Liberté de religion en Arabie saoudite

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La religion d'État en Arabie saoudite est l'islam sunnite, tous les citoyens sont censés être musulmans. 85 à 90 % de la population serait sunnite et le reste surtout chiite ou chrétiens (travailleurs philippins entre autres).

Organisation de l’islam[modifier | modifier le code]

En Arabie saoudite, le ministère des Affaires religieuses supervise et finance tant la construction que l'entretien de la quasi-totalité des mosquées dans le pays, bien que plus de 30 % d'entre elles soient construites et dotées par des personnes privées. Le Ministère paie également les salaires des imams et autres personnes qui y travaillent.

Une entité gouvernementale, le Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice, veille à l'application des préceptes de l'islam et de charia dans tous les domaines de la société. Son président a le statut de ministre.

Le comité dispose d'une force de 3 500 agents (plus quelques milliers de volontaires) constituant une « police religieuse », la muttawa qui, lors de ses interventions est régulièrement appuyée par d'autres forces de police.

Celle-ci a le pouvoir :

  • d'arrêter sans préavis toute personne se livrant à un comportement homosexuel ou à la prostitution ;
  • de faire appliquer des codes vestimentaire islamiques ;
  • de veiller à l'application des heures de fermetures de magasins durant les temps de prière ;
  • de faire appliquer les prescriptions alimentaires (notamment d'interdire la consommation ou la vente de boissons alcoolisées ou de la viande de porc) ;
  • de saisir les produits de consommation et les médias interdits car considérés comme anti-islamique (tels que les CD / DVD de divers groupes de musique occidentale, des émissions de télévision et de film).

En vertu des dispositions de la charia, telle qu'elle est pratiquée dans le pays, les juges ne sont pas tenus d'enregistrer le témoignage de personnes qui ne sont pas musulmans pratiquants, ou qui ne respectent pas l'interprétation officielle de l'islam.
Ainsi, les sources juridiques que sont les témoignages rendus par musulmans chiites est réputée avoir moins de poids que le témoignage de musulmans sunnites devant les tribunaux, quand ceux-ci ne sont pas tous simplement souvent ignorés. Par exemple, en mai 2001, un juge dans la province orientale, a jugé que le témoignage de deux témoins d'un accident d'automobile de confession chiites était irrecevable.
Bien que les lois et règlements prévoient que les accusés doivent être traités de manière égale, la détermination de la peine dans le cadre du système juridique n'est donc pas uniforme, mais se fait en vertu de la charia, telle qu'elle est interprétée et appliquée dans le pays. Ainsi, lorsque des crimes sont commis contre des musulmans, les peines encourues sont plus sévères que lorsque des non-musulmans sont victimes.

L'enseignement religieux conforme à la version officielle de l'islam est obligatoire dans les écoles publiques à tous les niveaux. Seul les étudiants non-musulmans des écoles privées ne sont pas tenus de suivre cet enseignement religieux. Les écoles religieuses privées sont autorisées si elles adhèrent à l'interprétation officielle de l'islam.

Pratiques des religions autres que la religion d'État[modifier | modifier le code]

Selon le rapport annuel 2008 réalisé par les États-Unis sur la liberté de religion dans le monde[1] la liberté religieuse en Arabie saoudite est, en pratique, très restreinte bien que le gouvernement ait confirmé qu'il garantissait et protégeait le droit des individus de pratiquer leur religion en privé, y compris des non-musulmans qui se rencontrent chez des particuliers.
Cependant, les organisations non-musulmanes ont fait valoir qu'il n'y avait pas de lignes directrices explicites permettant la distinction entre : la sphère publique et privée, le culte, comme le nombre de personnes autorisées à y assister et les types de lieux où ils sont tolérés. Ce manque de clarté, ainsi que les cas d'exécution arbitraire par les autorités, oblige la plupart des non-musulmans à pratiquer leur culte de façon quasi clandestine.

Le gouvernement saoudien ne permet pas aux membres du clergé non-musulman d'entrer dans le pays, afin d'y mener leur ministères, même si certains viennent en bénéficiant d'une « couverture », ceux-ci sont contraint d'exercer leurs fonctions religieuses en secret. Ces restrictions font qu'il est très difficile pour la plupart des non-musulmans de maintenir le contact avec les membres du clergé et d'assister aux services. Les catholiques et les orthodoxes, qui ont besoin d'un prêtre de façon régulière afin de recevoir les sacrements requis par leur foi, sont particulièrement touchés par ces restrictions.
En Arabie saoudite, le prosélytisme par des non-musulmans, y compris la distribution d'objet en rapport avec autres religions, tel des bibles, est illégal (les fonctionnaires des douanes sont habilités à ouvrir régulièrement la correspondance, y compris celles des non-musulmans, pour la recherche de produit de contrebande lié à la pratique religieuse), tout comme le fait pour les musulmans ou non-musulmans de porter des symboles religieux d'aucune sorte en public.
Sous les auspices du ministère des Affaires islamiques, l'État saoudien incite les étrangers vivant dans le pays à se convertir à l'islam par le biais de 50 centres employant environ 500 personnes.
Le gouvernement exige également que les résidents étrangers soient en possession d'un titre de séjour (iqama), sur lequel des informations sur l'appartenance ou non à la religion musulmane est inscrite.

Les membres de la minorité musulmane chiite sont officiellement sanctionnés par une discrimination dans les emplois publics, en particulier en ce qui concerne les postes qui ont trait à la sécurité nationale, comme dans l'armée ou au sein du ministère de l'Intérieur. Le gouvernement restreint également l'emploi des chiites dans le secteur du pétrole et la pétrochimie, ainsi que dans l'enseignement supérieur par le biais de restrictions non officiel sur le nombre de chiites admis dans les universités.
Les autorités tolèrent la célébration de la fête de l'Achoura dans la province orientale, et notamment dans la ville de Qatif, à condition que les célébrants ne soient pas groupés, qu'ils ne se livrent pas à des marches publiques ou à l’autoflagellation (une pratique traditionnelle chiite).

Selon l'Index mondial de persécution, l'Arabie Saoudite est le 2e pays au monde (après la Corée du Nord) où les chrétiens sont le plus persécutés.

Estimations[modifier | modifier le code]

Pour les chrétiens :

  • les catholiques seraient 800 000, principalement originaires des Philippines.
  • les protestants seraient 100 000.
  • les orthodoxes seraient 100 000, principalement originaire d'Égypte, de Syrie, d'Érythrée, de Palestine et du Liban.

Accès aux villes saintes[modifier | modifier le code]

Ségrégation religieuse : il est interdit aux non-musulmans d'aller à la Mecque ou à Médine

Les villes de La Mecque et Médine sont des "territoires sacrés" (al-balad al-harām) totalement interdits aux non-musulmans. Enfreindre cette interdiction peut faire encourir l'emprisonnement, voire la peine de mort[2]. Afin de garantir celle-ci, des postes de contrôle sur les routes surveillent l'accès à ces deux villes. De plus, les autorités saoudiennes exigent désormais la présentation d'un "certificat de conversion à l'islam" pour toutes personnes converties qui souhaitent pénétrer dans le "périmètre sacré". Ce document est normalement délivré dans n'importe quelle mosquée, après entretien et contrôle des connaissances[3], mais il n'est pas nécessaire lorsqu'on possède un nom et un prénom musulman.

Régime alimentaire[modifier | modifier le code]

L'importation, la vente et la consommation de viande de porc et tout produit qui en sont dérivés, ainsi que de toute nourriture non-halal et des boissons alcoolisées sont officiellement prohibées sur le territoire.

L'observation du jeûne du Ramadan est étroitement surveillé par les autorités : il est interdit de manger en public pendant cette période, y compris pour les non-musulmans.

Prières quotidiennes[modifier | modifier le code]

Les commerces et les administrations doivent fermer pour l'heure des prières (et notamment pour la prière du vendredi).

Tenue vestimentaire[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne la tenue vestimentaire, la musulmane doit obligatoirement porter le hijab. La non-musulmane doit couvrir également son corps sans qu'elle soit obligée de se recouvrir les cheveux. Pour les hommes, le port du short n'allant pas jusqu'aux genoux ou d'habits ne couvrant pas bas-ventre et nombril sont interdits.

Jeux d'argent[modifier | modifier le code]

Les jeux de hasard et d'argent, ainsi que les intérêts bancaires sont interdits.

Cas de condamnations[modifier | modifier le code]

En 1992, le poète Sadiq Malallah, musulman chiite, est exécuté par décapitation pour apostasie et blasphème[4],[5].

En 1996, Hadi Al-Mutif, adolescent chiite, est condamné à mort pour apostasie. Il demeure seize ans dans le couloir de la mort avant d'être gracié en 2012[6],[7].

En 2012, le journaliste Hamza Kashgari est arrêté et emprisonné pour blasphème[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]