Félicité Robert de Lamennais

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Hugues-Félicité Robert de Lamennais

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Hugues Félicité Robert de Lamennais par Paulin Guérin, 1831, Musée national du Château de Versailles

Naissance 19 juin 1782
Saint-Malo (Ille-et-Vilaine)
Décès 27 février 1854 (à 71 ans)
Nationalité française
École/tradition ultramontain, précurseur du catholicisme libéral, du catholicisme social, ainsi que de la démocratie chrétienne.
Principaux intérêts écrivain, prêtre et philosophe français.
Œuvres principales Essai sur l'indifférence en matière de religion, l'Avenir, Paroles d'un croyant, le Livre du peuple
A influencé Pierre Leroux, Charles-Augustin Sainte-Beuve, Montalembert et Lacordaire

Hugues-Félicité Robert de Lamennais[1], né le 19 juin 1782 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) et mort le 27 février 1854 (à 71 ans) à Paris, est un prêtre français, écrivain, philosophe et homme politique.

Ultramontain à ses débuts, plus papiste que le pape, Lamennais connut une évolution qui fait de lui un précurseur du catholicisme libéral, du catholicisme social, ainsi que de la démocratie chrétienne.

En 1833, il renonce à ses fonctions ecclésiastiques et publie l'année suivante Paroles d'un croyant qui fut condamné par le pape Grégoire XVI et marqua ses contemporains.

En 1848, il est élu député à l'Assemblée nationale. Il meurt en 1854, alors qu'il est toujours brouillé avec l’Église, et selon ses volontés, il fut enterré civilement.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est issu d'une famille pieuse de petite noblesse récente (son père est un armateur malouin anobli). Son nom de famille est Robert et c'est en s'inspirant du lieu-dit « la Mennais », où son grand-père possédait une métairie[notes 1], qu'il se nomma ainsi[réf. souhaitée].

Élevé par son oncle, il subit également l’influence de son frère aîné, Jean-Marie. Celui-ci rouvre avec ses amis, les abbés Étienne-Pierre Engerran et Jean Vielle, le Collège de Saint-Malo, qui avait été fermé sous la Révolution et il y devient professeur de mathématiques, de 1804 à 1805 puis de 1808 à 1810.

Une retraite de plusieurs années dans la propriété familiale, entre 1805 et 1807 puis de 1810 à 1814, décide alors de sa vocation religieuse. Lamennais reçoit l’ordination en 1816 à Vannes.

Il commença par traduire L'Imitation de Jésus-Christ, célèbre œuvre de dévotion de Thomas a Kempis. Dans son livre Essai sur l'indifférence en matière de religion, écrit de 1817 à 1823, il critiqua l'université napoléonienne et le gallicanisme. Il fut dit de cet ouvrage qu'il « réveillerait un mort » et ce fut un immense succès de librairie.

En 1825, il publia De la religion considérée dans ses rapports avec l'ordre politique et civil. Il rencontra Auguste Comte cette même année.

En 1828, il fonda la Congrégation de Saint-Pierre, destinée à former un clergé savant, capable de répondre aux attaques des philosophes, de mieux comprendre son temps et de rétablir l'autorité du pape en France. En 1829, il publia Les progrès de la révolution et de la guerre contre l'église.

En 1830, il fonda, avec Montalembert et Lacordaire, le journal l'Avenir, plaidant pour la liberté de l'enseignement et la séparation de l'Église et de l'État[2] et réclamant la liberté de conscience, de presse et de religion. Ce sont les idées de Lamennais que la Belgique, devenue indépendante en 1830, adopta.

Buste de Félicité Robert de Lamennais par le sculpteur David d'Angers (1839).

En 1831, révolté par la condamnation du soulèvement de la Pologne, il s'opposa au pape Grégoire XVI. Il considérait que le pape voulait défendre davantage les princes que le peuple. Le pape condamna son journal en 1832 par l'encyclique Mirari vos.

En 1834, il publia ses Paroles d'un croyant, ouvrage lyrique, rempli de violence et de plaintes, qui marqua sa rupture avec l'Église (encyclique Singulari nos). Dans cet ouvrage, il constatait et déplorait le « désenchantement » du monde, et lançait un appel pressant à la liberté de l'Église, à partir duquel, il commença à développer les tendances socialistes et démocratiques du message évangélique. En 1835, il vit ses anciens amis peu à peu le quitter, mais le 9 avril 1835, ses amis Fleury, Arago et Liszt l'amenèrent à rencontrer Marie d'Agoult et George Sand. Son salon devint un véritable cénacle républicain. Lamennais lui restera très lié. Il sera effaré par les idées de George Sand sur la liberté sociale et le divorce, mais sera son mentor, avec Michel de Bourges, sur les voies du socialisme politique. George Sand lui déclara un jour : « Nous vous comptons parmi nos saints... vous êtes le père de notre Église nouvelle ».

Médaillon représentant Lamennais à Saint-Pierre-de-Plesguen

En 1837, il publia le Livre du peuple, véritable livre de combat. Il se lia d'amitié avec le patriote canadien Louis-Joseph Papineau lors du voyage de celui-ci en France. Il continua de prendre le parti du peuple, et en 1841, après avoir attaqué le gouvernement royal, il fut condamné à un an de prison. Par la suite, après avoir fondé le journal Le Peuple, il continua à professer un libéralisme populaire. Entre 1841 et 1846 il écrivit Esquisse d'une philosophie, dans lequel il développa sa conception d'un christianisme sans Église, capable de regrouper les masses pour les conduire au progrès par la charité. En 1848, il se fit élire député à l'Assemblée constituante de 1848, mais suite au coup d'État du 2 décembre 1851, il se retira dans sa propriété de la Chesnaie en Bretagne.

Il meurt le 27 février 1854 à Paris. Non réconcilié avec les autorités ecclésiastiques et conformément à ses dernières volontés, Lamennais est enterré le 1er mars 1854 dans la fosse commune du cimetière du Père-Lachaise[3],[4], lors d’obsèques civiles où la foule présente peut montrer son désaccord avec le régime en place lors d'une manifestation populaire qui est réprimée.

Héritage[modifier | modifier le code]

Il posa les questions de la nécessaire alliance entre l'Église et les idées de liberté, et de l'exigence d'une véritable doctrine sociale de l'Église, en tant que priorité historique avec la Restauration, et entendit démontrer que la République nécessite un pouvoir spirituel, une religion civile. Pour cela il proposa un projet de Constitution[5], dans lequel la religion et le politique étaient intrinsèquement liés.

Divers[modifier | modifier le code]

Il fut l'ami de Pierre Leroux. Ses idées socialistes influencèrent fortement Sainte-Beuve et son unique roman Volupté.

Il avait une résidence à Saint-Prix, dans l'ancienne seigneurie de Montmorency.

Son frère Jean-Marie de La Mennais fonda une congrégation religieuse, les Frères de l'Instruction Chrétienne de Ploërmel.

Un timbre français de 1957 lui rend hommage.

Georges Bernanos (1888-1948) fait référence à Lamennais dans le prologue de Sous le soleil de Satan (1926). Notant que "le doctrinaire en révolte, dont le temps s'amuse avec une profonde ironie, ne fait souche que de gens paisibles", Bernanos illustre ce fait par l'exemple de Lamennais dont la postérité spirituelle encombre les sacristies.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lamennais est l'orthographe qui a été communément retenue et celle qu'il utilisait aussi pour signer, mais on trouve aussi La Mennais sur ses publications.
  2. Collectif, Journal de la France et des Français, vol. 1, Paris, Gallimard, coll. « Quarto »,‎ 14 mars 2001 (ISBN 207073756X), p. 1400-1401
  3. Journal d'un combattant de Février, par Philippe Faure, p. 164
  4. (en) Georges Dubosc, « La tombe de Lamennais », L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, vol. LXXVIII, no 1486,‎ 1918, p. 167-168 (lire en ligne)
  5. Élu le 23 avril 1848, représentant de la Seine à l'Assemblée constituante, il siège à la Montagne avec les démocrates les plus avancés. Il est nommé membre du comité de constitution, auquel il communique, dès la première séance, son projet complet, qui ne reçoit pas l'accueil qu'il en attendait (Voir sa biographie, sur le site de l'Assemblée nationale)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]