Tamara de Lempicka

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Tamara de Lempicka

Nom de naissance Maria Gorska
Naissance 16 mai 1898
Varsovie
Décès 18 mars 1980 (à 81 ans)
Cuernavaca au Mexique
Nationalité Drapeau de la Pologne Pologne
Activités Artiste peintre
Formation Académie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg - Académie Ranson - Académie de la Grande Chaumière
Maîtres Maurice Denis - André Lhote
Mouvement artistique Art déco futurisme
Récompenses Médaille de bronze à l'Exposition internationale de Poznan, Pologne

Tamara de Lempicka (prononciation polonaise : Lèmpitska), née Maria Gorska le 16 mai 1898, probablement à Varsovie (Pologne, alors dans l'Empire russe) et décédée le 18 mars 1980 à Cuernavaca, au Mexique, est la peintre polonaise la plus célèbre de la période Art déco. Brillante, belle et audacieuse, inclassable, mystérieuse et contradictoire, elle a fait de sa vie une succession de mises en scène très élaborées. Elle prône le luxe et la modernité. Bisexuelle, elle aimait avant tout les femmes mais elle s'est mariée deux fois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de Boris Gorski, un juif russe, et d'une mère polonaise, son enfance se passe dans un milieu aisé et cultivé entre Saint-Pétersbourg, Varsovie et Lausanne. En 1914, elle est retenue par la guerre à Saint-Pétersbourg où elle s'inscrit à l'Académie des Beaux-Arts. Elle épouse en 1916 Tadeusz Łempicki (1888-1951), un jeune avocat polonais. La révolution d'Octobre bouleverse sa vie et, après un détour par Copenhague, elle gagne Paris où elle est recueillie par ses cousins qui l'ont précédée dans l'exil. Tamara commence alors avec beaucoup de ténacité une carrière de peintre.

En 1920, à l'académie Ranson, elle reçoit l'enseignement de Maurice Denis et à l'académie de la Grande Chaumière celle d'André Lhote. C'est là qu'elle forge petit à petit son style qui, dans une synthèse inattendue de l'art maniériste de la Renaissance et du néo-cubisme, va coller parfaitement à son époque. L'envol de sa carrière coïncide avec sa première exposition personnelle à Milan en 1925. C'est là qu'elle fait la connaissance de Gabriele D'Annunzio et de son entourage, aussi aristocratique qu'excentrique. De retour en France, elle participe pleinement à la vie artistique et mondaine parisienne où elle rencontre de nouveaux modèles : André Gide, Suzy Solidor, de riches industriels, des princes russes émigrés, etc. En 1928, elle installe sa maison-atelier au no 7 de la rue Méchain, dans le 14e arrondissement de Paris, conçue par l'architecte Robert Mallet-Stevens[1].

En 1929, appelée par Rufus Bush, un riche Américain qui lui a commandé le portrait de sa fiancée, Tamara fait son premier voyage à New York. Outre le portrait de commande, elle exécutera sur place plusieurs tableaux, dont d'intéressantes études de gratte-ciel. Elle expose simultanément en Pologne (médaille de bronze à l'exposition internationale de Poznan), à Paris (dans quatre salons et à la galerie Colette Weil) et aux États-Unis (Carnegie Institute de Pittsburgh). Pour un peintre dont la production est relativement limitée, c'est un exploit.

Elle divorce en 1928 pour se remarier, en 1933, avec le baron Raoul Kuffner (1886-1961). Ce passage de l'état de comtesse à celui de baronne (Baroness Kuffner) coïncide avec une crise morale et artistique qui provoque un ralentissement de sa production. Fuyant les menaces de guerre, elle s'installe aux États-Unis en 1929 où elle fait trois expositions à New York et à San Francisco chez Paul Rheinardt et chez Julien Levy. Après-guerre, son œuvre tombe dans un profond oubli jusqu'à ce que la redécouverte de l'Art déco, dans les années 1970, fasse ressurgir son nom.

Madonna a rendu hommage à Tamara dans son clip vidéo Vogue ainsi que dans Open Your Heart avec la toile Andromède (L'Esclave).

Tamara de Lempicka est bisexuelle et l'assume publiquement[2],[3].

Ses œuvres[modifier | modifier le code]

Tamara de Lempicka occupe une place à part dans l'art du XXe siècle : malgré une production ramassée (à peine 150 tableaux dans sa meilleure période, qu'on situe entre 1925 et 1935), ce sont ses peintures qui sont choisies le plus souvent aujourd'hui lorsqu'il s'agit d'illustrer les années folles de l'entre-deux-guerres.

Ses modèles se caractérisent par des regards interrogateurs et sensuels, une bouche pulpeuse pour les femmes et pincée pour les hommes, des couleurs vives, mais en nombre limité, mises en valeur par des fonds gris ou noirs. Derrière une stylisation néo-cubiste, qui les situe parfaitement dans leur temps, les portraits de Tamara de Lempicka ne négligent aucune des magistrales recettes de composition qui furent élaborées par ses grands prédécesseurs de la Renaissance italienne.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive

  • Deux amies (1923)
  • Nu masculin, (1923/4) Collection Yves et Francoise Plantin
  • Autoportrait ou Tamara dans la Bugatti verte, (1925)
  • Le Modèle, (1925)
  • Groupe de quatre nus (1925)
  • Portrait de la Duchesse de La Salle (de), (1925), collection privée
  • Portrait du Marquis d'Afflitto, (1925)
  • Portrait du marquis Sommi, (1925)
  • Portrait du Prince Eristoff, (1925)
  • Portrait de Kizette, (1926)
  • La Belle Rafaela, (1927), collection privée
  • L'esclave , (1927-1928), collection privée
  • Printemps, (1928)
  • Portrait de Tadeuz de Lempicki (1928), Paris, Musée national d'art moderne
  • Portrait d'Arlette Boucard (1928)
  • Première communiante, (1929)
  • Mon portrait, (1929)
  • Saint-Moritz (1929)
  • Jeune fille en vert (1930)
  • Nu aux buildings, (1930), Propriété de la collectionneuse Caroline Hirsch
  • Femme endormie, (1930)
  • Portrait de Mrs Alan Bott, (1930)
  • Portrait de Madame M., (1930)
  • L´Écharpe bleue, (1930) collection privée
  • Dormeuse, (1931-1932)
  • Adam et Ève (1932), collection privée
  • Portrait de Suzy Solidor, (1933), Cagnes, Château-musée
  • La Chemise rose, (1933)
  • Bretonne, (1934)
  • Dormeuse (1934)
  • Femme endormie, (1935)
  • Réfugiés, (1931) musée d'Art et d'Histoire, Saint-Denis
  • La Mère supérieure (1939)
  • Améthyste (1946)
  • Femmes se baignant
  • Idylle (1931)
  • Femme à la colombe (1931)
  • Kizette au balcon (1927)
  • Kizette en rose (1926)
  • La Musicienne (1929)
  • Portrait d'Ira P. (1930)
  • Portrait de Madame Boucard (1931)
  • Portrait de Marjorie Ferry (1932)
  • Portrait de Nana de Herrera (1928)
  • Portrait de S.A.I. le grand duc Gabriel (1926)
  • Le Turban orange (1945)
  • Le Turban vert (1929)
  • L'Éclat

Expositions[modifier | modifier le code]

  • de 1922 à 1950, Salon d’Automne, Salon des indépendants,
  • 1925, exposition personnelle, Bottega di Poesia, Milan
  • 1926, 30 et 31, expositions personnelles, Galerie Colette Weil, Paris
  • 1929, Exposition Internationale des Beaux-Arts, Poznan, Pologne
  • 1932, 1933, 1934, 1935, 1936 : Femmes Artistes Modernes (FAM), Théâtre Pigalle, Maison de France, Galerie Bernheim-Jeune[4].
  • 1941, 42, expositions personnelles, Julien Levy Gallery, New York et Los Angeles
  • 1947, Salon d'Hiver: Quelques part en Europe
  • 1957, exposition personnelle, Galerie Sagittarius, Rome
  • 1961, rétrospective, galerie Ror-Volmar, à Paris, figuratif et abstrait
  • 1972, rétrospective, galerie du Luxembourg (Alain Blondel et Yves Plantin), Paris.
  • 1980, rétrospective, Seibu, Tokyo, catalogue (préface par Germain Bazin)
  • 1989, rétrospective, Museo Nacional de Arte, Mexico
  • 1991, Musée des Beaux-Arts de Montréal, "Les années 20, l'âge des métropoles" (expo. Jean Clair)
  • 1992, The National Museum of Women in the Art, "Polish Women Artists and Avant-Garde"
  • 1994, exposition personnelle, Accademia di Francia (Villa Medici), Rome
  • 1997, Musée des Beaux-Arts d'Hiroshima, Japon (catalogue par Alain Blondel)
  • 2004, rétrospective, Royal Academy of Arts, Londres & Kunstforum Wien, Vienne.
  • 2006, rétrospective, Musée des Années Trente, Boulogne-Billancourt, France
  • 2006, rétrospective, Palazzo Reale. Milan
  • 2007, rétrospective, Fundacion CaixaGalicia, Vigo, Espagne
  • 2009, rétrospective, Palacio de bellas Artes, Mexico, Mexique
  • 2013, pinacothèque, Paris

Récompenses, prix[modifier | modifier le code]

  • 1929 - Médaille de bronze à l'Exposition internationale de Poznan, Pologne

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Arsène Alexandre », article dans La Renaissance de l'Art français, juillet 1929, Paris
  • Tamara de Lempicka monographie, préface de Giancarlo Marmori, Franco Maria Ricci, Milan, traduction de l'italien par Nino Franck (1978) (ISBN 2-85108-183-7)
  • Kizette Foxhall. & C. Philips, Passion by Design: The Art and Times of Tamara De Lempicka, biographie, Abbeville Press Publishers, New York, 1987
  • Gioia Mori, Tamara de Lempicka - Paris 1920-1938, monographie, Giunti, Florence, 1994
  • Alain Blondel, Catalogue raisonné, éditions Acatos, Lausanne, 1999
  • Gilles Néret, Tamara de Lempicka 1898-1980, monographie, Taschen, 2001
  • Tamara de Lempicka, la Reine de l'Art déco, Skira, mai 2013, 2013, catalogue de l'exposition à la pinacothèque de Paris,(ISBN 978-88-572-2022-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Lempicka par Patrick Bade, éd. Parkstone International, 2006, (ISBN 9781780429694), p.95 et 119.
  2. « Tamara de Lempicka - Ce qu'il faut savoir », Vanity Fair, 05 août 2013 (lire en ligne)
  3. (en) Elizabeth Ashburn, « Lempicka, Tamara de (1898?-1980) », qlbtq: An Encyclopedia of Gay, Lesbian, Bisexual, Transgender, and Queer Culture, 2002 (lire en ligne)
  4. Catalogues des expositions

Liens externes[modifier | modifier le code]

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