Anarchisme en France

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L'histoire de l'anarchisme en France démarre avec Proudhon. Mouvement politique s'opposant aux pratiques autoritaires et aux principes hiérarchiques, l'anarchisme voit cohabiter dans son histoire des figures célèbres telles que Bakounine, Kropotkine ou Pelloutier, et un ensemble de courants idéologiques quelquefois inspirés par des idées du christianisme ou du syndicalisme révolutionnaire, et tentant de concilier le refus d'un organisme gouvernemental, et la nécessité de se structurer. Cette structuration se traduit par la création de nombreuses organisations et journaux libertaires[1].

Historique complet (ré-éditable à partir de ).

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

1850
1864
  • Naissance de l'Association internationale des travailleurs (AIT ou Première Internationale) à Londres. Premières tentatives de Bakounine de créer une organisation révolutionnaire antiautoritaire, la « Fraternité internationale révolutionnaire » ou « l'Alliance ».
1868
  • Deuxième tentative d'organisation bakouniniste, avec l'organisation des « Frères internationaux » ou encore « l'alliance pour la démocratie socialiste ».
1871
  • Commune de Paris : La répression fait 25 000 victimes et décapite le mouvement révolutionnaire en France.
1872
1873
1878
1880
  • La Révolution sociale, premier journal anarchiste après la Commune, est publié.
1881
1883
1889
1895

Années 1900[modifier | modifier le code]

1906
1907
1909
  • Création de la Fédération anarchiste juive de Paris le 29 mai.

Années 1910[modifier | modifier le code]

1910
  • Naissance d'une éphémère Alliance communiste anarchiste.
1911
1913
1914-1918
1917
1919
  • Le 26 janvier, une nouvelle série hebdomadaire du Libertaire reparaît, la création prochaine d'une Fédération anarchiste est annoncée.

Années 1920[modifier | modifier le code]

1920
  • En novembre, une Union Anarchiste (UA) se reconstitue sur des bases violemment hostiles aux bolcheviks.
1922
1923
  • Le 4 décembre marque le premier numéro du Libertaire quotidien.
1924
1925
  • Des Russes en exil se retrouvent à Paris et fondent avec Nestor Makhno et Archinov la revue Diélo Trouda (la Cause du travail). Le 26 mars, le Libertaire cesse sa parution quotidienne et redevient hebdomadaire.
1926
  • En juin paraît le « projet de plate-forme organisationnelle pour une Union générale des anarchistes », plus connu sous le nom de « plate-forme d'Archinov ». Voline répond à cette plate-forme par son projet de « Synthèse » dans son article « le problème organisationnel et l'idée de synthèse ». L'UA se transforme en juillet, après son congrès d'Orléans, en Union anarchiste communiste (UAC), une opposition grandissante se développe entre partisans de la plate-forme et partisans de la Synthèse. Les syndicalistes révolutionnaires quittent la CGT et fondent la CGT-SR avec, pour secrétaire, Julien Toublet.
1927
  • Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti sont exécutés. L'UAC devient majoritairement plate-formiste au congrès d'Orléans des 30 octobre et 1er novembre. Les synthésistes minoritaires quittent l'UAC et fondent l'Association des fédéralistes anarchistes (AFA) qui diffusera le Trait d'union libertaire puis la Voix libertaire.

Années 1930[modifier | modifier le code]

1930
  • À l'issue de congrès de l'UACR, des groupes synthésistes réintègrent les rangs de l'UACR.
1934
  • L'UACR prend l'initiative de convoquer un congrès en vue de réaliser l'unité de tous les anarchistes. L'antifascisme doit servir à cimenter cette union. Le congrès se tient à Paris les 20 et 21 mai, on décide de revenir à l'appellation « Union anarchiste » et l'AFA profite de cette occasion pour se dissoudre et réintégrer l'organisation. Une Fédération communiste libertaire se créée sur une scission de l'UA.
1936
  • Front populaire et révolution espagnole. Les anarchistes sont investis dans Solidarité internationale antifasciste (SIA). Une Fédération anarchiste de langue française (FAF) se développe à partir d'une scission de l'UA, qui dénonce la collusion des libertaires avec le Front populaire ainsi qu'une critique de la participation de la CNT-FAI au gouvernement républicain en Espagne. La FAF édite Terre libre auquel collabore Voline. Avant-guerre coexistent donc deux organisations, l'Union anarchiste (UA), qui a pour organe le Libertaire et la Fédération anarchiste française (FAF) avec pour journal Terre libre. Celles-ci n'ayant prévu aucune structure clandestine disparaissent rapidement à la déclaration de guerre.

Années 1940[modifier | modifier le code]

1943
  • 19 juillet, une réunion clandestine de militants, dite de la Fédération internationale syndicaliste révolutionnaire, se tient à Toulouse.
1944
  • Le 15 janvier, est mise au point une charte de la nouvelle Fédération anarchiste (FA) approuvée à la rencontre d'Agen les 29 et 30 octobre, la décision est prise de faire reparaître le Libertaire comme lien. Le premier numéro date de décembre 1944.
1945
  • Septembre, nouvelle parution, sporadique puis bimensuelle, du Libertaire en tant qu'organe. Les 6 et 7 octobre se tiennent les Assises du mouvement libertaire. Le 20 octobre, début des travaux du congrès constitutif de la Fédération anarchiste qui se tiendra à Paris le 2 décembre. Elle est composée d'une majorité de militants de l'ancienne FA (synthésiste) et quelques militants de l'ancienne Union anarchiste (UA, qui soutenait la politique de collaboration Confédération nationale du travail / Fédération anarchiste ibérique (CNT/FAI) au gouvernement républicain), pendant la guerre d'Espagne et de jeunes militants issus de la résistance. Les Jeunesses libertaires, organisation satellite de la FA voient le jour. La FA regroupe donc l'ensemble des libertaires français à l'exception de certains individualistes regroupés autour d'Émile Armand (ceux-ci publient l'Unique et l'En dehors) et de certains pacifistes, avec Louvet et Maille qui publient À contre-courant. Une structure confédérale est mise en place : « le mouvement libertaire », qui coordonne les efforts de publication avec le courant Louvet (journal Ce qu'il faut dire), la minorité anarcho-syndicaliste de la CGT réunifiée (FSF – Fédération syndicaliste française représentant la tendance « Action syndicaliste ») et le Libertaire.
1946
  • Dès le début, les tendances individualiste et communiste libertaire cohabitent mal au sein de la FA. Les dissensions politiques se doublent d'un conflit de générations. George Fontenis, considéré comme consensuel car lié à aucun clan, est élu secrétaire général de la FA au 2e congrès de Dijon. Le 6 décembre, la FSF se transforme en Confédération nationale du travail (CNT), elle adopte la charte de Paris et fait paraître le Combat syndicaliste. Le Libertaire devient hebdomadaire à partir du mois d'avril.
1947
  • George Fontenis est reconduit dans ses fonctions de secrétaire général de la FA au 3e congrès d'Angers. Des militants de la FA participent à la naissance de la Confédération générale du travail – Force ouvrière (CGT-FO) à la suite de la mainmise du Parti communiste français sur la CGT et à l'affaiblissement de la CNT résultant des nombreuses tensions internes.
1949

Années 1950[modifier | modifier le code]

1950
  • Au début de l'année, une partie des communistes libertaires de la FA s'organisent en fraction, qu'ils nommeront Organisation pensée bataille (OPB), et qui a pour but d’imposer une ligne politique unique et une organisation forte et structurée. L’OPB noyaute sans grande difficulté les postes à responsabilité désertés par les individualistes.
1951
  • 24-25 février : Italie. Constitution des Groupes anarchistes d’action prolétarienne (G.A.A.P.) par des militants exclus de la F.A.I. au congrès d’Ancône.
  • 12-14 mai : Lille. Congrès de la Fédération anarchiste.

Sur proposition du groupe Louise Michel (Maurice Joyeux), le congrès de la FA, à Paris, instaure le vote dans l’organisation. Les positions restent indicatives et n’engagent pas les groupes opposants. Néanmoins, le vote va modifier les fragiles équilibres au sein de la fédération. Les individualistes, qui considéraient cela comme conduisant à la «dictature de la majorité», ne parviennent pas à s'y opposer.

  • 6 juillet : Parution dans Le Libertaire du manifeste surréaliste « Haute fréquence » daté du 24 mai.
  • 12 octobre : Publication dans Le Libertaire de la « Déclaration préalable », manifeste anarcho-surréaliste inaugurant la collaboration des membres du groupe surréaliste à l’organe de la F.A.
  • Fin de l’année : Naissance d’un Mouvement Indépendant des Auberges de Jeunesses (M.I.A.J.) d’inspiration libertaire.
1952
  • Après le congrès de Bordeaux au mois de juin, une première scission va se produire au sein de la FA. Plusieurs militants (Aristide et Paul Lapeyre, André Arru, Maurice Joyeux, Vincey...) sont poussés vers la sortie ou quittent d'eux-mêmes la Fédération. La majorité de la FA décide, par 103 voix contre 45, que les votes s'effectueraient désormais par mandat, mais les opposants déclarent solennellement qu'ils ne reconnaissent aucune valeur à cette décision, et une première scission va en résulter en octobre.
  • Les militants qui ne se retrouvent pas dans la nouvelle orientation de la FA vont se réunir autour d'un bulletin, l'Entente anarchiste, bulletin de relation, d'information, de coordination, et d'étude organisationnelle du mouvement anarchiste. Le premier numéro est daté du 30 octobre 1952.
  • Émanant du congrès du Mans du 11 octobre 1952, l'Entente est « un organe destiné à mettre en contact, en dehors de tout exclusivisme, les fédérations, groupes et individus, se réclamant de l'anarchisme ». Réunie notamment autour de Georges Vincey, Tessier, Louis Louvet, André Prudhommeaux, mais aussi deux individus louches qui vireront à l'extrême droite à l'occasion de la guerre d'Algérie, Raymond Beaulaton et Fernand Robert, l'Entente anarchiste apparaît clairement comme une tentative de sauvegarde d'un certain anarchisme, « opposé » à l'anarchisme-lutte de classe porté aussi bien par Georges Fontenis que par Maurice Joyeux. Dès le premier numéro, c'est à Raymond Beaulaton qu'il revient de fixer le débat et le sens des critiques : « Venons en directement au fait. L'unité anarchiste du lendemain de la guerre fut vite brisée. Il y a deux ans, au congrès de Paris, le système de consultation par le vote fut institué. En deux ans, cette unité fut détruite. »
  • 5 juin : Le Libertaire publie une lettre d’Albert Camus qui répond à l’étude de Gaston Leval sur « Bakounine et L’Homme révolté ».
  • 18 septembre : Dans Le Libertaire n°327, l’article « Le vrai sens d’une rencontre » marque la rupture entre les militants de la F.C.L. et le groupe surréaliste.
1953
  • À la suite du congrès de Paris, la FA se transforme en Fédération communiste libertaire (FCL) par un vote majoritaire de 71 mandats contre 61. (Les autres noms proposés étant « Parti communiste anarchiste » et « Parti communiste libertaire » !) La crise a cependant fortement affaibli l'organisation, car la FCL ne regroupe qu'environ 130 à 160 militants. Du 25 au 27 décembre se tient à Paris le congrès de la Maison verte (Montmartre), organise la reconstruction de la Fédération anarchiste (organisation synthésiste) à partir des groupes exclus et d'anciens militants ayant quitté la FA les années précédentes au vu des pratiques jugées « léninistes » des communistes libertaires.
  • L'Entente anarchiste se dissout et ses militants intègrent la nouvelle FA. Des principes de base sont rédigés de façon à regrouper le plus grand nombre d'anarchistes, toutes tendances confondues. Un pari difficile à tenir, car Maurice Joyeux, initiateur de cette FA reconstituée, est obligé de faire des compromis avec les anarchistes individualistes de l'Entente. Il en résulte un mode de fonctionnement que Joyeux jugeait « impossible » : la prise de décision à l'unanimité, chaque membre de la FA disposant d'un droit de veto sur toute orientation de la FA. 1953 est aussi l'année de parution du Manifeste du communisme libertaire de la FCL.
1954
  • La FCL publie son « programme ouvrier », fortement inspiré du programme revendicatif de la CGT. À Paris est créé l'Internationale communiste libertaire (ICL), regroupant notamment les GAAP italiens, les espagnols de Ruta et le Mouvement libertaire nord- africain (MLNA), l'Internationale anarchiste étant jugée trop peu "lutte de classe". L'ICL n'aura qu'une existence éphémère. La parution du Mémorandum du groupe Kronstadt, sorti de la FCL, dénonce l'orientation « bolchevik » de la Fédération communiste libertaire et l'existence de l'organisme secret OPB. Le premier numéro du Monde Libertaire, organe mensuel de la FA paraît en octobre 1954, la crise a été dure, il restera mensuel pendant vingt-trois ans. La FCL garde le titre du Libertaire, elle diffuse également Jeune révolutionnaire puis la Jeune garde des travailleurs. Le 1er novembre 1954, l'insurrection algérienne éclate, et la FCL s'engage pour l'indépendance du peuple algérien. C'est le début d'une répression d'État contre la FCL.
  • 15-20 août : Toulouse. Ve plénum intercontinental de la C.N.T.
1955
  • Gaston Leval quitte la FA et crée les Cahiers du socialisme libertaire.
  • En décembre, plusieurs groupes, en désaccord avec la décision de présenter des "candidats révolutionnaires" aux élections législatives, quittent la FCL. La scission donne naissance aux Groupes anarchistes d'action révolutionnaire (GAAR), qui se dote du journal Noir et Rouge.
  • La FCL définit sa ligne de soutien à l'indépendance algérienne, le « soutien critique », qui peut se résumer ainsi : combatte le colonialisme, soutenir les fractions progressistes de la résistance algérienne, œuvrer à ce que la chute du colonialisme soit synonyme de transformation révolutionnaire de la société. Concrètement, les militants de la FCL « portent des valises » pour le MNA, la principale organisation de gauche algérienne. Un militant de la FCL, Pierre Morain, est condamné à la prison : c'est le tout premier Français incarcéré pour sa solidarité avec le peuple algérien.
1956
  • Des militants de l'ex-Entente anarchiste, regroupés autour de Robert et Beaulaton, quittent la FA et créent le 25 novembre à Bruxelles l'Alliance ouvrière anarchiste (AOA). L'AOA publie le périodique l'Anarchie, et dérivera vers l'extrême-droite au cours de la guerre d'Algérie. La FCL présente dix candidats aux élections législatives de janvier à Paris dont André Marty, un des anciens « mutins de la Mer noire » exclu du PCF et surnommé le « boucher d’Albacète » pour avoir massacré des anarchistes pendant la guerre d’Espagne et par le biais duquel la FCL espérait gagner des communistes dissidents et obtient un score dérisoire. La répression d'État s'accélère, les procès, la censure et les saisies du Libertaire se succèdent. Une partie des militants de la FCL (Fontenis, Philippe, Morain...) entrent dans la clandestinité pour échapper à la prison. Le Libertaire cesse de paraître en juillet, la FCL se désagrège. Le Mouvement libertaire nord-africain (MLNA), lié à la FCL, en butte à une répression féroce, se saborde. Des militants sortis de la FCL en décembre1955 (groupes Kronstadt, Mâcon, Grenoble et Maisons-Alfort) fondent les Groupes anarchistes d'action révolutionnaire (GAAR). Ces derniers se veulent « l'expression de la tendance anarchiste communiste du mouvement libertaire ». Les GAAR vont éditer la revue Rouge et Noir dont le premier numéro paraît en avril.
1957
  • Les GAAR rédigent leurs « Déclarations de principes », ils adoptent la plate-forme, c'est-à-dire l'unité tactique et idéologique, la responsabilité collective et soutiennent et les luttes de libération nationale (soutien au FLN algérien).
  • L'aventure de la FCL se termine définitivement avec l'arrestation des militants en cavale.

Années 1960[modifier | modifier le code]

1960
  • Les GAAR impulsent une Fédération anarchiste communiste (FAC) qui entame des négociations pour entrer dans la FA. À son congrès de Trélazé, la FA reconnaît la possibilité de constituer en son sein des tendances organisées.
1961
  • La FAC scissionne : les groupes Kronstadt, de Maisons-Alfort, Lille, Strasbourg et Grenoble rejoignent la FA au congrès de Montluçon où ils s'organisent en tendance, l'Union des groupes anarchistes communistes (UGAC).

Ceux qui refusent d'intégrer la FA maintiennent la revue Noir et Rouge qui continuera de paraître jusqu'en 1970.

1962
  • Une deuxième tendance voit le jour en 1962 au sein de la FA : L'Union des Anarcho-Syndicalistes. L'UAS naît lors d'une réunion à Niort en janvier 1962 et rassemble les groupes de Niort, Saintes, Bordeaux et Nantes qui viennent de rompre avec le Clado, Comité de liaison et d'action. L'UAS tente un rapprochement avec l'UGAC.
1964
  • L’UGAC reproduit les mêmes méthodes de l’OPB au sein de la FA (bulletin intérieur secret, entrisme et manœuvres pour s’emparer des postes à responsabilité ...), les tensions s’aggravent et conduisent l’UGAC sauf les groupes de Strasbourg et Grenoble à quitter la FA au congrès de Paris.
  • A Turin se tient un congrès anarchiste international, et en Allemagne une rencontre internationale, ces événements marquent les premières tentatives de créer une Internationale anarchiste.
1965
  • Un Comité de liaisons des jeunes anarchistes (CLJA) se met en place, il regroupe à titre individuel des militants de la FA, de l'UGAC, des FIJL (espagnols) et des groupes autonomes.
  • Des premières rencontres permettent de mettre en place les prémisses de l'Internationale des fédérations anarchistes (IFA).

Maurice Fayolle édite ses Réflexions sur l'anarchisme.

1966
  • L'UGAC produit une Lettre au mouvement anarchiste international dans laquelle elle affirme sa conviction que l'anarchisme ne peut assumer de leadership dans le mouvement révolutionnaire, et se résigner à n'être qu'une composante d'un mouvement plus large.
  • L'UGAC entame alors une politique frontiste qui la conduit à faire des alliances sans lendemain avec des mouvements maoistes ou trotskystes (tendance pabliste).
  • Une réunion de jeunes anarchistes d'Europe se tient à Paris.
  • Une Liaison des étudiants anarchistes (LEA) se créée également.
1967
  • Tentative de relancer l'Union fédérale anarchiste avec comme organe le Libertaire.
  • Les communistes libertaires vont se regrouper à nouveau dans la FA et créent en son sein une nouvelle tendance organisée, l'Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA) qui édite la feuille l'Insurgé.
1968
1969

Années 1970[modifier | modifier le code]

1970
1971
  • Le MCL et l'ORA tentent un rapprochement qui échoue malgré l'intervention et la médiation de Daniel Guérin. En juillet, un groupe du MCL rejoint l'ORA. Quatre groupes de l'ORA rejoignent le MCL et donnent naissance à la première Organisation communiste libertaire (OCL-1) lors d'un congrès constitutif à Marseille.
  • L'OCL a des contacts avec un groupe dénommé la Gauche marxiste autour de thèmes favorables au conseillisme.
  • Une Confrontation anarchiste (CA) se met en place à partir de militants de la FA, rejoints par l'UFA et quelques groupes autonomes.
  • Pour une critique révolutionnaire publie Le Communisme et le parti de la survie planifiée (cf. Le Communisme, catalogue de l'Institut français d'Histoire sociale, 1989, 278 ; CIRA-Lausanne, Broch f 02383).
  • Guy Malouvier quitte l'ORA après des désaccords portant entre autres sur la question nationale, et crée la Fédération anarchiste communiste occitane.
  • Du 1er au 4 août, l'Internationale des fédérations anarchistes tient à Paris son 2e congrès.
  • À partir de juillet, création des cercles Front libertaire qui représentent la structure d'accueil des sympathisants de l'ORA. Leur appartenance n'entraîne pas une adhésion systématique à l'ORA.
  • Des militants quittent l'ORA pour rejoindre l'Union communiste de France (groupe maoïste ultra-stalinien).
1972
  • Des groupes quittent la FA pour rejoindre Confrontation anarchiste. Cette dernière publie un bulletin, Combat anarchiste, et un périodique, Commune libre.
  • De 1971 à 1976, c'est la tendance non organisationnelle qui va être majoritaire dans cette « Confrontation ».
  • Autodissolution du groupe Pour une critique révolutionnaire, dont deux anciens membres, Roger Langlais et Bernard Pécheur, fonderont en 1978 la revue L'Assommoir (I.I.H.S. d'Amsterdam, ZK 55941).
  • Exclusion de militants de l'ORA qui appuyaient les « candidatures révolutionnaires uniques » aux législatives.
  • Une minorité d'entre eux va renforcer Lutte ouvrière, tandis que la majorité rejoint la Ligue communiste.
1973
  • Rupture du groupe Poing noir avec la FA sur des bases organisationnelles.
  • Intégration des cercles FL à l'ORA.
  • Première fondation d'une coopérative Longo Maï, à Limans (autogestionnaire et anticapitaliste).
1974
  • Naissance du groupe Marge, qui cherche à rassembler tous les marginaux (délinquants, prostituées, anciens prisonniers, toxicomanes, homosexuels, travestis, squatters…).
  • Création du Groupe d'action et d'études libertaires (GAEL) à partir du groupe Poing noir, rejoint par d'autres libertaires non organisationnels.
  • Parution de La Lanterne noire, revue qui accueille des anciens du groupe et de la revue Noir et Rouge (disparue) et des libertaires d'Informations et correspondance ouvrières (ICO, bulletin du groupe éponyme qui a cessé de paraître à ce moment-là).
  • L'OCL éclate définitivement après sa dérive conseilliste qui date de 1971. Le reste de ses militants, renforcé par la venue de deux groupes scissionnistes de l'ORA, fonde une nouvelle organisation et revue, Rupture. Celle-ci veut contribuer à « l'élaboration du projet communiste à l'émergence d'un mouvement communiste radical ». Cette orientation ultra-gauche va les conduire vers les groupes « autonomes ». Cette organisation disparaîtra très rapidement.
  • Après les grèves de 1974 dans les banques, le rail et aux PTT, naît une tendance ouvriériste et syndicaliste révolutionnaire au sein de l'ORA. Cette tendance, baptisée Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL), critique les dérives ultra-gauche de l'ORA (antisyndicalisme) et sa confusion politique.
  • 5 décembre : arrestation de Jean-Marc Rouillan à Paris.
1975
1976
  • Congrès de l'ORA à Orléans, qui entérine l'exclusion de la tendance UTCL, et se rebaptise Organisation communiste libertaire (OCL 2e manière). L'OCL publie Front libertaire et un premier numéro de Pour l'autonomie ouvrière et l'abolition du salariat.
  • En avril, les exclus de l'ORA créent un collectif pour une Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL). Ils se dotent d'un organe de presse : Tout le pouvoir aux travailleurs (TLPAT) au début de l'année 1977.
  • Confrontation anarchiste éclate et donne naissance à l'Organisation combat anarchiste (OCA) sous l'impulsion des organisationnels.
1977
  • Mai : libération de Jean-Marc Rouillan et des militants des GARI (Groupes d'action révolutionnaire internationalistes).
  • 30 et 31 juillet : manifestation antinucléaire à Creys-Malville.
  • 19 octobre : première réunion de l'Assemblée parisienne des groupes autonomes (APGA), à la suite de la mort des prisonniers de la RAF. En décembre, l'APGA publie L'Officiel de l'autonomie.
  • Fin octobre: Conférence nationale des travailleurs libertaires à Paris. Celle-ci est convoquée à l'initiative de l'AS, du Groupe anarcho-syndicaliste (GAS) de Rouen et de l'UTCL. La FA, la CNT et l'UAS sont présents à titre d'observateurs.
  • À Paris, l'Union Régionale de la rue de la Tour d'Auvergne (9e) est exclue de la CNT.
  • Le Monde libertaire devient hebdomadaire.
1978
  • Parution de Matin d'un blues, revue de l'Autonomie désirante.
  • 21 et 22 janvier : à Strasbourg, la police empêche le rassemblement prévu contre l'Espace judiciaire européen.
  • Les 25 et 26 février se réunit le congrès constitutif de l'UTCL. Du 23 au 27 mars se réunit à Carrare le 3e congrès de l'Internationale des fédérations anarchistes (IFA), le secrétariat IFA est désormais assuré par la FA italienne… La FA reconnaît désormais dans ses principes de base la lutte des classes.
  • En mars, Roger Langlais et Bernard Pécheur publient le premier numéro de la revue L'Assommoir : "La France stalinienne". Un deuxième numéro, "Le Futur accompli", paraîtra en octobre.
  • Au printemps, autodissolution de l'APGA.
  • Départ de la FA de quelques militants en désaccord sur l'intégration du concept de lutte des classes dans les principes de base qui régissent le fonctionnement de la fédération. Ils fondent l'Union anarchiste (UA) avec Le Libertaire comme organe.
  • En septembre se réunit à Rouen la Conférence nationale des anarcho-syndicalistes (CNAS) à l'initiative du GAS de Rouen et de l'AS. Y sont présents des groupes FA, la FA à titre d'observatrice, ainsi que la CNT (Vignolles), la CNT (Tour d'Auvergne), l'UTCL, l'UAS, le Syndicat autogestionnaire des travailleurs (SAT) de Lyon et des individus indépendants.
1979
  • Autodissolution de "Marge". En mars, CNAS à Lyon. Le quinzomadaire Front libertaire disparaît. Daniel Guérin puis Georges Fontenis sont admis au sein de l'UTCL.
  • Parution du troisième numéro de L'Assommoir : "Des progrès de l'action directe" (cf. Front libertaire des luttes de classe, 30 juillet 1979, 10 ; CPCA - Centre de propagande et de culture anarchiste -, n°5, oct.-nov. 1979 ; Le Nouvel Observateur, 19 nov. 1979).
  • Première apparition d'Action directe avec le mitraillage du siège du CNPF le 1er mai.
  • 28 août : braquage à la perception de Condé-sur-l'Escaut, dans le Nord : 16 millions de francs de butin [réf. nécessaire].

Années 1980[modifier | modifier le code]

1980
  • Les 27 et 28 mars, 32 personnes sont arrêtées dans le cadre de l'enquête sur Action directe.
  • Les contacts entre l'UTCL et l'OCA aboutissent à l'intégration de cette dernière dans l'UTCL. Le journal Lutter de l'OCA deviendra par la suite le journal de l'UTCL. L'OCL publie désormais le mensuel Courant alternatif.
  • Le travail d'infiltration d'un indicateur de police (Gabriel Chahine) permet l'arrestation le 13 septembre d'une dizaine de militants d'Action directe (dont Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon).
1981
  • L'Assommoir fait paraître un quatrième numéro intitulé « Considérations sur l'état actuel de la Pologne ». « C'est pas mal expliqué et raconté comment le peuple polonais fait sa révolution contre “l'internationalisme du capital, avec sa division mondiale du travail, le seul but affirmé par les dirigeants polonais étant désormais de faire travailler les prolétaires sous la menace des chars russes pour rembourser les crédits américains, allemands ou français”. » (Delfeil de Ton, Le Nouvel Observateur, 30 mars-5 avril 1981.)
  • C'est le congrès de la Fédération anarchiste qui, en mai, signe l'acte de naissance de « Radio libertaire », en plein boom des radios libres.
  • Le 10 juin, cinq personnes accusées du braquage de Condé-sur-l'Escaut sont arrêtées. Le 7 août, la plupart des prisonniers politiques sont amnistiés : Jean-Marc Rouillan est libéré.
  • 22 août : début de la grève de la faim en prison de Nathalie Ménigon et des accusés du braquage de Condé-sur-l’Escaut.
  • 1er septembre : début des émissions de Radio libertaire.
  • 17 et 26 septembre : Nathalie Ménigon et la plupart des prisonniers en grève de la faim sont libérés pour raison médicale
  • Octobre : libération du dernier prisonnier en grève de la faim.
1982
  • Parution du numéro 5 de L'Assommoir : « La nuit de la métamorphose », qui s'en prend aux analyses désarmantes, dans tous les sens du terme, de l'ultra-gauche (plus ou moins) pro-situationniste à propos des événements de Pologne.
1983
  • Création de la Coordination Libertaire Étudiante (CLE).
  • Le 29 août, les CRS investissent le studio de « Radio libertaire » et saisissent le matériel, le 3 septembre, une manifestation de cinq mille personnes pour la liberté d'expression obtient une fréquence pour « Radio libertaire ».
1984
  • Arrestation à Avignon d'Helyette Besse, militante proche d'Action directe. Apparition des premiers groupes SCALP (Section carrément anti-Le Pen). Au mois de juin, un attentat au palais des Congrès de Toulouse entraîne l'annulation du meeting prévu par Jean-Marie Le Pen.
1985
  • 25 janvier : assassinat du général Audran (revendiqué par Action directe). Émission(s) à Paris de Radio Mouvance.
  • Parution du numéro 7 et dernier de L'Assommoir : « Les Habits neufs de la pensée. Nécrose des idéologies et métastases de la modernité ». Allusant à l'assassinat de Jacques Mesrine, les responsables de la revue intitulent leur texte de présentation « Le poison des prochaines années ».
1986
  • Émissions à Paris de Radio Pirate.
  • Des groupes antifascistes se réunissent pour constituer la Coordination nationale antifasciste (CNAF). Mouvements de jeunesse très liés à la scène du rock alternatif, les Scalp auront du mal à se structurer durablement et la CNAF disparaît à la fin des années 1980. Premières parutions de la revue REFLEXes, publiée par le Réseau d'études sur le fascisme et de lutte contre l'extrême-droite et la xénophobie (SCALP-REFLEX).
  • Le 4e congrès de l'IFA se tient à Paris les 31 octobre, 1er, 2 et 3 novembre, il réunit une quarantaine de délégations, la FA française récupère le mandat du secrétariat IFA.
  • À la faveur du mouvement étudiant contre Devaquet naît le Collectif jeunes libertaires (CJL) qui bientôt va s'adosser à l'UTCL.
  • 17 novembre : assassinat du PDG de Renault, Georges Besse (revendiqué par Action directe).
1987
  • 21 février : arrestation de quatre des principaux membres du groupe Action Directe (J.-M. Rouillan, N. Ménigon, Joëlle Aubron et Georges Cipriani) dans une ferme, à Vitry-aux-Loges (Loiret). Ils seront par la suite condamnés tous les quatre à la prison à perpétuité.
1989
  • Création d'un collectif anticarcéral à l'occasion du bicentenaire de la prise de la Bastille : les "Sans-cravates", qui organisent une manifestation le 13 juillet au soir devant la prison de la Santé.

Années 1990[modifier | modifier le code]

1990
  • Une centaine de militants issus de l'UTCL, de la FA, du CJL, de l'OCL et de la TAC, lancent un « Appel pour une alternative libertaire » en vue de regrouper les communistes libertaires dans une même organisation.
  • Premiers numéros de Apache, journal des "scalpeurs" parisiens.
1991
  • Congrès constitutif d'Alternative libertaire (AL), qui échoue à demi à regrouper largement les communistes libertaires. L'UTCL et le CJL s'autodissolvent et leurs militants rejoignent AL, qui publie son « Manifeste pour une alternative libertaire » et désormais le mensuel Alternative libertaire. S'inspirant des théories de Daniel Guérin, elle se réclame du communisme libertaire et du syndicalisme révolutionnaire.
1992
  • Après une crise identitaire et politique — l'antifascisme est nécessaire mais pas suffisant — la volonté de refonder un réseau parmi les groupes antifascistes et alternatifs se matérialise par la création du réseau No pasaran. À Paris, le groupe « Apache » quitte le SCALP. Le SCALP parisien prend le nom de "SCALP-REFLEX".
1993
  • Premiers numéros de Cette Semaine. À l'origine hebdomadaire, le journal paraîtra par la suite quatre fois par an.
  • La CNT scissionne sur la base de désaccords sur les élections professionnelles, la CNT « Vignoles » regroupe la majeure partie des militants, une minorité reste à la CNT-AIT. Création de nouvelles sections au syndicat de l'éducation de la CNT-Vignoles : la Formation action universitaire (FAU) et la Formation action lycéenne (FAL).
  • 11 novembre : grand rassemblement anarchiste à Paris, place de la République. Toutes les organisations libertaires sont présentes.
  • Décembre : création à Paris de la Coordination des sans-abris (CDSA) (dont bon nombre de membres se réclament de l'anarchisme et auquel se joignent les militants de l'UA et de la CNT-AIT). Pendant un mois, la CDSA campe devant le ministère des Affaires sociales.
1994
  • À Paris, la CDSA ouvre un squat avenue de Breteuil, dans le 7e arrondissement. Expulsée durant l'été, elle s'installe alors au 9 rue saint-Sauveur (2e). Un collectif autonome est créé à l'occasion du mouvement anti-CIP : le « MARS » (Mouvement d'action et de résistance sociale). Naissance de TCP ("Travailleurs, chômeurs, et précaires en colère") au sein de la Coordination des sans-abris. En septembre, Audry Maupin est tué à Paris au cours d'une fusillade avec la police. Sa compagne Florence Rey est arrêtée. Trouvent également la mort trois policiers et un chauffeur de taxi pris en otage par Rey et Maupin.
1995
  • Le 21 janvier, Jacques Chirac est pris à partie par des militants de la Fédération anarchiste au cours d'une émission de Canal+.
  • Campagne de TCP contre les vigiles du métro (TRAUM, Tribune de résistance active des usagers du métro). La FA exclue l'Union des Anarchistes de Radio Libertaire.
  • En décembre, la CNT-FAU s'allie avec l'UNEF pour contrer l'UNEF-ID à la coordination nationale étudiante [réf. nécessaire]. Le SCALP participe à la création du CAMI (Collectif d'aide aux manifestants interpellés).
  • Publications de La Dynamite, journal de la FAL, qui prend brièvement le nom de "Formation Anarchiste Lycéenne" et de Tic-Tac : sept numéros jusqu'en 1996. "T...I...C, T...A...C..., T'es ici, t'en as assez, Tic-Tac, Si t'en as ta claque de tout ce mic-mac, Sois frénétique, freine pas l'attaque, Pas fanatique mais feinte l'attaque, Sois systématique, le système attaque, Pas trop plastique et place ta claque".
1996
  • Autodissolution de la Coordination Des Sans-Abris et expulsion du squat de la rue Saint-Sauveur. À Paris, le collectif "Des papiers pour tous" multiplie les actions de solidarité avec les étrangers en situation irrégulière en lutte, avec notamment l'occupation du siège du RPR le 22 août, la veille de l'expulsion de l’église Saint-Bernard.
  • En décembre, la CNT « Vignoles » est exclue de l'Association internationale des travailleurs (AIT) au congrès de Madrid : la CNT-AIT est reconnue comme la seule section française de l'AIT.
1997
  • Le 5e congrès de l'Internationale des fédérations anarchistes se tient à Lyon, le mandat de secrétaire de l'IFA incombe désormais à Massimo. L'IFA regroupe la FA française, la FA italienne (FAI - Federazione anarchisti italiano), la FA ibérique (Espagne et Portugal, FAI - Federación anarquista ibérica), la Fédération libertaire argentine (FLA - Federación libertaria argentina), la FA anglaise (AF - Anarchist Federation).
  • Apparition éphémère d'une Coordination de résistance et de lutte anti-capitaliste (CRELAC) qui ne durera que quelques mois. Création à la CNT-Vignoles (CNT-F) d'un Comité d'action chômeurs qui participe durant l'été aux premières occupations des ANPE et des bureaux des ASSEDIC. La lutte se cristallise alors sur la question de l'augmentation du RMI.
  • Incarcération à Paris d'un anarchiste italien : Massimo Passamani. Un comité se crée pour obtenir sa libération : le Comité pour la Défense de Massimo Passamani.
1998
  • Libération de Massimo Passamani. À Paris, l'Assemblée générale des chômeurs de Jussieu organise des actions quotidiennes dans la capitale (pillage d'un magasin Cash Converter, autoréduction au restaurant Le Fouquet's, occupation de la Bourse du commerce…). Le 30 juin, lors d'une occupation du Conseil constitutionnel, un étudiant déchire un exemplaire original de la Constitution de 1958 et écrit sur la première page : "La dictature capitaliste est abolie. Le prolétariat décrète l'anarchie et le communisme".
  • Création du Collectif anti-expulsion (CAE) en solidarité avec les étrangers en situation irrégulière. Le CAE intervient chaque semaine dans les aéroports, à Roissy et Orly, pour s'opposer physiquement aux expulsions de « sans-papiers ». Disparition de Apache. Parution de Karoshi, revue anti-travail contre le revenu garanti. Naissance de Tiqqun, revue de métaphysique post-situationniste.
1999
  • Le 23 janvier, à l'appel du CAE, 200 personnes occupent le toit de l'hôtel Ibis à Roissy, dont le premier étage est à l'époque utilisé comme centre de rétention administrative. Dans la soirée, les bars de deux autres hôtels Ibis sont pillés pour obtenir la libération des personnes arrêtées au cours de l'occupation.
  • Le squat artistique, punk et anarchiste, La Miroiterie est ouvert au 88 rue de Ménilmontant à Paris[2],[3]. Il existe toujours en 2014[4].

Années 2000[modifier | modifier le code]

2000
  • Premiers numéros de Tout le Monde dehors !, "Feuille d'info sur les prisonniers en lutte".
  • Le 5e congrès d'Alternative libertaire décide d'un « tournant vers la visibilité », après presque dix ans d'immersion dans les mouvements sociaux, au détriment de la construction d'AL. Création de l'association des Amis d'AL pour aider à en financer les projets. Le mensuel Alternative libertaire augmente son tirage et passe en distribution publique.
  • Création du collectif "Pour en finir avec toutes les prisons" et du journal de prisonniers L'Envolée lié à l'émission de radio du même nom qui émet sur Fréquence Paris Plurielle. Le collectif réunit notamment Act Up et le MIB (Mouvement de l'immigration et des banlieues). Le soir de la fête de la musique, un concert est organisé devant la prison de la Santé. Le 4 novembre, 500 personnes manifestent à Paris pour l'abolition des prisons.
2001
  • La plupart des organisations réunies dans "Pour en finir avec toutes les prisons" quittent le collectif.
  • Le 1er avril, à l'initiative de la CGT espagnole a lieu à Madrid une réunion internationale libertaire à laquelle assistent Alternative libertaire, No pasarán, l'OSL argentine, la FAG brésilienne, la FAU uruguayenne, Al Badil al Chooi al Taharouri (Alternative communiste libertaire, Liban), l'ORA tchèque, l'OSL suisse, l'Unicobas italienne, la SAC suédoise, le CIPO-RFM (Mexique), Apoyo Mutuo (Espagne) et la CNT-Vignoles.
  • Ces organisations — à l'exception de la CNT-Vignoles — décident de constituer le réseau Solidarité internationale libertaire (SIL), auquel s'associent bientôt l'OCL puis l'OLS (en 2003) françaises, la Nefac nord-américaine, la ZACF sud-africaine, la FDCA italienne et l'AUCA argentine.
  • Le réseau SIL se lance dans un projet de solidarité concrète avec les organisations libertaires d'Amérique du Sud, pour les doter en logistique.
  • Mobilisation en faveur de Werner Braeuner, un anarchiste allemand au chômage incarcéré pour le meurtre de son directeur d'ANPE : le 9 juillet, le consulat allemand de Paris est occupé.
  • Plus de 500 personnes signent un Appel à l'Unité du Mouvement Libertaire (site). Cette dynamique crée un climat favorable à la rencontre des différentes organisations et à la mise sur pied d'initiatives unitaires (voir 2003).
2002
  • L'Union régionale du sud-ouest (URSO – Toulouse, Perpignan et Montpellier…) de la FA se défédère lors du 59e congrès de Rouen sur des désaccords organisationnels et se constitue en Coordination des groupes anarchistes (CGA). La CGA publie le mensuel Infos et analyses libertaires.
  • Du 19 au 28 juillet, un campement No Border est organisé à Strasbourg.
2003
  • Dissolution du collectif "Pour en finir avec toutes les prisons" dans une éphémère "Coordination anticarcérale européenne" qui disparait l'année suivante.
  • La moitié des membres du réseau No Pasaran le quitte en mai. Une partie des membres va créer quelque temps plus tard l'Offensive libertaire et sociale (OLS) et son journal trimestriel Offensive. La CGA édite ses statuts et adopte notamment le vote majoritaire aux trois quarts.
  • La Convergence des luttes anti-autoritaires et anticapitalistes (CLAAAC) se forme à l'initiative de la FA, d'AL, de l'OCL, de la CNT-F, la CGA, de l'OSL suisse et de No pasarán en opposition à la tenue du G8 à Évian et participe à la création du Village Alternatif, Anticapitaliste, et Antiguerre (VAAAG), qui se tient du 26 au 30 mai.
  • Automne : création du Réseau Libertaire de Nanterre.
  • Du 11 au 16 novembre, les mêmes organisations se joignent à l'initiative de la Fédération anarchiste d'organiser un forum social libertaire à Saint-Ouen en parallèle au Forum social européen de Saint-Denis.

Le 15 novembre, des affrontements ont lieu avec le cortège du Parti socialiste lors de la manifestation du FSE. Le soir, 200 personnes sont arrêtées en manifestant devant la prison de la Santé à l'appel de la coordination anticarcérale.

  • Alternative libertaire ouvre ses locaux publics à Paris, rue d'Aubervilliers.
  • Publications de Appel : pour la création de communautés autonomes, de Asymétrie : "bulletin communiste pour la guerre civile" et de Macache : "Macache : expression de la négation, rien. Rien, parce que de cette société de classe il n'y a rien à vouloir, de sa démocratie rien à attendre, Rien, parce que face au capital, il n'y a rien à négocier, face à l'État rien à revendiquer. Rien, rien que la guerre sociale !"
2004
  • Mobilisation à Nanterre contre la politique sécuritaire de l'université.
  • En avril se réunit à Besançon le 7e Congrès de l'Internationale des fédérations anarchistes qui consacre l'adhésion de l'Anarchist federation (anglaise), de la CSAF (tchèque et slovaque) et de l'ADA (Association des mouvements anarchistes russes).

À la suite de son congrès de Rennes en mai, plusieurs groupes de la FA (Lyon, Lille, Nantes, Saint-Brieuc) se défédèrent à leur tour.

  • Mai : Création du groupe libertaire Place Libre et du forum du même nom.
  • Décembre : Parution de Vidange : technophobie, squats, et lutte contre la répression.
2005
  • Parution de Outrage : bulletin édité par Action-K (collectif de propagation de contre-culture). Autodissolution du CAE.
  • Premier numéro du Jobar : information classiste, " diffusé en banlieue, loin des organisations libertaires...".
2006
  • La Convergence des luttes anti-autoritaires et anticapitalistes (CLAAAC) et anti-nucléaires continue sur sa lancée en parallèle à la manifestation anti-EPR à Cherbourg et participe à la création du VAAAN Village anti-capitaliste, autogéré et anti-nucléaire, qui se tient du 15 au 17 avril.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, le panorama libertaire est composé d'une bonne dizaine d'organisations : la FA (le Monde libertaire), et AL (Alternative libertaire) restent les deux organisations les plus structurées ; on peut y ajouter No pasarán (No pasarán), l'Organisation communiste libertaire (Courant alternatif), la Coordination des Groupes Anarchistes (Infos et analyses libertaires), Offensive Libertaire et Sociale, la CNT-AIT, le Groupement d'Action et de Réflexion AnarchoSyndicaliste (GARAS), le Syndicat Intercorporatif Anarchosyndicaliste (SIA), la Coordination anarchiste, l'Union des anarchistes

Il faut mettre à part la CNT-Vignoles (très structurée) qui souhaite se situer exclusivement dans le champ syndical et ne plus se voir accoler l'étiquette libertaire car il est vrai que ses adhérents peuvent ne pas être des anarchistes mais quand même agir en relation avec les statuts de l'organisation. Enfin, il est important de préciser que bon nombre de libertaires ne se reconnaissent dans aucune organisation officielle. Une bonne partie préfèrent notamment se regrouper dans des collectifs autonomes comme par exemple les Black Blocks dans les rassemblements altermondialistes.

Au niveau international existent une Internationale des fédérations anarchistes (IFA), Solidarité internationale libertaire (SIL) et l'Association internationale des travailleurs (AIT).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le mouvement anarchiste en France des origines à 1914, Jean Maitron, Gallimard, janvier 2001, Résumé en ligne
  2. Raphaël Bosse-Platière, La Miroiterie va bientôt fermer ses portes, Le Figaro, 26 octobre 2012, texte intégral
  3. Céline Vigouroux, A Paris, le quotidien en sursis du « squart » de La Miroiterie, Rue89, 15 août 2010, texte intégral.
  4. Christophe Bourseiller, Guide de l'autre France : Lieux underground, cool, minoritaires, ésotériques, libertins, insolites, poétiques, décalés..., Fayard, 2014, texte intégral.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]