Jorge Luis Borges

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Jorge Luis Borges
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Borges photographié par Grete Stern
en 1951

Nom de naissance Jorge Francisco Isidoro Luis Borges Acevedo
Naissance
Buenos Aires, Drapeau de l'Argentine Argentine
Décès (à 86 ans)
Genève, Drapeau de la Suisse Suisse
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Espagnol

Œuvres principales

Signature de Jorge Luis Borges

Jorge Luis Borges (Speaker Icon.svg audio), de son nom complet Jorge Francisco Isidoro Luis Borges Acevedo[note 1], est un écrivain argentin de prose et de poésie, né le à Buenos Aires, et mort à Genève le . Ses travaux dans les champs de l'essai et de la nouvelle sont considérés comme des classiques de la littérature du XXe siècle[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Jorge Luis Borges est le fils de Jorge Guillermo Borges, avocat et professeur de psychologie féru de littérature[note 2] et de Leonor Acevedo Suárez, à qui son époux a appris l'anglais et qui travaille comme traductrice. La famille de son père était pour partie espagnole, portugaise et anglaise ; celle de sa mère espagnole et vraisemblablement portugaise aussi. Chez lui, on parle aussi bien l'espagnol que l'anglais, et cela depuis son enfance. Borges est donc bilingue, même s'il dira toute sa vie qu'il ne maîtrise pas parfaitement l'anglais[réf. nécessaire].

Débuts littéraires[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale, la famille Borges habite durant trois années à Lugano puis à Genève où le jeune Jorge étudie au collège Calvin. Après la guerre, la famille déménage de nouveau à Barcelone, Majorque puis Séville et enfin Madrid. En Espagne, Borges devient membre d'un mouvement littéraire d'avant-garde ultraïste. Son premier poème, Hymne à la mer, écrit dans le style de Walt Whitman, est publié dans le magazine Grecia.

Il retourne à Buenos Aires en 1921 et s'engage dans de multiples activités culturelles : il fonde des revues, traduit notamment Kafka et Faulkner, publie des poèmes et des essais.

À la fin des années 1930, il commence à écrire des contes et des nouvelles et publie l'Histoire universelle de l'infamie, qui le fait connaître en tant que prosateur.

Principalement connu pour ses nouvelles, il écrit aussi des poèmes et publie une quantité considérable de critiques littéraires dans les revues El Hogar et Sur dont il est un temps le secrétaire. Il est également l'un des auteurs des récits policiers parodiques signés Bustos Domecq, écrits en collaboration avec son ami Adolfo Bioy Casares, et de chansons sur des musiques d'Astor Piazzolla.

En 1938, il obtient un emploi dans une bibliothèque municipale de Buenos Aires. C'est à cette époque qu'il écrit Pierre Ménard, auteur du Quichotte, son premier conte fantastique. Il perd cet emploi en 1946 en raison de ses positions contre la politique péroniste, et devient inspecteur des lapins et volailles sur les marchés publics.

En 1955, le gouvernement « révolutionnaire » militaire, qui chasse Juan Perón du pouvoir, nomme Borges directeur de la bibliothèque nationale. Il devient également professeur à la faculté de lettres de Buenos Aires[2]. Comme son père avant lui, il souffre d'une grave maladie qui entraîne une cécité progressive, laquelle deviendra définitive en 1955[3]. Devenant peu à peu un personnage public, il préside la Sociedad Argentina de Escritores.

Reconnaissance internationale[modifier | modifier le code]

C'est seulement dans les années 1950 que Borges est découvert par la critique internationale. L'écrivain Roger Caillois, qui avait proposé des nouvelles de lui en octobre 1944 à Buenos Aires, dans la revue Lettres françaises (numéro 14), offre Fictions, en 1951, dans la collection « La Croix du Sud », chez Gallimard. C'est une découverte pour le public français et européen. Après Drieu La Rochelle et l'importante action de Roger Caillois — reconnue par J.L. Borges lui-même qui fait de lui son « inventeur » — c'est la revue Planète qui le fait connaître du grand public[4].

La reconnaissance internationale de Borges commence au début des années 1960. En 1961, il reçoit le prix international des éditeurs, qu'il partage avec Samuel Beckett. Alors que Beckett est bien connu et respecté dans le monde anglophone, Borges est inconnu et non traduit, ce qui ne manque pas de susciter la curiosité des locuteurs anglophones. Le gouvernement italien le nomme Commendatore et l'université du Texas à Austin le recrute pour un an. La première traduction de son œuvre en anglais date de 1962, avec des lectures en Europe et dans la région des Andes les années suivantes. Borges reçoit de nombreuses distinctions, telles que le prix Cervantes en 1979, le prix Balzan en 1980 (pour la philologie, la linguistique et la critique littéraire) ou la Légion d'honneur en 1983. Il est même nommé plusieurs fois pour le prix Nobel de littérature mais ne l'obtiendra jamais, pour des raisons inconnues qui ont donné lieu à de nombreuses spéculations[5],[6].

Après la mort de sa mère (en 1975), Borges se met à voyager partout à travers le monde et ce, jusqu'à la fin de sa vie.

Mariages tardifs et fin de sa vie[modifier | modifier le code]

Borges se marie deux fois. En 1967, il épouse une vieille amie, Elsa Astete Millán, veuve depuis peu. Le mariage dure trois ans. Après le divorce, il retourne chez sa mère. Pendant ses dernières années, Borges vit avec son assistante, María Kodama, avec qui il étudie l'anglo-saxon pendant plusieurs années. En 1984, ils publient des extraits de leur journal, sous le nom d'Atlas, avec des textes de Borges et des photographies de Kodama. Ils se marient en 1986, quelques mois avant sa mort.

Borges meurt d'un cancer à Genève en 1986 ; il a choisi, à la fin de sa vie, de retourner dans la ville où il a fait ses études. Il est incinéré et ses cendres reposent au cimetière des Rois.

Opinions politiques[modifier | modifier le code]

Politiquement, Borges se définit volontiers comme un conservateur et, vers la fin de sa vie, a exprimé ouvertement son scepticisme face à la démocratie[note 3]. Ce scepticisme transparaît dans certains de ses textes[7]. Quand Juan Perón revient d'exil et est réélu président en 1973, Borges renonce à son poste de directeur de la bibliothèque nationale. Opposé à « l’abominable dictature du général Perón »[3], Il reste silencieux face aux crimes de la junte militaire au pouvoir en Argentine dans les années 1970, pendant la période qualifiée de « guerre sale ». Le 22 septembre 1976, il serre la main du général Pinochet auquel il exprime publiquement son admiration, ce qui lui coûta le prix Nobel selon sa veuve[8]. Trois ans plus tard, il scandalise encore en disant de Lincoln qu'il était un criminel de guerre[note 4].

Pourtant, plusieurs nouvelles de Fictions peuvent être lues comme des dénonciations du totalitarisme. Par exemple La Loterie à Babylone ou encore Tlön, Uqbar, Orbis Tertius, dont la spécialiste Annick Louis affirme dans Le Magazine littéraire qu'elle peut être lue « comme une réflexion sur un des paradigmes dominants de l'époque — celui qui postule le réel comme une forme de chaos régi par une vérité occulte »[9].

Œuvre[modifier | modifier le code]

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Borges en 1963,
photo de Alicia D'Amico

Borges privilégie l'aspect fantastique du texte poétique, rejetant une écriture rationnelle, qu'il juge insuffisante et limitée. Certains[Qui ?] considèrent Borges comme l'une des influences majeures du réalisme magique latino-américain. D'autres[Qui ?] y voient au contraire un écrivain universel dans lequel peut se reconnaître toute l'humanité.

Son travail est érudit, et à l'occasion délibérément trompeur (Tlön, Uqbar, Orbis Tertius). Il traite souvent de la nature de l'infini (La Bibliothèque de Babel, Le Livre de sable), de miroirs, de labyrinthes et de dérive (Le Jardin aux sentiers qui bifurquent), de la réalité, de l'identité ou encore de l'ubiquité des choses (La Loterie à Babylone).

« Jorge Luis Borges est l'un des dix, peut-être des cinq, auteurs modernes qu'il est essentiel d'avoir lus. Après l'avoir approché, nous ne sommes plus les mêmes. Notre vision des êtres et des choses a changé. Nous sommes plus intelligents. » a dit à son propos Claude Mauriac.

Des ouvrages comme Fictions ou L'Aleph contiennent des textes souvent courts et particulièrement révélateurs du talent de Borges pour l'évocation d'univers ou de situations étranges qui lui sont propres. Dans Le Miracle secret, un écrivain, face au peloton d'exécution, dans la seconde qui précède sa fin, se voit accorder la grâce de terminer l'œuvre de sa vie. Le temps se ralentit infiniment. Il peaufine mentalement son texte. Il retouche inlassablement certains détails… Il fait évoluer le caractère d'un personnage à la suite de l'observation d'un des soldats qui lui font face… Dans un autre récit, "histoire d'Emma Zunz" (Fuera de Emma Zunz), une jeune fille trouve un moyen inattendu, cruel et infaillible, de venger son honneur et celui de sa famille…

Homère surgit peu à peu d’un autre texte, L’immortel, après un extraordinaire voyage dans l'espace et le temps. Dans Pierre Ménard, auteur du Quichotte, Borges nous dévoile son goût pour l'imposture, et un certain humour littéraire souvent rare, mais qui dans l'ouvrage Chroniques de Bustos Domecq, écrit en collaboration avec Adolfo Bioy Casares, s'épanouira dans l'évocation d'une étonnante galerie de personnages artistes dérisoires et imposteurs.

La concision, les paradoxes, les associations fulgurantes de mots comme « perplexes couloirs » sont typiques de son style unique.

Borges est devenu aveugle assez jeune mais de façon progressive, ce qui eut une forte influence sur ses écrits. Dans une de ses nouvelles, L’Autre, il se rencontre lui-même plus jeune, sur un banc, et se livre à quelques prédictions : « Tu deviendras aveugle. Mais ne crains rien, c'est comme la longue fin d'un très beau soir d'été ». À ce sujet, il raconte dans l’Essai autobiographique que cette cécité était probablement d'origine héréditaire et que certains de ses ascendants avaient connu la même infirmité. N'ayant jamais appris le braille, il dut compter sur sa mère pour l'aider, puis sur son assistante Maria Kodama. Il se faisait lire journaux et livres et dictait ses textes.

Outre les fictions, son œuvre comprend poèmes, essais, critiques de films et de livres. On y trouve une sorte de réhabilitation du roman policier, plus digne héritier de la littérature classique à ses yeux, que le nouveau roman. Ce genre littéraire demeure seul, selon lui, à préserver le plan de la construction littéraire classique, avec une introduction, une intrigue et une conclusion.

On trouve également parmi ses écrits de courtes biographies et de plus longues réflexions philosophiques sur des sujets tels que la nature du dialogue, du langage, de la pensée, ainsi que de leurs relations. Il explore aussi empiriquement ou rationnellement nombre des thèmes que l'on trouve dans ses fictions, par exemple l'identité du peuple argentin. Dans des articles tels que L’histoire du Tango et Les traducteurs des Mille et Une Nuits, il écrit avec lucidité sur des éléments qui eurent sûrement une place importante dans sa vie.

Il existe de même un livre qui réunit sept conférences dans diverses universités, qu'on peut considérer comme sept essais, clairs, ordonnés, d'une simplicité dérivant de leur caractère oratoire. Dans ce petit recueil de savoir, Les Sept Nuits (Siete Noches), on trouve un texte sur les cauchemars, sur les Mille et une nuits, sur la Divine Comédie de Dante, sur le bouddhisme et d'autres thèmes que Borges exploite et nous fait partager avec l'autorité didactique et la simplicité pédagogique d'un véritable professeur, érudit de la littérature.

Écrits entre 1923 et 1977, ses poèmes retrouvent les thèmes philosophiques sur lesquels repose la pluralité de l'œuvre de Borges. Des poèmes comme El Reloj de Arena (Le Sablier) ou El Ajedrez (Les Échecs) reconstruisent les concepts borgesiens par excellence, comme le temps, instable et inéluctablement destructeur du monde, ou le labyrinthe comme principe de l'existence humaine, mais d'un point de vue poétique, condensé dans des images surprenantes. Ces poèmes sont réunis dans Antologia Poética 1923-1977 (Recueil Poétique).

Sous le pseudonyme de H. Bustos Domecq, il écrit en collaboration avec Adolfo Bioy Casares Six problèmes pour Don Isidro Parodi, série d'énigmes mi-mondaines mi-policières. Le héros, Don Isidro Parodi, joue les détectives depuis la prison où il est enfermé et dans laquelle il est sollicité par une étrange galerie de personnages. L’isolement forcé semble stimuler sa clairvoyance car, sans quitter sa cellule, il résout chaque énigme aussi facilement que les autres détectives de la littérature, tels Auguste Dupin, Sherlock Holmes ou Hercule Poirot.

Publications[modifier | modifier le code]

Borges en 1969 à « L’Hôtel », au 13, rue des Beaux-Arts à Paris.
  • Ferveur de Buenos Aires (Fervor de Buenos Aires) (1923)
  • Lune d'en face (Luna de frente) (1925)
  • Inquisiciones (non traduit) (1925)
  • Cuaderno San Martín (traduit tel quel) (1929)
  • Evaristo Carriego (traduit tel quel) (1930)
  • Discussion (Discusión) (1932), trad Claire Staub, coll. La Croix du Sud, Gallimard, 1966
  • Histoire universelle de l'infamie (Historia universal de la infamia) (1935)
  • Histoire de l'éternité (Historia de la eternidad) (1936)
  • Six problèmes pour Don Isidro Parodi (1942)
  • Fictions (Ficciones) (1944) (recueil contenant « La Bibliothèque de Babel »), trad Roger Caillois, Nestor Ibarra et Paul Verdevoye, Gallimard, 1951
  • L'Aleph (El Aleph) (1949), trad Roger Caillois et René L.-F. Durand, Gallimard, 1967
  • Enquêtes puis Autres inquisitions (Otras inquisiciones) (1952), trad Paul et Sylvia Bénichou
  • L'Auteur puis L'auteur et autres textes (El hacedor) (1960) (ISBN 2-07024-037-1), trad Roger Caillois, Gallimard, 1965
  • L'Autre, le Même (El otro, el mismo) (1964)
  • Pour les six cordes (Para las seis cuerdas) (1965)
  • Le Livre des êtres imaginaires (El libro de los seres imaginarios) (1967) collab. Margarita Guerrero (rééd. augm. du Manuel de zoologie fantastique, 1965, trad. de Manual de zoología fantástica, 1957), trad Gonzalo Estrada, Yves Péneau et Françoise Rosset, L'Imaginaire, Gallimard, 1987
  • Œuvre poétique (Obra poética) (1965), trad Nestor Ibarra, coll. Du monde entier, Gallimard, 1970
  • Chroniques de Bustos Domecq (Cronicas de Bustos Domecq) (1967), trad Françoise Rosset, coll. Romans traduits, Denoël, 1980
  • Éloge de l'ombre (Elogio de la sombra) (1969)
  • Le Rapport de Brodie (El informe de Brodie) (1970), trad Françoise Rosset, Gallimard, 1972
  • Essai d'autobiographie (An autobiographical essay) (1970) (traduit en 1980 avec Livre de préfaces)
  • L'Or des tigres (El oro de los tigres) (1972), trad Nestor Ibarra, Gallimard, 1976
  • Nouveaux contes de Bustos Domecq (Nuevos cuentos de Bustos Domecq) (1972)
  • Introduction à la littérature nord-américaine (Introducción a la literatura norteamericana) (L'âge d'homme, 1973), en collaboration avec Esther Zemborain de Torres
  • Livre de préfaces puis Préfaces avec une préface aux préfaces (Prólogos con un prólogo de prólogos) (1975)
  • Le Livre de sable (El libro de arena) (1975), trad Françoise Rosset, Gallimard, 1978
  • La Rose profonde (La rosa profunda) (1975), trad Nestor Ibarra
  • La Monnaie de fer (La moneda de hierro) (1976), trad Nestor Ibarra
  • Libro de sueños (non traduit) (1976).
  • Qu'est-ce que le bouddhisme? (Qué es el budismo?) (1976) (ISBN 2-07032-703-5), trad Françoise Rosset, Gallimard, 1979
  • Histoire de la nuit (Historia de la noche) (1977), trad Nestor Ibarra
  • Sept nuits (Siete noches) (1980)
  • Conférences (Siete noches - Borges oral) (1979-1980), trad Françoise Rosset, Folio essais, Gallimard, 1985
  • Livre de préfaces, suivi de Essai d'autobiographie (1980) (ISBN 2-07037-794-6)
  • Le Chiffre (La cifra) (1981), trad Claude Esteban, Gallimard, 1988
  • Neuf essais sur Dante (Nueve ensayos dantescos) (1982), trad Françoise Rosset, coll. Arcades, Gallimard, 1987
  • Atlas (1984), trad Françoise Rosset, Gallimard, 1988
  • Les Conjurés (Los conjurados) (1985), trad Claude Esteban, Gallimard, 1988
  • Borges en dialogues avec Osvaldo Ferrari (Borges en dialogo) (1985)
  • Le Martin Fierro (1985) trad. Bernard Lesfargues - Éditions Curandera, (ISBN 2-86677-022-1) édité erroné, 1985
  • Feuilletons du samedi (Borges Obras, résenas y traducciones inéditas) (1995)
  • Conversations à Buenos Aires (Dialogos de Jorge Luis Borges y Ernesto Sábato) (1996) Jorge Luis Borges - Ernesto Sábato (ISBN 2-26404-042-4)
  • Ultimes dialogues (1996) Jorge Luis Borges - Osvaldo Ferrari (ISBN 2-87678-013-5)
  • La proximité de la mer, anthologie (2010) (ISBN 978-2-07-012842-6), trad et préface de Jacques Ancet, coll. Du monde entier, 2010
  • La Sœur d'Eloisa avec Luisa Mercedes Levinson, traduction française de Christian Garcin, (ISBN 2-86432-385-0)
  • Dialogue, entretien, textes rares, lettres inédites, Jorge Luis Borges, Victoria Ocampo, préface de Maria Kodama, introduction d'Odile Felgine, traduction d'André Gabastou, Bartillat/SUR, Paris, 2014
  • Poèmes d'amour (2014), trad et préface de Silvia Baron Supervielle, coll. Du monde entier Gallimard, 2014

Par ailleurs, Borges a publié un grand nombre de chroniques, notamment dans Proa (1924-1926), La Prensa (1926-1929), Sur et El Hogar (1936-1939).

Dans une entrevue, à l'automne 2010, María Kodama[10] suggère, à qui veut s'initier à l'œuvre de Borges, de commencer par Le Livre de sable (1975), Les Conjurés (1985) et Le Rapport de Brodie (1970), avant d'aborder Fictions (1944) et L'Aleph (1949).

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Adaptations musicales[modifier | modifier le code]

Références littéraires[modifier | modifier le code]

  • Dans le roman d'Umberto Eco Le Nom de la rose, adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud en 1986, le bibliothécaire aveugle Jorge de Burgos est une évocation peu voilée de Jorge Luis Borges, la bibliothèque labyrinthique faisant référence à la Bibliothèque de Babel, la célèbre nouvelle de Borges. Umberto Eco, qui vénère indubitablement l'art de Borges s'est sans doute amusé à créer un personnage qui, par son étroitesse d'esprit et son absence totale de curiosité, est un peu le contraire de Borges, même s'il partage avec lui la cécité et la familiarité des livres. La préface du Nom de la Rose est d'ailleurs un hommage clair à Borges et pourrait avoir été écrite par lui. Umberto Eco nous y raconte le mystère compliqué d'un ouvrage de l'abbé Vallet, mystère qui par miracle se dénoue… à Buenos Aires, quand notre romancier, fouinant « sur les étagères d'un petit libraire antiquaire dans la Corrientes » découvre « la version castillane d'un opuscule de Milo Temesvar, De l'utilisation des miroirs dans le jeu des échecs », etc.
  • Umberto Eco rend également hommage à l'écrivain argentin en introduisant un passage de sa nouvelle La bibliothèque de Babel en ouverture à son discours pour le 25e anniversaire de l'installation de la bibliothèque communale de Milan dans le palais Sormani, le 10 mars 1981.

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le nom complet n'est pas utilisé, conformément aux usages en Argentine.
  2. « Il a essayé en vain de devenir écrivain… Il a composé de très bons sonnets… » a dit de lui Borges.
  3. Lors d'une visite au Chili, il déclare « For a long time I believed in democracy. Now I don’t believe in it; at least not in my own country. Perhaps in other countries democracy can be justified; but in the Republic of Argentina I don’t think we can trust it . . . Democracy [is] an abuse of statistics . . . No one supposes that a majority of people can have valid opinions about literature or about mathematics, but it is believed that everyone can have valid opinions about politics, which is more delicate than the other disciplines. » Cité par Katherine Singer Kovacs, « Borges on the Right », Boston Review, 1er septembre 1977.
  4. Borges crée la surprise en déclarant qu'il considère Abraham Lincoln comme « le plus grand criminel de guerre du XIXe siècle ». Selon lui, la guerre de Sécession n'était motivée que par le souci du pouvoir fédéral de récupérer les impôts des États sudistes, qui ne rentraient évidemment plus dans les caisses de Washington. Interrogé sur l'importance de la cause défendue, à savoir l'abolition de l'esclavage, il demande si le fait de le faire abolir vingt ou trente ans plus tôt dans le Sud justifiait la mort de plus de 600 000 hommes et la mutilation de plusieurs dizaines de milliers d'autres. Borges confirme ces propos dans une Radioscopie qu'il eut avec Jacques Chancel en 1979 et dont le texte a été publié en collection de poche (ISBN 2268032523), Éditions du rocher. 1999).

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Jorge Luis Borges » dans l'Encyclopædia Britannica (version en ligne consultable au 22 mars 2009).
  2. Selon Jean de Milleret, in Cahier de L'Herne, Borges, 1981.
  3. a et b Interview dans Le Monde diplomatique.
  4. Notamment, dès la création de la revue : « L'écriture du dieu, nouvelle de J.L. Borges », Planète, n° 2, déc. 1961-jan 1962, p. 78-91 ; « Les dieux qui rêvèrent, un conte de Jorge Luis Borges », Planète, n° 5, juin-août 1962, p. 98-100.
  5. (es) Maximiliano Seitz, « Por qué Borges nunca obtuvo el premio Nobel », La Nación,‎ (lire en ligne).
  6. Volodia Teitelboim, Los Dos Borges, 1996.
  7. Voir la préface au Rapport de Brodie.
  8. Emol, «Viuda de Borges asegura que el escritor no ganó el Nobel debido a visita a Pinochet», 3 décembre 2014.
  9. Annick Louis, Un guerrier embusqué, in Le Magazine Littéraire no 520, « Borges, éloge de l'imaginaire »
  10. María Kodama, « Une vie merveilleuse avec Borges », Le Soleil, un article de Didier Fessou (interviewer),‎ (lire en ligne)
  11. « Notice de l'enregistrement », sur bnf.fr (consulté le 18 juin 2013).

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Juan Andreu, Borges, un escritor comprometido — cité dans Eduardo Galeano, Mémoire du feu III - Le Siècle du vent, p. 135, 1979
  • Dominique de Roux, Jean de Milleret (dir.), Cahier Jorge Luis Borges , Éditions de l'Herne, Cahiers de l'Herne, no 4, Paris, 1964, 470 p. (ISBN 2-85197-041-0)
  • Christian Nicaise. La Bibliothèque totale de Jorge Luis Borges, Rouen, L'Instant perpétuel, 1990
  • Christian Nicaise, La violence de Jorge Luis Borges ou L'épreuve du photomontage, Rouen, L'Instant perpétuel, 1995
  • Lisa Block de Behar, Borges ou les gestes d'un voyant aveugle, París, Honoré Champion Éditeur, 1998
  • Collectif d'écrivains. « Jorge Luis Borges » Cahiers de l'Herne, 1999. Éditions de l'Herne. Numéro entièrement consacré à l'auteur.
  • Borges par Borges, documentaire TV réalisé par Alain Jaubert en 2003.
  • Alberto Manguel, Chez Borges, 2003, Éditions Acte Sud, traduit de l'anglais (Canada) With Borges par Christine Le Bœuf.
  • Roger Parisot, Qui suis-je? Borges, Éditions pardès (ISBN 2-86714-303-9), 2003
  • Julia Romero, Jorge Luis Borges. Lecture d'une œuvre. Éditions du temps, (ISBN 2-84274-278-8), 2004
  • Annick Louis, Borges face au fascisme. T1 : Les Causes du présent. Aux lieux d'être, coll. « Mondes contemporains », (ISBN 978-2-91606-312-6), 2006
  • Annick Louis, Borges face au fascisme. T2 : Les Fictions du contemporain. Aux lieux d'être, coll. « Mondes contemporains », (ISBN 978-2-91606-332-4), 2006
  • Jean-Clet Martin, Borges. Une biographie de l'éternité, éd. de L'éclat (ISBN 2-84162-131-6), 2006
  • Fernando Stefanich, Borges, lecteur de Kracauer, dans Sociétés (ISBN 978-2-8041-6158-3), no 110, mars 2010
  • Christian Garcin, Borges, de loin, collection « L'un et l'autre », éditions Gallimard, 2013

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]