André Comte-Sponville

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André Comte-Sponville
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André Comte-Sponville au Salon du livre de Paris 2014.

Naissance (64 ans)
Paris
Activité principale
Philosophe, écrivain
Auteur
Langue d’écriture Français
Mouvement matérialisme, humanisme

Œuvres principales

Petit traité des grandes vertus - le bonheur désespérément - Dictionnaire philosophique - Le capitalisme est-il moral ? - L'Esprit de l'athéisme

André Comte-Sponville, né le à Paris, est un philosophe français. Il fut membre du Comité consultatif national d'éthique de 2008 à 2016.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il a une enfance « plutôt malheureuse [...] entre une mère dépressive et un père autoritaire ». Il raconte : « je me suis découvert peu doué pour la vie, peu porté au bonheur, davantage doué pour l’angoisse, la mélancolie : raison pour laquelle j’ai [eu] besoin de philosopher[1]. »

Il est élevé dans une famille chrétienne, mais devient athée à 18 ans, tout en gardant vis-à-vis de cette religion un « sentiment de gratitude »[2].

Ancien élève de l'École normale supérieure (où il a été l'élève et l'ami de Louis Althusser[3]) et agrégé de philosophie, il a soutenu, en 1983, une thèse de doctorat intitulée Éléments pour une sagesse matérialiste. Son directeur de thèse était alors Marcel Conche[4].

À sa sortie de l'École normale supérieure, il enseigne une année la philosophie au lycée Adolphe Chérioux de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), puis deux ans au lycée de Landrecies (Nord), deux ans au lycée Joseph Fourier d'Auxerre (Yonne), enfin trois ans à l'École normale d'instituteurs de Melun (Seine-et-Marne).

Il est ensuite pendant quatorze ans assistant puis maître de conférences à l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne[5]. Il y enseigne jusqu'en 1998, date à partir de laquelle il se consacre exclusivement à l'écriture et aux conférences qu'il donne en dehors de l'université.

En 1996, il est lauréat du Prix La Bruyère de l'Académie française pour son livre Petit traité des grandes vertus, vendu en France à 300 000 exemplaires (hors poche)[6], et traduit en 24 langues[7].

Il est membre du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité[8], et déclare en 2007 : « La liberté de choix est une valeur plus haute que la vie[9]. » Il est également docteur honoris causa de l'université de Mons-Hainaut, en Belgique.

Il est membre du Comité consultatif national d'éthique depuis mars 2008[10].

En 2012, il confie : « En quarante ans de vie adulte, je n’ai vécu célibataire qu’un an. Je crois à l’amour conjugal. Ce que je partage avec ma femme depuis vingt-quatre ans est ce que j’ai pu vivre de meilleur[11]. »

Il pratique la méditation assise et silencieuse en tant qu'exercice « indissociablement corporel et spirituel »[12].

Philosophie[modifier | modifier le code]

Ses philosophes de prédilection sont Épicure, les stoïciens, Montaigne et Spinoza. Parmi les contemporains, il se sent surtout proche de Claude Lévi-Strauss[13], Marcel Conche[14] et Clément Rosset, en Occident, et de Swami Prajnanpad[15] et Krishnamurti en Orient.

André Comte-Sponville tente de rapprocher les réponses des philosophes traditionnels des questions d'aujourd'hui. « Comment vivre ? », « Comment être heureux ? », « La vie a-t-elle un sens ? », « Comment trouver la sagesse sans se soumettre aux religions ? », « Comment être libre ? », « La vertu est-elle encore possible ? », « Jusqu’où va la tolérance ? »[16].

C'est un philosophe se décrivant comme matérialiste, rationaliste et humaniste. Il propose une métaphysique matérialiste, une éthique humaniste et une spiritualité sans Dieu, présentées comme « une sagesse pour notre temps[17] ».

Selon Luc Ferry, il serait proche du bouddhisme[18]. Michel Onfray le définit comme « un chrétien athée[19] ». Lui-même se définit comme « athée fidèle[20] ». Il se positionne plus précisément comme « athée non dogmatique et fidèle[21] » : « athée » car il ne croit en aucun dieu, « non dogmatique » car il intègre le fait que l'athéisme est une croyance et non pas un savoir, « fidèle » car restant attaché à un certain nombre de valeurs morales, culturelles et spirituelles, tronc commun de l'humanité, transmises historiquement par les grandes religions.

Il dit avoir perdu la foi à 18 ans, mais il reste de cette foi, chez lui, une morale helléno-chrétienne et une spiritualité laïque, qui débouche sur une mystique de l’immanence : « Nous sommes déjà dans le Royaume ; l’éternité, c’est maintenant[22]. »

Politiquement, Comte-Sponville se définit comme social-démocrate ou libéral de gauche[23]. Il a beaucoup écrit dans la presse grand public (Le Monde, Libération, Le Nouvel Observateur, L’Événement du jeudi, L’Express, Psychologies, Le Monde des religions, Challenges), mais a aussi dirigé trois numéros de la Revue internationale de philosophie, consacrés respectivement à Montaigne (no 181, 1992), Pascal (no 199, 1997) et Alain (no 215, 2001). Cette même revue lui a aussi consacré un numéro (no 258, 2011 : « André Comte-Sponville »).

Télévision et consultation publique[modifier | modifier le code]

André Comte-Sponville a souvent été invité sur les plateaux télévisés, notamment chez Michel Polac, Bernard Pivot, Guillaume Durand, Frédéric Ferney, François Busnel, Christine Ockrent, Patrick Poivre d'Arvor, Serge Moati, Catherine Ceylac et Frédéric Taddeï. Comte-Sponville est également conférencier pour des entreprises privées[24].

Critiques[modifier | modifier le code]

Jean-François Raguet, écrivain contestataire, pamphlétaire, en guerre contre la philosophie contemporaine et issu de la nébuleuse trotskiste, a pour cible notamment André Comte-Sponville[25]. Jacques Bouveresse, philosophe français, lui reproche de faire partie de ces confrères contemporains, comme Luc Ferry et Alain Finkielkraut, devenus des « obligés du pouvoir[26] ».

Louis Cornellier, écrivain québécois, écrit qu’« André Comte-Sponville sait combiner la rigueur et l'accessibilité », et note que « ses qualités de style en font un des écrivains les plus lumineux de la francophonie actuelle [en 2005][27] ». Michel Meyer, philosophe belge, directeur de la Revue internationale de philosophie, le considère comme « l'un des plus grands philosophes français depuis Sartre[28]. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Traité du désespoir et de la béatitude (tome 1, Le mythe d’Icare, tome 2, Vivre), PUF, 1984 et 1988
  • Une éducation philosophique, PUF, 1989
  • Pourquoi nous ne sommes pas nietzschéens (en collaboration), Grasset, 1991
  • L’Amour la solitude, Paroles d'Aube, 1992
  • « Je ne suis pas philosophe » : Montaigne et la philosophie, Honoré Champion, 1993
  • Valeur et vérité. Études cyniques, PUF, 1994
  • Camus, de l’absurde à l’amour (en collaboration), Paroles d'Aube, 1995
  • Petit traité des grandes vertus, PUF, 1995
  • Arsène Lupin, gentilhomme philosopheur (avec François George), L'Aiguille Preuve, 1995
  • Impromptus, PUF, 1996
  • De l’autre côté du désespoir. Introduction à la pensée de Svâmi Prajnânpad, Jean-Louis Accarias L'Originel, 1997
  • La Sagesse des Modernes (avec Luc Ferry), Robert Laffont, 1998
  • L’Être-temps, PUF, 1999
  • Le Gai désespoir, Alice Éditions (Liège), 1999
  • Chardin ou La matière heureuse, Adam Biro, 1999
  • Le Bonheur, désespérément, Pleins Feux, 2000
  • Présentations de la philosophie, Albin Michel, 2000
  • Lucrèce, poète et philosophe, La Renaissance du Livre, 2001
  • Dictionnaire philosophique, PUF, 2001
  • Le capitalisme est-il moral ? Albin Michel, 2004
  • La plus belle histoire du bonheur (en collaboration), Seuil, 2004
  • La Philosophie, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2005
  • Dieu existe-t-il encore ? (entretien avec Philippe Capelle), Cerf, 2005
  • La Vie humaine, Hermann, 2005
  • L'Esprit de l'athéisme. Introduction à une spiritualité sans Dieu, Albin Michel, 2006
  • Le Miel et l’Absinthe. Poésie et philosophie chez Lucrèce, Hermann, 2008
  • Du corps, PUF, 2009
  • Le Goût de vivre et cent autres propos, Albin Michel, 2010
  • Le Sexe ni la Mort. Trois essais sur l’amour et la sexualité, Albin Michel, 2012
  • Du tragique au matérialisme (et retour), PUF, 2015
  • C'est chose tendre que la vie, entretiens avec François L'Yvonnet, Albin Michel, 2015

Contribution à des ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

Publications sur Comte-Sponville[modifier | modifier le code]

  • 2005 : Revue la Matière et l’Esprit, no 1, « Problèmes du matérialisme (autour d’André Comte-Sponville) », Université de Mons-Hainaut, Mons, Belgique ;
  • 2008 : Jean Tellez, Être moderne (Introduction à la pensée d'André Comte-Sponville), éd. Germina ;
  • 2011 * Revue internationale de philosophie, no 258, « André Comte-Sponville » (articles de Laurent Bove, Daniel Cohen, Charles Larmore, Michel Meyer, Martin Seel, Bertrand Vergely ; réponses d'André Comte-Sponville).

Discographie[modifier | modifier le code]

  • 2005 : Petit traité des grandes vertus, Livraphone
  • 2007 : le Bonheur, conceptions orientales et occidentales (3 CD audio), avec François Jullien, éd. Frémeaux & Associés ;
  • 2008 : l’Amour (3 CD audio), éd. Frémeaux & Associés ;
  • 2008 : Qu’est-ce qu'une spiritualité sans Dieu ? (3 CD audio), éd. Frémeaux & Associés ;
  • 2009 : André Comte-Sponville (DVD 100 min), en compagnie de François L'Yvonnet, conception et réalisation Benjamin Pichery, éd. INSEP, coll. « Regards sur le sport » ;
  • 2010 : le Mal : le Méchant, le Salaud, le Pervers, le Médiocre (3 CD audio), avec Michel Terestchenko, éd. Frémeaux & Associés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Roisin, « André Comte-Sponville "Pas besoin de philosophie quand on est doué pour la vie" », sur Echo.be,‎ (consulté le 28 décembre 2015)
  2. Christine Aulenbacher, Spiritualités et théologie. 2e édition revue et augmentée, LIT Verlag Münster, (ISBN 978-3-643-90251-1, lire en ligne), p. 176
  3. Revue Perspectives critiques, n° 1, 2006, p. 7 à 27 : "L'autre maître (Souvenirs concernant Louis Althusser").
  4. Source : Catalogue SUDOC
  5. Sur le site de la Sorbonne
  6. Daniel Bougnoux, Andre Comte-sponville et Regis Debray, Marcel Gauchet, Yves Michaud, Des intellectuels jugent les médias -, MORDICUS, (ISBN 978-2-918414-19-3, lire en ligne), p. 31-32
  7. « André Comte-Sponville, Petit traité des grandes vertus, (Paris: Presses Universitaires de France, 1995), réédition en format de poche : 2011. » [PDF], sur dogma.lu (consulté le 1er janvier 2016)
  8. Liste des membres du Comité de parrainage Site de l'ADMD
  9. L’euthanasie en accusation -Pétition, 15 000 signatures contre la dépénalisation, Fabrice Madouas, Valeurs Actuelles n° 3668, 16 Mars 2007
  10. Sur le site du CCNE
  11. Élodie Maurot, « André Comte-Sponville, un philosophe amoureux », sur la-croix.com,‎ (consulté le 28 décembre 2015)
  12. Anastasia Vécrin, « André Comte-Sponville « Se désencombrer pour retrouver ce qui compte » », sur Libération.fr,‎ (consulté le 28 décembre 2015)
  13. Sponville sur Lévi-Strauss
  14. Dialogue avec M Conche
  15. Auquel il a consacré un livre : "De l'autre côté du désespoir (Introduction à la pensée de Svâmi Prajnânpad)", Editions Accarias L'Originel, 1997.
  16. Sur Radio Canada
  17. Traité du désespoir et de la béatitude, PUF, avant-propos
  18. Luc Ferry, dans le livre qu’ils ont écrit ensemble, « La sagesse des Modernes »
  19. Traité d’athéologie, Grasset, 2005, p. 84
  20. L'esprit de l'athéisme, chap. 1
  21. Europe 1, Au cœur de l'Histoire du 09/12/2013, animée par Franck Ferrand.
  22. L'esprit de l’athéisme, Albin Michel, 2006, p. 217
  23. « Le capitalisme est-il moral ? », p. 154 à 159
  24. (...) « le très médiatique agrégé de philo André Comte-Sponville (reçoit un cachet de ) (35 000 F.) pour une causerie chez Vivendi Environnement. » Les « ménages » des «stars» du journalisme (selon Capital d’octobre 2001)
  25. J-F. Raguet, De la Pourriture, article « Comte-Sponville »; voir aussi Roland Jaccard, « Polémistes dans l’âme », Le Monde des livres, 23 juin 2000 et « Le traqueur des ripoux philosophes » L’Express, 1er juin 2000.
  26. http://cahiers.kingston.ac.uk/interviews/bouveresse.html
  27. Revue canadienne Spirales, no 204, [1]
  28. Revue internationale de philosophie, no 258, 2011, p. 7).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]