L'Herne

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Logo de la maison d'édition
Repères historiques
Création
Dates clés
Fondée par Dominique de Roux
Fiche d’identité
Forme juridique Société à responsabilité limitée
Statut éditeur indépendant
Siège social Paris  (France)
Dirigée par Laurence Tacou
Spécialités Monographies critiques, essais, romans
Collections Les Cahiers de L'Herne
Langues de publication français
Diffuseurs Flammarion
Site web www.editionsdelherne.com
Données financières
Chiffre d'affaires 216 600 (2016)

L'Herne est une maison d'édition française, fondée en 1961 par Dominique de Roux, et actuellement dirigée par Laurence Tacou.

Les deux collections phares, parmi les huit qui constituent le catalogue sont les « Cahiers » et les « Carnets de L’Herne ». Les grandes monographies blanches qui comptent à ce jour une centaine de numéros sont consacrées à des figures capitales de la littérature et de la pensée, comme Claude Lévi-Strauss, Cioran, Noam Chomsky, Louis-Ferdinand Céline...

Histoire[modifier | modifier le code]

Sous Dominique de Roux (1956-1973)[modifier | modifier le code]

De 1956 à 1957 Dominique de Roux et Georges Bez éditent une petite revue ronéotée à trois cents exemplaires et lue par un groupe d'amis (dont Xavier de Roux, le frère de Dominique, Jean Thibaudeau et Bernard Collin) sous le titre de L'Herne. Il y eut sept numéros.

En 1961, Dominique de Roux transforme cette revue en Cahier dont le premier sera consacré à René-Guy Cadou, puis, l'année suivante, à Georges Bernanos. Ainsi vont se développer les fameux « Cahiers de l'Herne », avec, entre 1964 et 1968, l'aide de Jean-Edern Hallier[1].

Les numéros suivants de la collection furent consacrés à de grands noms de la littérature et de la poésie, à l'époque également marginaux ou controversés : Louis-Ferdinand Céline (1963), Jorge Luis Borges (1964), Ezra Pound (1965), Henri Michaux (1966), William Burroughs (1968), Giuseppe Ungaretti (1969), Witold Gombrowicz, Louis Massignon, et quelques autres.

Sous Constantin Tacou (1973 à 2000)[modifier | modifier le code]

En 1973, après avoir mis en chantier le numéro 21 des Cahiers, consacré à De Gaulle, Dominique de Roux quitte L'Herne pour fonder les « Dossiers H », aux éditions l'Âge d'Homme à Lausanne. C'est alors son associé, Constantin Tacou, cinéaste macédo-roumain à l'Unesco et élève de Georges Dumézil, qui prend le relais. L'Herne se tourne vers les littératures de l'Europe centrale et de l'Est avec une série d'auteurs tels que Thomas Mann (1973), Fiodor Dostoïevski (1974), Karl Kraus (1975), Gustav Meyrink (1976), Robert Musil (1982), Carl Gustav Jung (1984), Friedrich Hölderlin (1989), ou Friedrich Nietzsche (2000).

L'Herne ouvre aussi ses portes au fantastiqueEdgar Allan Poe, Jules Verne ou Jean Ray – sans pour autant négliger les contemporains, en commençant par Mircea Eliade, puis Raymond Abellio, Henry Corbin, Francis Ponge et Emmanuel Levinas. Fin 2000, Constantin Tacou sort son dernier « Cahier », le numéro 74, consacré à August Strindberg. Son ultime projet d'éditeur, un « Cahier » Cioran, paraît en 2009.

Après 2000[modifier | modifier le code]

À partir de 2000, Laurence Tacou, journaliste, succède à son père à la direction de la maison d'édition qui déménage de la rue de Verneuil pour s'installer au pied de l'Institut, au 22 rue Mazarine. Désormais, L'Herne consacre plus particulièrement ses « Cahiers » à des philosophes et écrivains contemporains.

Les grandes monographies critiques continuent à prendre le contre-pied des courants en vogue. Avec les « Cahiers », l'accent est mis sur des modernes, et en particulier sur des philosophes, penseurs critiques et romanciers tels que : Rémy de Gourmont (no 78, 2003), Mario Vargas Llosa (no 79, 2003), George Steiner (no 80, 2003), Paul Ricœur (no 81, 2004), Claude Levi-Strauss (no 82, 2004), Jacques Derrida (no 83, 2004), Jean Baudrillard (no 84, 2005), Romain Gary (no 85, 2005), Marguerite Duras (no 86, 2005), Carlos Fuentes (no 87, 2006), Noam Chomsky (no 88, 2007), René Girard (no 89, 2008), Cioran (no 90, 2009), Michel Déon, (no 91, 2009), Gershom Scholem (no 92, 2009), Yves Bonnefoy (no 93, 2010), Michel Serres (no 94, 2010), Charles Maurras (no 96, 2011), 2011), Colette (no 97, 2011), Patrick Modiano (no 98, 2012). Les Cahiers Roger Nimier, Isaac Bashevis Singer et Walter Benjamin paraissent en 2012-2013.

Depuis 1963, plus de quatre mille collaborateurs, écrivains, universitaires et traducteurs ont contribué aux « Cahiers ». Une nouvelle collection, les « Carnets de L'Herne », ouvre une petite porte éclectique à de grands textes contemporains ou classiques.

Collections[modifier | modifier le code]

  • (1961-....) « Les Cahiers de L'Herne » [2]

"Cahier Morin", no 104, dir. François L'Yvonnet
"Cahier Singer", no 101, dir. Florence Noiville
"Cahier Nimier", no 99, dir. Marc Dambre
"Cahier Modiano", no 98, dir. Maryline Heck et Raphaëlle Guidée
"Cahier Colette", no 97, dir. Gérard Bonal et Frédéric Maget
"Cahier Maurras", no 96, dir. Stéphane Giocanti et Axel Tisserand

  • (1968-....) « Essais et philosophie » [3]

"Tauroética", Fernando Savater, 2012
"Bréviaire des vaincus II", Emil Cioran, 2011
"Lettres 1961-1978", Emil Cioran et Armel Guerne, 2011
"Le citoyen de verre", Wolfgang Sofsky, 2011

  • (196.-2003)« Théorie et stratégie »[4]
  • (196.-2014) « Glose »[5]
  • (1971-2005) « L'envers »[6]
  • (1994-1999) « Confidences » [7], collection dirigée par Constantin Tacou et Stéphanie de La Rochefoucauld
  • « Romans »

"N'oublie pas le meilleur", Walter Benjamin, 2012
"Enfance Berlinoise", Walter Benjamin, 2012
"Ma cousine Phillis", Elizabeth Gaskell, 2012
"Promenades dans Berlin", Franz Hessel, 2012
"Diamants et Silex", José María Arguedas, 2012
"Zitilchén", Hernán Lara Zavala, 2011

  • (2003-...) « Mythes et religions » [8]
  • (2005-....) « Les Carnets » [9] : prolongement aux Cahiers de l'Herne, textes courts et radicaux, épuisés ou inédits.

"Un brelan d'excommuniés", Léon Bloy, 2012
"L'art de mentir", Mark Twain, 2012
"Les chemins de la misère", Léon Tolstoï, 2012
"Du suicide", Léon Tolstoï, 2012

"Des hommes malades des animaux", no 8, dir. Frédéric Keck et Noëlie Vialles, 2012
"Désastres", no 7, dir. Barbara Glowczewski et Alexandre Soucaille, 2011

  • (2012-....) « Cave Canem »[11] : collection de pamphlets

"Poutine échec et mat !", Garry Kasparov, 2012

  • (2017-....) « Psyché », revue dirigée par les psychanalystes Roger Perron et Sylvain Missonnier, sur les relations entre transformations sociales et psychanalyse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Luc Barré, Dominique de Roux, le provocateur, 1935-1977, Paris, Fayard, 2005.
  2. notice BNF de la coll. « Cahiers de L'Herne »
  3. notice BNF de la coll. « Essais et philosophie »
  4. notice BNF de la coll. « Théorie et stratégie »
  5. notice BNF de la coll. « Glose »
  6. notice BNF de la coll. « L'envers »
  7. notice BNF de la coll. « Confidences »
  8. notice BNF de la coll. « Mythes et religions »
  9. notice BNF de la coll. « Carnets de l'Herne »
  10. notice BNF de la coll. « Cahiers d'anthropologie sociale »
  11. notice BNF de la coll. « Cave canem »
  12. notice BNF de la coll. « Courants d'art »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique de Roux et "L'Herne" d'avant les "Cahiers", 1956-1957 : Dominique de Roux, Georges Bez, Jean Ricardou, Georges Londeix, François d'Argent, Jean Thibaudeau, Xavier, Clermont-Ferrand, Au signe de la licorne, coll. « Exil : cahiers de la Société des lecteurs de Dominique de Roux », , 205 p. (notice BnF no FRBNF38927080)

Liens externes[modifier | modifier le code]