Nikolaï Novossiltsev

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Le comte Nikolaï Nikolaïevitch Novossiltsev

Le comte Nikolaï Nikolaïevitch Novossiltsev, en russe Николай Николаевич Новосильцев (1761-1838) est un homme politique russe libéral, président du Conseil des ministres de 1834 à 1838. Il fut l'un des proches collaborateurs d'Alexandre Ier, et fut également président de l'Académie impériale des Sciences de 1803 à 1810 et vice-gouverneur de Pologne de 1815 à 1832.

Famille[modifier | modifier le code]

Fils naturel de Nikolaï Oustinovitch Novossiltsev et de la baronne Maria Stroganova.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Nikolaï Nikolaïevitch Novossiltsev est le fils naturel d'un aristocrate russe fortuné, époux de la tante du comte Stroganov (1774-1817), personnalité très influente à la Cour impériale. Devenu orphelin, son cousin l'aurait accueilli au sein de sa famille, mais comme un parent pauvre[1]. Ce lien familial permit à Nikolaï Nikolaïevitch Novossiltsev l'obtention d'un poste dans le Comité intime semi-officiel (par galéjade ses membres lui donnèrent le nom de Comité de salut public) créé le 24 juin 1801[2], travaillant sur le projet de réforme du gouvernement voulu par Alexandre Ier.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Nikolaï Nikolaïevitch Novossiltsev fit une carrière militaire de 1783 à 1795 puis étudia pendant quatre années à Londres. Ce fut certainement à cette période qu'il se lia avec le tsarévitch Alexandre Pavlovitch de Russie (futur Alexandre Ier).

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le tsarévitch demanda à Novossiltsev de lui rédiger un projet de constitution, lorsque Paul Ier accéda au trône. Il examina ce projet, mais il fut ensuite perdu. Novossiltsev aida le tsarévitch à fonder le Journal de Saint-Pétersbourg en 1797, auquel il apporta de nombreuses contributions. Toutefois le libéralisme affiché de Novossiltsev et son ascendant sur le tsarévitch le rendirent suspect aux yeux de Paul Ier et le jeune ami d'Alexandre Pavlovitch dut quitter la Russie quelques mois plus tard. Il s'installa en Angleterre où il donna des conférences en milieu universitaire et rencontra des personnalités célèbres telles que le philosophe anglais Jeremy Bentham (1748-1832).

Lorsqu'Alexandre Ier monta sur le trône en (1801), les amis proches du nouveau tsar furent rappelés de l'étranger. Novossiltsev fut admis au Comité secret de l'empereur à son retour, afin d'exposer divers projets de réforme. Il parvint à décider les autres membres du Comité à étudier la situation intérieure de l'Empire, de procéder à diverses réformes ministérielles et à l'élaboration d'une constitution. Ce projet de constitution était semblable à celle que proposera en 1810 Speranski (1772-1839) pour réformer l'administration impériale, mais, quelque temps plus tard, le tsar commença à douter du bien-fondé de ce projet.

Alexandre Ier confia à son ami Novossiltsev la présidence d'une commission des lois en 1801, puis, entre 1802 et 1808, il occupa la fonction d'adjoint du ministre de la Justice. Il fut en partie à l'origine de l'élaboration du statut concernant la liberté des moukiks, mais ce projet fut sans lendemain. Il présida l'Académie impériale des Sciences de 1803 à 1810.

La Suède, la Russie, l'Angleterre, l'Autriche, la Prusse et le royaume de Naples projetèrent de former une coalition contre la France de Napoléon Bonaparte entre 1804 et 1805. Alexandre Ier envoya Novossiltsev comme médiateur, pendant les négociations entre l'Angleterre et la France. Son arrogance et sa prétention les firent échouer. Avant de quitter Berlin, il apprit la prise de Gênes et de Lucques par Napoléon (1805). Cette annexion provoqua l'alliance de l'Angleterre et de la Russie.

Novossiltsev passa ensuite de nombreuses années en Pologne, après la chute de l'Empire de Napoléon. Il devint vice-gouverneur de Pologne (1815-1832) et dirigea la police secrète du tsar. Il soutint la politique de russification et les poursuites contre les organisations indépendantistes et activistes pro-polonaises. Il fut haï par la société polonaise de l'époque.

Novossiltsev termina sa carrière comme président du Conseil des ministres (1834-1836). Alexandre Ier l'éleva au rang de comte d'Empire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Russie à l'ère de la réaction et de la réforme (1801-1881), Londres, 1992
  2. Alexandre Ier, le Feu follet d'Alexandre Arkhanguelski, page 110

Liens externes et sources[modifier | modifier le code]