Bataille de l'Atlantique (1917)

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Première bataille de l'Atlantique
U-Boot classe UC-1
U-Boot classe UC-1
Informations générales
Date Octobre 1914 à 1918
Lieu Océan Atlantique nord et sud, mer Méditerranée
Issue Échec de la tentative allemande de blocus du Royaume-Uni
Belligérants
Alliés Empire allemand
Forces en présence
Nombreux destroyers. 20 U-Boote au départ de la guerre plus
345 U-Boote mis en service.
Pertes
Environ 5 000 navires alliés et neutres 178 sous-marins
Première Guerre mondiale
Batailles
Bataille de l'Atlantique

1re Heligoland (08-1914)Penang (10-1914)Coronel (11-1914)Falklands (12-1914)Dogger Bank (01-1915)Gotland (07-1915)Juttland (05-1916)Funchal (12-1916)Pas-de-Calais (04-1917)Détroit de Muhu (10-1917)2e Heligoland (11-1917)Zeebruges (04-1918)1er Ostende (04-1918)2e Ostende (05-1918)


Front italien


Front d'Europe de l’Est


Front d'Europe de l’Ouest


Front du Moyen-Orient


Front africain

La Première bataille de l'Atlantique s'est jouée dans l'Atlantique Nord pendant toute la durée de la Première Guerre mondiale. Elle marque la première étape d'un nouveau type de guerre navale qui se reproduira lors de la Seconde bataille de l'Atlantique (1939-1945), et qui est marqué essentiellement par une relative inactivité des cuirassés, la guerre sous-marine menée par les U-Boote et la formation des convois pour protéger les navires marchands.

Sommaire

[modifier] La relative inactivité des cuirassés

Au début de la guerre, aussi bien la Royal Navy que la Kaiserliche Marine attribuaient un rôle prépondérant aux cuirassés. La Grand Fleet britannique, la plus puissante du monde, espérait couler la Hochseeflotte, la flotte allemande, en une seule bataille décisive. Cette dernière, consciente de son désavantage, se réfugia et se barricada dans ses ports lourdement protégés.

Mais la Royal Navy ne contrôlait pas pour autant la mer du Nord, du moins pas à partir de septembre 1914, où les U-Boote coulèrent 4 croiseurs britanniques. Le U-9 torpillant à lui seul 3 croiseurs le 22 septembre 1914 : le HMS Aboukir, le HMS Hogue, et le HMS Cressy. Les Britanniques durent donc adopter la même stratégie que les Allemands et barricader leurs escadres de cuirassés. La bataille entre les deux marines ne se jouait que par petites unités interposées. Les escadres de surface, jadis arme traditionnelle de l'offensive, étaient contraintes à la défensive et n'effectuaient que des sorties rapides à la trajectoire aléatoire afin d'éviter de se faire intercepter par les U-Boote. Elles avaient essentiellement un rôle dissuasif et n'avaient qu'un rôle de « flotte en vie », constituant par sa seule présence une menace hypothétique.

[modifier] Pourquoi une guerre sous-marine ?

Le U-9 allemand qui le 22 septembre 1914 a coulé 3 croiseurs britanniques

L'Allemagne était dès le début de la guerre la cible d'un blocus de la part des alliés et la Kaiserliche Marine voulait rendre coup pour coup en s'attaquant au commerce maritime allié. Cette guerre de course nécessitait la destruction des navires marchands approvisionnant les pays alliés.

La position géographique de l'Allemagne ne lui donnait qu'un accès restreint à l'océan. Ainsi, son commerce maritime avec l'outre-mer était contraint de transiter aux environs du Royaume-Uni, ce qui permettait à la Royal Navy (et à la Royal Naval Air Service) d'intercepter facilement ce trafic. De plus, les navires corsaires allemands avaient un accès difficile à l'océan Atlantique, où se faisait l'essentiel du trafic britannique. Contrairement au Royaume-Uni, puissance maritime, l'Allemagne était une puissance continentale : sa flotte de surface ne pouvait pas rivaliser avec la toute puissante Royal Navy et une arme différente s'avérait nécessaire pour mener à bien cette guerre de course. Les U-Boote, petites unités discrètes et bien moins coûteuses que les cuirassés, ont pu parfaitement jouer ce rôle en franchissant facilement les lignes britanniques pour porter la guerre dans l'océan Atlantique.

[modifier] Peut-on torpiller des civils ?

La mise en œuvre de ce blocus posait tout de même un grave problème moral : peut on torpiller des civils innocents ? Contrairement à la guerre de surface qui, en accord avec le droit maritime, prévient les navires marchands de l'imminence d'une attaque et permet donc à l'équipage de gagner les canots de sauvetage, un U-Boot attaque sa victime par surprise. La Reichsmarine était partisane des attaques sans préavis, mais les politiques étaient beaucoup plus réticents car ils craignaient les incidents, notamment ceux qui pouvaient entrainer l'entrée en guerre des États-Unis. Le plus important fut le drame du paquebot Lusitania le 7 mai 1915, où périrent 1 200 passagers, dont 124 ressortissants américains, et qui déclencha une vague mondiale d'indignations et de sérieuses conséquences diplomatiques. Le chancelier Von Bethmann-Hollweg alla jusqu'à déclarer : « Je refuse de placer le sort du Reich entre les mains d'un commandant de U-Boot ».

L'empereur Guillaume II, d'abord réticent à la guerre sous-marine, se rangea finalement à l'avis des militaires en janvier 1917 (suite à la bataille de la Somme), et lança une guerre sous-marine illimitée.

[modifier] Les navires-Q

Article détaillé : Q-ship.

Il n'existait que peu d'armes anti-sous-marines pour détecter et attaquer les U-Boots. Parmi toutes les idées, avait germée celle de les prendre au piège. Si on lui offrait une cible facile, trop petite pour justifier l'usage d'une torpille, il était probable que le U-Boot ferait surface pour la détruire au canon. Le navire-Q pouvait alors dévoiler sa propre artillerie et couler l'imprudent.

Sous ce vocable mystérieux de « Navires-Q », se cachent des bateaux-pièges (en anglais Q-ships[1]). Les Britanniques les mettront en œuvre dès 1915. Les Français les imiteront l'année suivante.

[modifier] La formation des convois

[modifier] Historique de la guerre sous-marine

Article détaillé : Guerre sous-marine.

Les U-Boot furent lancés dans une guerre sous-marine « totale » (sans distinction de la nationalité du navire, et sans faire de différence entre navires civils et militaires) au début de la guerre. Le 22 septembre 1914, le U-9 torpille trois croiseurs britanniques en mer du Nord; En mai 1915, le U-20 coula le paquebot Lusitania. Des 1 195 personnes qui périrent suite à ce torpillage, 123 étaient des civils américains (note : les chiffres donnés sur la page Lusitania sont légèrement différents), dont un célèbre producteur de théâtre et un membre de la famille Vanderbilt. Cet événement provoqua une forte hostilité de l'opinion publique américaine envers l'Allemagne. Le président américain Woodrow Wilson menace l'Allemagne et exige réparation. Pour éviter que les États-Unis ne lui déclarent la guerre, l'Allemagne suspend sa guerre sous-marine.

Toutefois, l'Allemagne annonça près de deux ans plus tard, le 31 janvier 1917, que ses U-Boot engageaient à nouveau une guerre sous-marine totale. L'opinion américaine ayant entre-temps évolué dans un sens plus favorable à l'entrée en guerre des États-Unis, cette décision fut considérée comme une véritable déclaration de guerre par les Américains. Ce fut un facteur déterminant dans l'entrée en guerre des États-Unis aux côtés des alliés le 6 avril suivant.

La technologie fait d'immenses progrès et en 1918, les sous-marins ont atteint un niveau qui les rapproche de celui qu'ils auront en 1940. La classe U-139 fait ainsi 2 000 tonnes et plonge à 75 mètres.

Sur les 345 U-Boots opérant durant la Première Guerre mondiale, 274 U-Boots coulèrent 6 394 navires marchands représentant 12 800 733 tonneaux et une centaine de navires de guerre représentant 366 490 tonnes.

229 ont été perdus dont 178 en opérations et sur 13 000 officiers et matelots ayant servi dans les U-Boote 515 officiers et 4 849 marins ont trouvé la mort au combat, soit 40% des effectifs[2].

[modifier] Les leçons de cette première bataille de l'Atlantique

[modifier] Annexes

[modifier] Notes et références

  1. Le choix de ce sigle reste peu clair.
  2. Jean-Philippe Dallies-Labourdette, Les U-Boote du Kaiser", Histoire et collections, 2009, (ISBN 978-2-913903-95-1)

[modifier] Sources

[modifier] Q-ships

En dehors de l'article sur Wikipedia britannique, les ouvrages suivants ont été utilisés.

  • Amiral Lepotier, Bateaux-pièges, Paris, 1964, France-empire,
  • Paul Chack, Marins à la bataille, tome 4, Paris, 2002, Éditions du Gerfaut (ISBN 2-901196-53-5)

[modifier] Bibliographie

  • Amiral Lepotier, Bateaux-pièges, Paris, 1964, France-empire,
  • Commandant M. Guierre, Bataille de l'Atlantique, la victoire des convois, Paris, Éditions J'ai lu A177, 1967,

[modifier] Articles connexes

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