Marc Blondel

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Marc Blondel

Naissance 2 mai 1938
Courbevoie, Drapeau de la France France
Décès 16 mars 2014 (à 75 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Nationalité française
Pays de résidence France
Profession syndicaliste
Activité principale secrétaire général de la CGT-Force ouvrière

Marc Blondel, né le 2 mai 1938 à Courbevoie (Seine), et mort le 16 mars 2014[1] à Paris, est un syndicaliste français.

Il a été secrétaire général de la CGT-Force ouvrière du 4 février 1989 au 7 février 2004 (réélu en mai 1992, mars 1996 et mars 2000). Il défend farouchement les principes d'indépendance de Force ouvrière ; il mène le combat revendicatif sur les retraites (contre le plan Juppé de 1995, contre la loi des 35 heures, contre la réforme Fillon de 2003), pour la défense de la Sécurité sociale (contre sa fiscalisation), pour la laïcité ou encore pour la libre négociation.

Il incarne le syndicalisme réformiste, le syndicalisme « de la feuille de paie », en opposition avec ce qu'il considère le « syndicalisme d'accompagnement »[2] pratiqué par la CFDT comme avec le « syndicalisme rassemblé » prôné par la CGT.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de militaire et petit-fils de mineur, Marc Blondel passe son enfance à Hénin-Liétard (devenue Hénin-Beaumont). Se revendiquant comme enfant des corons, il entretiendra « son » mythe ouvrier en cultivant notamment son image « bretelles et savates » au bureau, « casquette et écharpe rouge » lors des manifestations[3]. Il quitte Hénin-Liétard pour Paris après son baccalauréat[4]. Il enchaîne les petits boulots (enseignant, auxiliaire des PTT, garçon de café, vendeur sur les marchés) pour payer ses études de droit qu'il ne mènera pas à leur terme, puis milite à l'UNEF et se syndique à Force ouvrière en 1958[5].

En 1960-1961, il devient secrétaire du syndicat des organismes sociaux de la région parisienne et secrétaire permanent de l'union syndicale des employés de la région parisienne. De 1963 à 1970, il reprend son activité salariée[Laquelle ?]. Il devient franc-maçon[6] en 1961 sous l'influence de Fred Zeller, puis membre de la loge « République » du Grand Orient de France[7]. Adhérent au Parti socialiste, Marc Blondel est proche du courant de pensée trotskiste lambertiste, prêtant notamment à cette époque les locaux de sa section syndicale à l'OCI animée par Pierre Lambert[8],[4].

En 1965, il est élu secrétaire de la Fédération des employés et cadres (FEC).

En 1973, il est élu membre de l'exécutif de la Fédération internationale des employés, techniciens et cadres (FIET). En 1974, il est élu secrétaire général de la FEC, puis, en 1980, membre du bureau confédéral de Force ouvrière. Le 4 février 1989, il est élu secrétaire général de FO avec 53,6 % des voix contre Claude Pitous, le « dauphin » d'André Bergeron[4].

De 1981 à 1993, Marc Blondel est membre du conseil d'administration du Bureau international du travail (BIT). Il est réélu à la tête de FO à une majorité écrasante en 1992 (98 %), 1996 (85 %) et 2000. Il s'illustre notamment comme un des principaux meneurs lors des grèves de 1995[4]. En 1998, il s'oppose au projet de loi sur la réduction du temps de travail (loi des 35 heures), anticipant que celle-ci aurait pour conséquence une baisse du pouvoir d’achat des salariés[9]. En 2003, s'opposant à la réforme des retraites menée par François Fillon, il demande « le retour aux 37,5 ans de cotisation pour tous »[10].

En 2004, lors du XXe congrès de Force ouvrière, il ne se représente pas au secrétariat général. Jean-Claude Mailly lui succède.

Marc Blondel s'est engagé dans la défense des droits humains, inséparables pour lui des droits sociaux[11]. Il cosigna un appel demandant qu'une délégation du Comité des droits de l'enfant de l'ONU rende visite à un enfant tibétain en résidence surveillée depuis 1995 en Chine, Gedhun Choekyi Nyima, reconnu comme 11e panchen-lama par le 14e dalaï lama[12].

En juillet 2007, il devient président de la Fédération nationale de la libre pensée (FNLP)[13].

Souffrant d'un cancer[5], il meurt le 16 mars 2014 dans la soirée à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris, à la suite de troubles cardiaques[14]. Il a été incinéré le samedi 22 mars 2014 au crématorium du cimetière du Père-Lachaise dans le 20 e arrondissement de Paris.

Démêlés judiciaires[modifier | modifier le code]

Le conseil de prud'hommes de Paris a condamné Force ouvrière, en novembre 2001, à verser 88 594 euros à son ancien chauffeur pour non respect du code du travail (horaires dépassés, heures supplémentaires non payées, congés non respectés, non respect du temps de repos hebdomadaire, etc.)[15]. Un second chauffeur a porté plainte pour les mêmes raisons[réf. nécessaire].

Marc Blondel a été par ailleurs mis en examen pour avoir fait financer par la mairie de Paris pendant 10 ans le salaire de son garde du corps[16]. Force ouvrière a accepté de rembourser les 280 000 euros à l'hôtel de ville[17]. Il est néanmoins condamné en 2011 pour ces faits dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, mais dispensé de peine.

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Passion taurine[modifier | modifier le code]

Marc Blondel a longtemps été, et cela jusqu'à sa mort, un aficionado reconnu. En 1986 il a été le fondateur de La Querencia de Paris[20],[21], qui est l'un des deux principaux clubs taurins de Paris. Depuis la fondation de La Querencia Blondel a toujours apporté son soutien au club lors de ses rencontres et conférences sur la tauromachie, activités que La Querencia perpetue de nos jours[22]. Il avait considéré que l'interdiction de la corrida en Espagne était avant tout de source politique[23].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Veuf, Marc Blondel épouse en décembre 1996, en secondes noces, sa secrétaire et compagne depuis 20 ans Josiane Gobert[24].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire de la CGT-FO et de son union départementale de Paris 1895-2099, Gérard da Silva, préface de Jean-Claude Mailly et Marc Blondel, L'Harmattan, coll. Mouvement social et laïcité, 2009
  • Marc Blondel, Qu'est-ce que Force ouvrière ?, L'Archipel, 2002
  • Alain Bergounioux, Force ouvrière, Le Seuil, Paris, 1975
  • Christophe Bourseiller, Cet étrange Monsieur Blondel, Éditions Bartillat, 1997

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dépêche sur 20minutes.fr.
  2. Ce dernier étant qualifié à tort[réf. nécessaire] de « réformiste ».
  3. « Marc Blondel, la mort d'un syndicaliste à l'ancienne », sur humanite.fr,‎ 17 mars 2014
  4. a, b, c et d Michel Noblecourt, « Marc Blondel, ex-patron de FO, est mort », sur Le Monde,‎ 17 mars 2014
  5. a et b « Décès de Marc Blondel, ancien leader charismatique de Force ouvrière », sur Le Parisien,‎ 17 mars 2014
  6. Christophe Deloire, « Le poids des francs-maçons », Le Point, 4 janvier 2002, n° 1529, p. 18.
  7. http://www.laicite-republique.org/marc-blondel-un-compagnon-un.html Patrick Kessel, président du Comité Laïcité République le 17 mars 2014.
  8. Christophe Bourseiller, Cet étrange Monsieur Blondel. Enquête sur le syndicat Force ouvière, Bartillat,‎ 1997, p. 252
  9. « Marc Blondel est mort : l’étrange malédiction trotskiste lambertiste », Philippe Randa, bvoltaire.fr, 17 mars 2014.
  10. Marc Landré, « Marc Blondel - Grande gueule charismatique », Le Figaro, encart « Culture », mardi 18 mars 2014, page 42.
  11. Bertrand Delanoë, Communiqué de presse à la suite du décès de Marc Blondel, 17 mars 2014.
  12. « Appel pour le plus jeune prisonnier politique du monde », site de France-Tibet.
  13. Article du blog socialistedegauche65.
  14. « Mort de Marc Blondel, l'intransigeant tribun de FO », consulté le 17 mars 2014.
  15. « Marc Blondel exploite ses chauffeurs » sur liberation.fr.
  16. « Marc Blondel, le "général" militant » Philippe Vandel, Tout et son contraire, www.franceinfo.fr - 18 mars 2014.
  17. Capital, avril 2003.
  18. Death of Marc Blondel, consulté le 17 mars 2014.
  19. Christophe Bourseiller, Cet étrange Monsieur Blondel. Enquête sur le syndicat Force ouvière, Bartillat,‎ 1997, p. 79
  20. La Dépêche sur la mort de Marc Blondel
  21. Les Échos sur la mort de Marc Blondel
  22. Les soirées de La Querencia (site officiel de La Querencia)
  23. [PDF]Revue Confluences Méditerranée, « L'instrumentalisation des corridas : no pasarán », propos de Marc Blondel recueillis par Christophe Chiclet.
  24. « Marc Blondel est mort, les hommages affluent », sur lexpansion.lexpress.fr,‎ 17 mars 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]