en public ;
  • l'italien, qui est la langue apprise à l'école, utilisée à l'écrit et pour les situations moins familières.

Le dialecte est la langue maternelle de la majorité de la population[n 4],[dhs 9]. L'italien est utilisé avec le tessinois dans l'administration, le monde des affaires et les services publics. Les programmes de radio et télévision de la RTSI sont en italien mais certains sont en dialecte.

L'italien de Suisse emprunte des termes du français ou de l'allemand[58] :
Italien standard Italien en Suisse Mot correspondant en français ou allemand
offerta speciale azione action ; Aktion
prenotare/prenotazione riservare / riservazione réserver / réservation ; reservieren / Reservation (emprunté du français)
ordinare comandare commander
istruttore monitore moniteur

La moitié de la population de l'aire italophone est bilingue[55]. Les principales hautes écoles sont situées dans d'autres régions linguistiques du pays et la plupart des italophones sont donc contraints de parler l'allemand ou le français. À l'inverse, le Tessin est une région touristique fréquentée par les Suisses alémaniques ou les Allemands. L'usage de l'allemand standard au Tessin augmente et a tendance à devenir courant[10].

Les dialectes locaux, différents selon les vallées et les villages, sont vivaces jusque vers 1950. Les multiples langues, patois local, tessinois et italien, sont utilisées en fonction des besoins car, si les patois locaux révèlent l'origine du locuteur, il est parfois utile de l'escamoter; dans ce cas, il préfèrera utiliser un dialecte supra-régional. Interdits en classe avant la montée du fascisme en Italie, les patois sont depuis lors de nouveau tolérés au sein de l'école. Si le tessinois supra-régional est encore très répandu les patois locaux, eux, sont en voie de disparition et font l'objet d'études ethnographiques. Des dictionnaires dialectaux sont publiés dans les années 1970[fh 3].

La commune de Bosco/Gurin est l'unique commune traditionnellement germanophone du Tessin. Ce village a été fondé en 1253 par des colons walser venus du Haut-Valais, lesquels ont apporté leur dialecte alémanique[dhs 10]. Aujourd'hui bilingue[59], la majorité de la population du village parle désormais italien[60].

Romanche[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Romanche.
Répartition des langues aux Grisons
en 1860 et 2000
Répartition comme langue majoritaire en 1860.
  •      Allemand
  •      Romanche
  •      Italien
  • Source : Office fédéral de la statistique, recensement 2000
Répartition comme langue majoritaire en 2000.
  •      Allemand
  •      Romanche
  •      Italien
  • Source : Office fédéral de la statistique, recensement 2000
Répartition effective en 2000.
  •      Allemand
  •      Romanche
  •      Italien
  • Hachures : zone avec langue minoritaire parlée par au moins 30 % de la population
    Source : Office fédéral de la statistique, recensement 2000

Le romanche (Rumantsch en romanche) est depuis la votation populaire du l'une des quatre langues nationales de la Suisse, le peuple ayant accepté d'amender la constitution fédérale[dhs 6],[61]; il est considéré, avec certaines restrictions, comme langue officielle à l'échelle fédérale depuis la votation populaire du . Parlé uniquement dans le canton des Grisons, où il a un statut officiel depuis le XIXe siècle, le romanche connaît une lente régression (-15 % depuis dix ans, moins de 40 000 locuteurs) et son avenir est incertain.

On distingue cinq langues écrites infra-régionales :

Le puter et le vallader forment ensemble le sous-groupe engadinois ou rumantsch ladin. On ne confondra pas ce sous-groupe avec la langue romane parlée au Tyrol du Sud, également appelée Ladin et qui fait partie du même ensemble rhéto-roman.

Ces cinq variétés romanches deviennent langues écrites avec la Réforme. On publie des bibles, des textes liturgiques et de la littérature romanche[fh 3]. La population de cette région non-homogène est dans sa grande majorité (70 %) bilingue. L'allemand est en effet utilisé aussi bien dans le cercle privé que dans la vie professionnelle et à l'école; le romanche étant essentiellement utilisé dans les cercles familiaux et privés. Les jeunes générations utilisent de moins en moins le romanche au profit du suisse-allemand comme langue de communication[fh 4]. Les situations de diglossie sont courantes et multiples : l'on passe d'un dialecte romanche parlé au romanche écrit, du romanche au suisse-allemand puis à l'allemand qui est langue d'enseignement secondaire[fh 3].

Une langue unifiée a été créée en 1982 par la Ligue romanche comme langue standard ou langue de compromis. Fondée essentiellement sur trois des cinq variétés les plus courantes (le sursilvan, le vallader et le surmiran), cette nouvelle langue écrite, « le Rumantsch Grischun », est utilisée comme langue officielle. Les nouveaux manuels scolaires édités par le canton ainsi que les documents administratifs sont désormais publiés seulement dans cette forme unifiée de la langue, pourtant la grande majorité des écoles et des administrations communales utilisent encore les cinq langues écrites infra-régionales[dhs 11],[55], tout comme les habitants qui ne se reconnaissent pas dans cette langue unifiée[fh 4].

Usage des langues nationales par la population immigrante[modifier | modifier le code]

Les étrangers représentent 18 % de la population totale. Parmi ceux-ci, deux tiers des immigrants déclarent utiliser une des langues nationales comme langue principale, mais leur répartition est différente de celle de la population suisse. La part des italophones est plus grande : 14,8 % parlent italien soit presque autant que le français (18 %). L'allemand est parlé par près d'un tiers des étrangers (29,4 %)[pls 6].

Répartition des langues principales selon la nationalité suisse ou étrangère, en % (en 2000)[pls 7]
- Allemand Français Italien Romanche Langues
non nationales[n 3],[pls 4]
Population totale 63,7 20,4 6,5 0,5 9,0
Population de nationalité suisse 72,5 21,0 4,3 0,6 1,6
Population de nationalité étrangère 29,4 18,0 14,8 0,1 37,7
Source : Recensement fédéral de la population (2000), Office fédéral de la statistique

Langue nationale (sans territoire)[modifier | modifier le code]

Yéniche[modifier | modifier le code]

En 1997, le yéniche est reconnu en tant que « langue nationale sans territoire » de la Suisse[1].

Yéniches au lac de Lauerz à Schwytz, 1928, collection particulière.

Le yéniche est le sociolecte ou cryptolecte des Yéniches, c'est-à-dire de certains groupes marginalisés qui ont mené depuis plusieurs générations une vie nomade ou semi-nomade. En Suisse, on compte environ 30 000 Yéniches ; ils forment une minorité autochtone dont 3 500 pratiquent encore le nomadisme. Considérée comme « langue nationale sans localisation territoriale »[62], le yéniche se caractérise par une grammaire allemande et par un lexique composé qui dérive ses éléments de l'allemand, de l'hébreu et de la romani, avec un nombre mineur d'emprunts d'autres langues européennes (surtout français et italien)[55].

Langues non nationales[modifier | modifier le code]

Il y a deux sortes de langues non nationales : premièrement, des langues autochtones qui sont soit très localisées, soit très minoritaires et menacées de disparition ou sans attache territoriale. Deuxièmement, les langues issues de l'immigration. Seul ce deuxième groupe est en forte croissance.

Langues régionales suisses[modifier | modifier le code]

Bavarois[modifier | modifier le code]

Le bavarois est une langue du groupe Haut allemand ; en Suisse, il est présent sous la forme d'un dialecte du Tyrol (bavarois du Sud) et est parlé uniquement dans la commune de Samnaun (Grisons), qui se considère comme la plus petite minorité linguistique de Suisse[63]. Cette particularité vient du fait que la commune est géographiquement orientée vers et accessible à partir du Tyrol autrichien. Ce n'est que depuis 1913 qu'une route rejoint le village à partir de la Suisse[dhs 12].

Francoprovençal[modifier | modifier le code]

Le francoprovençal ou arpitan est une langue romane historiquement présente dans les cantons francophones, excepté le canton du Jura, qui a disparu comme langue vivante des cantons de Genève, Neuchâtel et Vaud. En Valais et à Fribourg (district de la Gruyère), il est encore pratiqué très localement par quelques locuteurs. Mis à part à Evolène où la moitié de la population de la commune pratique le dialecte[64], il n'est plus transmis[dhs 8]. La langue est considérée comme éteinte par les autorités suisses[55], bien que des associations de locuteurs continuent à demander sa reconnaissance officielle[65].

Yiddisch[modifier | modifier le code]

Le yiddish est une langue juive d'origine germanique proche de l'allemand, avec un apport de vocabulaire hébreu et slave, qui a servi de langue vernaculaire aux communautés ashkénazes d'Europe centrale et orientale. Après son apogée dans les années 1920, cette langue a disparu progressivement mais s'est stabilisée maintenant. Actuellement, elle est parlée par une petite communauté de 1 500 personnes[55], en premier lieu par des Juifs ultra-orthodoxes.

Walser[modifier | modifier le code]

Le « walser » est une langue alémanique du groupe alémanique supérieur originaire de la vallée de Conches (Goms en allemand), en Haut-Valais. Le peuple walser, formé par des groupes d'Alamans venus de l'Oberland bernois, s'est installé aux environs de l'an mil dans la vallée de Conches. Le climat doux de l'époque leur a permis de défricher en haute altitude des territoires vierges pour s'y établir en permanence. L'accroissement rapide de leur population les a poussés à migrer à partir du XIIe siècle et jusqu'au XVe siècle. Ils ont fondé plus de 150 colonies sur une grande partie de l'arc alpin, de la Savoie jusqu'au Tyrol. Sur le territoire de la Suisse actuelle, ils se sont établis à Bosco/Gurin et en de nombreux endroits des Alpes rhétiques (canton des Grisons)[66],[67] mais aussi en Italie (vallée d'Aoste et au Piémont), Autriche (Vorarlberg et Tyrol) et Liechtenstein[68]. Menacée de disparition, cette langue est encore parlée par environ 10 000 personnes en Suisse et 13 000 en Italie, en Autriche et au Liechtenstein[69].

Langues immigrantes étrangères[modifier | modifier le code]

Au quadrilinguisme historique des langues nationales se superpose un plurilinguisme d'immigration[70].

L'immigration est en forte augmentation durant le XXe siècle. Néanmoins, la part des langues étrangères non nationales comme langue principale reste très faible durant la première moitié du XXe siècle avec moins de 1 %. C'est dans la deuxième moitié du siècle que cette part augmente fortement jusqu'à représenter 9 % en 2000 en raison de changement de provenance des étrangers[pls 4]. Les principales langues sont, dans l'ordre décroissant du nombre de locuteurs, le serbe, le croate, l'albanais, le portugais, l'espagnol, l'anglais et le turc[55].

L'anglais est surtout présent dans les principales zones urbaines de Zurich, Zoug, Bâle, la région lémanique Genève-Lausanne mais aussi dans le Bas-Valais. Le portugais est fortement représenté dans la région francophone alors que dans la région germanophone prédominent le serbe et le croate, l'albanais et le turc. Le serbe et le croate sont également très présents en Suisse italienne.

Répartition des principales langues non nationales selon les régions linguistiques, en % (en 2000)[pls 8]
- En % de la
population totale[pls 4]
En nombre absolu de la
population totale[pls 4]
Part région
germanophone
Part région
francophone
Part région
italophone
Part région
romanchophone
Serbe / croate 1,4 103 350 84,1 10,6 5,1 0,2
Albanais 1,3 94 937 84,4 13,6 1,8 0,1
Portugais 1,2 89 527 46,4 49,3 4,0 0,3
Espagnol 1,1 77 506 57,3 38,6 4,1 0,1
Anglais 1,0 73 425 53,9 43,9 2,1 0,1
Turc 0,6 44 523 88,3 9,7 2,0 0,0
Source : Recensement fédéral de la population (2000), Office fédéral de la statistique
Anglais[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Anglais en Suisse.

L'anglais, en Suisse, n'est pas une langue issue des grands courants d'immigration comme le sont l'espagnol, le serbe ou le portugais[71] mais une langue globale[72],[g 1]. L'anglais est enseigné dès l'école obligatoire[73] et il est souvent décrit comme plus simple à apprendre que les langues nationales[74].

Historiquement, les pays anglophones tissent des liens avec la Suisse à l'époque de la Réforme puis au XVIIIe siècle. Des écrivains tels que George Gordon Byron et Mary Shelley visitent l'Oberland bernois ou la région du Léman et publient leurs impressions, contribuant à l'attrait touristique, dès la fin du XIXe siècle pour les Alpes et la Suisse[75]. La première chaire d'anglais est créée à l'École polytechnique fédérale de Zurich, en 1855. En Suisse romande, il faut attendre 1920 pour l'ouverture de chaires aux universités de Genève et de Lausanne. Ainsi, durant la première moitié du XXe siècle, l'anglais était pratiqué pour les seuls besoins liés au tourisme et au commerce extérieur.

Par la suite, l'enseignement de l'anglais comme deuxième langue étrangère se développe dans le degré secondaire, sauf au Tessin. L'influence anglaise et américaine dans les domaines de la musique, de la publicité et de la terminologie scientifique, bancaire, informatique et aéronautique contribue à l'insertion de l'anglais comme langue globale dans la vie quotidienne. L'anglais est alors utilisé, dans certains cas (en fonction des régions, des groupes socio-culturels ou des professions), pour communiquer entre différentes communautés linguistiques[dhs 13]. Face à l'invasion d'anglicismes, signe de colonisation culturelle, la chancellerie fédérale recommande l'emploi de mots anglais uniquement s'il n'y a pas d'équivalent dans les langues nationales. Elle dresse une liste d'anglicismes à bannir du vocabulaire officiel pour les relations entre l'État et le citoyen[76],[77].

Langues véhiculaires[modifier | modifier le code]

Selon le principe de territorialité, la seule connaissance de la langue du lieu de résidence est indispensable aux habitants. Néanmoins, par la proximité de frontières linguistiques, les langues nationales servent de langue véhiculaire. Le bilinguisme, voire le plurilinguisme, s'observe notamment par contact direct entre habitants dans les zones situées à la frontière des langues, ou entre des régions distantes par les moyens de communication modernes comme, par exemple, dans le cadre de contacts professionnels[dhs 3]. L'allemand, dans ce cas, est la principale langue véhiculaire[78]. Néanmoins, les Suisses alémaniques parlent des dialectes suisses allemands qui ne sont pas enseigné aux Romands et Tessinois à l'école publique; les compétences en suisse allemand des Romands et Tessinois sont plus faibles que celle de l'allemand. Le « modèle Suisse » veut que chacun s'exprimant dans sa langue puisse être compris par son interlocuteur parlant une autre langue nationale[g 2],[mb 1]. Ainsi, un Romand et un Suisse alémanique peuvent s'entendre, selon leurs compétences, en allemand ou en français. Cela suppose que le Suisse alémanique fasse l'effort de s'exprimer en allemand; mais si un Romand est en communication avec plusieurs alémaniques, il est difficile à ceux-ci de maintenir la conversation en allemand; ils auront naturellement tendance à revenir à leur langue parlée : un dialecte suisse alémanique[g 3].

En moyenne, un adulte parle deux langues étrangères : une autre langue nationale et l'anglais. Deux tiers des personnes déclarent avoir de bonne voire très bonnes connaissance de ces langues étrangères[79]. L'apprentissage de ces langues se fait au cours de la scolarité obligatoire. L'usage et le niveau de maîtrise varie en fonction du parcours de vie et de leur fréquence d'utilisation, 35 % déclarent apprendre des langues étrangères pour des raisons professionnelles[n 5],[80].

L'étudiant, surtout s'il provient d'une région linguistique minoritaire, est parfois confronté à la question de la nécessité de maitriser une autre langue pour ses études. En entreprise, la langue de travail peut parfois différer de celle de l'implantation de l'entreprise. Selon le secteur d'activité et le rayon d'action national ou international de l'entreprise, en fonction de la clientèle mais aussi selon les habitudes au sein d'une entreprise, l'usage de l'allemand ou de l'anglais facilite la communication. Ainsi, l’anglais est souvent utilisé comme langue véhiculaire dans une entreprise internationale. Pour un Romand, en revanche, la pratique de l'allemand est un avantage sur le marché du travail, de nombreuses sociétés ayant leur siège en Suisse alémanique[78],[81].

Seule une minorité utilise professionnellement l'anglais[80] et d'autre langues étrangères servent de langue véhiculaires en Suisse. Dans la branche de la construction ou l'hôtellerie, notamment, on peut entendre des employés communiquant en italien, portugais ou serbe par exemple, selon les différentes vagues d'immigration. On peut voir sur certains chantiers des panneaux de port du casque en quatre langues, soit : allemand, français, italien et espagnol[82].

Les langues dans l'administration fédérale[modifier | modifier le code]

La salle de l'Assemblée fédérale.

À l'Assemblée fédérale, les députés peuvent en principe s'exprimer dans la langue nationale de leur choix. Les germanophones étant majoritaires, c'est l'allemand qui est le plus souvent utilisé. Les italophones choisissent l'allemand ou le français et les francophones utilisent en principe le français. Le romanche n'est quasiment pas utilisé. Un système de traduction simultanée existe pour l'allemand, le français et l'italien[7].

Les textes législatifs fédéraux sont normalement promulgués et publiés simultanément en allemand, en français et en italien ; chaque version linguistique est considérée comme texte original, ce qui peut parfois provoquer des confusions juridiques[83]. En fait, les textes sont rédigés dans près de 80 % des cas en allemand[84] puis traduits en français et en italien. Certaines lois sont également traduites en romanche[7].

Le français fédéral désigne le style des textes administratifs, qui, mal traduits, trahissent un substrat germanique[85]. En effet, traduits de l'allemand, les documents officiels cherchent à coller à l'original. Il en résulte une rédaction affligée d'un juridisme étroit et mal adaptée à la langue française.

Alors que l'administration de la « Berne fédérale » est trilingue, voire quadrilingue, et répond au citoyen dans la langue nationale utilisée par celui-ci, l'administration fédérale décentralisée utilise exclusivement la ou les langues officielles du canton selon le principe de territorialité[7]. En 2003, le Conseil fédéral a édicté une valeur de référence de représentation pour chacune des langues nationales, basée sur « la proportion des langues maternelles parlées par la population résidente de nationalité suisse » ; en se basant sur ces valeurs et en les comparant aux pourcentages d'employés de l'administration fédérale, les chercheurs du programme national de recherche « PNR 56 » sur la diversité des langues et compétences linguistiques en Suisse[86] ont démontré dans leur rapport final une sous-représentation de la Suisse romande (19,9 % des employés alors que la communauté représente plus de 23 %) et une sur-représentation de la Suisse italienne (6,5 % contre 4,4 % de la communauté)[87]. Cependant, la même étude révèle que les Suisses allemands sont largement sur-représentés dans les départements fédéraux de la Défense et des affaires étrangères où ils représentent respectivement 82 et 80 % du total des employés et des pourcentages encore plus importants dans les postes dirigeants[88] ou dans des fonctions spécialisées comme les finances ou la gestion du personnel[84]. Le rapport conclut sur la proposition faite au Conseil fédéral d'imposer des mesures contraignantes, en particulier dans la nouvelle loi sur les langues qui entrera en vigueur en 2010, afin de corriger ces inégalités linguistiques[89]. Une association, Helvetia latina, principalement constituée de parlementaires et d'employés fédéraux, fait pression à divers niveaux pour que les minorités linguistiques latines soient équitablement représentées.

Avec l'entrée en vigueur le 1er juillet 2010 de l'ordonnance sur les langues, des quotas au sein des employés dans l'administration fédérale vont être appliqués. Les départements et la Chancellerie fédérale doivent veiller à employer 70 % de germanophones, 22 % de francophones, 7 % d'italophones et 1 % de romanches. Les cadres devront connaitre activement deux langues officielles et avoir des notions de la troisième. L'ordonnance veut encourager l'usage des langues maternelles minoritaires, italien et romanche, au sein de l'administration. Les textes des autorités doivent être systématiquement traduits en italien et en romanche. En outre, l'ordonnance sur les langues fixe le cadre de l'utilisation du romanche en tant que langue partiellement officielle de la Confédération[24],[25].

Les tribunaux fédéraux sont trilingues et les citoyens peuvent utiliser la langue habituelle de leur lieu d'habitation. Mais le tribunal rend ses sentences uniquement dans la langue de la partie défenderesse[90].

Langues parlées dans le cercle familial[modifier | modifier le code]

L'immigration, les réseaux de communication, les brassages de population font que l'individu, dans le cadre familial ou au sein d'un groupe social, utilise principalement une langue qui n'est pas forcément celle de son lieu de résidence[pls 9].

Lors des deux derniers recensements fédéraux, ceux de 1990 et de 2000, à la question « «Quelle(s)langue(s) parlez-vous habituellement à la maison, avec les proches? », les réponses possibles, à choix sous forme de cases à cocher, étaient : allemand, français, italien, romanche, dialecte alémanique, patois romand, dialecte tessinois ou italo-grison et anglais. Une dernière possibilité étant de répondre « autres langues »[pls 9], les réponses multiples étant possible[pls 10].

Le résultat, en groupant les dialectes avec les langues nationale, est que la répartition est comparable à la répartition des langues principales et des régions linguistiques avec une sur-représentation des langues minoritaires (allant croissant).

Langue principale et langue parlée, en % (en 2000)[pls 11]
- Allemand Français Italien Romanche Anglais Autres
[n 3],[pls 4]
Remarques
Langue principale 63,7 20,4 6,5 0,5 1,0 8,0 total : 100 % (un seul choix)
Langue parlée 67,5 23,9 10,4 0,7 4,4 13,2 choix multiples
Source : Recensement fédéral de la population (2000), Office fédéral de la statistique

Langues parlées dans l'activité professionnelle[modifier | modifier le code]

Les langues parlées au travail diffèrent fortement selon les régions linguistiques, les catégories socio-professionnelles et les branches d'activité.

Chaque langue nationale a, en l'an 2000 et dans sa région linguistique, une très forte présence et une tendance à progresser par rapport au recensement de 1990[pls 12] :

Langue nationale parlée dans sa région, en %[pls 12]
- Allemand
en Suisse allemande
Français
en Suisse romande
Italien
en Suisse italienne
Romanche
aux Grisons romanche
Recensement 1990 95,2 95,6 97,6 74,4
Recensement 2000 98,5 97,9 98,6 77,5
Source : Recensements fédéraux de la population (1990, 2000), Office fédéral de la statistique

En raison de l'évolution du monde du travail, la tendance est à l’usage professionnel de plusieurs langues. La progression de l'anglais est le plus marqué. Il correspondrait à l'évolution de l'offre et de la demande, dans certains milieux, pour des personnes plus anglophile. Néanmoins, cette progression ne se fait pas au détriment de l'allemand ou du français; il s'agit d'un ajout, une diversification de l'usage des langues[pls 12].

allemand, français, italien et anglais parlé au travail
selon les catégories socio-professionnelles, en % (en 2000)
[pls 13]
- Catégories socio-professionnelles Région Allemand Français Italien Anglais Moyenne nombre de
langues parlée
1 Dirigeants Suisse alémanique 97,8[n 6],[pls 14] 59,8 30,6 13,0 43,0 2 ou presque
2 Professions libérales Suisse alémanique 98,7[n 6],[pls 14] 73,5 41,5 23,3 54,5 plus de 2
3 Autres indépendants Suisse alémanique 99,3[n 6],[pls 14] 37,1 16,9 9,4 20,5
4 Professions intellectuelles et encadrement Suisse alémanique 97,8[n 6],[pls 14] 74,5 35,4 11,2 51,5 >2
5 Professions intermédiaires Suisse alémanique 99,1[n 6],[pls 14] 57,3 24,1 10,6 30,0 presque 2
6 Non manuels qualifiés Suisse alémanique 99,3[n 6],[pls 14] 46,3 22,3 10,9 24,0 presque 2
7 Manuels qualifiés Suisse alémanique 98,5[n 6],[pls 14] 25,9 7,7 7,3 7,1 plus de 1.3
8 Employé / ouvrier non qualifiés Suisse alémanique 94,5[n 6],[pls 14] 34,8 10,0 14,8 8,6 plus de 1.3
9 Actifs non attribuables Suisse alémanique 96,7[n 6],[pls 14] 40,9 15,7 10,9 17,3
10 Total Suisse alémanique 98,0[n 6],[pls 14] 46,4 19,7 11,1 23,4 plus de 1.5
1 Dirigeants Suisse romande 30,1 93,3 8,4 46,1 1.8
2 Professions libérales Suisse romande 26,0 97,5 9,2 37,9 moins de 1.8
3 Autres indépendants Suisse romande 15,4 98,5 7,6 12,3
4 Professions intellectuelles et encadrement Suisse romande 24,4 95,9 7,3 42,4 moins de 1.8
5 Professions intermédiaires Suisse romande 19,4 98,5 6,8 22,6 plus de 1.4
6 Non manuels qualifiés Suisse romande 16,3 99,1 6,3 16,2
7 Manuels qualifiés Suisse romande 7,8 98,8 5,5 3,3 moins de 1.4
8 Employé / ouvrier non qualifiés Suisse romande 6,0 97,5 7,0 4,6 moins de 1.4
9 Actifs non attribuables Suisse romande 13,0 97,1 6,6 13,8
10 Total Suisse romande 15,4 97,9 6,8 17,7 1.4
1 Dirigeants Suisse italienne 39,8 33,2 98,1 29,7 plus de 2
2 Professions libérales Suisse italienne 40,2 30,5 97,3 24,9 moins de 2
3 Autres indépendants Suisse italienne 28,7 17,9 97,7 10,8
4 Professions intellectuelles et encadrement Suisse italienne 32,4 29,6 98,1 24,8 moins de 2
5 Professions intermédiaires Suisse italienne 27,0 22,6 98,7 14,5
6 Non manuels qualifiés Suisse italienne 23,8 19,0 99,1 11,0
7 Manuels qualifiés Suisse italienne 9,9 6,3 99,5 1,8 un peu plus d'une
8 Employé / ouvrier non qualifiés Suisse italienne 9,4 5,6 99,0 2,7 un peu plus d'une
9 Actifs non attribuables Suisse italienne 19,0 13,6 98,1 8,5
10 Total Suisse italienne 22,0 16,9 98,6 11,0 1.5
Source : Recensement fédéral de la population (2000), Office fédéral de la statistique
Langues parlée au travail
selon la branche d'activité, en % (en 2000)
[pls 15]
- Branches d'activité Région Allemand Français Italien Anglais Autres Romanche Suisse-allemand
1 Professions de l’agriculture,
de l’économie forestière et
de l’élevage
Suisse alémanique 16,9 5,5 2,1 3,6 2,1 0,4 99,0
2 Professions de l’industrie,
et des arts et métiers
(sauf construction)
Suisse alémanique 32,3 8,3 8,8 9,8 4,2 0,4 98,2
3 Professions de la
technique et de
l’informatique
Suisse alémanique 55,0 17,8 7,9 37,0 4,1 0,4 98,4
4 Professions de la
construction et de
l’exploitation minière
Suisse alémanique 24,0 4,9 14,5 4,2 6,3 0,5 95,5
5 Professions commerciales et
professions des transports et
de la circulation
Suisse alémanique 46,1 26,5 12,4 28,6 5,1 0,6 99,1
6 Professions de l’hôtellerie,
de la restauration et des
services personnels
Suisse alémanique 37,9 13,6 14,9 14,0 9,0 0,6 95,6
7 Professions du management,
de l’administration, de la
banque et des assurances
et professions judiciaires
Suisse alémanique 56,9 31,6 11,3 37,1 4,4 0,4 99,1
8 Professions de la santé,
de l’enseignement et de
la culture et professions
scientifiques
Suisse alémanique 61,5 23,0 12,1 24,8 4,8 0,5 99,0
9 Autres Suisse alémanique 41,7 16,3 11,6 18,1 6,8 0,4 96,6
10 Total Suisse alémanique 46,4 19,9 11,2 23,4 5,3 0,5 98,0
1 Professions de l’agriculture,
de l’économie forestière et
de l’élevage
Suisse romande   97,5 1,3 1,8 4,6 0,0 10,5
2 Professions de l’industrie,
et des arts et métiers
(sauf construction)
Suisse romande   98,9 6,5 5,2 4,8 0,0 8,4
3 Professions de la
technique et de
l’informatique
Suisse romande   98,2 6,5 27,7 4,7 0,0 18,6
4 Professions de la
construction et de
l’exploitation minière
Suisse romande   97,4 9,0 1,8 10,7 0,1 5,1
5 Professions commerciales et
professions des transports et
de la circulation
Suisse romande   98,1 8,3 20,8 6,6 0,1 19,9
6 Professions de l’hôtellerie,
de la restauration et des
services personnels
Suisse romande   97,8 7,7 9,4 10,5 0,0 9,5
7 Professions du management,
de l’administration, de la
banque et des assurances
et professions judiciaires
Suisse romande   97,7 7,5 30,4 5,7 0,0 22,9
8 Professions de la santé,
de l’enseignement et de
la culture et professions
scientifiques
Suisse romande   98,5 4,9 17,1 4,4 0,0 14,2
9 Autres Suisse romande   97,0 6,8 14,2 7,5 0,1 12,9
10 Total Suisse romande   97,9 6,8 17,7 6,4 0,0 15,4
1 Professions de l’agriculture,
de l’économie forestière et
de l’élevage
Suisse italienne 18,4 7,7 98,5 2,0 3,0 0,1  
2 Professions de l’industrie,
et des arts et métiers
(sauf construction)
Suisse italienne 11,7 9,2 99,2 3,0 1,4 0,2  
3 Professions de la
technique et de
l’informatique
Suisse italienne 27,8 20,8 98,6 16,6 2,2 0,2  
4 Professions de la
construction et de
l’exploitation minière
Suisse italienne 6,8 3,8 99,4 0,9 2,2 0,1  
5 Professions commerciales et
professions des transports et
de la circulation
Suisse italienne 28,0 21,4 98,4 14,6 3,0 0,2  
6 Professions de l’hôtellerie,
de la restauration et des
services personnels
Suisse italienne 18,4 10,6 98,5 6,0 5,0 0,1  
7 Professions du management,
de l’administration, de la
banque et des assurances
et professions judiciaires
Suisse italienne 30,4 26,5 99,0 18,8 2,4 0,1  
8 Professions de la santé,
de l’enseignement et de
la culture et professions
scientifiques
Suisse italienne 21,8 16,7 98,3 9,7 2,3 0,1  
9 Autres Suisse italienne 17,8 12,9 98,3 8,2 3,2 0,2  
10 Total Suisse italienne 22,0 16,9 98,6 11,0 2,8 0,2  
Source : Recensement fédéral de la population (2000), Office fédéral de la statistique

Langues des médias[modifier | modifier le code]

Compétences en langues secondes[modifier | modifier le code]

L'enquête CLES, réalisée en novembre 1994[n 7], porte entre autres sur les compétences linguistiques[g 4]. Les types de compétences sont comprendre, parler, lire et écrire; elles sont notées selon quatre niveaux : parfaitement ou presque, bien, basses et rien ou presque[g 5]. Les questions portent sur les compétences dans les deux autres principales langues nationale auxquelles s'ajoute le suisse allemand et l'anglais. Elles sont reportées selon les critères suivants :

  1. pour chaque groupe linguistique (germanophones en Suisse allemande, francophones en Suisse romande et italophones en Suisse italienne);
  2. pour chaque langue principale (germanophone, francophones et italophones; toutes régions confondues) et
  3. pour chaque région linguistique (Suisse romande, Suisse alémanique et Suisse italienne; toutes langues maternelles confondues).

Indices de compétences[modifier | modifier le code]

Par groupe linguistique[modifier | modifier le code]

Les compétences en compréhension orale, expression orale, lecture et écriture de :

  • français et italien pour les germanophones vivant en Suisse alémanique;
  • allemand et italien pour les francophones vivant en Suisse romande et
  • allemand et français pour les italophones vivant en Suisse italienne;

La compréhension de l'allemand parlé est modeste pour le groupe des francophones en Suisse romande, 40 % d'entre-eux estiment n'avoir que les bases, 37 % le comprennent aisément et 22 % s'estiment incapables de le comprendre. Les italophones de Suisse italienne obtiennent des résultats semblables mais légèrement moins bons. La compréhension du français parlé est la meilleure pour les italophones de Suisse italienne : plus des deux tiers estiment le comprendre aisément. Pour le groupe des germanophones en Suisse alémanique, 46 % d'entre-eux estiment le comprendre aisément et seulement 19 % s'estiment incapables de le comprendre. La compréhension de l'italien par les francophones en Suisse romande ne reflète pas la parenté des deux langues : 23 % estiment le comprendre aisément et 41,7 % ne le comprennent pas. Pour le groupe des germanophones en Suisse alémanique, 49 % d'entre-eux s'estiment incapables de le comprendre et seulement 17 % s'estiment le comprendre aisément[g 2].

L'expression orale suit les mêmes profils que la compréhension mais à un niveau plus faible. Les suisses s'y sentent moins à l'aise. Environ 31 % des francophones en Suisse romande et des italophone en Suisse italienne estiment parler aisément l'allemand. Environ 30 % des francophones en Suisse romande et 27 % des italophones de Suisse italienne répondent rien ou presque. Les italophones de Suisse italienne restent à un bon niveau d'oral en français avec deux tiers estimant le parler aisément alors qu'ils sont 33 % des germanophones en Suisse alémanique à le penser. L'expression orale en italien est jugée nulle par environ 56 % des germanophones en Suisse alémanique et par environ 62 % des francophones en Suisse romande; ils sont environ 12 % des germanophones en Suisse alémanique et environ 18 % des francophones en Suisse romande à estimer le parler aisément[g 6].

Les niveaux de lecture se décalent encore plus vers le bas. Si environ 30 % des francophones en Suisse romande et des italophones de Suisse italienne déclarent lire aisément l'allemand, ils sont 40,5 % de francophones en Suisse romande et 36,6 % des italophones de Suisse italienne à se déclarer incapables de lire l'allemand. En lecture du français, les italophones de Suisse italienne restent en tête avec environ 67 % le maîtrisant bien; les germanophones en Suisse alémanique le sont à 39 %. Les niveau de lecture de l'italien est encore plus faible avec environ 66 % de germanophones en Suisse alémanique déclarant ne pas pouvoir lire italien et environ 62 % pour les francophones en Suisse romande, ceci malgré la proximité des deux langues[g 7].

Les niveaux d'écriture sont, en moyenne, 10 points plus bas que ceux de l'expression orale. Environ 21 % des francophones en Suisse romande et 26 % des italophones de Suisse italienne déclarent écrire l'allemand aux niveaux bien ou parfaitement. Les germanophones en Suisse alémanique font mieux en français écrit avec environ 28 % et les italophones de Suisse italienne sont plus de 50 % à déclarer pouvoir écrire en français bien ou parfaitement[g 8].

Les compétences en suisse allemand sont modestes, ce qui s'explique par la difficulté d'apprentissage de ces dialectes en dehors de la Suisse alémanique. Environ 20 % des francophones en Suisse romande et des italophones en Suisse italienne comprennent et s'expriment bien en suisse allemand; environ 70 % n'ont pas les compétences pour le comprendre ou le parler[g 9].

Les compétences en anglais diffèrent fortement selon les groupes : Si 63,4 % des italophones en Suisse italienne ont peu ou pas de compétences en anglais, les francophones (46,8 %) et les germanophones (31,7 %) sont dans ce cas. À l'inverse, ils sont plus de 50 % les germanophones avec de bonnes compétences, 35 % pour les francophones et 15,4 % les italophones en Suisse italienne. Les germanophones et francophones se distinguent par le petit nombre ayant de faibles connaissances; ainsi, deux groupes s'opposent : ceux qui « comprennent » et ceux qui « ne comprennent pas » l'anglais[g 10].

Le tableau indique le niveau moyen des compétences obtenu par moyenne arithmétique des pourcentages de réponses parfaitement ou presque, bien, basses et rien ou presque sur une échelle de 0 à 100.

Moyennes des compétences en langues secondaires selon les régions linguistiques, sur une échelle de 0 à 100 (en 1994)[g 11]
Compétence Groupe Allemand Français Italien Anglais[g 12] Suisse allemand[g 3]
Compréhension orale[g 13] Germanophones en Suisse alémanique   46,6 23,9    
Expression orale[g 14] Germanophones en Suisse alémanique   40,1 19,7    
Lecture[g 15] Germanophones en Suisse alémanique   40,7 15,2    
Écriture[g 16] Germanophones en Suisse alémanique   32,0 10,3    
Compréhension orale Francophones en Suisse romande 42,7   31,4   23,2
Expression orale Francophones en Suisse romande 37,4   21,9   16,2
Lecture Francophones en Suisse romande 32,8   21,0    
Écriture Francophones en Suisse romande 26,5   12,8    
Compréhension orale Italophones en Suisse italienne 41,1 62,8     24,1
Expression orale Italophones en Suisse italienne 39,8 60,2     18,6
Lecture Italophones en Suisse italienne 36,0 59,4      
Écriture Italophones en Suisse italienne 30,6 49,4      
Indices composés[g 17] Germanophones en Suisse alémanique   39,8 17,3 42,0  
Indices composés Francophones en Suisse romande 34,9   21,8 34,2 19,7
Indices composés Italophones en Suisse italienne 36,9 57,9   20,1 21,3
Source : projet CLES (1994), Programme national de recherche, PNR 33. Compilation des moyennes des tableaux no 5.2, 5.3, 5.4, 5.5, 5.6, 5.9 et 5.10

Indices combinés selon les régions et les langues principales[modifier | modifier le code]

Les compétences en langues nationales et en anglais de :

  • germanophones, respectivement francophones et italophones, vivant dans leur propre région linguistique ;
  • germanophones, respectivement francophones et italophones, de toute la Suisse et
  • toutes langues maternelles, y compris étrangères, selon les régions linguistiques.

Le tableau indique l'indice composé des compétences obtenu par moyenne arithmétique des pourcentages de réponses en compréhension orale, expression orale, lecture et écriture et des niveaux parfaitement ou presque, bien, basses et rien ou presque sur une échelle de 0 à 100.

Niveau moyen des compétences en langues secondaires, indices composés, sur une échelle de 0 à 100 (en 1994)[g 18]
- Locuteurs considérés Région Allemand Français Italien Anglais[g 12]
1[g 17] Germanophones Suisse alémanique   39,8 17,3 42,0
2[g 19] Germanophones Suisse   41,1 17,7 42,5
3[g 20] Toutes langues Suisse alémanique   39,4 21,8 40,2
4[g 17] Francophones Suisse romande 34,9   21,8 34,2
5[g 19] Francophones Suisse 37,3   22,6 33,3
6[g 20] Toutes langues Suisse romande 34,1   27,5 34,3
7[g 17] Italophones Suisse italienne 36,9 57,9   20,1
8[g 19] Italophones Suisse 49,4 53,6   17,9
9[g 20] Toutes langues Suisse italienne 43,0 58,3   23,4
Source : projet CLES (1994), Programme national de recherche, PNR 33. Compilation des moyennes des tableaux no 5.6, 5.7, 5.8 et 5.10

Acquisition de compétences[modifier | modifier le code]

Les différents moyens d'acquérir des compétences en langues secondes sont[g 21] :

  • Matière scolaire
  • Le vécu dans une autre région que celle de la langue maternelle
  • Scolarisation dans une autre langue maternelle de tout ou partie du programme scolaire
  • Utilisation régulière durant l'enfance au sein de la famille
  • Séjour linguistique
  • Cours privés et cours du soir
  • Apprentissage autodidacte
  • Autres (partenaire, conjoint, relation, travail, loisir)

Matières scolaires[modifier | modifier le code]

L'enseignement des langues étrangères fait partie des matières enseignées à l'école publique. Le choix et l'ordre d'introduction dans le programme scolaire varie selon les cantons et les régions linguistiques[g 22].

Les germanophones et les italophones sont plus nombreux que les francophones à apprendre plus d'une langue seconde. L'ordre majoritaire d'apprentissage scolaire est, en 1994[g 23] :

  • Pour les germanophones : 1. français (86 %), 2. anglais (63,3 %), 3. anglais (51,6 %) ou italien (34,4 %) et 4. espagnol (37,8 %) ou anglais (27 %)
  • Pour les francophones : 1. allemand (88,8 %), 2. anglais (76 %), 3. anglais (37 %) ou italien (28,3 %) et 4. espagnol (28,6 %)
  • Pour les italophones : 1. français (61,5 %) ou allemand (32,8 %), 2. allemand (40 %) ou français (35,3 %), 3. anglais (75,9 %) et 4. anglais (66,7 %) ou espagnol (33,3 %)

Les profils des germanophones et des francophones sont symétriques; ils sont près de 90 % à apprendre en premier le français, respectivement l'allemand et ensuite l'anglais. L'anglais est étudié à un taux plus élevé chez les francophones alors que c'est l'italien pour les germanophones. À noter que ces résultats se basent sur les données récoltées en 1994. Depuis les années 2000, le canton de Zurich suivi par la majorité des cantons de Suisse centrale et orientale enseignent dorénavant l'anglais avant le français[91].

Le profil des italophones est différent : l'accent est mis sur les deux autres langues nationales, français et allemand, reléguant l'anglais à la troisième place avec seulement 20 % de personnes l'ayant étudié à l'école publique[g 23].



Apprentissage de langues secondes, germanophones
Fréquences langues secondes, germanophones
Apprentissage de langues secondes, francophones
Apprentissage de langues secondes, italophones
Fréquences langues secondes, francophones
Fréquences langues secondes, italophones

Autres moyens d'acquisition[modifier | modifier le code]

Un classement des moyens d'acquisition autres que matière scolaire est réalisé dans le cadre de l'enquête CLES (1994).

L'apprentissage de l'allemand se fait principalement par le vécu, pour 35,4 % des italophones non-Suisses, 26,9 % des italophones Suisses suivi par les francophones (22 %). L'enfance et la scolarisation en allemand est fréquente pour les italophones non-Suisses, moyenne pour les italophones Suisses et plus faible pour les francophones. Les francophones sont plus nombreux à déclarer apprendre l'allemand, mais pas le suisse-allemand, par les séjours linguistiques; ce que déclarent modestement les italophones Suisses et presque pas les italophones non-Suisses. Les italophones Suisses privilégient les cours du soir à 21,4 %, les francophones moyennement (environ 11 %) et enfin les italophones non-Suisses pas trop (7,1 %). Finalement, les italophones Suisses sont, avec 12,8 %, les plus nombreux à apprendre l'allemand d'une façon autodidacte[g 24].

L'apprentissage du français se fait principalement par le vécu, pour 27,4 % des italophones non-Suisses mais seulement 18,5 % des germanophones et 12,7 % des italophones Suisses. Les séjours linguistiques sont le premier moyen d'apprentissage pour les germanophones avec 21,7 %, ainsi que par les italophones Suisses avec 16,6 %. Ils ne sont que 3,1 % des italophones non-Suisses dans ce cas. Les cours privés et cours du soir viennent en troisième position pour les germanophones et les italophones non-Suisses alors que les italophones Suisses ne sont que 2,5 %. l'enfance et la scolarisation en français est fréquente pour les italophones non-Suisses avec près de 20%; elle est moyenne pour les italophones Suisses et faible pour les germanophones[g 25].

Les profils d'apprentissage de l'anglais par les germanophones et francophones sont semblables. Il se fait majoritairement en cours privés et cours du soir pour 30,8 % des germanophones et 19,5 % des francophones, suivi par les italophones Suisses (17,5 %) puis non-Suisses (13,9 %). En deuxième, ce sont les séjours linguistiques (21,1 % germanophones et 18,1 % francophones) mais seulement 9 % d'italophones Suisses et 4,2 % de non-Suisses. Pour les italophones, ce sont les moyens autodidactes qui sont en deuxième position mais déjà faibles (9,9 % Suisses et 9,2 % non-Suisses) alors qu'ils sont 16,3 % de germanophones et 15,7 % à avoir choisi ce moyen. Le vécu vient ensuite pour 12,8 % des francophones et 12,3 % des germanophones ; il est insignifiant pour les italophones. Enfin, la scolarité et l'enfance dans un environnement anglophone est faible pour tous[g 26].

Les résultats, selon la langue principale du groupe linguistique (allemand/dialecte, français, italien Suisse et italien non-Suisse) et la langue apprise (allemand, dialecte alémanique, allemand et dialecte alémanique conjointement, français et anglais) sont[g 27] :


Germanophones apprenant le français, en [%][g 28] :

1. Séjour linguistique
 
21.7
 
2. Le vécu dans une autre région
 
18.5
 
3. Cours privés et cours du soir
 
15.5
 
4. Apprentissage autodidacte
 
6.5
 
5. Scolarisation
 
5.0
 
6. Enfance
 
3.6
 


Francophones apprenant l'allemand[g 29] :

1. Séjour linguistique
 
17.6
 
2. Le vécu dans une autre région
 
15.6
 
3. Cours privés et cours du soir
 
10.2
 
4. Scolarisation
 
6.0
 
5. Apprentissage autodidacte
 
5.4
 
6. Enfance
 
3.5
 


Francophones apprenant le dialecte alémanique, en [%][g 29] :

1. Le vécu dans une autre région
 
12.8
 
2. Enfance
 
6.3
 
3. Séjour linguistique
 
2.9
 
4. Scolarisation
 
2.2
 
5. Cours privés et cours du soir
 
1.5
 
6. Apprentissage autodidacte
 
0.8
 


Francophones apprenant conjointement l'allemand et le dialecte alémanique, en [%][g 29] :

1. Le vécu dans une autre région
 
22.0
 
2. Séjour linguistique
 
19.0
 
3. Cours privés et cours du soir
 
11.3
 
4. Enfance
 
9.5
 
5. Scolarisation
 
8.3
 
6. Apprentissage autodidacte
 
6.2
 


Italophones Suisses apprenant le français, en [%][g 28] :

1. Séjour linguistique
 
16.6
 
2. Le vécu dans une autre région
 
12.7
 
3. Scolarisation
 
8.0
 
4. Enfance
 
3.3
 
5. Cours privés et cours du soir
 
2.5
 
6. Apprentissage autodidacte
 
2.2
 


Italophones Suisses apprenant l'allemand, en [%][g 29] :

1. Cours privés et cours du soir
 
21.4
 
2. Le vécu dans une autre région
 
19.3
 
3. Séjour linguistique
 
13.5
 
4. Scolarisation
 
13.4
 
5. Apprentissage autodidacte
 
12.8
 
6. Enfance
 
12.5
 


Italophones Suisses apprenant le dialecte alémanique, en [%][g 29] :

1. Le vécu dans une autre région
 
12.2
 
2. Enfance
 
5.0
 
3. Séjour linguistique
 
2.1
 
4. Scolarisation
 
1.4
 
5. Cours privés et cours du soir
 
0.0
 
6. Apprentissage autodidacte
 
0.0
 


Italophones Suisses apprenant conjointement l'allemand et le dialecte alémanique, en [%][g 29] :

1. Le vécu dans une autre région
 
26.9
 
2. Cours privés et cours du soir
 
21.4
 
3. Enfance
 
17.3
 
4. Séjour linguistique
 
15.3
 
5. Scolarisation
 
14.6
 
6. Apprentissage autodidacte
 
12.8
 


Germanophones apprenant l'anglais, en [%][g 28] :

1. Cours privés et cours du soir
 
30.8
 
2. Séjour linguistique
 
21.1
 
3. Apprentissage autodidacte
 
16.3
 
4. Le vécu dans une autre région
 
12.3
 
5. Scolarisation
 
2.3
 
6. Enfance
 
0.8
 


Francophones apprenant l'anglais, en [%][g 28] :

1. Cours privés et cours du soir
 
19.5
 
2. Séjour linguistique
 
18.1
 
3. Apprentissage autodidacte
 
15.7
 
4. Le vécu dans une autre région
 
12.8
 
5. Scolarisation
 
6.0
 
6. Enfance
 
2.0
 


Italophones Suisses apprenant l'anglais, en [%][g 28] :

1. Cours privés et cours du soir
 
17.5
 
2. Apprentissage autodidacte
 
9.9
 
3. Séjour linguistique
 
9.0
 
4. Scolarisation
 
4.1
 
5. Le vécu dans une autre région
 
3.6
 
6. Enfance
 
0.0
 


Italophones non-Suisses apprenant l'anglais, en [%][g 28] :

1. Cours privés et cours du soir
 
13.9
 
2. Apprentissage autodidacte
 
9.2
 
3. Séjour linguistique
 
4.2
 
4. Scolarisation
 
3.3
 
5. Le vécu dans une autre région
 
0.8
 
6. Enfance
 
0.4
 


Italophones non-Suisses apprenant le français, en [%][g 28] :

1. Le vécu dans une autre région
 
27.4
 
2. Cours privés et cours du soir
 
11.2
 
3. Scolarisation
 
10.7
 
4. Enfance
 
9.0
 
5. Apprentissage autodidacte
 
6.1
 
6. Séjour linguistique
 
3.1
 


Italophones non-Suisses apprenant l'allemand, en [%]<[g 29] :

1. Le vécu dans une autre région
 
32.6
 
2. Enfance
 
17.4
 
3. Scolarisation
 
16.4
 
4. Apprentissage autodidacte
 
8.6
 
5. Cours privés et cours du soir
 
7.1
 
6. Séjour linguistique
 
3.6
 


Italophones non-Suisses apprenant le dialecte alémanique, en [%][g 29] :

1. Le vécu dans une autre région
 
17.9
 
2. Enfance
 
13.5
 
3. Scolarisation
 
8.9
 
4. Séjour linguistique
 
0.0
 
5. Cours privés et cours du soir
 
0.0
 
6. Apprentissage autodidacte
 
0.0
 


Italophones non-Suisses apprenant conjointement l'allemand et le dialecte alémanique, en [%][g 29] :

1. Le vécu dans une autre région
 
35.4
 
2. Enfance
 
28.8
 
3. Scolarisation
 
18.5
 
4. Apprentissage autodidacte
 
8.6
 
5. Cours privés et cours du soir
 
7.1
 
6. Séjour linguistique
 
3.6
 

Niveaux de compétences[modifier | modifier le code]

Les niveaux de compétences obtenus par la statistique analytique sont mesurés dans le cadre de l'enquête CLES (1994). Ils tiennent compte des facteurs suivants[g 30] :

  • les indices de compétences (parfaitement ou presque, bien, basses et rien ou presque) en compréhension, expression, lecture et écriture
  • l'origine des compétences (vécu, scolarisation, enfance, séjour linguistique, cours privés et cours du soir ou autodidacte)
  • la durée des études

Allemand[modifier | modifier le code]

Le moyen le plus efficace d'apprentissage de l'allemand, obtenus en moyenne par les non-germanophones, est l'enfance avec 26 points sur 100 suivi de près par le vécu, 25 points. La matière scolaire vient en troisième position, avec 22 points, puis la scolarité en allemand avec 19 points. Si l'on observe l'apprentissage conjoint de l'allemand et du dialecte, obtenus en moyenne par les non-germanophones, le niveau obtenu en enfance grimpe à 33 points alors que le vécu est plus faible à 21,9 points[g 31].

Concernant les francophones, l'apprentissage de l'allemand en enfance donne 38 points et même 45 points sur 100 lors de l'usage conjoint de l'allemand et du dialecte, ce qui traduit l'importance du dialecte dans le quotidien des familles mixtes (franco-germanophones). Le vécu, avec 22 points, et la matière scolaire, 19 points suivent si l'on tient compte du dialecte, alors que, pour l'allemand seul, la matière scolaire est en deuxième position avec 23,5 points et le vécu 22,6 points. Les autres moyens donnent des résultats modestes et l'apprentissage en autodidacte est non significatif[g 32].

Pour les italophones c'est la matière scolaire qui vient en tête avec 42 points d'efficacité d'apprentissage de l'allemand et 31,8 points avec le dialecte. Le vécu donne 20,4 points et même 21,4 points avec le dialecte mais, à la différence des francophones, la contribution de l'enfance est relativement faible à l'apprentissage de l'allemand, 12,9 points, mais élevée, 25,6 points, avec le dialecte. La contribution des cours du soir est non négligeable avec 10,7 ou 13,5 points avec dialecte et, comme pour les francophones, l'apprentissage en autodidacte est non significatif[g 33].

Français[modifier | modifier le code]

Le moyen le plus efficace d'apprentissage du français, obtenus en moyenne par les non-francophones, est la matière scolaire avec 25 points suivi de près par le vécu avec 24 points. La scolarité en français et l'enfance sont d'efficacité moyenne avec, chacun, 13 points environ. Le résultat faible pour l'apprentissage durant l'enfance diffère fortement de ce qui est constaté pour l'apprentissage de l'allemand ou du dialecte[g 34].

Pour les germanophones, la matière scolaire est un peu plus forte avec 26,5 points suivi par le vécu avec 22,3 points. La scolarité en français et l'enfance, suivent avec plus de 17 points. Les autres moyens donnent tous des résultats même modestes[g 35].

Pour les italophones c'est le vécu qui vient en tête avec plus de 31 points, suivi par la matière scolaire, 28 points. Les autres moyens, y compris la scolarité en français et l'enfance, sont non significatifs. En revanche, la constante est élevée à 24 points et indique une forte exposition au français[g 35].

Anglais[modifier | modifier le code]

Le moyen le plus efficace d'apprentissage de l'anglais, obtenus en moyenne par les non-anglophones, est le vécu avec 22,9 points suivi de près par l'enfance avec 22,4 points. Suivent la matière scolaire avec 18,5 points et les séjours linguistiques avec 14 points[g 36].

Pour les germanophones, le vécu est en tête avec 22,5 points suivi par l'enfance avec 20,2 points. La matière scolaire avec 15,8 points et les séjours linguistiques avec 13 points sont moins efficaces. Les cours du soir sont non significatifs. En revanche, la constante est très élevée, à 34 points, donnant de bonnes dispositions d'apprentissage de l'anglais par les germanophones[g 37].

Concernant les francophones c'est l'enfance qui est en tête avec 28,4 points suivi de près par le vécu avec 27,4 points et la matière scolaire avec 26 points. Les autres moyens donnent des résultats modestes et l'apprentissage en autodidacte est non significatif. Les cours du soir donnent 8 points aux francophones alors qu'ils sont non significatifs pour les germanophones et italophones[g 37].

Pour les italophones c'est le vécu qui est largement en tête avec 38,4 points suivi par les séjours linguistiques avec 15,6 points et plus loin la matière scolaire avec 11 points. Les autres moyens d'apprentissage sont non significatifs[g 37].

Tableau des niveaux de compétences[modifier | modifier le code]

Le tableau indique les niveaux de compétences obtenus par la statistique analytique en tenant compte des indices de compétences, de l'origine des compétences et de la durée. L'efficacité des moyens d'acquisition est mesurée sur une échelle de 0 à 100 (Enquête CLES, 1994).

Niveaux de compétence en langues secondaires; Ordre d'efficacité d'acquisition sur une échelle de 0 à 100 (en 1994)[g 38]
Rang Locuteurs considérés Langue seconde Moyen d'acquisition Efficacité[g 39]
1 Germanophones français CME 26,499
2 Germanophones français VECU 22,271
3 Germanophones français ENF 17,625
4 Germanophones français SCO 17,256
5 Germanophones français CST 8,420
6 Germanophones français SOIR 8,254
7 Germanophones français SEJ 7,806
1 Germanophones anglais CST 34,143
2 Germanophones anglais VECU 22,522
3 Germanophones anglais ENF 20,198
4 Germanophones anglais CME 15,805
5 Germanophones anglais SEJ 12,998
1 Francophones allemand ENF 37,988
2 Francophones allemand CME 23,484
3 Francophones allemand VECU 22,619
4 Francophones allemand SCO 11,458
5 Francophones allemand SEJ 9,466
6 Francophones allemand CST 7,301
1 Francophones anglais ENF 28,367
2 Francophones anglais VECU 27,428
3 Francophones anglais CME 26,047
4 Francophones anglais CST 13,954
5 Francophones anglais SEJ 9,831
6 Francophones anglais SOIR 8,265
1 Italophones allemand CME 42,222
2 Italophones allemand VECU 20,387
3 Italophones allemand ENF 12,851
4 Italophones allemand SCO 12,733
5 Italophones allemand SOIR 10,745
1 Italophones français VECU 31,784
2 Italophones français CME 28,226
3 Italophones français CST 24,129
4 Italophones français SEJ 6,477
1 Italophones anglais VECU 38,391
2 Italophones anglais SEJ 15,652
3 Italophones anglais CST 12,214
4 Italophones anglais CME 10,948
Légende des moyen d'acquisition :
  • CME : Contribution moyenne de l'enseignement (matière scolaire)
  • VECU : Le vécu dans une autre région que celle de la langue maternelle
  • SCO : Scolarisation dans une autre langue maternelle de tout ou partie du programme scolaire
  • ENF : Utilisation régulière durant l'enfance au sein de la famille
  • SEJ : Séjour linguistique
  • SOIR : Cours privés et cours du soir
  • AUTO : Apprentissage autodidacte
  • CST : Constante

Source : projet CLES (1994), Programme national de recherche, PNR 33. Tableau no 6.8 et chiffres des tableaux no 6.5, 6.6 et 6.7

Enseignement des langues[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Le Kollegium Maria Hilf de Schwytz, fondé en 1856.
Johann Heinrich Pestalozzi entouré de ses élèves. Peinture murale à Rapperswil.

Au XIe siècle, les écoles cathédrales évoluent avec le développement des villes et du commerce. Les écolâtres permettent la création de petites écoles privées où les enfants de bourgeois apprennent à lire et écrire en latin[fé 1]. Avec la Réforme protestante et l’avènement du livre imprimé, le latin est supprimé dans les écoles élémentaires des cantons protestants. Les enfants s'expriment en patois mais l'apprentissage se fait en français ou en bon allemand afin que les enfants puissent lire les textes bibliques[fé 2]. Dans le cadre de la contre-Réforme, les paroisses des églises catholiques et les Jésuites enseignent la lecture en latin puis en langue locale (allemand, français ou italien)[fé 3].

La République helvétique (1798 - 1803) apporte la reconnaissance formelle de l'égalité des langues et la première politique d'enseignement des langues. Le ministre Philipp Albert Stapfer charge le pédagogue Grégoire Girard (1765 - 1850) de rédiger un projet d'éducation publique pour l'ensemble du pays. Visionnaire, il préconise la pratique dès l'âge de 8 ans d'une seconde langue nationale par immersion, en apprenant la géographie et la logique. Néanmoins, les moyens financiers faisant défaut, cette politique ne s'appliqua pas d'une façon systématique. La fin de la République helvétique mets un terme a cette tentative d'harmonisation à l'échelle nationale. Les cantons retrouvent alors leur compétence en matière d'enseignement[fh 5].

Après Stans et Berthoud, le pédagogue Johann Heinrich Pestalozzi (1746 - 1827) poursuit son œuvre à Yverdon-les-Bains entre 1804 et 1825. Il imagine de nouvelles techniques d'enseignement. Dans son institution, l'on change de langue toutes les deux heures, passant ainsi du français à allemand[fé 4]. Le père Grégoire Girard enseigne à Fribourg, selon la méthode mutuelle, en langue maternelle avec introduction de l'allemand en 4e pour favoriser les relations entre communautés linguistiques[fé 5]. L'école deviendra publique et obligatoire au XIXe siècle.

Au début du XXe siècle, les situations sont diverses selon les cantons, voire les communes. Dès 1930, l'allemand est obligatoire de la 6e à la 9e année à Genève, Neuchâtel et Vaud. Le Tessin fait de même en introduisant l'apprentissage du français, suivi par Saint-Gall en 1931 et d'autres cantons alémaniques en 1950. Dans les cantons de Berne, Bâle-Campagne, Saint-Gall ou Thurgovie, ce sont souvent les communes qui fixent les conditions d'apprentissage. À Zurich le français est considéré comme deuxième langue étrangère après le bon allemand que l'on estime primordial; ainsi, il est enseigné uniquement aux élèves ayant les meilleurs résultats en allemand[fh 6]. En Valais, cantons bilingue, on n'enseigne pas encore la deuxième langue nationale et à Fribourg et Berne, également cantons bilingues, ce n'est pas obligatoire[fé 6].

En 1975, la conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP) recommande l'apprentissage généralisé d'une deuxième langue nationale dès la 4e ou 5e année, soit pour les enfants entre 9 et 10 ans, afin de les sensibiliser à la diversité culturelle de la Suisse. Ces prescriptions sont diversement appliquées : Par exemple l'Argovie introduit le français dès la 6e année ou Uri l'italien dès la 5e. À Zurich, le français n'est introduit en 5e que depuis 1988 en raison de réticences de parents considérant que l'allemand est déjà la première langue seconde[fé 7].

Dès la fin des années 1990, l'anglais s'introduit dans les débats; de nombreuses études sont commandées par des commissions fédérales ou la CDIP pour débattre de la place à donner à cette langue appréciée par les enfants et jugée utile. En 1997, le canton de Zurich projette d'introduire l'anglais en 7e et 8e années au détriment du français, ce qui est mal perçu dans le pays. En réaction, la CDIP commande un «concept général d'enseignement des langues». Le canton de Zurich décide l'introduction de l'anglais dès la 1re primaire pour la rentrée 1999. De son côté le rapport des experts mandatés par la CDIP recommande, en 1998, l'apprentissage de deux langues à l'école primaire : une deuxième langue nationale et l'anglais, en laissant la liberté de choix de l'ordre d'introduction. Cette décision est jugée néfaste à la cohésion nationale, surtout en Suisse romande, et une initiative est lancée pour demander que la «deuxième langue enseignée doit être une langue officielle de la Confédération», sans succès. Après une période de tergiversations politiques la CDIP décide, en mars 2004, que les élèves doivent apprendre une deuxième langue nationale et l'anglais, l'une en 3e et l'autre en 5e année, en laissant le choix de l'ordre aux cantons. Au niveau politique, le Conseil national préfère que ce soit la langue nationale qui soit introduite en premier alors que le Conseil des États laisse la liberté de choix. Au vote final, le Conseil national se rallie au Conseil des États, renonçant à une politique harmonisée des langues en Suisse[fé 8].

D'autre part, suite aux résultats décevants de l'évaluation PISA de 2000, la CDIP lance en 2002 un projet d'harmonisation scolaire en vue d'en améliorer la qualité d'une part et, d'autre part, de coordonner les plans d'études entre les différentes régions linguistiques. C'est le projet HarmoS. Dans ce cadre, HarmoS reprend la stratégie des langues votée en 2004 en fixant comme cible pour la deuxième langue nationale et l'anglais «la compétence de niveau équivalente dans les deux langues»[fé 9]. Adopté en 2007, le concordat HarmoS doit entrer en vigueur pour la rentrée 2014, à la condition qu'au moins dix cantons l'approuvent[fé 10], ce qui est fait le 1er août 2009[92].

Scolarité obligatoire[modifier | modifier le code]

Le programme d'enseignement des langues, à l'école obligatoire, degré primaire et degré secondaire I, dépend de chaque canton. La langue d'enseignement est celle de la région linguistique. Cette langue est enseignée comme matière scolaire à laquelle s'ajoute progressivement l'enseignement au moins d'une deuxième langue nationale et de l'anglais[93].

L'accord intercantonal sur l'harmonisation de la scolarité obligatoire (concordat Harmos) est la base légale définissant des standards nationaux de formation pour la scolarité obligatoire[94]. Adoptée en mars 2004, la stratégie pour l'enseignement des langues est reprise par Harmos et les cantons adhérant (15 cantons au 26 septembre 2010[95]) s'engagent à la mettre en œuvre au plus tard pour la rentrée 2015 - 2016[96],[73]. En matière de langues, les cantons s'engagent notamment à[97] :

  • apprentissage d'une deuxième langue nationale et de l'anglais à l'école primaire, au plus tard en 3e et en 5e année scolaire[n 8];
  • choix de la première langue étrangère enseignée coordonné sur le plan régional entre les cantons;
  • niveau de compétence équivalent dans les deux langues étrangères au terme de la scolarité obligatoire. Les objectifs sont clairement définis à cette fin;
  • enseignement d'une troisième langue facultative, selon les besoins et
  • pour les élèves issus de la migration : aide à l'organisation et soutien des cours de langue et de culture d'origine (LCO), dans le respect de la neutralité politique et religieuse.

Une version suisse du portfolio européen des langues (PEL), validés par le Conseil de l'Europe, existe depuis le 1er mars 2001[98] mais son usage est encore peu répandu[99].

Le tableau suivant donne la situation, à la rentrée 2009 - 2010, de l'apprentissage de la première et de la deuxième langue étrangère obligatoire selon les cantons.

Début de l'apprentissage de la première et de la deuxième langue étrangère obligatoire (en 2009 - 2010)[100],
Classement selon l'ordre d'introduction et par langue étrangère.
Canton / subdivision linguistique Adhésion à HarmoS 6-7 ans 7-8 ans 8-9 ans 9-10 ans 10-11 ans 11-12 ans 12-13 ans 13-14 ans
Degré système actuel[101]   1re année 2e année 3e année 4e année 5e année 6e année 7e année 8e année
Degré système HarmoS[101]   3e année 4e année 5e année 6e année 7e année 8e année 9e année 10e année
Zurich Acceptée   anglais     français      
Liechtenstein     anglais         français  
Appenzell Rhode-extérieure Rejetée     anglais   français      
Glaris Acceptée     anglais   français      
Lucerne Rejetée     anglais   français      
Nidwald Rejetée     anglais   français      
Obwald En suspens     anglais   français      
Saint-Gall Acceptée     anglais   français      
Schaffhouse Acceptée     anglais   français      
Schwytz En suspens     anglais   français      
Thurgovie Rejetée     anglais   français      
Zoug Rejetée     anglais   français      
Argovie En suspens     anglais     français    
Appenzell Rhode-intérieure En suspens     anglais       français  
Uri Rejetée     anglais       français  
Tessin Acceptée     français       allemand  
Fribourg - germanophone Acceptée     français       anglais  
Valais - germanophone Acceptée     français       anglais  
Bâle-Campagne Acceptée       français     anglais  
Berne - germanophone Acceptée         français   anglais  
Bâle-Ville Acceptée         français   anglais  
Soleure Acceptée         français   anglais  
Fribourg - francophone Acceptée     allemand       anglais  
Genève Acceptée     allemand       anglais  
Jura Acceptée     allemand       anglais  
Neuchâtel Acceptée     allemand       anglais  
Vaud Acceptée     allemand       anglais  
Valais - francophone Acceptée     allemand       anglais  
Berne - francophone Acceptée     allemand         anglais/italien
Grisons - italophone Rejetée       allemand     anglais  
Grisons - romanchophone Rejetée       allemand     anglais  
Grisons - germanophone Rejetée romanche     italien/romanche     anglais  
Source : Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP)

Classes bilingues[modifier | modifier le code]

La CDIP encourage l'expérimentation de l'enseignement bilingue à l'école obligatoire. De fait, les expériences sont rares et dépassent rarement les déclarations d'intention. Le canton de Fribourg à dû arrêter ses classes pilotes en raison du refus populaire (votation septembre 2000). En revanche, le Valais romand est pionnier en la matière en pratiquant, depuis 1994 - 1995[102], l'enseignement bilingue dans certaines écoles enfantines et primaires de Sion, Sierre et Monthey[103]. À Bienne, un projet pilote est effectué entre 1999 et 2003 dans une école primaire de la ville; ce projet débouche sur l'autorisation, depuis août 2006, d’organiser dans le district bilingue de Bienne un enseignement par immersion dans la langue partenaire officielle du canton. En ville de Bienne, des fillières bilingues depuis l'école enfantine et pour toute la scolarité obligatoire sont mises en place dès 2010[104],[105]. Ce sont donc principalement les cantons bilingues qui sont le plus avancés avec l'enseignement mixte français/allemand. Le Jura, canton francophone, souhaite favoriser les échanges avec Bâle en raison de la proximité des hautes écoles de cette ville et de la communauté d'intérêts avec la région de la Suisse du Nord-Ouest. À cet effet, le Jura offre depuis 2009 la possibilité de fréquenter, à Delémont, des classes bilingues accessibles aux habitants du canton parlant allemand en famille ainsi qu'aux germanophones des cantons voisins de la Suisse du Nord-Ouest[106].

Le canton des Grisons est un cas particulier : la langue d'enseignement est déterminé au niveau communal, en fonction des aires linguistiques (allemand, italien ou romanche). Le romanche étant une langue fortement minoritaire, l'enseignement en romanche y est essentiel pour la préservation de la culture. Selon les cas, le romanche est langue d'enseignement ou matière scolaire. Dans la plupart des communes romanchophones, l'enseignement est pratiquement bilingue. Il est dispensé dans l'idiome local pendant les trois premières années scolaire avant d'être progressivement remplacé par l'allemand; mais, dans les communes ou le romanche est en recul, l'allemand tend à devenir langue d'enseignement dès le début[107],[dfi 1]. Un enseignement bilingue à raison d'une moitié des cours en allemand et l'autre en italien ou romanche est possible pour les communes germanophones qui le souhaitent ainsi que pour les italophones et romanchophones situées à la limite linguistique; ceci dans le but d'obtenir des compétences de niveau langue maternelle dans les deux langues. En 2011, 9 communes offrent cette possibilité, y compris quelques classes à Coire[108].

Éducation postobligatoire[modifier | modifier le code]

Degré secondaire II[modifier | modifier le code]

Article connexe : degré secondaire II.

Au moins deux langues étrangères sont enseignées dans le cadre des écoles menant à la maturité gymnasiale. Pour la maturité professionnelle ce sont une deuxième langue nationale et l'anglais. Au gymnase et dans les écoles de culture générale, l'éventail des langues enseignées est plus vaste. De plus, des matières à options permettent d'ajouter une langue supplémentaire[109].

Un état des lieux est dressé en 2005 sur la base d'un questionnaire envoyé aux écoles secondaires de toute la Suisse. 245 établissements y ont répondu[110].

Pour les établissements situés en Suisse alémanique, le français et l’anglais sont les principales langues étrangères enseignées. Viennent ensuite l’italien et l’espagnol. Le latin est enseigné dans la plupart des gymnases; le grec et l’hébreu le sont dans certains établissements; le russe est proposé dans 25 établissements; quelques uns proposent le chinois, l’arabe ou le romanche. Pour les établissements situés en Suisse romande et au Tessin, l'allemand et l’anglais sont les principales langues étrangères enseignées. Viennent ensuite l’italien et l’espagnol. Le latin et le grec sont enseignés dans les gymnases. Aucun établissement mentionne le russe, le chinois ou l’arabe[111].

Maturité bilingue[modifier | modifier le code]
Le gymnase de la rue des Alpes à Bienne est bilingue.

En 2007, 70 gymnases sur les 177 reconnus en Suisse, situés dans 18 cantons sur 26, offrent la possibilité d'effectuer une maturité bilingue. Parmi les huit n'offrant pas de possibilité sur leur territoire cantonal on trouve les 6 cantons les moins peuplés, situés en Suisse centrale et orientale, ainsi que les cantons de Soleure et du Tessin; plus de 92 % des gymnasiens ont donc la possibilité de suivre une filière bilingue dans leur propre canton[mb 2]. Le nombre d'étudiants choisissant une filière bilingue est en constante augmentation : en 2006, un élève sur quatre fréquente un des établissements bilingues; ce qui représente 10 % de l'ensemble des gymnasiens de Suisse[mb 3].

Selon les bases légales, la langue d'immersion doit être prioritairement l'une des langues nationales : le Règlement pour l’obtention de la maturité bilingue du 30 septembre 1994 stipule que « Dans un premier temps, la maturité bilingue peut être obtenue seulement dans les langues nationales suisses, et les matières qui entrent en ligne de compte sont pour l’instant la biologie, l’histoire et la géographie »; dans l’art. 17 de l’Ordonnance sur l’examen suisse de maturité du 7 décembre 1998, il est écrit : « La deuxième langue peut être choisie parmi les langues nationales suivantes : allemand, français et italien. L’office peut autoriser le choix de l’anglais. »[mb 4].

Dans les faits, en 2007, les écoles de Suisse alémanique proposent l'anglais dans 80 % des cas car c'est la langue de grande diffusion. Celles de Suisse romande choisissent principalement l'allemand pour privilégier la proximité et la cohésion nationale; même si l'offre en anglais tend à s'étoffer aussi en Suisse romande[mb 4]. Ces choix s'inscrivent dans la continuité du choix de la première langue étrangère lors de la scolarité obligatoire[mb 1]. Plusieurs écoles proposent deux langues d'immersion. Dans les régions bilingues, cinq établissements offrent le choix entre le français ou l'allemand; six autres établissements sont répartis dans toute la Suisse : en Suisse alémanique, trois écoles proposent l'anglais et le français. Le Liceo artistico de Zurich et une école aux Grisons proposent l'allemand et l'italien. Une école à Genève propose l'allemand et l'anglais[mb 5].

Lorsque la langue d'immersion est une des langues nationales, les enseignants ont souvent la langue d’immersion comme langue maternelle et l’utilisent quotidiennement. À l'inverse, ce n'est pas souvent le cas avec les enseignants d'anglais : « 89 % des personnes enseignant en immersion dans le canton de Zurich ne sont pas des locuteurs natifs de l’anglais »[mb 4]. Ainsi, dans les cantons bilingues, les enseignants sont naturellement bilingues et n'ont pas besoin de justifier autrement leurs capacités. En Suisse allemande, par contre, les enseignants mettent en avant leurs capacités linguistique, les séjours et diplômes obtenus dans la langue d'immersion pour justifier de leur capacités, notamment en anglais[mb 6].

La Commission suisse de maturité (CSM) distingue trois modèles d'enseignement bilingue[mb 7] et certains cantons édictent leurs propres réglements[mb 8] :

  • l'immersion « partielle »,
  • l'immersion « totale » par séjour dans une autre région linguistique et
  • l'Immersion « totale » par fréquentation du gymnase dans une autre langue.

L'immersion « partielle » se pratique dans l'établissement bilingue; pour être reconnue comme maturité bilingue, au moins deux branches doivent être enseignées dans la langue d'immersion pour au moins 600 heures d'enseignement sans compter les cours de langue[112]. Les élèves inscrits en maturité bilingue doivent, en principe, effectuer un stage dans une autre région linguistique ou un échange linguistique[113]. L'immersion « totale » comporte le séjour d'au moins une année scolaire dans une autre région linguistique. Le solde des études gymnasiales étant effectué dans un établissement bilingue[mb 7]. Les élèves ayant une langue nationale comme langue maternelle et faisant entièrement leurs études gymnasiales dans une autre région linguistique ou dans une école d’une autre langue 1 peuvent se voir accorder la mention bilingue s'ils répondent les conditions d'obtention imposées[mb 7].

Les disciplines fondamentales d'immersion peuvent être l’histoire, la géographie, l’introduction à l’économie et au droit, la biologie, la chimie et la physique; en option complémentaire, ce sont l’histoire, la géographie, l’économie et droit, la biologie, la chimie, la physique, la philosophie et la pédagogie/psychologie. Au moins une de ces discipline doit être du domaine des sciences humaines[mb 9]. En pratique, ce sont l'histoire et les mathématiques qui sont le plus souvent enseignées comme langue d'immersion[mb 10].

Échanges linguistiques[modifier | modifier le code]

Les échanges linguistiques sont encouragées par les écoles gymnasiales. Les écoles fournissent aux étudiants les ressources et l'appui nécessaire pour qu'ils puissent pratiquer l'échange dans au moins une langue étrangère[114].

Les personnes en formation professionnelle initiale ainsi que les jeunes professionnels sans emploi peuvent aussi bénéficier d'échanges linguistiques. Avec l'accord des maîtres d'apprentissage et des écoles professionnelles, ils peuvent prendre la forme d'échange de places d'apprentissage en Suisse dans une autre région linguistique; soit en même temps soit sur deux périodes différentes, l'un rejoignant son correspondant sur son poste de travail et réciproquement pour 6 mois au maximum, avec la participation à un cours de langue un jour par semaine. Les jeunes sans emplois, inscrits comme chômeur, peuvent demander d'effectuer un stage dans une entreprise d’une autre région linguistique de Suisse à raison d'un emploi à 80 %, le reste étant dévolu à l’apprentissage de la langue[115].

Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Enseignement des langues pour les immigrants[modifier | modifier le code]

Langues nationales pour les immigrants[modifier | modifier le code]

Les enfants de migrants sont scolarisés selon les principes suivants :

« - l'intégration optimale des enfants et adolescents étrangers,
- le respect et la tolérance des cultures qui leur sont propres. »

— CDIP[fi 1]

La CDIP recommande notamment aux cantons : d'offrir dès l'âge préscolaire l'enseignement de la langue locale et de soutenir la promotion de la langue d'origine; que les nouveaux arrivants à l'école publique doivent intégrer directement les classes correspondant à leur niveau de formation et reçoivent des cours d'appui ou des cours intensifs[fi 2] en langue nationale selon le lieu de résidence (allemand, français ou italien); que les classes d'enseignement spécialisées sont à éviter[fi 3].

Enseignement de la langue d'origine pour les immigrants[modifier | modifier le code]

Des cours de langue et de culture d'origine (LCO) existent pour les enfants issus de l'immigration. Organisés par les consulats et ambassades, en accord avec les autorités compétentes suisses, ces cours permettent aux ressortissants de garder des liens avec le pays d'origine, d'appprendre l'histoire ou les traditions et de développer les connaissances linguistiques[fi 4]. Il existe une offre variable d'environ quarante langues réparties selon les cantons[116]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. « entre 1481 et 1789 l'influence de la France sur la Confédération augmente, politiquement, militairement et culturellement. Cette évolution renforce considérablement la minorité francophone à l'intérieur du pays. » Page 59 de l'ouvrage de Christophe Büchi, Mariage de raison, Romands et Alémaniques : une histoire suisse (Röstigraben)
  2. jeunes filles ou jolie fille, « schön » en allemand signifiant joli
  3. a, b, c et d Langues étrangères ou immigrantes non nationales.
  4. en 1990 42 % de la population parlait le dialecte en famille et plus de la moitié de la population l'utilise aussi quotidiennement au travail ou à l'école (référence article Dialectes suisses italiens du DHS)
  5. Selon un sondage, 53 % des Suisses apprennent une langue étrangère par satisfaction personnelle, 50 % pour les vacances à l'étranger, 39 % pour comprendre d'autres cultures ou pour les rencontrer, 34 %. Finalement, 35 % déclarent apprendre des langues étrangères pour des raisons professionnelles.
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Diasystème
  7. l'enquête CLES, auprès de 2 407 personnes s'est déroulée en novembre 1994 pour la Suisse allemande et la Suisse romande et en mars 1995 pour la Suisse italienne.
  8. Les cantons du Tessin et des Grisons enseignant obligatoirement une troisième langue nationale pourront y déroger
Références Christophe Büchi, Mariage de raison, Romands et Alémaniques : une histoire suisse [« Röstigraben »], éditions Zoé,‎ 2001 (ISBN 2881824412 et 978-2881824418)[117]
  1. p. 49
  2. p. 42 - 45
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  5. p. 60 – 61
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  10. p. 127 – 130
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Références Urs Dürmüller, L'évolution du plurilinguisme : d'une Suisse quadrilingue à une Suisse multilingue, Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture,‎ 1997 (ISBN 3-908102-51-0)[118].
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  10. p. 101 - 103
  11. p. 85 - 102
  12. a et b tableau 5.10, p. 102
  13. tableau 5.2, p. 87
  14. tableau 5.3, p. 89
  15. tableau 5.4, p. 90
  16. tableau 5.5, p. 91
  17. a, b, c et d tableau 5.6, p. 94
  18. p. 92 - 97
  19. a, b et c tableau 5.7, p. 94
  20. a, b et c tableau 5.8, p. 94
  21. p. 106 - 111
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  23. a et b p. 107 - 109
  24. p. 112 - 114
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  26. p. 115
  27. p. 112 - 116
  28. a, b, c, d, e, f et g tableau 6.4, p. 113
  29. a, b, c, d, e, f, g, h et i tableau 6.3, p. 113
  30. p. 116 - 119
  31. p. 120 - 122
  32. p. 122 - 123
  33. p. 123 - 124
  34. p. 124
  35. a et b p. 125 - 126
  36. p. 126 - 127
  37. a, b et c p. 127 - 129
  38. tableau 6.8, p. 129
  39. tableaux 6.5, 6.6 et 6.7, p. 121, 125 et 127
Références Georges Lüdi, Université de Bâle et Iwar Werlen, Université de Berne, Le paysage linguistique en Suisse, recensement fédéral 2000, Office fédéral de la statistique,‎ 2005 (ISBN 3-303-16076-7, lire en ligne)[124]
  1. p. 7
  2. pp. 13 - 18
  3. p. 17
  4. a, b, c, d, e et f p. 11
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  1. p. 55
Références Dictionnaire historique de la Suisse
Autres références
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  2. http://www.atlas.bfs.admin.ch/core/projects/13/fr-fr/viewer.htm?13.15457.fr
  3. J.-P. Felber, De l'Helvétie romaine à la Suisse romande op. cit page 33
  4. Justin Favrod, Les Burgondes. Un royaume oublié au cœur de l'Europe, p. 19, Collection Le Savoir suisse, PPUR, 2002
  5. J.-P. Felber, De l'Helvétie romaine à la Suisse romande op. cit page 44
  6. Justin Favrod, Les Burgondes. Un royaume oublié au cœur de l'Europe, p. 35
  7. a, b, c, d, e et f L'aménagement linguistique dans le monde : 3 Bref historique de la Suisse auteur : Jacques Leclerc, consulté le 28 avril 2008.
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  14. Constitution fédérale du 18 avril 1999, RS 101, art. 4.
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  18. L'aménagement linguistique dans le monde auteur : Jacques Leclerc, consulté le 28 avril 2008.
  19. La Suisse enfin à l'ONU !, article de Hadès magazine, consulté le 20 octobre 2010.
  20. Éditorial du 20 octobre 2010, Le Temps, consulté le 20 octobre 2010.
  21. Texte de Michael Langner / Ruedi Imbach, université de Fribourg (PDF) consulté le 28 mai 2008.
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  27. Charte européenne du 5 novembre 1992 des langues régionales ou minoritaires du 5 novembre 1992, RS 0.441.2
  28. « Charte européenne des langues régionales ou minoritaires », sur le site de l'Office fédéral de la culture (consulté le 16 juin 2009)
  29. Charte européenne du 5 novembre 1992 des langues régionales ou minoritaires du 5 novembre 1992, RS 0.441.2, art. 3 al. 1.
  30. a et b Archives des communiqués 20 décembre 2002, Service de presse et d'information du département fédéral de l'intérieur, consulté le 16 juin 2009.
  31. Le rapport de 1999 est disponible sur « le site de l'office »
  32. Le rapport est également disponible sur le site du Conseil de l'Europe
  33. Le rapport de 2002 est disponible sur « le site de l'office »
  34. Voir en particulier pages 31 et suivantes du rapport mentionné ci-dessus.
  35. « Recommandations du Comité des Ministres » de 2004
  36. « 2e rapport du comité d'experts » p.10
  37. Le rapport de 2006 est disponible sur « le site de l'office »
  38. La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires : examen de son application par la Suisse Communiqué de presse du 24 septembre 2004, site du conseil de l'Europe, consulté le 16 juin 2009.
  39. Urs Altermatt, Le Conseil fédéral - Dictionnaire biographique des cent premiers conseillers fédéraux, Yens-sur-Morges, Cabedita,‎ 1993 (lire en ligne), p. 59 [détail des éditions]
  40. Urs Altermatt, Le Conseil fédéral - Dictionnaire biographique des cent premiers conseillers fédéraux, Yens-sur-Morges, Cabedita,‎ 1993 (lire en ligne), p. 60 [détail des éditions]
  41. Urs Altermatt, Le Conseil fédéral - Dictionnaire biographique des cent premiers conseillers fédéraux, Yens-sur-Morges, Cabedita,‎ 1993 (lire en ligne), p. 62 [détail des éditions]
  42. À quel point faut-il être Romand pour succéder à Couchepin ? article du 15 juin 2009 de La Tribune de Genève, consulté le 18 juin 2009.
  43. Population résidante selon la langue principale (1910 - 2000), Office fédéral de la statistique OFS (XLS) consulté le 12 mai 2008.
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  48. c'est une adaptation française et pas la traduction mot à mot (voir article détaillé)
  49. Guy P. Marchal (trad. Eugène Badoux), « Les racines de l'indépendance », Nouvelle Histoire de la Suisse et des Suisses, Lausanne, Payot [détail des éditions] p. 107-109.
  50. Antonio Hodgers : Le renforcement du suisse-allemand pose un vrai problème national, article Le Temps du 23 mars 2010, consulté le 24 mars 2010.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Christophe Büchi, Mariage de raison, Romands et Alémaniques : une histoire suisse [« Röstigraben »], éditions Zoé,‎ 2001 (ISBN 2881824412 et 978-2881824418). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Urs Dürmüller, L'évolution du plurilinguisme : d'une Suisse quadrilingue à une Suisse multilingue, Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture,‎ 1997 (ISBN 3-908102-51-0). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Daniel Elmiger, La maturité bilingue en Suisse : la mise en œuvre variée d'une innovation de la politique éducative / Daniel Elmiger ; avec un avant-propos de Anton Näf, Secrétariat d'Etat à l'éducation et à la recherche SER, Berne, coll. « Dossiers SER »,‎ 2008 (ISSN 1662-2634, lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Daniel Elmiger et Simone Forster, La Suisse face à ses langues : histoire et politique du plurilinguisme, situation actuelle de l'enseignement des langues, Institut de recherche et de documentation pédagogique (IRDP), Neuchâtel,‎ 2005 (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Simone Forster, Les enfants de l'immigration à l'école, Institut romand de recherches et de documentation, Neuchâtel,‎ 1993. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Simone Forster, L'école et ses réformes, Presses Polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, coll. « Le Savoir Suisse »,‎ 2008 (ISBN 978-2-88074-804-3, ISSN 1661-8939). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • François Grin, Compétences et récompenses - La valeur des langues en Suisse, Éditions universitaires Fribourg, Suisse,‎ 1999 (ISBN 2-8271-0843-7). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Georges Lüdi, Université de Bâle et Iwar Werlen, Université de Berne, Le paysage linguistique en Suisse, recensement fédéral 2000, Office fédéral de la statistique,‎ 2005 (ISBN 3-303-16076-7, lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Le quadrilinguisme en Suisse : présent et futur : analyse, propositions et recommandations d'un groupe de travail du Département fédéral de l'intérieur, Département fédéral de l'intérieur : diffusion Office central fédéral des imprimés et du matériel, Berne,‎ 1989. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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