La Quinzaine littéraire

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La Quinzaine littéraire
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Bi-mensuel
Genre Presse nationale
Diffusion 11.000[1] ex. (2018)
Fondateur François Erval, Maurice Nadeau
Date de fondation
Ville d’édition Paris

ISSN 2270-2024

La Quinzaine littéraire, journal bi-mensuel, a été fondé en 1966 par Maurice Nadeau et François Erval. Près d'un millier de collaborateurs, d’universitaires, d'écrivains, de traducteurs et de spécialistes en leur domaine se sont succédé à la rédaction. La secrétaire de rédaction fut Anne Sarraute pendant plus de quarante ans, de 1966 à 2008.

En 2013, lui succède la publication La Nouvelle Quinzaine littéraire, dont la société éditrice homonyme dirigée par Patricia De Pas reprend le fonds de commerce de l'ancienne société en liquidation judiciaire, permettant à la publication de reparaître après une suspension de deux numéros (Source AFP, 31 octobre 2013[2]). La publication se poursuit de nos jours, sous la direction éditoriale de Jean-François Braunstein, Eddie Breuil, Yann Diener, Annie Franck, Serge Koster, Rafael Pic et Yves Surel.

En 2016, à la suite d'un désaccord sur les orientations éditoriales remontant à octobre 2015, une partie des collaborateurs en place décide de fonder un autre journal, se réclamant de l'esprit du fondateur, En attendant Nadeau.

Description[modifier | modifier le code]

Le journal a proposé des chroniques sur l'actualité des lettres et des sciences humaines. Plus d'un millier de collaborateurs, des universitaires, des journalistes, des traducteurs et des écrivains (dont quatre futurs académiciens : Jacqueline de Romilly, Angelo Rinaldi, Hector Bianciotti et Dominique Fernandez) ont participé à cette aventure de 1966 à 2013. Les contributeurs étaient tous bénévoles[3],[4].

Archives[modifier | modifier le code]

Les archives étaient disponibles en ligne permettant la recherche de 40 000 références d'articles chroniquant, dans tous les domaines, les œuvres éditées, produites ou présentées en France depuis plus de quarante ans. Par décision du tribunal de commerce, l'ensemble des archives a été transféré à La Nouvelle Quinzaine littéraire[5].

Historique[modifier | modifier le code]

1966-2013 — L'ère Nadeau[modifier | modifier le code]

La Quinzaine littéraire a été fondée en 1966 par Maurice Nadeau, alors directeur de la revue et collection « Les lettres nouvelles », et François Erval directeur de la collection « Idées » chez Gallimard[4]. L'idée du périodique étant de s'intéresser aux livres, entre la revue et le supplément littéraire, sur le modèle de The New York Review of Books qui venait de se créer[4].

François Erval fut directeur de publication de la Quinzaine littéraire de 1966 à 1973. Maurice Nadeau animait les comités de rédaction tous les quinze jours depuis 1966[6] et participait lui-même à la construction du journal de la mise en page allant jusqu'à la surveillance de l’impression[6].

Peu de temps avant sa mort, face aux difficultés du périodique menacé de dépôt de bilan, il avait publié un texte intitulé « Vous ne laisserez pas mourir La Quinzaine! », dans lequel il avançait l’idée de créer une société participative avec deux collèges, les lecteurs et amis de La Quinzaine et les collaborateurs, pour recapitaliser sa société mère avec une entrée à 100 euros minimum : « Ainsi, écrivait-il, chacun pourra devenir actionnaire et propriétaire de "son" journal »[4]. Maurice Nadeau cherche alors un repreneur pour porter le projet de relance de la publication[7].

La Nouvelle Quinzaine littéraire[modifier | modifier le code]

Le , Maurice Nadeau décède. La société SELIS, éditeur originel de la revue, publie le dernier numéro le 15 septembre 2013 et entre en liquidation judiciaire le 3 octobre 2013.

Patricia De Pas présente un projet de sauvetage du journal devant le Tribunal de commerce de Paris, qui l'accepte le 29 octobre (Source : Extrait des Minutes du Greffe, 29 octobre 2013). Le mandataire judiciaire transfère alors les actifs de la SELIS à une nouvelle société éditrice, La Nouvelle Quinzaine littéraire, dont l'un des actionnaires est la Société des Contributeurs et des Lecteurs de la Quinzaine littéraire (environ 400 souscripteurs) qui avaient répondu à l'appel de Maurice Nadeau en faveur de cette reprise[8].

Le premier numéro de La Nouvelle Quinzaine littéraire paraît le , après la suspension de La Quinzaine littéraire au mois d'octobre (Source AFP, Une nouvelle Quinzaine littéraire dans les kiosques, 31 octobre 2013).

En septembre 2015, la directrice de publication propose un projet de restructuration pour faire face à une baisse du lectorat et relancer l'intérêt pour le titre. Pour expliquer sa restructuration du journal, Patricia De Pas évoque des « turbulences » relatives à la ligne éditoriale du titre : « lettres de lecteurs déçus par la direction éditoriale qui avait succédé à Maurice Nadeau », « courrier du responsable d’une des plus grandes librairies parisiennes m’indiquant pourquoi il ne voulait plus diffuser notre journal (« une famille exclusive », « le népotisme qui règne au sein de votre rédaction ») », « confidences d'intellectuels attirant mon attention sur certaines formes de complaisances », l'auraient conforté dans sa décision[3].

En attendant Nadeau[modifier | modifier le code]

Tiphaine Samoyault, proche collaboratrice du journal, membre de la direction éditoriale, affirme dans Télérama que « l’ensemble des collaborateurs du journal, trente-cinq environ, tous bénévoles, nous a cooptés, Jean Lacoste, Pierre Pachet et moi, pour nous occuper de la direction éditoriale », Patricia De Pas, détentrice du capital, ne devait pas intervenir dans la ligne éditoriale conformément au souhait de Nadeau mais la direction a été évincée à partir du numéro du quinze octobre[9].

Il s'agit d'un véritable « putsch », d'un « autoritarisme aveugle » et d'un « despotisme qui ne dit pas son nom » de la part de Patricia de Pas selon Nicolas Dutent de L'humanité[10]. Cette intervention directe dans l'éditorial va à l’encontre de la culture collective héritée de Nadeau[10]. La grande majorité des collaborateurs refuse des « procédés qui vont à l’encontre des pratiques amicales »[10].

Le 13 janvier 2016, une grande partie des collaborateurs — tous bénévoles — annonce leur démission collective et la création d’un nouveau journal en ligne, gratuit et consacré à la littérature, aux sciences humaines et aux arts, En attendant Nadeau[11] en explicitant les motifs de leur départ[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Livres Hebdo 2018
  2. AFP, « Une nouvelle Quinzaine littéraire dans les kiosques », LExpansion.com,‎
  3. a et b [1]NQL, « Edito du numéro 1142 du journal (1er janvier 2016) », sur La Nouvelle Quinzaine littéraire, (consulté le 1er avril 2016).
  4. a, b, c et d Marion Van Renterghem, « Le dernier combat de Maurice Nadeau pour "La Quinzaine" », sur Le Monde.fr, (ISSN 1950-6244, consulté le 2 avril 2016).
  5. Extrait n°2013064328 des Minutes du Greffe du Tribunal de commerce, 29 octobre 2013.
  6. a et b Marion Van Renterghem, « Maurice Nadeau, éditeur génial et désargenté », sur Le Monde.fr, (ISSN 1950-6244, consulté le 1er avril 2016).
  7. « Solidarité avec "La Quinzaine" », Le Monde des Livres,‎ 17 mai 2013.
  8. Une nouvelle Quinzaine littéraire dans les kiosques, L'Express, 31 octobre 2013.
  9. Juliette Cerf, « Reprise en main musclée à “La Nouvelle Quinzaine littéraire” », sur Télérama, (consulté le 31 mars 2016)
  10. a, b et c Nicolas Dutent, « Qui veut tuer l’esprit de Maurice Nadeau ? », sur L'Humanité, (consulté le 31 mars 2016), incluant un droit de réponse de Patricia Du Pas.
  11. « Les dissidents de la Nouvelle Quinzaine Littéraire lancent un webzine », sur Livres Hebdo (consulté le 14 janvier 2016)
  12. Rédaction de En attendant Nadeau, « Editorial : Commencer un journal », sur www.en-attendant-nadeau.fr, (consulté le 2 avril 2016).

Liens externes[modifier | modifier le code]