1841 en France

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Chronologie de la France


Cette page concerne l'année 1841 du calendrier grégorien.

Événements[modifier | modifier le code]

Janvier[modifier | modifier le code]

  • François Buloz hésite à insérer l'article de Gobineau sur Capo d'Istria, malgré l'avis favorable de Charles de Rémusat. Gobineau escompte que cet article soulèvera des critiques de la part des amis de Capo d'Istria. La Revue de l'Orient des Scelti semble prendre bonne tournure.

Février[modifier | modifier le code]

Mars[modifier | modifier le code]

  • 22 mars : loi relative au travail des enfants employés dans les manufactures, usines et ateliers, première loi réglementant les conditions de travail. Suite à l’enquête de Villermé, Tableau de l’état physique et moral des ouvriers dans les fabriques de coton, de laine et de soie (1840), le travail des enfants est réglementé dans l'industrie en France et organise leur protection. Le travail est interdit pour les moins de 8 ans, limité à 8 heures par jour entre 8 et 12 ans et à 12 heures pour les 12-16 ans, interdit la nuit pour les enfants de moins de 13 ans[1].
  • 23 mars : début des débats à la Chambre sur la propriété littéraire.
  • 29 mars : la Chambre rejette le projet Lamartine sur la propriété littéraire par 154 voix contre 108.

Avril[modifier | modifier le code]

  • Samedi 3 avril : loi qui affecte un crédit de 140 millions de franc à création d'une enceinte fortifiée pour protéger la capitale. Dite de Thiers, du nom du président du Conseil du moment, cette enceinte est terminée en 1845.
  • 10 avril : le projet de Revue de l'Orient semble aller mal. En fait, elle ne paraîtra pas, concurrencée d'avance par la Revue orientale du Dr Barrachin.
  • 15 avril : la Revue des deux Mondes publie enfin l'article de Gobineau sur Capo d'Istria. Il y fait le procès d'un philhellénisme niais qui prétend voir dans les Grecs modernes les héritiers et les descendants des Grecs antiques. Article non dépourvu de lucidité politique ni de générosité, où Gobineau fonce contre Capo d'Istria, considéré comme l'artisan de la politique russe en Orient, et sert assez curieusement ainsi la politique de Guizot.
  • 17 avril : le succès de l’article de Gobineau de la Revue des Deux Mondes lui fait envisager l'avenir avec espoir.
  • 19 avril : Victor Hugo termine la rédaction de son Discours de réception à l'Académie.
  • 29 avril : mort d'Aloysius Bertrand.

Mai[modifier | modifier le code]

  • Mardi 4 mai : Alexis de Tocqueville s'embarque avec son frère Hippolyte et Gustave de Beaumont à Toulon, afin d'effectuer le voyage en Algérie qu'il projetait depuis un an. À Alger, Tocqueville est frappé par l'activité bourdonnante, la diversité de langues et de peuples qui règnent dans la ville.
  • 5 mai : loi sur l'expropriation pour cause d'utilité publique, instrument juridique essentiel pour la politique d'urbanisme.
  • 15 mai : départ de Tocqueville d'Alger par mer en compagnie du général Bugeaud, qui partait attaquer Tagdempt, capitale de l'émir d'Algérie Abd el-Kader. Tocqueville gagne Mostaganem où il rencontre le général Lamoricière avec lequel il est en relation depuis plusieurs années, grâce aux liens de cet officier avec Louis de Kergorlay, camarade de promotion. Officier des bureaux arabes, Lamoricière, engagé depuis 1830 dans la plupart des opérations militaires en Algérie, a fait l'effort de connaître le pays.
  • 18 mai : Bugeaud part en campagne contre l'émir Abd el-Kader.`Tocqueville, dont la santé est chancelante, ne peut l'accompagner; c'est pour lui un «crève-cœur ». II part pour Oran puis Mers elKébir, accompagné de Beaumont.
  • 22 mai : Tocqueville est de retour à Alger. Un retard du paquebot qui devait l'emmener à Bône lui donne l'occasion d'enquêter sur l'état du pays auprès des fonctionnaires civils et de quelques Arabes.
  • 24 mai : Gobineau va commencer « un ouvrage assez long en prose ». « Ce serait l'histoire des capitaines italiens du XVIe siècle. […1 J'ai toujours raffolé des condottieri. J'ai déjà marqué dans ma pensée Piccinino, Strozzi, Sforza, Trivulzio, Jean de Médicis et surtout le trois fois illustre César de Valentinois si calomnié de nos jours et des siens. »
  • 28 mai : embarquement de Tocqueville pour Philippeville. « Une côte comme j'en ai vu peu dans ma vie. Cette partie de l'Algérie est infiniment plus belle que les autres », écrit-il à son frère Édouard le 30 mai.
  • 31 mai :
    • exécution de Darmès, auteur de l’attentat manqué du 15 octobre 1840;
    • Tocqueville part avec un convoi vers Constantine, mais, atteint de dysenterie, doit renoncer à enquêter sur les opérations militaires de pacification.

Juin[modifier | modifier le code]

28 juin : Première de Giselle à l'Opéra de Paris, avec Carlotta Grisi dans le rôle titre
  • Mercredi 2 juin : loi apportant de graves modifications au code de procédure civile sur la vente judiciaire des biens immeubles.
  • 3 juin : Victor Hugo est reçu à l'Académie française. Son Discours est résolument politique. Salvandy, dans sa réponse, lui dénie toute importance politique et ne cite que ses premiers ouvrages.
  • 9 juin : Baudelaire s'embarque sur le Paquebot-des-Mers-du-Sud en direction de Calcutta.
  • 11 juin : Alexis de Tocqueville est de retour à Toulon.
  • 13 juin : loi d'établissement du chemin de fer de Bordeaux à la Teste.
  • 14 juin : loi qui modifie le code de commerce sur la responsabilité des propriétaires de navires de commerce.
  • 15 juin : dans la Revue des Deux Mondes, à propos du discours de Victor Hugo, Magnin parle d'un véritable « programme de ministère ».
  • 17 juin : loi d'organisation de l'état-major de l'armée navale.
  • 24 juin : à l'Académie, Charles Nodier est nommé directeur et Victor Hugo chancelier.
  • 25 juin :
    • loi sur la vente en détail des marchandises aux enchères, où à cri public;
    • loi sur la transmission des offices réglant la forme et les droits d'enregistrement des traités;
    • loi autorisant une émission de rentes 3 %, qui s'éleva à 12,810,245 francs de rente et qui a produit 450,000,000 francs.

Juillet[modifier | modifier le code]

  • Samedi 10 juillet : protocole de clôture de la question d'Agypet est signé à Londres.
  • 7-13 juillet : troubles à Toulouse visant à empêcher le recensement fiscal ordonné par le ministre des Finances, Georges Humann afin de réformer l'assiette de l'impôt sur les portes et fenêtres[2]. D’autres troubles ont lieu durant l’été à Bordeaux, Villeneuve-sur-Lot, Céret, Lille (août), Clermont-Ferrand (septembre).
  • Mardi 13 juillet : convention fermant les Détroits aux bateaux de guerre autres que Turcs, sauf en cas de guerre.
    • NdE Rémusat Mémoires T4, p 6 : "Convention pour la clôture des Détroits du Bosphore et des Dardanelles, signée à Londres le 13 juillet 1841 entre l'Angleterre, l'Autriche, la France, la Prusse, la Russie et la Turquie. Le préambule se référait à l'ancienne règle de l'Empire ottoman, d'après laquelle le passage des Détroits des Dardanelles et du Bosphore doit toujours être fermé aux bâtiments de guerre, tant que la Porte se trouve en paix; dans l'article v la Porte déclarait sa résolution inébranlable de maintenir cette règle de la fermeture des Détroits, et les puissances s'engageaient à la respecter. Le Sultan se réservait le droit d'autoriser comme par le passé, l'entrée des bâtiments légers pour le service des légations étrangères; il donnerait connaissance de la Convention à tous les gouvernements avec lesquels il était en relation."
  • 17 juillet : Gobineau a achevé la biographie de l'Alviane et écrit pour le journal des Débats un article sur la question de Candie. Il n'a aucune confiance dans le comité légitimiste : « Que faire de ces gens-là dans une affaire où il faudrait apporter tant de mesure, de prudence, d'adresse et de fermeté ? »
  • 26 juillet : le comte de Chambord, prétendant légitimiste, est victime d’un grave accident de cheval, qui le laisse légèrement handicapé de la jambe gauche.
  • 30 juillet : répondant aux vœux de la Garde nationale de Boulogne, Victor Hugo écrit pour l'inauguration d'une statue de Napoléon dans cette ville : Hymne pour l'inauguration de Napoléon (repris dans Toute la lyre).

Août[modifier | modifier le code]

Septembre[modifier | modifier le code]

Octobre[modifier | modifier le code]

  • Samedi 2 octobre : Balzac signe avec Fume, Hetzel, Paulin et Dubochet un contrat pour ses « œuvres complètes », à paraître sous le titre général : La Comédie humaine.

Novembre[modifier | modifier le code]

Décembre[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Chronologie », Manière de voir (103), février-mars 2009, p. 11
  2. Journal historique et littéraire, vol. 8, Comptoir universel dʹimprimerie et de librairie,‎ 1841 (présentation en ligne)