Navahroudak

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Navahroudak
Навагрудак
Blason de Navahroudak
Héraldique
Ruines du château de Navahroudak
Ruines du château de Navahroudak
Administration
Pays Drapeau de la Biélorussie Biélorussie
Subdivision Voblast de Hrodna
Raïon Navahroudak
Code postal BY 231241 — 231246, 231400
Indicatif téléphonique +375 1597
Démographie
Population 29 065 hab. (01.01.2013)
Densité 2 716 hab./km2
Géographie
Coordonnées 53° 35′ 42″ N 25° 49′ 18″ E / 53.595, 25.82167 ()53° 35′ 42″ Nord 25° 49′ 18″ Est / 53.595, 25.82167 ()  
Superficie 1 070 ha = 10,7 km2
Divers
Première mention 1252
Statut Ville depuis 1444
Localisation

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Liens
Site web http://novogrudok.grodno-region.by/
Sources
Liste des villes de Biélorussie

Navahroudak (en biélorusse : Навагрудак) ou Novogroudok (en russe : Новогрудок ; en polonais : Nowogródek ; en lituanien : Naugardukas ; en latin : Novogardia Lituanica) est une ville de la voblast de Hrodna ou Grodno, en Biélorussie, et le centre administratif du raïon de Navahroudak. Sa population s'élevait à 29 065 habitants en 2013.

Géographie[modifier | modifier le code]

Navahroudak est située à 132 km à l'est de Hrodna ou Grodno.

Histoire[modifier | modifier le code]

La ville est mentionnée pour la première fois en 1252 dans la Chronique d'Ipatiev sous le nom de Novogorodok (« nouvelle petite ville »). Elle passa à la fin du Xe siècle sous le contrôle de la Rus' de Kiev, puis, à la suite des attaques des Mongols, au XIIIe siècle, le roi Mindaugas l'annexa au royaume de Lituanie, plus tard Grand Duché de Lituanie. Les grands-ducs tentent ainsi en 1316 d'obtenir du Patriarcat de Constantinople que la ville soit la métropole d'un patriarcat autonome, afin de libérer les Russes des territoires du Grand-Duché de leur attachement traditionnel au Patriarcat de Kiev; le projet sera accepté puis finalement rejeté à plusieurs reprises[1]. En 1444, des privilèges urbains (droit de Magdebourg) lui furent accordés. Nowogródek se développa alors au point de devenir la ville la plus importante de la Ruthénie noire, de sorte qu'en 1507 elle devint le centre d'une voïvodie et qu'elle accueillit en 1581 un tribunal de Lituanie dans la République des Deux Nations, constituée en 1569 par l'Union de Lublin. À la suite du troisième partage de la Pologne, en 1795, Nowogródek fut incorporée à l'Empire russe et élevée au rang de siège de district. À la fin du XIXe siècle, la ville comptait 7 900 habitants, dont 63,5 pour cent étaient juifs[2].

Après la Première Guerre mondiale, Nowogródek fit partie de la deuxième République de Pologne, devenant à nouveau la capitale d'une voïvodie.

église catholique de Novogroudok

Mais, en , à la suite du pacte germano-soviétique, l'Armée rouge entra dans la ville, qui fut ensuite annexée à l'Union soviétique et rattachée à la RSS de Biélorussie. Les nouveaux territoires furent réorganisés et la ville fut brièvement — du 2 novembre au 4 décembre — la capitale administrative de l'oblast (ou voblast) de Novogroudok — son nom russe officiel. Elle fut ensuite remplacée par Baranavitchy, la ville redevenant simplement centre du raïon de Novogroudok le 15 janvier 1940. Après l'invasion de l'Union soviétique par l'Allemagne nazie, Novogroudok fut occupée le . La ville comptait alors 20 000 habitants, dont environ la moitié étaient juifs. Durant l'occupation, quelque 9 500 Juifs furent massacrés et 550 envoyés dans des camps de travail forcé. Ils avaient été rassemblés, au préalable et sous la contrainte, dans le ghetto de Novogroudok à partir de décembre 1941. L'extermination totale des derniers survivants de ce ghetto s'acheva à l'automne 1943.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la région était un centre de résistance de groupes de partisans, dont les célèbres frères Bielski[3], des partisans juifs, qui réussirent à sauver douze cents Juifs de la Shoah en organisant leur survie dans la forêt pendant plus de deux ans, tout en poursuivant leurs actions de résistance (sabotage, liquidation des collaborateurs, etc.) en liaison avec les partisans soviétiques[4]. Le , la Gestapo assassina dans la forêt près de la ville onze religieuses de la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, les martyres de Nowogródek (béatifiées en l'an 2000 par Jean-Paul II et célébrées le 1er juillet), qui s'opposaient à la terreur nazie. L'Armée rouge libéra la ville trois ans après le début de son occupation, le . Pendant la guerre, plus de 45 000 personnes avaient été tuées dans la ville et dans ses environs et plus de 60 pour cent des logements étaient détruits.

Après la reconquête de la ville par l'Armée rouge, la situation antérieure à l'invasion allemande fut rétablie et Novogroudok fut à nouveau incorporée à la Biélorussie soviétique. Depuis la dislocation de l'Union soviétique, en 1991, Navahroudak fait partie de la Biélorussie indépendante.

Population[modifier | modifier le code]

Recensements (*) ou estimations de la population[5] :

Évolution démographique
1817 1837 1860 1897* 1910 1921*
1 571 3 679 5 844 7 887 8 414 6 367
1931* 1939* 1959* 1970* 1979* 1989*
9 567 11 335 12 624 19 374 22 423 59 506
1999* 2009* 2012 2013 - -
30 200 29 336 29 324 29 065 - -


Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Adam Mickiewicz (1798-1855), un des grands écrivains polonais, est peut-être né à Nowogrodek, où son père était avocat.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michael Klimenko, Ausbreitung des Christentums in Russland seit Vladimir dem Heiligen bis zum 17. Jahrhundert: Versuch einer Übersicht nach russischen Quellen, Berlin & Hambourg, Lutherisches Verlagshaus, 1969, p. 145.
  2. Recensement de 1897 [1]
  3. L'histoire des frères Bielski a été racontée dans plusieurs livres et adaptée au cinéma par Edward Zwick (Les insurgés, 2008).
  4. La « résistance armée » des Juifs de Nowogródek fut mentionnée dans des bulletins clandestins circulant à Varsovie et aurait inspiré les organisateurs du soulèvement du ghetto de Varsovie, selon Joël Kotek et Raul Hilberg, L'Insurrection du ghetto de Varsovie, Paris, Complexe, 1994, p. 45.
  5. (en) « Population depuis 1979 », sur www.citypopulation.de(ru) « Recensements de 1959, 1970, 1979 », sur www.webgeo.ru

Liens externes[modifier | modifier le code]