Henri Mondor

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Henri Mondor est un médecin français, chirurgien et historien de la littérature, né le 20 mai 1885 à Saint-Cernin (Cantal), mort le 6 avril 1962 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

Génie du XXe siècle, Henri Mondor s'adonna brillamment à la chirurgie (y compris à son enseignement) et à sa passion pour la littérature, notamment pour le poète Stéphane Mallarmé. Il fut également dessinateur et, reconnu pour son savoir, fut élu à quatre académies.

Le nom d'Henri Mondor a été donné à divers hôpitaux :

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Mondor est originaire de Saint-Cernin dans le Cantal, où son père est le directeur de l'école primaire. Durant son enfance, il vit dans un milieu familial favorable à l'acquisition des connaissances, à l'apprentissage d'une discipline dans le travail et au culte de la langue française. Ces valeurs sont le fondement de la personnalité d'Henri Mondor, qui les suivra tout au long de sa vie.

Il fait ses études au lycée Émile Duclaux à Aurillac, où il excelle dans toutes les disciplines. Après d'excellentes études, il a le choix du parcours professionnel. Rebuté de suivre la même voie que son père et fortement influencé par sa mère qui veut le voir progresser dans l'échelle sociale, il s'oriente vers la médecine.

En 1903, Henri Mondor rejoint la capitale pour suivre ses études à la faculté de médecine. En 1909, il est reçu au concours de l'Internat des Hôpitaux de Paris, en deuxième position dans une promotion de 55 nouveaux internes. En 1912, il est interne médaille d'or en chirurgie[1].

Durant la Première Guerre mondiale, il s'engage comme infirmier, puis il est nommé médecin aide-major.

Entre les deux guerres, durant plus de vingt ans de pratique, Henri Mondor opère deux à trois patients par jour. Dans son service, le matin, il enseigne les règles et les gestes de la chirurgie mais aussi la compréhension et la compassion à l'égard des malades. Il a le souci de tenir compte de la responsabilité médicale. Ainsi son talent sera reconnu par divers postes à responsabilité :

  • 1930 : secrétaire de l'Association nationale de chirurgie
  • 1939-40 : secrétaire national de l'Académie de chirurgie. Durant cette période il est nommé chef de service, dans divers hôpitaux
  • 1941-1955 : professeur de clinique chirurgicale.

Henri Mondor n'est pas seulement un chirurgien-chercheur, il est aussi un homme de lettres avec une vingtaine de publications sur le monde médical et sur le poète Stéphane Mallarmé. Également artiste, son don pour le dessin, qui s'exprima dès le lycée, lui a valu des prix. La rose était son support de prédilection pour cet art. Il a également illustré certains livres. Le philosophe Alain lui dédia ses Lettres sur le sujet du Cœur et de l’Esprit (1924). En 1960, il écrit la notice biographique aux œuvres complètes de Céline dans la Pléiade. Truffée d'erreurs, elle reprend parfois mot pour mot les éléments dictés par l'écrivain au cours de leurs échanges épistolaires[2].

Henri Mondor est multi-académicien :

En 1956, il est nommé grand officier de la Légion d'honneur.

Il venait en famille en villégiature à la pension les Romains, aujourd'hui le Pré fleuri à Saint-Honoré-les-Bains.

Il décède le 6 avril 1962, à l'hôpital américain de Paris à Neuilly-sur-Seine.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Pathologie chirurgicale[modifier | modifier le code]

  • Les Ulcères perforés de l'estomac et du duodénum, en collaboration avec G. Lauret, Masson, 1923.
  • Le Cancer du Rectum, en collaboration avec A. Chalier, Doin, 1923.
  • Les Arthrites gonococciques, Masson, 1928.
  • Les Diagnostics urgents : Abdomen, Masson, 1930 - 9 éditions successives ; traduit notamment en russe, néerlandais, espagnol…
  • Les Avortements mortels, Masson, 1930.
  • Quelques Vérités premières en chirurgie abdominale, Masson, 1936.
  • Radiodiagnostics urgents, en collaboration avec P. Porcher et Cl. Olivier, Masson, 1942.

Histoire littéraire[modifier | modifier le code]

  • Lettre et images pour G. Duhamel, Gallimard, 1937.
  • Salut au poète, Darantière, 1938.
  • Hommes de qualité, Gallimard, 1939.
  • L'Amitié de Verlaine et Mallarmé, Gallimard, 1940.
  • Vie de Mallarmé, Gallimard, 1941-1942.
  • Mallarmé plus intime, Gallimard, 1944.
  • Les Premiers temps d'une amitié (Valéry et Gide), Éditions du Rocher, 1947.
  • Mallarmé, Cailler, 1947.
  • Entretien au bord d'un fleuve, avec Georges Duhamel, Éditions du Rocher, 1947.
  • Trois Discours pour Paul Valéry, Gallimard, 1948.
  • L'heureuse rencontre (Mallarmé et Valéry), La Guilde du Livre, 1948.
  • Histoire d'un Faune, Gallimard, 1948.
  • Œuvres complètes de Mallarmé, Gallimard, 1945.

Histoire de la médecine et de la chirurgie[modifier | modifier le code]

  • Paul Lecène, Masson, 1931.
  • Grands médecins presque tous, Corréa, 1943.
  • Pasteur, Corréa, 1945.
  • Dupuytren, Gallimard, 1945.
  • Anatomistes et Chirurgiens, Fragrance, 1949.

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • Lettre et Images pour G. Duhamel, Gallimard ;
  • Salut au Poète, Darantière ;
  • Paul Valéry, L'Homme et la Coquille, Gallimard ;
  • F. Mazade, La Rose ;
  • R. Lannes, Argelès, Janin ;
  • Geneviève de Louvencourt, Indolences, P. Ardent ;
  • Anne Fontaine, Nausicaa, Egloff.

Décorations[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette médaille est attribuée chaque année, sur concours, à un interne en chirurgie et à un interne en médecine en fin d'internat.
  2. Louis-Ferdinand Céline, Lettres à Henri Mondor, Gallimard, 2013
  3. Archives nationales