Italo Svevo

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Italo Svevo

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Italo Svevo vers 1900

Nom de naissance Aron Hector Schmitz
Autres noms Italo Svevo
Activités écrivain
Naissance
Trieste Flag of the Habsburg Monarchy.svg Empire d'Autriche
Décès (à 66 ans)
Motta di Livenza Drapeau de l'Italie Italie
Langue d'écriture italien
Genres roman

Œuvres principales

La Conscience de Zeno (1923)

Italo Svevo, littéralement « Italien Souabe », pseudonyme de Ettore Schmitz, né Aron Hector Schmitz le à Trieste et mort le (à 66 ans) à Motta di Livenza, près de Trévise, est un écrivain italien. Italo Svevo est considéré comme l'un des plus grands romanciers du XXe siècle. Son œuvre est traduite dans une vingtaine de langues[réf. souhaitée][1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Svevo naît à Trieste en 1861, d'un père juif allemand, Franz Schmitz, et d'une mère italienne, Allegra Moravia, issue de la communauté juive de Trieste[2]. Cette ville fait alors partie de l'Empire austro-hongrois et le restera jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale.

À l'âge de 12 ans, il est envoyé avec ses frères Adolfo et Elio dans un internat à Segnitz, près de Wurtzbourg, en Bavière. Leur père estimait en effet qu'il était nécessaire de bien connaître l'allemand pour devenir négociant. Ettore assimile rapidement la langue allemande et découvre les grands penseurs allemands, dont Arthur Schopenhauer[3]. De retour à Trieste, en 1878, il abandonne ses études pour travailler dans une banque comme commis, puisque son père, entrepreneur verrier, a fait faillite. Il raconte cette période de sa vie dans Una Vita.

Livia Fausta Veneziani[modifier | modifier le code]

Son épouse était Livia Fausta Veneziani. Il en parle avec simplicité dans le chapitre écrit en 1897 de 'Cronaca di famiglia' : "...La donna evidentemente bionda che ha l’onore d’essere fotografata al mio fianco si chiamava Livia Fausta Veneziani ed ora, precisamente da un anno, è mia moglie..." (vol. I dell’Opera Omnia, Milano 1966).

Parcours littéraire[modifier | modifier le code]

En 1892, il publie Una vita (le premier titre, Un inetto, c'est-à-dire un incapable, un inapte, ayant été refusé par l'éditeur) et en 1898, Senilità, mais devant un échec critique et commercial, Svevo renonce à la littérature pendant près de vingt ans. L'année de la publication de Senilità, il épouse sa cousine Livia Veneziani. Il rentre alors dans la manufacture de ses beaux-parents qui fabrique des vernis pour bateaux, ce qui l'oblige à voyager à travers le monde et donc à apprendre l'anglais.

Il rencontre alors James Joyce, qui sera un temps son professeur d'anglais à l'École Berlitz de Trieste. Il lui fait lire Senilità, que Joyce appréciera au point d'en connaître de longs passages par cœur, et celui-ci l'incite à reprendre l'écriture et à entreprendre la rédaction d'un nouveau roman. Il découvre également, en 1910, la psychanalyse de Sigmund Freud, duquel il entreprend de traduire La Science des rêves. Il se met par ailleurs au violon. La guerre le contraint ensuite à l'inactivité et le conduit de nouveau à la littérature.

En 1923, il connaît la célébrité, notamment en France (par l'entremise de Valery Larbaud et de Benjamin Crémieux, fervents défenseurs de son œuvre) et en Italie, grâce à Eugenio Montale, futur prix Nobel de Littérature, avec son œuvre intitulée La Conscience de Zeno (« La Coscienza Di Zeno »), un roman comportant de nombreuses références autobiographiques, comme son amour pour la cigarette ou son expérience du négoce qui se termine avec une phrase sombre et prémonitoire : «Quand les gaz asphyxiants ne suffiront plus, un homme fait comme les autres inventera, dans le secret d'une chambre de ce monde, un explosif en comparaison duquel tous ceux que nous connaissons paraîtront des jeux inoffensifs.»

Il donne ensuite des conférences puis songe à une suite pour son roman mais il meurt en septembre 1928 des suites d'un accident de voiture à Motta di Livenza et d'une maladie cardiaque. Grand fumeur, il refuse sur son lit de mort sa dernière cigarette comme si, par ce dernier acte, il tendait la main à Alfonso Nitti, Emilo Brentani et surtout Zeno, les anti-héros de ses trois grands livres, respectivement Una Vita, Senilità et La Coscienza Di Zeno.

Citations[modifier | modifier le code]

« La vie ressemble à la maladie en ce qu'elle procède par crises et usure progressive, comme elle comporte aussi ses améliorations et aggravations quotidiennes. Mais, à la différence des autres maladies, la vie est toujours mortelle. » dans La Conscience de Zeno.

« Les choses que tout le monde ignore et qui ne laissent pas de traces n'existent pas. » dans La Conscience de Zeno.

« On meurt dans l'état précis où on est né : avec des mains faites pour saisir et incapables de serrer. » Italo Svevo dans Une vie.

« Lorsqu'un vrai jeune homme tombe amoureux, l'amour provoque en lui des réactions qui n'ont souvent bientôt plus rien à voir avec le désir. […] Les vieillards, au contraire, mieux gardés des passions semblent-ils, se livrent à elles en pleine connaissance de cause et entrent dans le lit de la faute avec le seul souci des refroidissements. » Italo Svevo dans Le Bon Vieux et la Belle Enfant.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • 1877 : L'avenir de la mémoire
  • 1880 : Le roi est mort. Vive le roi !
  • 1890 : L'Assassin de la rue Belpoggio (nouvelle)
  • 1892 : Une vie
  • 1898 : Sénilité (retouché en 1927)
  • 1923 : La Conscience de Zeno
  • 1926 : Le Vin du salut, nouvelle
  • Le Vieillard, roman inachevé
  • Le Destin des souvenirs, recueil de nouvelles
  • Dernières cigarettes, extraits de la correspondance de Svevo
  • Ulysse est né à Trieste, conférence sur James Joyce. Traduction de Dino Nessuno. Editions Finitude, 2003
  • Correspondance, avec Eugenio Montale. Traduction de Thierry Gillybœuf, Éditions de la Nerthe, 2006
  • La vie conjugale, traduction de Thierry Gillybœuf, Rivages, 2008
  • Ma paresse, traduction de Thierry Gillybœuf, Allia, 2011
  • La Nouvelle du bon vieux et de la belle enfant, traduction de Thierry Gillybœuf, Allia, 2011

Voir aussi l'avant-propos de Svevo à La Conscience de Zeno ((ISBN 2070364399)).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Bonnet dir, Italo Svevo et Trieste, Centre Georges Pompidou, Paris, 1987.
  • G.Borghello, La coscienza borghese. Saggio sulla narrativa di I.Svevo, Rome, 1977.
  • Philippe Chardin, L'amour dans la haine ou la jalousie dans la littérature moderne : Dostoïevski, James, Svevo, Proust, Musil, Genève, Droz, 1990 et Le roman de la conscience malheureuse, Genève, Droz, 1983.
  • B. Crémieux, Italo Svevo, in Solaria, mars-avril 1929.
  • Mario Fusco, Italo Svevo, conscience et réalité, Gallimard, 1973.
  • Anne-Rachel Hermetet, « Italo Svevo et la conscience moderne "Et pourquoi vouloir soigner notre maladie?" », Etudes, no 415,‎ octobre 2011
  • N. Jonard, Italo Svevo et la crise de la bourgeoisie européenne, Publication Université de Dijon, Paris, 1969.
  • J.Mariani, L'affaire Zeno à travers le XXe siècle italien, Université de Vincennes, 1976.
  • J. Pouillon, La conscience de Zeno, roman d'une psychanalyse, in Les Temps Modernes, octobre 1954.
  • Gilles Sicart, "Italo Svevo ou l'ironie du désespoir" in Le Uhlan [1].
  • Maurizio Serra, Italo Svevo ou l'antivie, Éditions Grasset,‎ 2013, 390 p.

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hermetet 2011
  2. "Une vie", "Senilità", "La Conscience de Zeno" d'Italo Svevo : la dernière cigarette d'Italo Svevo dans Le Monde des livres du 25 novembre 2010.
  3. voir sur ce point Mario Fusco, Italo Svevo, Conscience et réalité, Gallimard, 1973, p.18-22.

Liens externes[modifier | modifier le code]