Affaire Rey-Maupin

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L'affaire Rey-Maupin est un fait divers qui a eu lieu en région parisienne le 4 octobre 1994, marquant les esprits par sa violence, la jeunesse des protagonistes, leur personnalité (en particulier pour le silence de Florence Rey), le mystère qui l'entoure ainsi que par ses possibles motivations politiques. Florence Rey et Audry Maupin ont été présentés comme des révolutionnaires anarchistes ou du moins des militants proches de cette mouvance. Ce fait divers a relancé le débat sur la peine de mort en France. Il a suscité un grand intérêt médiatique et a inspiré une importante production artistique. Florence Rey fut surnommée par la presse la tueuse née ou la tueuse de flics. La fascination qu'elle exerça est liée, pour une grande part, à sa photographie d'identité judiciaire qui la présente apparemment impassible, les bras croisés, le regard vide ou défiant, avec une légère écorchure sur la joue[1].

Sommaire

Les auteurs [modifier]

  • Florence Rey est née le 27 août 1975 à Argenteuil. Bonne élève, éduquée dans un milieu catholique, son enfance est marquée par les hallucinations de son père atteint de schizophrénie. Selon ses camarades de classe, elle était douce, serviable et extrêmement timide. Elle aimait la nature et était passionnée par la littérature. En 1993, elle rencontre Audry Maupin et entame ensuite des études de médecine puis de lettres à l'Université de Nanterre.

Ils participent activement au mouvement anti-CIP de mars 1994. Puis après la fin de celui-ci, Audry Maupin, qui rêvait d'un nouveau Mai 68, se radicalise selon les témoignages de son père et de ses amis au procès. Le couple abandonne alors ses études. Ils se marginalisent, fréquentent le mouvement autonome et s'installent à Nanterre dans un squat au no 1 de la rue Becquet[2].

Les faits [modifier]

Audry Maupin, 22 ans, fait la connaissance au mois de mai 1994, d'Abdelhakim Dekhar, surnommé Toumi, vingt-huit ans, né le 24 septembre 1965 à Algrange dans le département de la Moselle. Audry et Abdelhakim côtoient l'extrême gauche, les anarchistes et le milieu alternatif. Abdelhakim Dekhar demeure à Aubervilliers et la porte de Pantin se situe sur son parcours. Sa voiture a déjà été emmenée à la pré-fourrière de Pantin. Il connaît donc les lieux et les habitudes des gardiens. Le 5 juillet 1994, Abdelhakim Dekhar achète un fusil à pompe à La Samaritaine pour la somme de 1 700 francs, sur présentation de sa propre carte d'identité. Il propose à Audry Maupin d'attaquer la pré-fourrière, s'emparer des armes des gardiens et s'en servir dans des futures attaques de banques. Il suffira d'attacher les gardiens avec leurs menottes. L'endroit n'a pas de liaison radio, l'alerte ne risque donc pas d'être immédiate. Cela laissera parfaitement le temps de s'échapper. Le plan est simple et limpide. Abdelhakim Dekhar réussit à convaincre Audry Maupin. Le 29 septembre 1994, son amie Florence Rey, 19 ans, se renseigne pour l'achat d'une arme par téléphone, à La Samaritaine. Le lendemain 30 septembre, elle va acquérir pour 2 370 francs, le second fusil à pompe, de marque Mossberg, calibre 12, dans ce même magasin en montrant un passeport au nom d'Emmanuelle Coupart. Le couple s'entraîne au tir dans la cave du pavillon. Le lundi soir 3 octobre 1994, Audry Maupin et Abdelhakim Dekhar effectuent une reconnaissance à la pré-fourrière de Pantin.

Le mardi 4 octobre 1994 à 11 h 55, Florence Rey retire 400 francs dans un distributeur, place de la République à Paris. Cet argent sert à acheter deux cagoules et des gants dans un magasin de moto. L'après-midi de ce 4 octobre, Audry Maupin passe chez sa mère à Bezons dans le Val d'Oise[3], chercher un outil pour « réparer sa cheminée ». En réalité, l'outil en question va servir à scier les crosses des fusils. Le plan est le suivant : Florence Rey et Audry Maupin prendront le RER, Abdelhakim Dekhar se rendra seul à Pantin. Ils se retrouveront tous les trois à la pré-fourrière. Abdelhakim Dekhar est chargé de faire le guet. Florence Rey et Audry Maupin passeront par le grillage, côté périphérique et attaqueront la guérite des gardiens. Leur sortie se fera par l'entrée principale, rue Marseillaise. Ensuite, le trio regagnera leur squat de Nanterre par le métro.

20 h 10 : Florence Rey et Audry Maupin sont à la station du RER Nanterre-ville. Les deux fusils, les munitions et les cagoules sont dissimulés dans un sac de sport. Après quelques changements, ils arrivent à la station de métro Porte de Pantin, empruntent le boulevard Jean Jaurès, passent sous le pont et se dirigent vers la pré-fourrière où les attend Abdelhakim Dekhar.

21 h 25 : Florence Rey escalade la première le grillage de deux mètres. Audry Maupin à son tour franchit la clôture. Ils enfilent leurs cagoules et atteignent la guérite des gardiens. La porte du local est enfoncée et Audry Maupin crie : « Allez, couchez-vous ! Face contre terre. Vos flingues ! Vos menottes ! ». Mais les deux gardiens sont dépourvus de menottes et aucun moyen de les attacher au radiateur. Hésitation dans la voix de Florence, « Ne bougez pas, couchez-vous ! ». Audry Maupin sort une bombe lacrymogène, asperge les visages des gardiens, arrache les fils du téléphone et s'empare des armes, des révolvers Manurhin de calibre 38. Florence Rey et Audry Maupin s'enfuient et franchissent l'enclos. Un témoin, Pierre Quesnay, 39 ans, musicien, circule en voiture à proximité du portail, « intrigué par trois personnes qui dégagent une énergie très particulière. Ce groupe était dans un état d'excitation tel que j'ai été obligé de m'arrêter. Les deux hommes et la femme ouvrent un sac de sport et en sortent une arme de poing, qui se retrouve entre les mains du plus petit homme »[4]. Le signalement correspond à Abdelhakim Dekhar … qui sans plus attendre, se sauve le premier. Un des gardiens, François Restoul, trente-sept ans, encore commotionné, sort de la guérite et a juste le temps de voir Abdelhakim Dekhar courir rue Marseillaise. Pris de panique, Florence Rey et Audry Maupin se croient poursuivis et ne peuvent plus rattraper leur complice.

Au niveau du périphérique, un taxi attend que le feu passe au vert. Alors que le couple devait reprendre le métro pour le retour, Florence Rey court au milieu de la rue et se précipite sur le taxi à l'arrêt. Elle ouvre la porte arrière gauche de la peugeot 405 break et s'assoit la première. Audry Maupin surpris par la réaction de Florence, est obligé de suivre. Un pas supplémentaire dans l'escalade criminelle. À l'intérieur du taxi se trouve un passager, le docteur Georges Monnier. Le chauffeur de taxi, Amadou Diallo s'emporte « Vous voyez bien que j'ai déjà un client », mais Audry Maupin pointe son revolver sur la nuque du chauffeur et le menace : « Emmène-nous à Nation, et surtout pas d'histoire ! ». De la Nation, le couple prendra le métro pour rejoindre Nanterre. Le taxi emprunte le périphérique à vive allure. Audry Maupin demande les papiers d'identité au chauffeur et au passager, afin de connaître leurs adresses, garanties de leur silence et protéger ainsi leur fuite. Le docteur obtempère. Amadou Diallo pris de frayeur, assure qu'il ne peut conduire et chercher ses papiers en même temps. Audry Maupin s'énerve, « Tu te fous de notre gueule ! » et Florence renchérit, après avoir fouillé la sacoche du chauffeur, « Tu vas me les donner ou je t'arrache l'oreille ! »[5]. Georges Monnier propose que le chauffeur arrête son taxi pour lui permettre de donner ses papiers, essaie de dédramatiser autant que possible, la situation : « je suis médecin, restez calmes, on vous déposera à Nation. Tout se passera bien ». Aucune réponse du couple. Le médecin enchaîne, « Écoutez, vous êtes jeunes, vous n'avez pas l'air méchants, soyons calmes ». Florence Rey l'interrompt : « Pas de psychologie, docteur Freud ! ». Le chauffeur refuse toujours de remettre ses papiers d'identité. Audry Maupin menace à nouveau, mais rien n'y fait.

21 h 35 : Place de la Nation, le feu au carrefour du boulevard de Charonne et le cours de Vincennes est au rouge. En face une R19 blanche de la police, en patrouille. À l'intérieur trois policiers. Amadou Diallo aperçoit leur voiture et dans un geste désespéré, décide de provoquer un accident. Le chauffeur de taxi, pris en otage, brûle le feu et vient percuter violemment la voiture de police. Les trois fonctionnaires, abasourdis, sortent du véhicule pensant à un accrochage, tandis qu'Amadou Diallo hurle : « ils veulent me tuer ! Ils veulent me tuer ! ».

Audry Maupin aussitôt ouvre le feu à bout portant sur un des policiers, avec l'un des revolvers de Pantin, par la vitre ouverte du taxi avant gauche. Le policier Thierry Maymard, trente ans, fait face à Audry Maupin, à une distance d'un mètre cinquante environ et s'effondre sans avoir eu le temps de faire usage de son arme. Audry Maupin tire une seconde fois sur le deuxième gardien de la paix qui tombe à son tour, près de la R19. Laurent Gérard, vingt-cinq ans, est touché dans le dos, alors qu'il tentait de se protéger, sans avoir eu la possibilité comme son collègue, de se servir de son arme. Le chauffeur de taxi Amadou Diallo, quarante-neuf ans, s'échappe du taxi et succombe aux tirs d'Audry Maupin. Le troisième policier, Régis Decarreaux, 33 ans, riposte. Florence Rey depuis la place arrière du taxi, se met aussi à tirer. Le médecin profite de la confusion générale, ouvre sa portière et se glisse par terre, hors de la voiture. Les détonations se font l'écho des échanges de coups de feu. Des cris retentissent. Deux passants sont atteints par des balles perdues : une élève infirmière de vingt-ans, Émmanuelle Veron, est touchée à la hanche et Alain Roussel, quarante-trois ans, au cuir chevelu. La voix du gardien de la paix Régis Decarreaux, se fait entendre : « Couchez-vous ! Couchez-vous ! ».

Florence Rey est maintenant à l'extérieur du taxi, agenouillée, une cartouchière en bandoulière, en train de recharger son fusil à pompe. Audry Maupin est blessé à la jambe. Florence Rey tente de faire revenir le médecin en le menaçant de son arme, pour qu'il soigne son compagnon blessé, mais en vain. Le docteur Monnier a juste le temps de se réfugier derrière un réverbère. Le troisième policier est aussi blessé, mais continue de tirer en direction du taxi, puis finit par céder du terrain face aux tirs du jeune couple. Audry Maupin s'empare des armes de service des gardiens à l'agonie et abandonne un des fusils à pompe.

21 h 40 : Une renault super-cinq noire est à l'arrêt, stoppée par la fusillade, comme d'autres véhicules. Les deux passagers, Jacky Bensimon et son cousin, sont accroupis derrière leur voiture. Audry Maupin se dirige vers eux et prend le conducteur Jacky Bensimon en otage. Florence Rey monte à l'arrière du véhicule et Audry Maupin s'installe devant : « Allez, roule, roule, tu vas nous sortir de là ! ». Les avenues sont bloquées et les périphériques sont à éviter. La seule issue possible est de franchir la porte de Vincennes et de se diriger vers Saint-Mandé. Une voiture de police alertée par un message radio, aperçoit le véhicule, tente de le rejoindre, essuie des tirs et se trouve distancée. Jacky Bensimon engage une course effrénée, « devant moi, toujours des voitures. Impossible de doubler. Si. Là, j'ai le temps. Je double. Mais juste au moment où j'arrive à la hauteur de la voiture qui roule devant moi, en voici une autre qui surgit en face. Vite, je me rabats sur la voiture de droite. Je tape. C'est comme dans un film. Tous klaxonnent. Moi aussi, je klaxonne et fais des appels de phare. Feu rouge. Je passe entre les voitures de droite et de gauche, créant une troisième file. Feu rouge, je continue, heurte une voiture et continue. Je ne sais plus où aller »[6]. Au bois de Vincennes, un motard, Jean-Luc Poulouin, s'est lancé à leur poursuite. Florence Rey essaie de tirer, mais le fusil ne fonctionne pas. Elle passe l'arme à son ami. Le motard de police se rapproche de la voiture. Audry Maupin tire à travers la vitre arrière qui explose. Florence Rey reprend le fusil à pompe. Une balle ricoche sur la mentonnière du casque. Sous le choc, Jean-Luc Poulouin perd le contrôle de sa moto, qui glisse dans une gerbe d'étincelles[6]. Le pilote n'est que légèrement blessé et s'en sort miraculeusement.

21 h 45 : La voiture arrive route de Gravelle. Dans un grand virage, Jacky Bensimon découvre à quatre cent mètres environ, un barrage de police, gyrophares allumés. Les policiers sont en position de tir. Florence Rey commande : « Vas-y, roule, roule, si tu t'arrêtes, j'te bute ! », en appuyant son fusil à pompe dans le dos de l'otage. À cent mètres du barrage, Jacky Bensimon saisit le frein à main. Le véhicule fait deux tête-à-queue et s'immobilise. L'otage s'éjecte de la voiture et crie de toutes ses forces : « Je suis un otage ! ». Les renforts arrivent de toutes parts et encerclent les fugitifs. Un motard, Guy Jacob, trente-sept ans, couche sa moto sur la chaussée et s'approche du véhicule. Nouvel échange de coups de feu. Audry Maupin, positionné à l'avant droit de la voiture, le vise et tire avec le Manurhin dérobé à Pantin. Guy Jacob vacille et alors qu'il se trouve à l'arrière de la voiture, une seconde balle issue du fusil à pompe, le frappe[7]. Un autre gardien de la paix, Sébastien Bloudeau, vingt-quatre ans, est touché à la tête. Le véhicule est criblé de balles. Audry Maupin, atteint par plusieurs projectiles, s'effondre. Jacky Bensimon, pris pour un complice, est blessé au genou au cours de la fusillade par un tir de policier. Florence Rey s'est recroquevillée entre les sièges. Elle embrasse son compagnon, puis se laisse emmener par les forces de l'ordre. Il est 21 h 50. Audry Maupin est grièvement blessé et décède le lendemain, 5 octobre 1994 à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre. Il meurt à 22 h 15, sans avoir repris connaissance.

« En trente minutes, cinq personnes, dont trois policiers, ont été tuées. Depuis bien longtemps, la capitale n'avait pas connu un tel bain de sang », écrit le journaliste Frédéric Couderc[8].

Les victimes [modifier]

  • Amadou Diallo, quarante-neuf ans, chauffeur de taxi à Paris, marié, cinq enfants. Décédé à 22 h 7, le mardi 4 octobre 1994.
  • Thierry Maymard, trente ans, gardien de la paix à Paris, marié à Nicole, gardien de la paix, deux enfants. Décédé à 22 h 34, le mardi 4 octobre 1994.
  • Laurent Gérard, vingt-cinq ans, gardien de la paix à Paris, sa compagne Sabine est élève infirmière. Décédé à 22 h 49, le mardi 4 octobre 1994.
  • Guy Jacob, trente-sept ans, motard de la police nationale, marié à Brigitte, gardien de la paix, deux enfants. Décédé à h du matin, le mercredi 5 octobre 1994.

L'énigme Florence Rey, l'enquête et la couverture médiatique [modifier]

Les réactions [modifier]

La violence des actes causés par ces deux étudiants inconnus des services de police et issus de familles apparemment sans problème provoqua un vif émoi dans le contexte des manifestations étudiantes contre le CIP. Les réactions à l'équipée meurtrière du jeune couple, sont à la mesure de ce drame : « C'est tout de suite politique, c'est un événement national […] immédiatement cela prend une dimension, qui nous dépasse […] Nous nous retrouvons devant un fait de société »[9].

Une cérémonie et des hommages ont été rendus à la mémoire des trois policiers tués, cités à l'ordre de la nation et décorés de la Légion d'honneur, le vendredi 7 octobre 1994 à la préfecture de police de Paris. Le premier ministre Édouard Balladur promit que « l'application la plus sévère des lois serait réservée à ceux qui portent atteinte à la vie des représentants de la force publique »[10]. Des responsables politiques, dont le ministre de l'Intérieur de l'époque, Charles Pasqua, relancèrent le débat sur la peine de mort, en se déclarant personnellement favorable pour son rétablissement et en particulier « ceux qui assassinent des responsables des forces de l’ordre ». Jean-Marie Le Pen, Jean-Antoine Giansily du Centre national des indépendants, et Philippe de Villiers profitèrent également de la fusillade de la place de la Nation, pour se prononcer en faveur de la peine capitale. Michel Sapin du parti socialiste et ancien ministre de la Justice, se dit choqué par une telle instrumentalisation et « il faut absolument éviter de relancer ce type de débat au moment où des drames se produisent »[11]. Dans les rangs de la majorité, Philippe Séguin exclut tout débat sur la réintroduction de la peine de mort. Il s'oppose également au durcissement de la peine prévue pour le meurtre de policiers : « je trouve cette gradation dans l'horreur particulièrement déplacée. Je ne vois pas pourquoi ce crime serait plus horrible qu'un autre crime. Je ne connais pas de crime sympathique »[12]. Le lundi 10 octobre 1994, un rassemblement est organisé à l'appel du Front national pour le rétablissement de la peine capitale, mais ne réunit que deux-cents personnes à Paris[13]. Au lendemain de la tragédie, plus de cinq-cents chauffeurs de taxis ont exprimé leur colère par une manifestation, place de la Nation. Ils rendent hommage à leur collègue assassiné et réclament de meilleures mesures pour les protéger.

Ce fait divers intervient en plein débat à l'Assemblée nationale sur le projet de loi « sécurité ». Ce projet a suscité de vives polémiques entre l'opposition et le gouvernement d'alors, accusant ce dernier d'exploiter l'événement dramatique de la place de la Nation pour renforcer le dispositif sur la sécurité. Dès le 5 octobre 1994, Charles Pasqua à la tribune du Parlement, fait référence à Florence Rey et Audry Maupin pour justifier l'urgence du durcissement des mesures destinées à assurer l'ordre public : « les événements graves qui se sont produits la nuit dernière justifient que des mesures radicales soient mises en place pour combattre tous ceux qui menacent l'ordre public »[14]. Il est soutenu par plusieurs éditorialistes : « Le débat théorique qui s'était engagé sur le risque de voir les forces de l'ordre abuser des prérogatives nouvelles qui leur sont octroyées […] paraît presque déplacé aujourd’hui. Car il y a plus que péril en la demeure. Il y a le feu[15]. Voilà que surgissent, dans le centre de la ville, la violence gratuite et l'instinct de mort […] en ce sens les propositions de Charles Pasqua sur la sécurité peuvent être approuvées dans leurs grandes lignes »[16]. Les lois dites Pasqua sur la sécurité seront finalement adoptées le 21 janvier 1995.

La médiatisation [modifier]

Emmenée à la police judiciaire ce mardi soir 4 octobre 1994, Florence Rey se mura dans le silence. Il fallut plus de dix heures d'interrogatoire pour qu'elle donne enfin son nom. Ce mutisme presque complet, qui dura plusieurs mois, est interprété par les psychiatres comme un « état de sidération ».

L'intérêt pour ce fait divers sanglant est renforcé par la diffusion de la photographie anthropométrique de Florence Rey qui fait la « une » de la presse. En l'absence de déclarations de l'accusée et de mobiles clairs, elle est l'objet de tous les commentaires. Comme le souligne un journaliste au moment du procès : « On s'apprêtait à juger une photo […] Avec son écorchure sur la pommette droite, son visage sale qu’on dirait noir de poudre […] son regard inhumain où brille encore une excitation meurtrière, Florence Rey apparaît à la une des quotidiens et des hebdos comme une goule sanguinaire, une terroriste murée dans son silence et dans sa haine »[17].

L'affaire fait l'objet de titres chocs dans la presse, avec ses interrogations : pourquoi ces deux jeunes gens si ordinaires, ont-ils semé la mort ? Certains médias vont dresser de Florence Rey, une légende noire. Elle devient la « tueuse de flics ». Un nouveau mythe est en train de naître, celui de Florence Rey, dans la continuité de ses aînées Nathalie Ménigon et Joëlle Aubron. Patricia Tourancheau, du journal Libération[18], fait remarquer que « Florence Rey a vraiment suscité une émotion et quelque chose de particulier ». Mais Florence Rey n'a jamais eu la prétention de suivre la même voie que Louise Michel et a toujours réfuté cette idée de Pasionaria. Cette affaire médiatisée, impliquant une femme, provoque fascination et aversion à la fois. Elle grave son empreinte dans la mémoire collective et inspire écrivains, musiciens, artistes, réalisateurs de cinéma.

Dans les mois qui suivent la fusillade, des t-shirts à l'effigie de Florence Rey sont imprimés et des rappeurs lui dédient des chansons[19]. Elle devient pour les uns, une icône rebelle, pour les autres, le symbole du malaise d'une jeunesse en panne d'avenir et d'idéal. Christophe Deleu souligne dans son analyse du traitement médiatique de cette affaire que « l'énigme Florence Rey, c'est aussi l'histoire d'une récupération médiatique, d'une réécriture de l'histoire de deux jeunes gens »[20]. Certains journalistes avancent ainsi que leur coup de folie pourrait être inspiré par la vision du film d'Oliver Stone, Tueurs-nés. Ils se fondent sur le fait qu'une affiche du film est trouvée dans le squat de Florence Rey et d'Audry Maupin. Un débat est lancé sur l'influence des films violents et sur leur interdiction. En réalité, cette affiche a été apportée par un photographe[21]. Avec une habile mise en scène et suivant les besoins de l'image, le prospectus se retrouve également à côté d'une cartouche et d'un catalogue d'armes. Tout comme il est établi que le jeune couple avait agi au cours de leur équipée irrationnelle, de façon impulsive et immature.

Christophe Hondelatte donne son point de vue, à propos de cette médiatisation : « Cette affaire a fait fantasmer beaucoup de monde. Trop de monde. On y a vu un remake de Tueurs-nés, le film d'Oliver Stone. On a voulu donner à ce crime un sens qu'il n’avait pas. Un mythe né d’une photo, celle de Florence, visage énigmatique, et d'une absence, celle d'Audry, tueur aux allures romantiques. Le grand public n'aime pas les assassins qui n'ont pas la gueule de l'emploi. Ces deux-là auraient eu une mine patibulaire et des airs de brutes qu'on les aurait sans doute vite oubliés. Parce qu'ils étaient jeunes, beaux et amoureux, le crime devenait impensable. On en parlerait jusqu'à la fin des temps. Il faut peu de choses pour nourrir la notoriété d'un fait divers »[22].

L'enquête [modifier]

Une autre piste avancée fut celle de l'influence d'une idéologie d'extrême gauche qui aurait poussé les deux étudiants à s'en prendre aux forces de l'ordre. Elle se fondait sur le fait que l'on avait retrouvé de la littérature et des tracts anarchistes dans le squat ainsi que dans la chambre de Florence Rey chez ses parents. Une partie de la presse vit dans les deux jeunes gens des héritiers d'Action directe. Dans cette perspective, le vol d'armes de policiers aurait pu être une action préparatoire pour mettre sur pied un groupe terroriste révolutionnaire ou être l'épreuve pour intégrer un groupuscule déjà existant. Cette interprétation a semblé être confirmée par la mise en cause d'un troisième homme, Abdelhakim Dekhar qui aurait fait le guet à Pantin et qui se présentait comme membre des services secrets algériens chargé d'infiltrer, pour le compte de la police, la mouvance autonome[23]. L'hypothèse que les deux jeunes anarchistes auraient pu être victimes d'une manipulation a même été avancée. L'enquête révèle que le 6 octobre 1994, Abdelhakim Dekhar incite un de ses camarades, Stéphane Violet, 34 ans, intermittent du spectacle, scénariste et cinéaste, à s'enfuir car ce dernier a hébergé Florence et Audry. Stéphane Violet a aussi comme locataires, Maxime Aubin et sa compagne Emmanuelle Coupart, dont le passeport est utilisé pour l'achat du deuxième fusil à pompe. Le 8 octobre, Stéphane et son amie Cécile Debrenne, quittent la France pour Lisbonne au Portugal. Les investigations concernant l'achat du premier fusil à pompe permettent de remonter la piste jusqu'à Dekhar et le 18 octobre, il est interpellé par la Brigade criminelle à son domicile d'Aubervilliers. Une fausse carte d'identité est retrouvée chez lui, ainsi que dix mille francs en espèces. Abdelhakim Dekhar conteste obstinément être le « troisième homme » et se disculpe en dénonçant plusieurs militants d'extrême gauche. Selon son témoignage, le commanditaire pour l'acquisition de ce fusil serait Philippe Lemoual, un autonome de 30 ans qui a été condamné par le passé à cinq ans de prison pour une attaque de banque. Le 28 octobre, à h 30 du matin, quarante policiers cagoulés, équipés de gilets pare-balles, investissent le pavillon de Philippe Lemoual à Suresnes. Dans cette maison résident Philippe et sa fiancée Marie, ainsi que des amis du couple. Les enquêteurs trouvent un fusil à pompe acheté légalement et un court-métrage de Stéphane Violet : « De la politique », inspiré d'un fait divers. Ce film retient l'attention des inspecteurs où il est question de prise d'otage et d'un gardien de la paix abattu avec son arme de service. Mis en examen pour complicité de vol à main armée et association de malfaiteurs, il est écroué à la prison de Fresnes pendant cinq mois. Dekhar implique également Stéphane Violet dans le recel de l'une des armes dérobées à Pantin et qui n'a jamais été retrouvée[24]. La perquisition est restée vaine à l'adresse indiquée par Dekhar, rue Pixérécourt dans le 20e arrondissement de Paris, hormis une liasse de billets vierges de la SNCF, volée dans une gare de la Seine-Maritime. Abdelhakim Dekhar suggère que Stéphane Violet aurait peut-être remis l'arme à Maxime Aubin. Après une nouvelle interpellation et une perquisition, sans le moindre résultat, Maxime Aubin et Emmanuelle Coupart sont mis hors de cause. Toutefois, si Dekhar a été condamné à quatre ans de prison pour association de malfaiteurs, son caractère mythomane fut prouvé par les experts psychiatres. Au procès, aucune preuve n'est venue confirmer l'existence d'un groupe révolutionnaire plus vaste auquel auraient appartenu Florence Rey et Audry Maupin.

Florence Rey et Audry Maupin ont également été présentés comme un couple diabolique uni dans le crime à la Bonnie and Clyde ou comme deux jeunes « paumés » en rupture avec la société. Animés par une idéologie vaguement nihiliste et confrontés aux difficultés matérielles de la vie dans leur squat sans eau ni électricité, ils auraient voulu voler des pistolets dans le but de s'en servir pour faire des braquages de banque afin d'avoir de l’argent. Ils se seraient trouvés pris dans une spirale de violence qui les aurait dépassés. Cette hypothèse, défendue par les avocats de Florence Rey, a semblé s'imposer au procès, même si celui-ci n'a pas permis de faire toute la lumière sur l'affaire. Florence Rey resta, en effet, toujours très vague sur les circonstances et les mobiles de l'attaque de la pré-fourrière et des fusillades qui l'ont suivie. Elle se contenta de répéter au juge d’instruction Hervé Stéphan, qu'elle n’avait pas voulu qu'Audry, dont elle continuait alors à parler au présent, risque sa vie sans elle. Mais Florence Rey culpabilise d'avoir partagé « l'idée irréfléchie » d'Audry Maupin. Lors d'un interrogatoire devant le juge, le 21 juin 1996, elle déclare : « Je regrette que cela se soit passé, parce que cela a fait souffrir beaucoup de gens et que c'était stupide. Sur le moment, je n'ai pas réfléchi pour suivre Audry. J’étais dans des conditions pas très stables. J'avais du mal à m'opposer et à m'affirmer par rapport à Audry. Je me fais des reproches là-dessus. J'avais besoin de me sentir utile et qu'il me reconnaisse, ce qui n'était pas souvent le cas »[25].

« Le troisième homme » [modifier]

Après la reconstitution de la pré-fourrière de Pantin le 24 octobre 1995, a lieu celle de la place de la Nation le 15 novembre 1995, et enfin celle de la route de Gravelle le 12 décembre 1995. L’enquête connaît un nouveau rebondissement le 19 janvier 1996, avec l’incarcération d’une personne soupçonnée d’avoir été le complice de Florence Rey et Audry Maupin : Stéphane Violet, auteur du court-métrage retrouvé chez Philippe Lemoual. S’agit-il du guetteur de la pré-fourrière de Pantin, surnommé le « troisième homme » ? L’ami du couple avait quitté son domicile précipitamment, au lendemain de la double fusillade Place de la Nation et du bois de Vincennes, suite à la visite d'Abdelhakim Dekhar. Stéphane Violet était activement recherché et sous le coup d’un mandat d’arrêt international depuis le 29 juin 1995. Ce dernier s’est donc présenté spontanément ce 19 janvier 1996, au juge d’instruction Hervé Stéphan, qui l’a mis en examen pour « association de malfaiteurs et complicité de vol à main armée ». Cécile Debrenne, l'amie de Stéphane Violet, est également mise en examen pour « association de malfaiteurs », mais laissée libre sous contrôle judiciaire. Cependant, Stéphane Violet rejette ces accusations et nie formellement avoir pris part avec le couple à l’attaque de la pré-fourrière de Pantin. Florence Rey interrogée le 14 février 1996 par le juge d’instruction, a tenu à innocenter Stéphane Violet et reconnait qu'Abdelhakim Dekhar est bien le « troisième homme » de Pantin. Abdelhakim Dekhar dit « Toumi » était déjà mis en examen et placé sous mandat de dépôt pour avoir acheté, sur présentation de sa propre carte d’identité, un des fusils à pompe ayant servi pendant la fusillade. D’autre part au moment des faits du 4 octobre 1994, deux témoins, un des gardiens de la pré-fourrière de Pantin et un passant, ont bien aperçu une troisième personne dont le signalement correspond à Abdelhakim Dekhar[26]. Stéphane Violet a été libéré le 23 février 1996 et bénéficiera d’un non lieu dans cette affaire, tout comme son amie Cécile. Le mystère du troisième homme est enfin levé : Abdelhakim Dekhar sera poursuivi pour « Vols à main armée et participation à une association de malfaiteurs ». Le juge d’instruction a achevé ses investigations le 8 mai 1997. La première chambre d’accusation de la Cour d'appel de Paris renvoie Florence Rey et Abdelhakim Dekhar devant la Cour d'assises le 3 juillet 1997. Les charges qui pèsent sur Florence Rey sont graves : « Vols à main armée, meurtres et tentatives de meurtres commis sur des personnes dépositaires de l'autorité publique dans l'exercice de leurs fonctions ayant précédé, accompagné ou suivi d'autres crimes, enlèvements et séquestrations de personnes comme otages pour favoriser la fuite des auteurs d'un crime, participation à une association de malfaiteurs »[26].

Le procès et la détention [modifier]

Le procès [modifier]

Article détaillé : Affaire Rey-Maupin, le procès.

Le procès, très médiatique, s’ouvrit le jeudi 17 septembre 1998 devant la Cour d’assises de Paris. Florence Rey y apparut prostrée et se montra presque incapable de s’exprimer au cours des deux semaines d’audience. Ses avocats, maîtres Henri Leclerc et Olivia Cligman lui reprochèrent même publiquement son attitude. Pour la défendre, ils la présentèrent comme une jeune fille qui avait suivi par amour son compagnon dans son projet de braquage, sans en mesurer les conséquences, et dont la vie avait basculé dans l’horreur dans la panique de la fusillade. Ils s’appuyèrent sur les expertises balistiques, qui prouvaient qu’elle n’avait tiré aucun des coups de feu mortels, ainsi que sur le rapport des psychiatres. Ceux-ci décrivaient l’accusée comme une adolescente fragile ayant grandi dans un « cocon familial pathogène » marqué par la maladie mentale de son père, victime d’hallucinations auditives et sensorielles graves, maladie qui était niée et cachée. Ils mirent en évidence la passion fusionnelle de Florence Rey pour Audry Maupin sous l’emprise duquel elle était, la complémentarité malheureuse des deux personnalités et l’absence de dangerosité sociale de la jeune femme.

Le co-accusé Abdelhakim Dekhar alias « Toumi », est défendu par Maître Emmanuelle Hauser-Phelizon et Maître Raphaël Constant. Il reconnaît avoir acheté un des deux fusils à pompe, ayant servi lors des fusillades, mais réfute les accusations de complicité dans le braquage de la pré-fourrière de Pantin. Florence Rey a bien pourtant désigné Dekhar comme étant « le troisième homme » en février 1996, chargé de faire le guet lors de l’attaque à main armée. Il affirme être victime d’un complot de la mouvance autonome[27] et sa ligne de défense reste invariable. À l’en croire, il était chargé par le gouvernement algérien d’infiltrer l’extrême gauche française, en relation avec des réseaux islamistes. Les experts psychologiques ont clairement établi le portrait de l’accusé comme un « individu aux tendances affabulatoires et mythomaniaques qui font de lui un agent de l’ombre, investi d’une mission politique au service de la cause algérienne »[28].

Le mercredi 30 septembre 1998, après cinq heures trente de délibéré, la Cour d’assises de Paris condamne Florence Rey à une peine de 20 ans de réclusion criminelle, sans période de sûreté comme co-auteur du meurtre de l’un des policiers et complice de celui des trois autres victimes. Abdelhakim Dekhar est condamné à quatre ans de prison pour association de malfaiteurs et acquitté pour le vol de la pré-fourrière de Pantin[29]. Le jeudi 1er octobre 1998, les trois magistrats de la Cour ont également condamné Florence Rey à verser 2,35 millions de francs de dommages et intérêts aux parties civiles. Les familles des victimes se sont déclarées déçues de la clémence du verdict.

La détention [modifier]

Florence Rey purge sa peine d'abord à la Maison d'arrêt de Fleury-Mérogis de 1994 à 2000, puis au Centre pénitentiaire de Rennes jusqu'en 2009[30]. Elle a fait, selon les informations diffusées à l'époque, plusieurs tentatives de suicide durant les premières années de sa détention. Florence Rey est placée en isolement de novembre 1994 à juin 1995 à cause du risque de suicide et du fait que l'on a retrouvé un plan de la prison, dessiné par elle, dans sa chaussure, ce qui est interprété comme une tentative d'évasion. Elle refuse les tranquillisants et les somnifères qui accompagnent généralement les repas[26]. Quelques mois avant le procès qui a lieu du 17 au 30 septembre 1998, Florence Rey souhaite que le père d'Audry, Bernard Maupin, ne vienne plus la visiter à la prison de Fleury-Mérogis[31]. À l'époque du procès, Florence Rey apparaît comme une détenue calme et discrète, appréciée par les autres prisonnières. Elle vient en aide à ses co-détenues, qui soulignent sa disposition bienveillante à l'égard des autres. Florence Rey apprend l'informatique, le traitement de texte, la bureautique, participe à l'atelier théâtral de la prison et se réfugie à la bibliothèque de la maison d’arrêt[32].

La presse rapporte que Florence Rey est rouée de coups dans la cour promenade de Fleury-Mérogis, le 14 février 1999 par des détenues mineures alors qu'elle participait, à un goûter d'anniversaire. Les gardiens ne sont pas intervenus et les secours semblent avoir tardé alors que la détenue restait sans connaissance. Une enquête interne, dont les conclusions ne sont pas rendues publiques, a été ouverte par l'administration pénitentiaire afin de déterminer les circonstances de l'incident. Ses avocats ont envisagé de porter plainte pour non assistance à personne en danger[33].

Après son procès, Florence Rey renonce à son pourvoi en cassation. La Cour en conséquence, constate le 14 avril 1999 ce désistement qui rend définitif la condamnation de Florence Rey. La détenue de Fleury-Mérogis, est donc transférée à la Maison Centrale de Rennes[34], en 2000. Tout au long de son incarcération, Florence Rey refuse les sollicitations de la presse et impose le même silence à ses proches. Elle est soutenue par sa mère qui est très présente durant sa détention. En janvier 2001, au Centre pénitentiaire de Rennes, Florence Rey demande à Chantal Maupin de ne plus venir la voir, face à une mésentente. La mère d’Audry donne par la suite sa version des faits : « Elle a voulu mettre un point final à cette histoire. C'est compréhensible, même si c’est dur à avaler »[35]. À partir de 2004, Florence Rey reçoit les visites de son nouvel ami, le réalisateur de cinéma Jacques Richard, de vingt-et-un ans son aîné[36], qui l'aide à se reconstruire.

À la Maison Centrale de Rennes, Florence Rey fait beaucoup de sport, se passionne pour la peinture et se perfectionne en informatique. Elle fréquente assidûment la bibliothèque et participe au jury d'un prix littéraire, le Prix Wepler[37]. Florence Rey obtient ses premières permissions en 2007, quand l'administration de la prison organise ses sorties extérieures[30]. L'élève brillante du Lycée Romain Rolland d'Argenteuil se consacre aux études et prépare avec sérieux son insertion à venir, selon le personnel pénitentiaire. Florence Rey est très indépendante dans le choix professionnel, consciente de la difficulté que représente son dossier sensible et médiatisé. Elle suit des études universitaires d'histoire-géographie, mais celles-ci offrent peu de débouchés dans le cadre de son insertion. Pour compléter sa formation et encouragée par sa conseillère d'insertion et de probation, Florence Rey décide de s'orienter vers un BTS d'assistante de gestion PME-PMI, pendant les deux dernières années de sa détention. Elle effectue son premier stage dans une entreprise en février-mars 2008 et un second pour la même période, l'année suivante. Florence Rey a pu sortir pour accomplir ces stages à Rennes. Elle passe les épreuves de son BTS juste après sa libération[30]. Décrite comme une détenue modèle par l'administration pénitentiaire qui qualifie sa détention d'exemplaire, Florence Rey travaillait à la cuisine du centre de détention.

Le directeur de la prison de Fleury-Mérogis écrivait déjà à son propos en 1995 : « son comportement en détention est exemplaire, ses relations avec le personnel, irréprochables. Discrète, Florence Rey semble indifférente à l’impact médiatique de son affaire et n'en joue aucunement en détention ». Michel Beuzon, directeur du Centre pénitentiaire de Rennes exprime la même opinion[30].

La libération [modifier]

Florence Rey est libérée en fin de peine, le 2 mai 2009, soit 15 ans après les faits. Les informations concernant sa détention sont données dans un communiqué diffusé par l'administration pénitentiaire. Florence Rey bénéficie des remises de peine que tous les détenus reçoivent normalement pour bonne conduite et pour efforts de réinsertion[38]. L'annonce officielle le 25 juin 2009 d'une libération en fin de peine dans la presse, paraît exceptionnelle aux professionnels du droit[39]. Cette nouvelle fait la une des médias et provoque des réactions très vives dans les commentaires des lecteurs sur les sites des journaux, les forums de discussion et sur les blogs. Le syndicat de police Alliance s'est dit choqué que des réductions de peine soient accordées à une personne ayant tiré sur les policiers. Le syndicat demande l'ouverture d'un débat sur l'exécution des peines en France[40]. La garde des sceaux, Michèle Alliot-Marie, interrogée à ce sujet, précise que cette libération est conforme à la loi[41]. « C'est très difficile à admettre pour les familles des victimes, mais cela fait partie des règles du système judiciaire. J'espère que Florence Rey sera bien encadrée » déclare Maître Françoise Berrux[42], avocate des familles des trois policiers tués.

Cette libération intervient dans un climat marqué par plusieurs faits divers dans lesquels des policiers sont pris pour cible ou tués. Une proposition de loi visant à supprimer les remises de peine est déposée par des députés UMP. Mais celle-ci est rejetée[43]. La proposition d'introduire une peine incompressible de trente ans pour ceux qui tirent sur des policiers revient régulièrement depuis la fin de l'année 2009. De plus, l'affaire du groupe de Tarnac amène au centre de l'actualité, la question de la menace de groupuscules d'extrême gauche. Pour justifier le danger que peuvent représenter les anarchistes, la fusillade de la place de la Nation est souvent citée comme exemple.

Le traitement médiatique de la libération de Florence Rey pose la question du droit à l'oubli pour les anciens détenus. La presse est fascinée par le destin de Florence Rey qui a participé à une équipée meurtrière, puis a grandi en prison pour en sortir « transformée »[44]. Durant l'enquête et les deux semaines d'assises, l'affaire fait régulièrement la « une » de la presse. Les journalistes s'intéressent particulièrement aux personnalités des deux amants, à leurs familles et à la vie de Florence Rey en prison[45]. Cette attention se prolonge après le procès et même au-delà de la fin de peine. Ses proches comme ses avocats et l'administration pénitentiaire s'accordent pour dire qu'elle ne « veut pas qu'on parle d'elle ». Son avocate, Maître Olivia Cligman, précise : « En réalité, elle a honte d'être devenue un personnage public sur des faits aussi épouvantables »[32]. Aujourd’hui libre, la jeune femme souhaiterait tourner la page. Pour son avocat, Maître Henri Leclerc : « Quinze ans de détention, c’est une lourde peine. J’avais demandé aux jurés de lui laisser la chance d’avoir un jour des enfants. Je souhaite maintenant qu’elle puisse vivre tranquille »[42].

Œuvres inspirées par l'affaire [modifier]

L'affaire Rey-Maupin exerce une grande fascination et inspire de nombreux artistes.

Littérature [modifier]

Frédéric Couderc, journaliste, publie après le procès de Florence Rey en octobre 1998, un livre d'investigations sur cette affaire. Résultat d'une patiente enquête auprès des proches de Florence Rey et d'Audry Maupin, « pour comprendre comment des étudiants, destinés a priori à un avenir privilégié, ont pu sombrer dans le monstrueux »[26]. Un des meilleurs ouvrages sur ce sujet sensible et qui soulève bien des questions : « Quel mal-être peut conduire, dans la France d'aujourd'hui, des jeunes gens à de tels actes ? », de ce besoin d'exister, de donner un sens à sa vie et qui bascule dans la tragédie.

Frédéric Couderc évoque une citation de Florence Rey au moment de l'occupation, avec son compagnon Audry Maupin, du squat au no 1 rue Becquet à Nanterre[46] :

« Ah, j'existe, je le sens. C'est loin d'être une consolation. C'est parfois plus triste, puisque je n’ai pas d'histoire. Je me tais, mais je ne sauve pas le monde. Je sens déjà l'influence de la morale, de la police de la pensée … Certains sont prêts au combat, mais se feront vite briser, d'autres sont déjà brisés et plus tard, ne sauront jamais nommer leur mal … En face, la prison de Nanterre, toujours illuminée, qui me rappelle concrètement la réalité de ce monde. Je ferme la fenêtre et retourne à la chaleur de ma cellule et je pense à un refrain à deux francs : Que devient le rêve, quand le rêve est fini ? »

David Foenkinos consacre un roman sur l'affaire Florence Rey et Audry Maupin, « Les cœurs autonomes », dans lequel il met l'accent sur l'enchaînement fatal de l'histoire d'amour désespérée qui a fait des deux jeunes gens, des meurtriers. Le romancier intègre la radicalité politique d'Audry Maupin. Elle le captive d'un point de vue psychologique comme un élément de la relation des amants et de la violence des sentiments entre eux. Pour David Foenkinos, le couple a créé inconsciemment une machine infernale dès leurs premières rencontres. Elle les dépasse et les mène toujours plus loin jusqu'à la folie et l'irréparable. Le jour de la fusillade, il aurait pu ne rien se passer ou presque selon lui. Il décortique la série d'imprévus et de grains de sable qui font dévier le projet initial. L'engrenage emporte inexorablement le jeune couple dans la démence jusqu'au moment où la mort sépare ceux qui avaient fini par ne plus former qu'un[47] :

« Une balle le touche, et il bascule en arrière. Ses yeux sont ouverts. Une seule balle. Il est neutralisé. Il n'y a aucun doute. Les policiers se rapprochent lentement de la voiture. Ils crient à la seconde personne de se rendre. Ils ne savent pas encore qu'il s'agit d'une femme, ils ne savent pas encore qu'il s'agit d'une si jeune femme. Elle n'entend rien. Ni les mots, ni les pas de ceux qui avancent vers elle, armes en avant. Elle regarde son amour, immobile déjà, et calme. Presque soulagé par la mort. Elle s'approche de lui, et pose ses lèvres sur ses lèvres. Ce moment est parsemé de tous les moments, en folie, à la vitesse supérieure, les moments de leur amour tourbillonnants autour de leurs deux visages comme la vie défile aux yeux de ceux qui glissent vers le néant ; le néant qui l'attend, lui, dans l'au-delà, et elle dans l'en-delà ; tous deux vers le néant. Les instants du premier baiser, la bataille de polochons, l'amour mauvais des mauvais jours aussi, les montées et les descentes des montagnes, les excitations infinies, les illusions perdues, le bonheur absolu, évident, le temps suspendu, tout est là, encore à cet instant, encore plus évident et plus fort que jamais, peut-être. Le goût de ses lèvres, dans le froid. Le goût de ses lèvres, comme une transmission de la mort »

Florence Rey est devenue une icône de la contre-culture. Gérard Guégan a par exemple affirmé que dans une sorte de prémonition, il avait écrit « La rage au cœur » (Champ libre, 1974) dans l'immeuble de la ZUP d'Argenteuil où Florence Rey a passé son enfance[48]. Des jeunes gens arboraient la photographie anthropométrique de Florence Rey sur leurs t-shirts avec le slogan « Freedom Florence ». Cette expression difficilement traduisible, peut signifier qu’ils demandaient sa libération mais aussi qu’elle était pour eux un symbole de liberté. Durant les mois qui ont suivi la fusillade, de nombreux intellectuels, éditorialistes, sociologues ont été amenés à donner dans la presse leur interprétation du fait divers et ce qu’ils pouvaient dire de l’évolution de la société.

Florence Rey inspire Patrick Besson dans son recueil « Sonnet pour Florence Rey et autres textes »[49]. Le poète s'y découvre une complicité secrète avec la criminelle. Tous deux sont des figures de « hors la loi », réfractaires à l'ordre établi, incapables de trouver leur place dans la société. Le poète déclare sa flamme à Florence Rey et par provocation, dit rêver de se marier avec l’adolescente, « qui n'aimera jamais sur terre qu'un seul garçon ». La figure de Florence Rey, sous le patronage de laquelle est placé l'ensemble de l'œuvre, allie la rébellion et l’amour à la critique de la société, thèmes qui sont les fils conducteurs des textes réunis dans la suite du livre. Patrick Besson continue à explorer les liens entre l’écrivain et le hors la loi, esquissés sous forme de défis dans le sonnet, au travers de portraits d’écrivains qui ont connu la prison, Louis-Ferdinand Céline et Jean Genet. De même, la critique des médias amorcée dans le poème en introduction, se prolonge avec les portraits acides de personnalités dans la seconde partie de l'ouvrage.

  • Pour Jean-Paul Bourre, elle incarne la révolte et une icône de la culture rock’n roll : « Sexe, Sang & Rock’n'Roll[50] ».
  • Gwenaëlle Aubry, qui dit être fascinée par le visage et par le silence de Florence Rey enfermée dans sa prison intérieure[51], s’en est inspirée dans son roman « L’isolée »[52], ainsi que dans un récit, « L’isolement »[53], où il est question du deuil et de la désolation.
  • Gérard Lambert a consacré deux romans à l’affaire. Dans « D’eau et de braise »[54], il cherche à comprendre par quelle dérive l’adolescente intelligente, cultivée et sensible, est passée du mal de vivre au geste fatal. Dans « Comme un jeu d’enfants »[55], il décrit la descente aux enfers des deux adolescents dépassés par leurs jeux de rôles dans lesquels ils se sont emprisonnés.
  • Mano, dans son roman d’anticipation « Un monde parfait »[56], met en scène un jeune couple rebelle, Léa et Samuel, qui choisit la marginalité et qui n’est pas sans rappeler Florence Rey et Audry Maupin.
  • Roberto San Geroteo, poète et traducteur espagnol, lui a dédié un poème dans son recueil « gens de la nuit » (Encres Vives, 2004). Elle y apparaît comme une revenante d’outre-tombe, une étrangère enfermée pour toujours dans sa nuit, « parti[e] en fumée le long des rues », consumée « au bout de son rêve ».
  • On reconnaît facilement l’histoire de Florence Rey, dans la nouvelle « L’Anamor(t) » de Renaud Santa Maria parue initialement dans la revue Bordel no 11 (2009) et reprise dans le recueil « le cœur en berne » (Stéphane Million éditeur, 2010). Le texte se présente comme le monologue d’une jeune femme détenue depuis 15 ans. Renaud Santa Maria fait de Florence Rey le symbole de l’amour fou qui peut mener à la mort et en même temps lui résiste. Dans le recueil elle apparaît comme une icône post-punk. Sa figure semble dire la faillite des idéaux de l’adolescence à laquelle succède la résignation.
  • Jacky Bensimon, l’un des otages, a écrit un livre de témoignage où il raconte sa vie avant le 4 octobre 1994, la prise d’otage et la manière dont il a vécu l’enquête et le procès[57].
  • Lionel Bourg lui a consacré des pages notamment dans « Matière du temps », en 1996[59].
  • On peut encore citer « Florence Rey » par Jean-Roger Bourrec[60] et « L’affaire Florence Rey » de Cathy Capvert.

Bandes dessinées [modifier]

  • 2005 : Chantal Montellier traite ce fait divers sous l'angle politique dans une bande dessinée, « Les damnés de Nanterre »[61], en mettant en évidence le rôle du troisième homme. Elle replace la fusillade dans une filiation idéologique, une lutte commencée dans les Années de plomb. Florence Rey et Audry Maupin seraient le dernier maillon de cette histoire.

Cinéma [modifier]

  • 1994 : Un court métrage d'Alain Raoust, « Muette est la girouette », se présente comme une lettre filmée, adressée à Florence Rey. Le film est tourné sous le coup de l'émotion suscitée par le braquage dans la semaine qui l'a suivi, en octobre 1994 et se termine par : « … et j'espère que tu resteras muette, que tu ne parleras jamais ». Alain Raoust s'est également inspiré de Florence Rey dans son film « La cage »[62]. Le réalisateur évoque la reconstruction d'une détenue à sa sortie de prison, au travers d'un long chemin initiatique dans la montagne. Elle y apprend à s'accepter, se réconcilie avec elle-même et retrouve le courage de regarder vers l'avant. L'actrice principale Caroline Ducey pour incarner son personnage, « n'avait en tête qu'un visage, dès la lecture du scénario, celui de Florence Rey »[62]. La similitude est grande avec la passion d'Audry Maupin pour l'escalade, passion à laquelle le jeune homme avait initié sa compagne.
  • 1995 : Dans « La Cérémonie  », Claude Chabrol se sert discrètement de l'image de Florence Rey à des fins narratives. Au cours de la rencontre de Jeanne et Sophie, Jeanne, jouée par Isabelle Huppert, tient sa photo à la main. Un parallèle est ainsi suggéré entre Sophie et l'image de jeune femme mutique, froide et mystérieuse de Florence Rey[63].
  • 2000 : Dans le court-métrage « Aux abois », Luc Wouters suit le parcours de Florence Rey et d'Audry Maupin dans les rues de Paris en adoptant un point de vue subjectif. Avec les voix de Cécile Garcia Fogel et Mehdi M. Drais. L'actrice termine le récit par : « Il n'y a pas de visa pour le paradis ».
  • 2010 : La relation entre Florence Rey et Audry Maupin a influencé Isabelle Czajka pour aborder les rapports entre les personnages de son film D'amour et d'eau fraiche. Le scénario de l'histoire est celui d'une jeune femme fascinée par un marginal qui se laisse entraîner par lui.

Télévision [modifier]

  • 2003 : L'épisode de la série Commissaire Moulin intitulé « Les lois de Murphy » (saison 7), est inspiré de la fusillade de la Nation ainsi que de la tuerie de Nanterre perpétrée par Richard Durn. Le feuilleton est sorti le 9 décembre 2004.
  • 2003 : L'émission Faites entrer l'accusé, présentée par Christophe Hondelatte est consacrée à l'affaire Rey-Maupin, sous le titre « Florence Rey, Audry Maupin : Tueurs nés ? ». La sortie de ce documentaire a lieu le 14 décembre 2003 (saison 4) sur France 2 et sa rediffusion, le 19 février 2008. Pour la première fois, Bernard Maupin, le père d'Audry, apporte son témoignage et Maître Olivia Cligman, avocate, nous éclaire sur la personnalité de Florence Rey. Principaux intervenants : Denis Rouillé et Marie, amis de Florence Rey et Audry Maupin. Jacky Bensimon et le docteur Georges Monnier, les otages. Jean-Claude Mules et Pierre Valéro, anciens enquêteurs de la Brigade criminelle. Brigitte Jacob, veuve du motard Guy Jacob. Maître Emmanuelle Hauser-Phelizon, avocate d'Abdelhakim Dekhar. Maître Françoise Berrux, avocate des familles des policiers. Maître Marie-Christine Chastand-Morrand, avocate des parties civiles. Maître Jean Chevrier, avocat de la famille d'Amadou Diallo. Patricia Tourancheau, Élisabeth Fleury et Audrey Goutard, journalistes.

Théâtre [modifier]

  • 1997 : Florence Rey intervient dans « Karl Marx théâtre inédit » de Bernard Chartreux, monté par Jean-Pierre Vincent en 1997 au théâtre des Amandiers à Nanterre.
  • 2005 : La troisième pièce « Une nuit au poste » d'Éric Rouquette, auteur dramatique, est influencée par l'histoire de Florence Rey et d'Audry Maupin : « Pourquoi revenir sur cette affaire ? Parce que le destin de Florence Rey est lié à une rencontre, rencontre à laquelle elle s'est accrochée. Parce que la vie tient parfois à une somme de manques : des parents absents, une jeunesse qui grandit dans la noirceur et la solitude, et qui trouve soudain en quelqu'un une étincelle, une raison d'exister. Je retrouverai beaucoup de ce thème en écrivant Une nuit au poste »[65]. Cette pièce est créée en juillet 2005, lors du Festival d'Avignon au théâtre de la Luna, puis reprise en mai 2007 à Paris, au théâtre Mouffetard et de nouveau à Avignon au théâtre des Corps-Saints, au mois de juillet 2012. « Une nuit au poste » est publiée en décembre 2006[66].
  • 2008 : Sandrine Bauer a traité ce fait divers dans une pièce, « J'ai pas rêvé longtemps », montée à l'Espace 44 à Lyon en 2008, où elle imagine Florence Rey à sa sortie de prison qui revit les étapes de sa vie : la passion dévorante de son premier amour, les randonnées en montagne encordée à Audry, la nuit de folie meurtrière où elle le suit, puis le vide de la détention.
  • 2009 : Dans la pièce « Ce que les enfants racontent à leurs parents quand ils dorment », jouée en novembre 2009 dans la salle « Les Pipots » à Boulogne-sur-Mer, Ludovic Longelin, auteur, metteur en scène et comédien, trace le portrait d'une jeune criminelle qui loin de se sentir coupable trouve le sens de sa vie dans le meurtre. Le geste de tuer devient pour elle l'unique manière d'affirmer sa présence au monde[67].
  • 2011 : Au Festival d'Avignon en juillet 2011 est jouée au théâtre Présence Pasteur, la pièce « Tom et Lou » de Jacques Develay. Cette pièce est construite autour de l'affaire Florence Rey : « l'histoire d'une dérive où comment l'amour fou entre un jeune homme et une jeune fille, amène à un désastre lors d'une folle virée nocturne ». Nous retrouvons les deux anges noirs, Tom et Lou, au centre socio-culturel Le Local [68] à Poitiers du 9 au 13 avril 2013.

Musique [modifier]

  • En musique, de nombreuses chansons lui ont été consacrées et révèlent des interprétations radicalement différentes du fait divers. Plusieurs rappeurs citent ainsi « La tueuse de flics » qui était devenue, selon une journaliste, une « égérie rebelle sacralisée dans les banlieues »[69]. Parmi ceux-ci, on peut citer le ministère A.M.E.R. (sacrifice de poulets), Soprano (Le divan), LIM (Mon frère), Booba (100-8 zoo), Relic (Regarde), Mc Solaar (Gangster moderne), Keny Arkana, Kayna Samet (Tueuse née) ou le groupe NTM. Booba la considère comme une héroïne et lui crie son admiration : « d'vrait y avoir plus de filles comme Florence Rey ».
  • Le groupe de Rock, The Kills, rend fréquemment hommage à Florence Rey dans leurs interviews et dans leurs concerts en la présentant comme une héroïne punk, icône de la révolte nihiliste de la jeunesse. Ils lui ont dédié la chanson « Fuck the people », et sa photographie figure sur la pochette de leur disque « Black Rooster ». Lors de leur concert au Printemps de Bourges en 2005, la chanteuse et le guitariste confirment que le nom du groupe est une référence à l'équipée sauvage des jeunes amants[70]. Le couple Alison Mosshart et Jamie Hince, persévère au moment de leur troisième album en 2008 : « Nous n'agirons jamais comme elle, mais nous vivons la même chose, dont elle a cherché à sortir à sa façon. Dans un genre de révolte, son exemple reste impressionnant »[71] et à la sortie de Blood Pressures en 2011, Jamie Hince déclare qu'il aimerait rencontrer Florence Rey : « Je pense que c'est une personne importante. Elle est iconique, cinématographique, c'est du pur nihilisme »[72].
  • Des groupes anarcho-punk français se revendiquent de Florence Rey comme porte-drapeau d'un combat politique, notamment Dead Spike, Perfusés : « J't'aurais aimée », « Pousse au Krime », ou Pekatralatak dans « On va tous mourir » et « Liberté ». Cette chanson réclame sa libération et l'associe aux militants d'Action directe. Le disque de Pekatralatak est également accompagné d'un texte racontant son procès.
    Le groupe d'indie rock espagnol « Fine! » a intitulé « Florence Rey », une plage électronique expérimentale sur leur premier EP, en 2000. Les Edmonds, groupe de jazz marseillais, a fait de même pour l'une de ses musiques sur leur disque « Enfin », en 1999 : « L'oppossum » (Florence Rey).
  • Les chansons dédiées à Florence Rey dans les années qui ont suivi son procès par des artistes qu'ils soient connus ou confidentiels témoignent d'un élan de sympathie d'une partie du public pour celle qui avait été présentée lors des audiences comme une adolescente fragile dépassée par ses actes. Bertrand Louis a donné son nom à l'une de ses chansons où il évoque un rêve d'évasion et de liberté qui ne peut se réaliser que hors la loi. Le groupe rock Subway imagine ce que la jeune fille ressent lorsqu'elle est allongée sur le sol à la fin de la fusillade à côté du corps de son compagnon : « Eva » sur « Rien ne se voit » en 2003. Elle a inspiré à FFF, « Mon désordre » sur l'album « Vierge ». Cette chanson est une réflexion sur ce fait divers que les médias ont catalogué comme la révolte d’une génération d'incompris en oubliant la personne qui a commis l'acte. Pour Kayna Samet celle dont la presse a fait un monstre était juste une adolescente amoureuse à la folie. Elle s'indigne de l'insensibilité de la justice.
  • Yves Simon a écrit « Pardonnez » pour Florence Rey, chanson dans laquelle il prend sa défense et demande l'indulgence pour une erreur de jeunesse.
  • Alain Souchon dans « 8 m2 » parle du quotidien d'une détenue qui a « foutu sa vie en l'air », parce qu'elle a voulu suivre son amant[73].

Radio [modifier]

  • 1999 : Christophe Deleu consacre une évocation radiophonique sur ce fait divers, le 24 avril 1999 à France Culture. Il met en perspective la dérive du jeune couple et la révolte désespérée dans laquelle il s'enferme au sein du malaise et des déceptions de toute une génération[74].
  • 2009 : Émission de Jacques Pradel sur « L'affaire Florence Rey et Audry Maupin » dans « Café crime », diffusée le 6 juillet 2009, sur Europe 1 avec comme invitées, Patricia Tourancheau et Olivia Cligman.
  • 2011 : L'artiste Lucie Rébéré prête sa voix pour le personnage de Florence Rey dans une fiction radiophonique à France Culture : « Marathon ».
  • 2012 : Lors du centenaire de la Brigade criminelle, l'affaire Rey-Maupin est évoquée en seconde partie dans l'émission « L'Heure du crime » sur RTL, présentée par Jacques Pradel, le 5 juillet 2012 avec pour invité, Olivier Bordaçarre, écrivain[75].

Arts Plastiques [modifier]

  • 2009 : Dans les Arts Plastiques, Claude Lévêque fait référence à Florence Rey dans ses installations, notamment dans « Le grand soir », exposition présentée en 2009 à la Biennale de Venise et construite autour d'une citation attribuée à l'étudiante : « Nous voulons en finir avec ce monde irréel »[76].

Documentaires [modifier]

  • DVD 17 JUIN MEDIA : « Florence Rey, Audry Maupin : Tueurs nés ? » Un document de Marie-Sophie Tellier - Faites entrer l’accusé - Série proposée par Christian Gerin,
    présentée par Christophe Hondelatte, produite par 17 juin Média, réalisée par Bernard Faroux, rédacteur en chef : Christian Huleu. Décembre 2003.

Sources [modifier]

  • Henri Haget, « Le cas Florence Rey », L'Express, 10 septembre 1998 [texte intégral (page consultée le 18 septembre 2012)] 
  • Jean-Michel Dumay, « Au procès de Florence Rey, les jurés vont devoir juger une parenthèse meurtrière de 25 minutes », Le Monde, 29 septembre 1998, p. 20 
  • Jean-Michel Dumay, « Florence Rey en jeune fille timide placée sous l’emprise de son premier amour », Le Monde, 26 septembre 1998, p. 10 
  • Jean-Michel Dumay, « Audry Maupin et son impatience à exister en opposition à la société », Le Monde, 25 septembre 1998, p. 11 
  • Patricia Tourancheau, « Au bout de sa peine », Libération, 26 juin 2009 [texte intégral (page consultée le 18 septembre 2012)] 
  • Patricia Tourancheau, « Y avait pas à discuter ils étaient armés : des témoins ont reconstitué le film du braquage », Libération, 19 septembre 1998 [texte intégral (page consultée le 13 octobre 2012)] 
  • Patricia Tourancheau, « Florence Rey, quatre ans après ce soir-là », Libération, 17 septembre 1998, p. 16 [texte intégral (page consultée le 20 septembre 2012)] 
  • Patricia Tourancheau, « Florence Rey à mots découverts », Libération, 29 décembre 1997 [texte intégral (page consultée le 18 septembre 2012)] 
  • Patricia Tourancheau, « Florence Rey, les regrets d'une dérive meurtrière », Libération, 20 septembre 1996 [texte intégral (page consultée le 18 septembre 2012)] 
  • Patricia Tourancheau et Michel Henry, « La nuit sanglante de Florence Rey », Libération, 6 octobre 1994 [texte intégral (page consultée le 18 septembre 2012)] 

Bibliographie [modifier]

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : ouvrage ou article utilisé comme source pour la rédaction de cet article

  • Olivier Bordaçarre, La crim' 1912-2012 : la brigade criminelle à travers dix affaires mythiques, Le Point hors-série et la revue Alibi, 5 juillet 2012, « Tueurs nés », p. 76 à 81. 
  • Christophe Hondelatte, Les grandes histoires criminelles : De Pierrot le Fou à l'affaire d'Outreau, Éditions Hors Collection, 16 octobre 2008, 192 p. (ISBN 978-2-25807-627-3), « L'odyssée sanglante de Florence Rey et d'Audry Maupin », p. 160 à 163 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article 
  • Jacky Bensimon et Marie-Christine Daunis, L'Otage : La tuerie de la Nation, Éditions Cheminements, coll. « Ma part de vérité », 15 octobre 2003, 200 p. (ISBN 978-2-84478-216-8) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article 
  • Christophe Deleu, « Deux ou trois choses que je ne sais pas de Florence Rey », Esprit, Éditions Esprit, no 246, octobre 1998, p. 133 à 154.  Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Sur l'impact médiatique exercé par cette photographie, voyez les études de :
    Sylvie Châles-Courtine, enseignant-chercheur au Centre interdisciplinaire de recherches appliquées au champ pénitentiaire (ENAP) : « La place du corps dans la médiatisation des affaires criminelles », dans Cairn. Société et représentation, 2004/2 - no 18, p. 171-190.
    Christophe Deleu, « Deux ou trois choses que je ne sais pas de Florence Rey », Esprit, Éditions Esprit, no 246, octobre 1998, p. 133 à 154. 
  2. Patricia Tourancheau : « Le casse raté du couple Rey-Maupin », journal Libération, du 13 octobre 1995.
  3. C'est la dernière fois que Chantal Maupin voit son fils vivant. À 18 h, Audry Maupin rencontre une amie, Marie, et parle d'un projet de voyage en Corse. Échange de conversation anodine, pour Marie rien d'anormal dans le comportement d'Audry Maupin.
  4. Patricia Tourancheau, « Y avait pas à discuter ils étaient armés : des témoins ont reconstitué le film du braquage », Libération, 19 septembre 1998 [texte intégral] 
  5. Le lundi 28 septembre 1998 au procès, Maître Jean Chevrier, avocat de la famille d'Amadou Diallo, interpelle Florence Rey : « Ses papiers, que vous lui demandiez de vous donner dans le taxi et qu'il refusait de vous donner, c'était toute sa vie. C'était un problème de survie pour lui. Je vous demande simplement de réaliser les cinq à dix minutes de terreur que vous lui avez fait subir ». Lire à ce propos : Jean-Michel Dumay, « Les parties civiles n'accordent aucune circonstance atténuante à Florence Rey », Le Monde, 30 septembre 1998 .
  6. a et b Jacky Bensimon et Marie-Christine Daunis, L'Otage : La tuerie de la Nation, Éditions Cheminements, coll. « Ma part de vérité », 15 octobre 2003, 200 p. (ISBN 978-2-84478-216-8), p. 73 à 74 
  7. Le premier coup de feu d'Audry Maupin est fatal au motard Guy Jacob. Le second tir d'après l'expert en balistique, serait imputable à Florence Rey, mais précise que l'impact est « superficiel ». Guy Jacob décède à une heure du matin, le mercredi 5 octobre 1994.
  8. Frédéric Couderc, Bac+2+Crimes : L'affaire Florence Rey, Paris, Éditions Raymond Castells, 15 octobre 1998, 188 p. (ISBN 978-2-91258-722-0), p. 11 
    Comme précédent plus récent, les journalistes évoquent la fusillade de l'avenue Trudaine où deux policiers sont abattus par le groupe armé Action Directe en 1983.
  9. Christophe Hondelatte : entretien avec Audrey Goutard, ancienne journaliste au Parisien, dans l'émission Faites entrer l’accusé, « Florence Rey-Audry Maupin, tueurs nés ? », documentaire de Marie-Sophie Tellier, le 14 décembre 2003.
  10. Journal Libération : « La police a rendu hommage aux trois policiers tués mardi », du samedi 8 et dimanche 9 octobre 1994, p. 18.
  11. Journal Le Monde : « Les réactions à l'équipée sanglante de Florence Rey et Audry Maupin », du 7 octobre 1994.
  12. Propos tenus sur France Inter, le 5 octobre 1994 et rapportés par Christophe Deleu, op. cit., p. 153.
  13. Journal Le Monde : « Deux cents personnes ont manifesté à Paris pour le rétablissement de la peine de mort », du mardi 11 octobre 1994, p. 11.
  14. Extrait du discours cité par Christophe Deleu, op. cit., p. 151.
  15. Éditorial de France Soir, cité dans Le Monde du 7 octobre 1994.
  16. Éditorial du Figaro, du 5 octobre 1994.
  17. François Caviglioli : « Florence Rey, égérie publique n°1 », dans Le Nouvel Observateur, du 29 janvier 1998.
  18. Christophe Hondelatte : entretien avec Patricia Tourancheau, journaliste à Libération dans l'émission Faites entrer l’accusé, « Florence Rey-Audry Maupin, tueurs nés ? », documentaire de Marie-Sophie Tellier, le 14 décembre 2003.
  19. Faites entrer l’accusé : « Florence Rey-Audry Maupin, tueurs nés? », documentaire de Marie-Sophie Tellier, décembre 2003.
  20. Christophe Deleu, « Deux ou trois choses que je ne sais pas de Florence Rey », Esprit, Éditions Esprit, no 246, octobre 1998, p. 133. 
  21. Cet élément est aujourd'hui certain, comme le confirme Patricia Tourancheau dans Café crime, « L’affaire Florence Rey et Audry Maupin ».
  22. Christophe Hondelatte, Les grandes histoires criminelles : De Pierrot le Fou à l'affaire d'Outreau, Éditions Hors Collection, 16 octobre 2008, 192 p. (ISBN 978-2-25807-627-3), « L'odyssée sanglante de Florence Rey et d'Audry Maupin », p. 160 à 163 
  23. Journal Le Monde : « Fusillade de Vincennes : Florence Rey désigne un troisième homme ». Le Monde, article du 16 février 1996.
    Cathy Capvert : « Affaire Rey-Maupin : le troisième homme implique un responsable de la légion », L’Humanité, du 28 mai 1996.
    Elisabeth Fleury : « De Toumi à Dekhar : sur la piste du troisième homme », L’Humanité du 24 septembre 1998.
  24. Patricia Tourancheau, « Rey-Maupin : l'inconnu de la fourrière Stéphane Violet s'est rendu pour se disculper dans le braquage d'octobre 1994 », Libération, 22 janvier 1996 [texte intégral] 
  25. Patricia Tourancheau : « Florence Rey, les regrets d'une dérive meurtrière», journal Libération, du 20 septembre 1996.
  26. a, b, c et d Frédéric Couderc, Bac+2+Crimes : L'affaire Florence Rey, Paris, Éditions Raymond Castells, 15 octobre 1998, 188 p. (ISBN 978-2-91258-722-0) 
  27. Jean-Michel Dumay : « Dans le box des accusés, Abdelkakim Dekhar nie être le troisième homme », le Monde, du 19 septembre 1998.
  28. Jean-Michel Dumay : « Audry Maupin et son impatience à exister en opposition à la société », le Monde, du 25 septembre 1998.
  29. Abdelhakim Dekhar est arrêté le 18 octobre 1994. Au moment où le jugement est rendu le 30 septembre 1998, Abdelhakim Dekhar est donc en fin de peine. L'avocate générale Evelyne Gosnave-Lesieur, avait requis contre lui, dix ans de réclusion criminelle.
  30. a, b, c et d Ouest-France.fr, « Florence Rey est sortie de prison », Ouest-France, 26 juin 2009 [texte intégral] 
  31. Christophe Hondelatte : entretien avec Bernard Maupin dans l'émission « Faites entrer l’accusé. Florence Rey-Audry Maupin, tueurs nés ? », documentaire de Marie-Sophie Tellier, le 14 décembre 2003.
  32. a et b Patricia Tourancheau, « Florence Rey, quatre ans après ce soir-là », Libération, 17 septembre 1998, p. 16 [texte intégral] 
  33. Elke Albrecht et Véronique Guyard, Prisons de femmes en Europe : rapport d'observation sur les conditions de détention (France), Éditions Dagorno, 14 septembre 2001, 288 p. (ISBN 978-2-91001-970-9) [lire en ligne] 
    Le Monde.fr, « Prisons : Florence Rey a été blessée lors d'une bagarre, dimanche 14 février, dans la cour de promenade de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis », Le Monde, 19 février 1999 
    Marianne2.fr, « Pugilat : Florence Rey victime de l'anarchisme carcéral », Marianne, 22 février 1999 
    Gérard Guégan, « Bars, cafés et autres lieux communs … », La Nouvelle Revue française, no 551, septembre 1999, p. 146 
  34. Journal Libération : « Florence Rey renonce à la cassation », du 16 avril 1999.
  35. Patricia Tourancheau, « Portrait, l'enfant mort et meurtrier », Libération, 6 août 2007 [texte intégral] , entretien avec Chantal Maupin.
  36. Frédéric Vignale, « Qu'est-ce qu'elle est devenue ? Florence Rey fait du Cinéma », Le Mague, 8 novembre 2011 [texte intégral] .
    Florence Rey participe au tournage du film L'Orpheline avec en plus un bras en moins de Jacques Richard, en tant que figurante et régisseuse-stagiaire à la fin du mois d'août 2009. Pour plus d'informations, consulter l'ouvrage du comédien et neveu de Jacques Richard : Melvil Poupaud, Quel est Mon noM, Éditions Stock, septembre 2011, 288 p. (ISBN 978-2-23407-030-1), p. 170 à 173 .
    Florence Rey a aussi réalisé l'entretien avec Jacques Richard, le 30 août 2008 au cours d'une permission de sortie, sur le film Ave Maria, dans le cadre de la préparation de ce long-métrage en DVD.
    Lire également : Éric Nicolas, « Une équipée meurtrière », L'Est républicain, 22 août 2012 [texte intégral] .
  37. Thomas Flamerion, « 10 ans du prix Wepler-fondation La Poste : Le rêve de Marie-Rose », Evene.fr, 9 novembre 2007 [texte intégral] 
  38. Flore Galaud, « Florence Rey est sortie de prison », Le Figaro, 25 juin 2009 [texte intégral (page consultée le 19 septembre 2012)] 
    Patricia Tourancheau, « Florence Rey a été libérée », Libération, 25 juin 2009 [texte intégral (page consultée le 19 septembre 2012)] 
  39. Maître Eolas, « En effleurant ce rai de lumière d’une porte entrebâillée », Journal d'un avocat, 26 juin 2009 [texte intégral] 
  40. Le syndicat de police Alliance, « Libération de Florence Rey », Alliance Police nationale, 25 juin 2009 
  41. Paul Gypteau, « Première visite de Michèle Alliot-Marie au palais de justice de Paris », Ina, 25 juin 2009 [texte intégral] 
  42. a et b Le Parisien.fr, « Florence Rey libérée après quinze ans de prison », Le Parisien, 25 juin 2009 [texte intégral] 
  43. Laurence de Charette, « Récidive : les remises de peine automatiques en question », Le Figaro, 17 novembre 2009 [texte intégral] 
  44. C'est sous cet angle que TF1 aborde l'affaire après l'annonce de la libération de Florence Rey dans un reportage de l'émission sept à huit
  45. Patricia Tourancheau, journaliste à Libération, explique dans Café crime et dans l'émission Faites entrer l'accusé, qu'à la veille du procès, elle souhaitait écrire un article sur les quatre premières années de la détention de Florence Rey. Celle-ci, contactée par l'intermédiaire de ses avocats, lui a opposé une fin de non recevoir. L'évolution supposée de la détenue apparaît comme un élément important pour la juger. À ce propos, lire :
    Patricia Tourancheau, « Florence Rey, quatre ans après ce soir-là », Libération, 17 septembre 1998, p. 16 [texte intégral] 
    Jean-Michel Dumay : L'autre visage de Florence Rey, dans Le Monde, du 17 septembre 1998.
    Pierre Bois : Les maigres confessions d'une semeuse de mort, dans Le Figaro page 34, du jeudi 17 septembre 1998.
  46. Se reporter à l'ouvrage de Frédéric Couderc, Bac+2+Crimes : L'affaire Florence Rey, Paris, Éditions Raymond Castells, 15 octobre 1998, 188 p. (ISBN 978-2-91258-722-0) . Texte intégral de la citation p. 88. Entête de chapitre, p. 141 : « Que devient le rêve, quand le rêve est fini ? ».
    Patricia Tourancheau en précise le contexte : « La nuit, d'après une lettre à un ami, elle regarde en face la prison de Nanterre, illuminée, qui lui rappelle concrètement la réalité de ce monde. Elle s'attriste sur son sort : Je n'ai pas d'histoire. Je retourne à la chaleur de ma cellule et je pense à un refrain à 2 francs : que devient le rêve quand le rêve est fini ?, écrit-elle quelques jours avant la folle équipée ».
    Patricia Tourancheau, « Florence Rey à mots découverts », Libération, 29 décembre 1997 [texte intégral] 
    Dans le livre de Chantal Montellier, la narration de l'histoire débute par cette citation. Chantal Montellier, Les damnés de Nanterre, Paris, Éditions Denoël, coll. « Denoël Graphic », 10 février 2005, 88 p. (ISBN 978-2-20725-629-9), p. 5 
    Lire également le document de Jean Roger Bourrec dans le magazine VSD du 26 octobre 1995.
  47. David Foenkinos, Les cœurs autonomes, Paris, Éditions Grasset, coll. « Ceci n'est pas un fait divers », 10 mai 2006, 180 p. (ISBN 978-2-24669-481-6), chap. 11, p. 169 à 171. 
  48. Jean-Luc Douin, « Vous m'aviez menti : en se penchant sur son passé, Gérard Guégan découvre les mensonges, les omissions d'un amant trahi, d'un militant trompé », Le Monde, 7 novembre 1997 
  49. Patrick Besson, Sonnet pour Florence Rey et autres textes, Lausanne, Éditions L'Âge d'Homme, coll. « La Fronde », 7 mai 1996, 168 p. (ISBN 978-2-82510-724-9) [lire en ligne] 
  50. Jean-Paul Bourre : « Sexe, Sang et Rock’n'Roll », Éditions Camion noir, 2009.
  51. Gwenaëlle Aubry : « Ceci n’est pas de la littérature », dans Le Monde des livres, p. 2 du 23 juin 2006.
  52. Gwennaëlle Aubry : « L’isolée ». Éditions Stock, 2002. ISBN 978-2-234-05510-0
  53. Gwenaëlle Aubry : « L’isolement ». Éditions Stock, 2003. ISBN 978-2-234-05597-1
  54. Gérard Lambert : « D’eau et de braise », Forcalquier. Éditions Hb, 1998.
  55. Gérard Lambert : « Comme un jeu d’enfants » Éditions Gunten, 2009. ISBN 978-2-914211-76-5 .
  56. Mano : « Un monde parfait ». Éditions Léo Scheer, 2009. ISBN 978-2-7561-0155-2 .
  57. Jacky Bensimon et Marie-Christine Daunis : « L’otage. La tuerie de la Nation». Éditions Cheminements, octobre 2003. ISBN 978-2-84478-216-8 .
  58. Patrick Burgaud : Florence Rey in Do(c)ks, « What’s your war », série 3, no 25/26/27/28, Ajaccio, 2001.
  59. Lionel Bourg : « Matière du Temps ». Éditions Cadex, 1996. ISBN 978-2-905910-68-4
  60. Jean-Roger Bourrec : « Florence Rey », Éditions Flammarion, 1995. ISBN 978-2-08-067162-2 .
  61. Chantal Montellier, Les damnés de Nanterre, Paris, Éditions Denoël, coll. « Denoël Graphic », 10 février 2005, 88 p. (ISBN 978-2-20725-629-9) 
  62. a et b Philippe Azoury, « La vie dans un virage », Libération, 4 septembre 2002 [texte intégral (page consultée le 23 septembre 2012)] 
  63. Cédric Anger et Anne Gollac, « La Cérémonie : de Claude Chabrol », Cinémas Indépendants Parisiens, 21 octobre 2009, p. 7 [texte intégral [PDF] (page consultée le 23 septembre 2012)] 
  64. Isabelle Demeyere, « Entretien avec Anne Caillère : Une communauté de femmes très présente en moi », Théâtre Contemporain.net, juin 2007 [texte intégral] 
  65. Éric Rouquette, « Histoire d'une pièce : une nuit au poste », Le Billet des Auteurs de Théâtre, 1er janvier 2008 [texte intégral] 
  66. Éric Rouquette, Une nuit au poste, Éditions L'Œil du Prince, décembre 2006, 78 p. (ISBN 978-2-35105-024-8) 
  67. La Semaine dans le boulonnais.fr, « Une seconde et la vie bascule », La Semaine, 25 novembre 2009 [texte intégral] .
  68. Aurèle Nourisson, « Tom et Lou racontent Florence Rey », La Nouvelle République, 9 avril 2013 [texte intégral] 
  69. Patricia Tourancheau, « Au bout de sa peine », Libération, 26 juin 2009 [texte intégral] 
  70. Pierre Andrieu, « Concert The Kills au Printemps de Bourges », Concert and Co, 17 mai 2005 [texte intégral] 
  71. Bruno Bayon, « L'art de fixer l'éclat d'innocence », Libération, 7 mars 2008 [texte intégral] 
  72. Philippe Brochen, « La musique punk est en nous », Libération, 4 avril 2011 [texte intégral] 
  73. Alain Souchon fait allusion dans sa chanson à Florence Rey : « J'ai été bousculé dans ma vie », Le Parisien, 1er décembre 2008 [texte intégral] 
  74. Patricia Tourancheau, « Deux ou trois choses que je ne sais pas de Florence Rey », Libération, 24 avril 1999 [texte intégral] .
    Christophe Deleu, documentariste à France Culture, Maître de conférence au centre universitaire d'enseignement du journalisme, université Robert Schuman de Strasbourg. Son analyse « Deux ou trois choses que je ne sais pas de Florence Rey », est sélectionnée aux États Généraux du film documentaire de Lussas (Ardèche), en 2000.
  75. Émission « L'Heure du crime » sur RTL le 5 juillet 2012 : « Les cent ans de la Crim' ».
  76. Sur l'œuvre de Claude Lévêque et la citation de Florence Rey, consulter sur son site le document PDF, p.  2 : « Égarement du cœur et de l'esprit », par Christian Bernard, le 8 mai 2009.