Académie de marine

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Académie de marine

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Cadre
But L'Académie de marine a pour vocation de favoriser le développement des hautes études concernant les questions maritimes
Zone d’influence France
Fondation
Fondation 1752
Fondateur Antoine Louis Rouillé
Origine Brest, France
Identité
Siège Paris, France
Président Contrôleur général des Armées (2s) André Ravier
Méthode L'Académie de marine exerce et favorise des activités d'ordre scientifique, culturel et administratif concernant l'ensemble des questions maritimes.
Slogan « Per hanc prosunt omnibus artes » (« Grâce à elle, les arts profitent à tous »)
Site web http://www.academiedemarine.com

L’Académie de marine désigne deux institutions différentes, dont la seconde est héritière de la première. Une Académie de marine est créée par Louis XV à Brest en 1752. Devenue Académie royale de marine, elle se réunit à Brest jusqu’à sa suppression en 1793. Une nouvelle Académie de marine, perpétuant la mission de l'Académie royale ayant existé à Brest au XVIIe siècle, est fondée à Paris en 1921 sous la forme d'une association, puis d'un établissement public d'État (établissement public à caractère administratif depuis 1991[1]).

Sous l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Bigot de Morogues, premier directeur de l’Académie de marine
Aymar Joseph de Roquefeuil, Vice Amiral, fondateur de l'Académie royale de marine
Le port de Brest en 1777

Vers 1745, un capitaine de vaisseau du Roi, théoricien de la tactique navale et grand expert en balistique, Sébastien Bigot de Morogues, prit l'habitude de réunir chez lui des officiers et des ingénieurs du port de Brest partageant son intérêt pour les sciences de la mer. En 1749, les travaux de ce groupe eurent quelques retentissements. Après son passage à Brest, Antoine Louis Rouillé, comte de Jouy, secrétaire d'État de la Marine, décida de rendre officielle cette institution privée.

Ainsi le roi Louis XV devait-il signer à Compiègne, le 30 juillet 1752, les lettres patentes portant création d'une Académie de marine à Brest, soumise à un règlement minutieux. La séance d'ouverture a eu lieu le 31 août 1752.

Composée de soixante-quinze membres - dix honoraires, dix libres, trente ordinaires, vingt-cinq adjoints - l'Académie a à sa tête un bureau constitué d'un directeur, d'un sous-directeur, d'un secrétaire et d'un sous-secrétaire. Avec son premier directeur Sébastien Bigot de Morogues, la compagnie réalise de 1752 à 1755, de nombreux travaux[2],[3].

Les officiers de Marine qui y participent se proposent de contribuer à la modernisation de la Marine française. Ils reçoivent très vite l'approbation de Louis XV.

L’Académie rassemble des astronomes, des hydrographes, des mathématiciens, etc. Parmi les membres, lors de la fondation, on compte les académiciens honoraires, outre Sébastien Bigot de Morogues, Jean Florent de Vallière, Amédée François Frézier, Henri Louis Duhamel du Monceau, Charles Étienne Louis Camus, Pierre Bouguer, Jean-Baptiste Après de Mannevillette, Jacques-Nicolas Bellin, Esprit Pezenas, Chardon de Courcelle, et les académiciens ordinaires Bory, Joseph Bernard de Chabert, Antoine Choquet de Lindu, Dumaitz de Goimpy, René-Aymar de Roquefeuil, Groignard, Nicolas-Marie Ozanne[2].


L'Académie disparaît temporairement de 1765 à 1769, à la suite de la Guerre de Sept Ans. En 1769, Aymar Joseph de Roquefeuil, commandant de la Marine à Brest, obtint de Louis XV et du secrétaire d'État de la Marine Choiseul-Praslin son rétablissement[2] sous le nom d'Académie royale de marine. Une devise est adoptée : « Per hanc prosunt omnibus artes » (« Grâce à elle, les arts profitent à tous »)[4].

L'Académie sera liée à l'Académie des sciences par un édit de 1771. Le nombre d'académiciens est ramené à soixante, puis porté à soixante-dix en 1771. Elle devient alors très active, se réunissant huit cents fois en vingt-cinq ans, et présentant quatre cents mémoires.

Elle s'intéresse à l'astronomie navale, aux mathématiques, à l'architecture navale, à la physique, à l'hydrographie, à la cartographie[2] et à la santé des équipages[5]. En 1776, elle obtient la direction de l'atelier des boussoles de Brest[2]. Sa bibliothèque comptait plus de 3 800 volumes, dont on possède le catalogue[4].

Parmi les nouveaux membres, on compte Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande, Alexandre Guy Pingré, Pierre Charles Le Monnier, Alexis-Marie de Rochon, Jean-Charles de Borda, Charnières, Étienne Bézout, Nicolas Claude Duval-le-Roy, Étienne Nicolas Blondeau, Poissonier-Desperrière, Sabatier, Louis Antoine de Bougainville, Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec, Jean-René de Verdun de la Crenne, Granchain, Fleuriot de Langle, Honoré Sébastien Vial de Clairbois, Pierre-Alexandre-Laurent Forfait, Jacques-Noël Sané[2], Antoine-Jean-Marie Thévenard, Jean-Jacques de Marguerie et Charles Pierre Claret de Fleurieu.

L'Académie contribua notamment à l'amélioration des instruments de navigation. On retrouve trois de ses membres (Claret de Fleurieu, Fleuriot de Langle, d'Escures) dans l'expédition que conduisit La Pérouse jusqu'aux îles Salomon avant de disparaître.

L'Académie de marine sera finalement supprimée par la Convention le , en même temps que toutes les autres académies.

Voir la catégorie : Membre de l'Académie de marine.

Une académie toujours active[modifier | modifier le code]

Les tentatives pour recréer l'Académie au XIXe siècle échouèrent malgré l’action de grands marins à l'Académie française et à l’Académie des sciences. L’Académie de marine est recrée sous la forme d'une association (loi 1901) en 1921 et continue son œuvre au XXIe siècle.

Elle est devenue un établissement public d'État en 1927 et a pris la forme d'un établissement public à caractère administratif en 1991. Elle a été placée sous la tutelle du Ministre de la Marine puis sous celle du Ministre de la Défense. Le Chef d'état-major de la marine exerce cette tutelle au nom du ministre.

L'Académie de marine est dirigée par un président assisté d'un vice-président, d'un secrétaire perpétuel et d'un secrétaire perpétuel adjoint qui, avec le président, forment le bureau de l'académie.

Elle comporte six sections de treize membres chacune :

  • Marine militaire,
  • Marine marchande, pèche et plaisance,
  • Sciences et techniques,
  • Navigation et océanologie,
  • Histoire, lettres et arts,
  • Droit et économie.

Elle comprend également des membres honoraires, attachés à une section, et des membres associés étrangers.

L'Académie siège à Paris à l'École militaire.

« Son recrutement s'est élargi, n'étant plus réservé aux seules personnes de la Marine militaire en activité comme c'était le cas au XVIIIe siècle, et son champ d'intérêt également : elle couvre désormais toutes les activités à caractère maritime » [6].
L'Académie attribue chaque année, lors de sa séance solennelle de rentrée, des prix littéraires dont le grand prix de l'Académie de marine, des prix de fondation, des prix de thèses ainsi que des bourses d'études.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Code de la défense, articles R3413-88 à R3413-115 portant statut de l'Académie de marine
  2. a, b, c, d, e et f Philippe Henwood, « L'Académie de marine à Brest au XVIIIe siècle », in Jean Balcou, La Mer au siècle des encyclopédies, Paris, Champion & Genève, Slatkine, 1987, p. 125-134.
  3. L'Académie de marine. Historique et statuts. Édition 2006.
  4. a et b Rémi Le Page, « La bibliothèque de l'Académie de marine à Brest », in Jean Balcou, La Mer au siècle des encyclopédies, Paris, Champion & Genève, Slatkine, 1987, p. 135-146.
  5. Adrien Carré, L'hygiène navale, préoccupation essentielle de l'Académie de marine, in Jean Balcou, La mer au siècle des encyclopédies, Paris, Champion & Genève, Slatkine, 1987, p. 157-173.
  6. http://www.academiedemarine.com/ Site officiel de l’Académie de marine