Arthur Koestler

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Dans le nom hongrois Kösztler Artúr, le nom de famille précède le prénom, mais cet article utilise l’ordre habituel en français Artúr Kösztler, où le prénom précède le nom.
Arthur Koestler
Description de cette image, également commentée ci-après
Arthur Koestler (1969)
Nom de naissance Artúr Kösztler
Naissance
Budapest
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Décès (à 77 ans)
Kensington, Londres
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Allemand, anglais, hongrois

Œuvres principales

Arthur Koestler, né Artúr Kösztler ([ˈɒɾtuːɾ], [ˈkøstlɛɾ]) le à Budapest et mort le [1] à Londres, est un romancier, journaliste et essayiste hongrois, naturalisé britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Arthur Koestler naît dans une famille juive hongroise, de langue allemande. Il est le fils d'Henrik Koestler, un industriel et inventeur prospère dont le grand succès commercial avait été le « savon de santé », dans lequel les graisses animales, difficiles à trouver durant la Première Guerre mondiale étaient remplacées par des substances minérales faiblement radioactives. On pensait en effet à cette époque que la radioactivité avait des vertus curatives. Sa mère, Adele Jeiteles née, le 25 juin 1871 à Prague, passe sa jeunesse à Vienne.

Entre 1922 et 1926, Arthur Koestler étudie l'ingénierie à l'école polytechnique de Vienne ainsi que, de conserve, la philosophie et la littérature au sein de l'université de la même ville. Il fait partie de l'une des associations d'étudiants juifs, Unitas, et s'y familiarise avec le judaïsme. Il fait la connaissance de Vladimir Jabotinsky et adhère à la cause sioniste révisionniste qui veut créer en Palestine un État juif moderne et démocratique. Koestler devient le plus jeune président des associations d'étudiants sionistes et le cofondateur du Betar (mouvement de jeunesse sioniste révisionniste). Parallèlement à ses études, il étudie la psychanalyse, lisant Freud aussi bien que les écoles dissidentes, Jung, Adler, Stekel.

Le 1er avril 1926, il abandonne ses études et part en Palestine comme simple khaluts (pionnier ou ouvrier agricole dans une kvutsa, communauté plus petite que le kibboutz). Son expérience ne dure pas longtemps ; son livre La Tour d'Ezra, s'en inspire. Il part pour Haïfa où, avec Abram Wienshall, il crée Zafon (hebdomadaire en hébreu), ainsi que Sehutenu [Notre droit], qui est la ligue des droits civiques, fournissant une assistance judiciaire aux juifs

Journaliste depuis deux années à Berlin, il entre en 1931 au Parti communiste allemand et fait plusieurs séjours en Union soviétique dans les années qui suivent.

Couvrant la guerre d'Espagne pour un journal anglais, il est emprisonné et condamné à mort par les franquistes, mais est échangé quelque temps plus tard contre un prisonnier espagnol par le gouvernement britannique. De cet épisode naît le livre Un testament espagnol, qui est d'abord publié en anglais par l'éditeur Gollancz. Le succès remporté par ce témoignage conduit à des traductions de l'ouvrage. C'est ainsi que ce témoignage exceptionnel est publié sans changement de titre en français. Mais, curieusement, l'édition française, sans qu'aucune raison soit donnée, ne comporte pas la totalité du texte anglais[2]. A la suite de cette expérience et en raison notamment de son opposition au stalinisme et des procès de Moscou, il quitte le Parti communiste allemand en 1938.

Durant la « drôle de guerre », Arthur Koestler couvre la situation en France, et, sous le gouvernement Daladier, il est alors arrêté par la police française avec d'autres réfugiés, jetés dans la « cave à charbon » de la préfecture, puis interné au stade Roland-Garros (alors devenu camp de détention)[3]. Il est ensuite interné cette fois en tant que Juif au camp du Vernet.

A la suite de pressions anti-fascistes et de nouveau l’Angleterre[pas clair], il est libéré et s'engage dans la Légion étrangère, change d'identité, puis quitte sans autorisation les rangs de la Légion pour rejoindre Londres. Le livre autobiographique La Lie de la terre, entièrement consacré à cette période française, tire son nom d'une des nombreuses insultes racistes proférées par les responsables policiers parisiens lors de son arrestation en 1939.

En 1940, il publie Darkness at noon, traduit en 1945 sous le titre Le Zéro et l'Infini. Ce texte, qui préfigure de vingt ans le récit L'Aveu d'Arthur London, décrit l'emprisonnement, le procès stalinien et l'exécution d'un haut responsable soviétique. Ce décodage du stalinisme lui vaut naturellement beaucoup d'inimitiés parmi les intellectuels français de gauche (Simone de Beauvoir en particulier). Francine Bloch figure parmi les très rares journalistes sympathisants communistes qui prennent la défense de l'œuvre et de l'homme.

Ayant demandé à rejoindre l'armée britannique, puis servi pendant un an dans le Royal Pioneer Corps (en), il est affecté en mars 1942 à la conception d'émissions et de films de propagande au ministère de l'Information. Dans ce cadre, il rencontre Jan Karski et lit à la BBC en mai 1943 le texte rédigé par Karski pour la radio : « L'extermination de masse des Juifs – Rapport d'un témoin oculaire ».

Après la guerre, Koestler, qui a conquis une notoriété internationale, est évidemment fasciné par la création de l’État d'Israël, création qu'il décrit de façon magistrale dans L'Analyse d'un Miracle[4].

Dans les débuts de la guerre froide, Arthur Koestler sert la propagande anticommuniste menée par les services de renseignements britanniques. Il est l’un des plus importants conseillers de l’Information Research Department lors de sa mise en place en 1948 et milite au sein du Congrès pour la liberté de la culture, association financée par la CIA dans sa politique de guerre froide culturelle[5]. Arthur Koestler est fait officier de l'ordre de l'Empire britannique (OBE) en 1972.

En 1976, à la recherche de ses origines, il écrit La Treizième Tribu, premier ouvrage qui conteste la thèse de l'expulsion des Juifs de Palestine par les Romains et qui avance l'idée d'une conversion massive de non-juifs par des prédicateurs juifs, en Europe de l'Est (royaume khazar) et en Afrique du Nord (Kabylie). Les idées de Koestler seront reprises trente ans plus tard par l'historien israélien Shlomo Sand dans Comment le peuple juif fut inventé.

S'étant intéressé à la parapsychologie au cours des années 1950, il devient membre de la Society for Psychical Research. Cette préoccupation se reflète dans ses ouvrages L'Étreinte du crapaud (1971), Les Racines du hasard (1972) et dans le roman Les Call-girls (1972). Il fait d'ailleurs un legs à l'université d'Édimbourg pour la fondation d'une unité de recherche dans ce domaine, effectivement inaugurée un an après sa mort

En 1979, il participe au comité de patronage de Nouvelle École, revue liée à la Nouvelle Droite. Atteint de la maladie de Parkinson et de leucémie, il met fin à ses jours par absorption de médicaments en 1983, conjointement avec sa troisième épouse Cynthia. Il défendait depuis longtemps l'euthanasie volontaire et était devenu en 1981 vice-président d'« Exit (en) ».

L’Encyclopædia Britannica lui est redevable de nombreux articles.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Arthur Koestler, Au chat qui louche [« Wie ein Mangobaumwunder »],
  • Arthur Koestler, Spartacus [« The Gladiators »], Calmann-Lévy, (1re éd. 1939) (ISBN 2702108954)
  • Arthur Koestler, Le Zéro et l'Infini [« Darkness at Noon »], Calmann-Lévy, (1re éd. 1945) (ISBN 2702135625)
  • Arthur Koestler, Croisade sans croix [« Arrival and Departure »], Calmann-Lévy, (1re éd. 1943) (ISBN 2702135676)
  • Arthur Koestler, La Tour d'Ezra [« Thieves in the Night »],
  • Arthur Koestler, Les hommes ont soif [« The Age of Longing »],
  • Arthur Koestler, Les Call girls [« The Call Girls »],
  • Arthur Koestler, Les Tribulations du camarade Lepiaf [« Die Erlebnisse des Genossen Piepvogel in der Emigration »], Calmann-Lévy, (1re éd. 1934) (ISBN 9782702158708)

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Arthur Koestler, Le Bar du crépuscule, une bouffonnerie mélancolique en quatre actes [« Twilight Bar : an escapade in four acts »], Éditions Aimery Somogy,

Essais[modifier | modifier le code]

  • Arthur Koestler, Le Yogi et Le Commissaire [« The Yogi and the Commissar and other essays »],
  • Arthur Koestler et Albert Camus (collab.), Réflexions sur la peine capitale, Paris, Gallimard, coll. « Folio », (1re éd. 1955) (ISBN 2070418464)
  • Arthur Koestler, Les Somnambules : essai sur l'histoire des conceptions de l'Univers [« The sleepwalkers : a history of man's changing vision of the universe »], Paris, Calmann-Lévy, (1re éd. 1959)
  • Arthur Koestler, Le Cri d'Archimède : l'art de la découverte et la découverte de l'art [« The Act of creation »],
  • Arthur Koestler, Le Cheval dans la locomotive [« The ghost in the machine »],
  • Arthur Koestler, L'Étreinte du crapaud [« The case of the midwife toad »],
    Un récit des recherches de Paul Kammerer sur le lamarckisme et les « coïncidences en série »
  • Arthur Koestler, Les Racines du hasard [« The roots of coincidence »],
    Suite de L'Étreinte du crapaud
  • (en) Arthur Koestler, « Anecdotal cases », dans Arthur Koestler (en collaboration avec Alister Hardy et Robert Harvie), The Challenge of Chance : A Mass Experiment in Telepathy and Its Unexpected Outcome,
  • (en) Arthur Koestler, « Speculations on problems beyond our present understanding », dans Arthur Koestler (en collaboration avec Alister Hardy et Robert Harvie), The Challenge of Chance : A Mass Experiment in Telepathy and Its Unexpected Outcome,
  • Arthur Koestler, La Treizième Tribu : L'Empire khazar et son héritage, (1re éd. 1976) (ISBN 2266031279)
    Article connexe : Khazars.
  • Arthur Koestler, Janus [« Janus : A Summing Up »], Calmann-Lévy, (1re éd. 1978) (ISBN 2702102875)
    La suite de Le Cheval dans la locomotive
  • Arthur Koestler, La Pulsion vers l'autodestruction, Éditions de l'Herne, (ISBN 2851976516)
  • Arthur Koestler, Analyse d'un miracle, Circé, coll. « Poche », (ISBN 2842420632)

Autobiographies[modifier | modifier le code]

  • Arthur Koestler, Un testament espagnol [« Spanish testament, Dialogue with death »],
  • Arthur Koestler, La Lie de la terre [« Scum of the earth »],
    Récit des persécutions du gouvernement français contre les étrangers, en 1939-1940.
  • Arthur Koestler, Ignazio Silone, Richard Wright, André Gide, L. Fischer, Stephen Spender et Richard Crossman (dir.), Le Dieu des ténèbres [« The god that failed »],
  • Arthur Koestler, La Corde raide [« Arrow in the blue »],
  • Arthur Koestler, Hiéroglyphes [« The invisible writing »],
  • Arthur & Cynthia Koestler, L'Étranger du square [« Stranger on the square »],
  • Arthur Koestler et Phil Casoar (édition établie par), Œuvres autobiographiques : La Corde raide, Hiéroglyphes, Dialogue avec la mort, La Lie de la terre, l’Étranger du square, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,

Préfacier[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Par ordre chronologique de parution :

  • (en) J. Atkins, Arthur Koestler,
  • P. Debray-Ritzen (dir.), Cahier Koestler, Paris, Éditions de l'Herne, Cahiers de l'Herne (no 27), , 468 p. (ISBN 9782851970213, présentation en ligne)
  • (en) S. A. Pearson, Arthur Koestler, (ISBN 0-8057-6699-5)
  • (en) Iain Hamilton, Koestler: A Biography, (ISBN 0-02-547660-2)
  • (en) George Mikes, Arthur Koestler: The Story of a Friendship, Londres, André Deutsch, (ISBN 0-233-97612-4)
  • (en) M. Levene, Arthur Koestler, (ISBN 0-8044-6412-X)
  • Mamaine Koestler, Living with Koestler: Mamaine Koestler's Letters 1945-51, (ISBN 0312490291)
  • (en) David Cesarani, Arthur Koestler : The Homeless Mind, (ISBN 0-684-86720-6).
  • (de) Christian G. Buckard, Arthur Koestler : Ein extremes Leben 1905–1983, (ISBN 3406521770)
  • Michel Laval, L'homme sans concessions. Arthur Koestler et son siècle, Paris, Calmann-Lévy, (ISBN 2702135668)
  • (en) Martin Mauthner, German Writers in French Exile, 1933-1940, Londres, (ISBN 9780853035404)
  • (en) Michael Scammel, Koestler : The Literary and Political Odyssey of a Twentieth-Century Skeptic, (ISBN 9780394576305)
  • Hanania Alain Amar, Arthur Koestler, la rage antitotalitaire, Paris, L'Harmattan, , 122 p. (ISBN 978-2-296-54798-8)
  • Hanania Alain Amar, Le Grand débat : fantaisie dramatique imaginant une rencontre Freud/Koestler,

Emissions radio[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [Mikes 1983], p. 76
  2. « George Orwell : Arthur Koestler (1944) », sur anti-mythes.blogspot.fr, (consulté le 8 août 2017)
  3. Jean-Marie Pottier, « À quoi ça ressemblait de gagner à Roland Garros sous l'Occupation nazie ? », slate.fr, 31 mai 2015.
  4. Arthur Koestler 1998.
  5. (en) Frances Stonor Saunders, Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle, Denoël, , 520 p. (ISBN 220725416X)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]