Alain Duménil
| Naissance | |
|---|---|
| Nationalités | |
| Activité |
Alain Duménil, né le [1] à Neuilly-sur-Seine, est un homme d'affaires franco-suisse. Il est PDG d'Acanthe Developpement, société immobilière implantée dans le Triangle d'or à Paris[2]. Il était la 465e fortune de France en 2013 (70 millions d'euros)[3].
Alain Duménil a fait fortune en développant et vendant la banque familiale Duménil-Leblé. Il a ensuite investi dans l’immobilier à Paris via la société Acanthe Développement[4]. Il s’est ensuite diversifié dans l’industrie et dans le luxe, rachetant les marques Jean-Louis Scherrer et Stéphane Kélian, et en a lancé certaines en Bourse, comme le couturier Francesco Smalto et le joaillier Poiray[4]. Il fut également le propriétaire du quotidien économique romand L’Agefi[5].
Du fait de son implication dans plusieurs affaires judiciaires dont condamnation, de litiges commerciaux et de délits financiers, Alain Duménil jouit d'une réputation sulfureuse[6],[7],[8].
Un litige l'oppose par ailleurs à la DGSE depuis 2002. Cette année-là, le service de renseignement sollicite Duménil pour reprendre le groupe France Luxury Group, alors en difficultés financières, dans lequel il avait secrètement investi une vingtaine de millions d'euros via des fonds clandestins[9]. Ces investissements étaient depuis plusieurs années en situation critique : le général Philippe Rondot alertait dès 2002 sur des pertes de 180 millions de francs et de « très graves dysfonctionnements » dans la gestion de ces fonds. Alain Juillet, missionné par la DGSE pour trouver un repreneur, décrit alors une société « en faillite » et une situation « catastrophique »[10].
Les deux parties ont des versions divergentes de la suite. La DGSE estime avoir été spoliée lors d'une recapitalisation en 2003 qui a réduit ses parts à près de zéro. Duménil affirme avoir repris une société en perdition sans avoir été informé de l'implication du service, et avoir injecté 60 millions d'euros pour tenter de la redresser.
Biographie
[modifier | modifier le code]En 1975, sorti de HEC, Alain Duménil, hérite à l’âge de 26 ans, avec son frère Philippe[11] , de leur père[12],[13] de la société de courtage bancaire parisienne, la Banque Duménil-Leblé, fondée en 1912.
La fortune d'Alain Duménil, installé en Suisse depuis 1987, est estimé entre 100 et 200 millions de francs suisse en 2012 par l hebdomadaire suisse « Bilan ». L'année suivante, il sort du classement des 300 plus riches de Suisse, passant en dessous de la barre des 100 millions[14].
Reprise et développement de la Banque Duménil-Leblé
[modifier | modifier le code]La société de courtage en devises, Duménil‑Leblé s’est développée pendant des décennies comme maison de titres familiale de la place de Paris, élargissant ses services des changes vers les opérations sur obligations et restant non cotée jusqu’en 1984. Alain Duménil la transforme en établissement financier spécialisé en 1981 puis l’introduit au Second Marché en 1984[15].
L'établissement, transformé en banque d'affaires[12], prospère rapidement sous la férule de Jacques Letertre, à qui Alain Duménil a confié les clés en 1985. Jacques Letertre, qui appartenait à la direction du Trésor, âgé d'à peine 28 ans[16], multiplie par 50 le chiffre d'affaires de Duménil-Leblé[16].
Duménil-Leblé multiplie en effet « les bons coups » en bourse à une époque où les marchés financiers, dérégulés, explosent[16]. Durant ces « années folles de la finance »[17], Jacques Letertre, qualifié de "Raider[18]", se lance notamment à l'assaut du Groupe Rivaud, avec l'aide de la banque Stern, dirigée alors par Jean Peyrelevade. La prise de contrôle manque de peu mais le binôme en retirera une très importante plus-value[16].
En 1987, l'audace et les idées de Jacques Letertre séduisent Carlo De Benedetti , un homme d'affaires italien, et Alain Minc, alors président de Cerus (Compagnies européennes réunies). Il achète 25 % de la banque Duménil Leblé[19]. La même année, Alain Duménil s'établit en Suisse[20]. Cerus fusionne avec la banque en 1989[16]. L'année suivante, le bénéfice net de Duménil-Leblé est en augmentation de 18,5 %, à 79,68 millions de francs contre 67,21 en 1989. En ce qui concerne le groupe Duménil Leblé, le résultat net consolidé part du groupe s'établit à 65,64 millions de francs, en hausse de 28% par rapport à l'année précédente (50,9 millions)[21]. Cerus se résout à fermer la banque Duménil-Leblé en janvier 1996[16].
En 1994, il est la 52e fortune française avec 1,6 milliard de francs[22].
Docks Industriels - rebaptisés AD Capital
[modifier | modifier le code]En 1990, Alain Duménil prend le contrôle de cette société cotée au comptant[23].
Tentative d'OPA sur la Société générale de Belgique
[modifier | modifier le code]Associée à la banque Dumenil-Leblé, qui détient 18,6% du capital du groupe financier belge Société générale de Belgique, Cirus lance une OPA (Offre publique d'achat) contre le premier holding du pays en 1987[19].
Comptoir des Fers et Métaux
[modifier | modifier le code]Alain Duménil acquiert à titre personnel 51 % du capital du Comptoir des Fers et Métaux - ce qui valorise au total cette société cotée sur le marché au comptant à 25,1 millions de francs[23].
Société foncière Acanthe Développement
[modifier | modifier le code]En 1993, Alain Duménil rachète la société foncière Acanthe Développement dont le cours en bourse explose en 1999[24]. La cote de l'action passe, en effet, de 1,17 euro à la fin de 1998, à 15,80 euros fin 1999, pour atteindre 29 euros à l'été 2000. Son secret : « Une stratégie simple d'acquisitions différenciées qui consiste à acheter au creux de la vague pour revendre au-dessus de la fourchette, dans le cadre d'interventions de marchands de biens et dans un marché très actif de surfaces moyennes, comprises entre 1 000 et 5 000 mètres carrés. » L'actif est composé de 126 000 m2, de bureaux et de commerces (75 %) et de logements (25 %) pour une valeur totale de 1,95 milliard de francs, après travaux[25].
En 2001, la foncière augmente ses actifs de plus de 50 000 m2 pour atteindre 243 200 m2 — à Paris (34,5 %), en région parisienne (42,5 %) et en province (23 %) — pour une valeur, hors travaux, estimée à 488 millions d'euros[26].
Alain Duménil met en vente Acanthe Développement en avril 2004 mais en garde finalement le contrôle à 66,1 % via Ardor Investments[27]. Il recentre toutefois l'activité sur l'immobilier haut de gamme de bureaux parisiens et dispose alors d'un patrimoine évalué à 400 millions[27].
En 2024, la valeur de marché d'Acanthe représente 104,9 millions € - soit une surface de 9 374 m2 répartis entre bureaux (84,1%), locaux commerciaux (9,2%) et habitations (6,7%) dans le Triangle d'or[2].
Groupe Francesco Smalto
[modifier | modifier le code]Au début des années 2000, Alain Duménil se diversifie dans le secteur du luxe avec la volonté de constituer un groupe de « taille intermédiaire ». Il acquiert le groupe Smalto en 2001[28].
Alliance Designers
[modifier | modifier le code]Alain Duménil crée le groupe Alliance Designers en 2002 afin de racheter de petites sociétés de luxe en difficulté pour les relancer[29] dans l'objectif de créer un groupe de "luxe intermédiaire[30]". Ce groupe comptait environ 500 salariés en 2005 - avec un chiffre d'affaires de 750 millions d'euros en 2004.
En 2005, il reprend Féraud. Il est désigné en avril de la même année, repreneur du joailler parisien Poiray, en dépôt de bilan depuis juin 2004, par le tribunal de commerce de Paris. Il revendra la marque, les stocks, les dessins et les pas-de-porte au fonds familial AMS de Jean-Paul Bize[31].
En 2006, l'entreprise rachète la marque de chaussure René Mancini[32], fermée en 2010 : certaines des marques appartenant au groupe ont été revendues (Jean-Louis Scherrer en 2011[29]), d’autres ont pris leur indépendance[29], conservant Alain Duménil dans leur capital (Jacques Fath, Louis Féraud) et quelques-unes ont été introduites en bourse[29] (Smalto et Poiray). Une d'entre elles, Stéphane Kélian, a déposé le bilan en 2005, reprise ensuite par le groupe Royer.
France Luxury Group
[modifier | modifier le code]En 2002, Alliance Designers est contactée par la société France Luxury Group[28] que son actionnaire principale depuis 1995, la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) via ses fonds secrets, a des difficultés à gérer - "ce ne sont tout simplement pas des hommes d'affaires" explique un expert[33]. Le propriétaire des marques Jean-Louis Scherrer, Jacques Fath, Emmanuelle Khanh et du chausseur Harel connait des revers de fortune et cherche à se désengager.
Ces marques se sont ensuite vu rejoindre par d'autres parmi lesquelles Francesco Smalto, Stéphane Kélian, Louis Féraud ou encore Poiray[34]. Le 21 novembre 2002, Alain Duménil reprend 82 % du capital de FLG avec Alliance Designers, via un échange de titres, pour une introduction en Bourse[28]. Il dévoile sa stratégie dans Le Figaro : « J'essaie toujours dans mes investissements d'être à contre cycle, et de faire d'une certaine manière le bénéfice à l'achat[35]. ».
AD Industrie
[modifier | modifier le code]Au début des années 2000, Alain Duménil s'intéresse secteur industriel. Il crée en 2004 le groupe AD Industrie, devenu un acteur du secteur de la sous-traitance aéronautique, notamment auprès des motoristes (principalement Snecma, Turbomeca et Rolls-Royce[36][source insuffisante]), spécialisé en ingénierie mécanique et hydraulique[37]. Le Fonds stratégique d'investissement (FSI, détenu à 51 % par la Caisse des dépôts et à 49 % par l'Etat) investit en 2011 à hauteur de plus de 10 millions[38].
Groupe français intervenant sur les secteurs de l’aéronautique, de la défense et de l’énergie (dont nucléaire), et constitué par le rachat et l’intégration successive de PME françaises possédant certaines expertises, AD Industrie affiche en 2012 un chiffre d'affaires de 185 M€ et plus de 1 400 emplois[39][source insuffisante]. Lors de la 53ᵉ édition du Salon aéronautique du Bourget, l'entreprise française signe un accord avec le Maroc afin de doubler la capacité de son site de Midparc de Casablanca[40].
Activités culturelles
[modifier | modifier le code]Editions de L'Herne
[modifier | modifier le code]Alain Duménil a repris les éditions de L’Herne en 2003[41], maison d’édition indépendante fondée au début des années 1960 et située rue Mazarine à Paris.
Prix Duménil
Il crée en 2007 un prix littéraire doté de 60 000 euros[42] - qui fut longtemps le prix littéraire le mieux doté de France[43]. Le Prix Duménil, récompensait chaque année, en juin, le livre d'un auteur de langue française paru entre début janvier et fin avril. Le jury, présidé par le mécène et hommes d’affaires est composé d’Éric Neuhoff, Pascal Thomas, Stéphane Denis et Marc Lambron[44].
Parmi les laureats, on denombre Philippe Sollers[43] en 2007 ou Pascal Bruckner[45]en 2014.
Théâtre de Paris
[modifier | modifier le code]En 1997, Alain Duménil a été le propriétaire du Théâtre de Paris[41],[46] (situé 15, rue Blanche, dans le 9e arrondissement de Paris), il rassemble une salle de 1 100 places ainsi que le Petit Théâtre de Paris de 300 places dont il se séparera en , le revendant à Jacques-Antoine Granjon, le patron de Ventes-privées.com.
Presse
[modifier | modifier le code]Début 2009, le financier et industriel franco-suisse Alain Duménil rachète au groupe GSMN (Genolier Swiss Medical Network SA) 51 % du groupe de presse Agefi SA, qui détient en particulier L'Agefi, un quotidien économique suisse, pour 5 millions de francs suisses (environ 4 millions d’euros)[47].
Affaires judiciaires
[modifier | modifier le code]L’ex-banquier français et entrepreneur dans le monde du luxe est connu notamment pour s’être lancé dans un bras de fer financier et judiciaire avec la DGSE[48].
Banqueroute frauduleuse de la maison Kélian
[modifier | modifier le code]Alain Duménil a acquis pour 3 millions d’euros la maison Stéphane Kélian, chausseur français, fin 2003, alors en redressement judiciaire, après un premier dépôt de bilan. L’entreprise est alors séparée en onze entités distinctes, chargées notamment de la vente en boutique, des solderies, de la logistique ou encore de la production. Alain Duménil procède en 2005 à une augmentation de capital jugée frauduleuse de son groupe[29].
Alain Duménil est condamné par la Justice, le , à un an de prison avec sursis et 75 000 € d’amende pour complicité de banqueroute et complicité de faux en écriture et usage de faux en écriture dans le cadre de la liquidation de Stephane Kélian Production[49]. La justice lui reproche notamment d’avoir organisé la faillite de l’entreprise en 2005. Toutefois, le , la Cour européenne des droits de l'homme, saisie d'un recours pour violation des droits de la défense[50], a reconnu que la procédure n'avait pas été respectée (au motif que « la requalification opérée par la cour d'appel de Grenoble, en cours de délibéré, de l'infraction de banqueroute à complicité de banqueroute a privé le requérant de la possibilité de discuter contradictoirement le bien-fondé de l'accusation pénale dirigée contre lui et de présenter sa défense sur la nouvelle qualification retenue dans des conditions satisfaisant aux exigences de l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme »). La France a reconnu cette erreur de procédure.
Délit d'initiés
[modifier | modifier le code]L'Autorité des marchés financiers (AMF) impose à Alain Duménil une sanction de 500 000 euros pour avoir commis un délit d'initiés concernant la Foncière Paris Nord (anciennement « ADT »)[51]. Le 27 novembre 2014, cette décision est confirmée par la cour d'appel de Paris[52]. Le pourvoi d'Alain Duménil est rejeté par la cour de cassation le 11 mai 2017[53]
Fraude fiscale
[modifier | modifier le code]Alain Duménil, contribuable suisse depuis 1997[4], a reçu des dividendes exceptionnels de la société immobilière Acanthe Développement entre 2003 et 2011 pour un montant total de 54 millions de francs suisses, qu'il aurait omis de déclarer, ce qui correspondrait à un montant d'impôts soustraits de 20 millions de francs[20]. Le , les autorités fédérales judiciaires suisses mènent des perquisitions aux domiciles d'Alain Duménil à Crans-Montana et à ses deux adresses à Genève[4]. Alain Duménil invoque en vain son immunité diplomatique malgache[54].
Le , le tribunal correctionnel de Paris condamne Alain Duménil pour fraude fiscale à 1 an de prison avec sursis et 37 500 euros d'amende. Ce même tribunal a condamné solidairement Alain Duménil à payer les impôts dus avec la SAS Financière des Pins et Alliance Développement Capital SIIC[55].
Banqueroute d'Alliance Designers
[modifier | modifier le code]La Justice reproche à Alain Duménil d'avoir, en 2008, sorti d'Alliance Designers l'ensemble des parts du couturier Smalto pour les transférer à trois autres sociétés dont il était propriétaire, provoquant ainsi la faillite du groupe[56]. L'opération est jugée frauduleuse par le tribunal de commerce de Paris mais entre-temps Alliance Designers a été placé en liquidation[57].
France Luxury Groupe (Ex-EK Finances)
[modifier | modifier le code]Cette affaire l'oppose singulièrement à la DGSE qui avait investi dans la société de luxe des fonds d'État pour se prémunir en cas d'invasion du territoire[56]. A partir de 1995, la DGSE investit secrètement une vingtaine de millions d'euros dans des marques de textile de luxe (Emmanuelle Khanh, Jean-Louis Scherrer, Jacques Fath, Harel), regroupées au sein de la société EK Finances, via des sociétés écrans : la Financière Médicis, Portugal Luxembourg et Sozan Holding. Ces fonds proviennent d'un « patrimoine clandestin » du service de renseignement extérieur, constitué selon les récits officiels à partir des dommages de guerre allemands après 1918, et destiné à financer un éventuel gouvernement en exil en cas d'occupation du territoire. Ce patrimoine, géré hors budget public, n'est soumis à aucun contrôle parlementaire effectif[58].
Dès 2001, ces investissements sont en situation critique. Dans une note de septembre 2002 adressée à la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, le général Philippe Rondot, conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales, dénonce de « très graves dysfonctionnements dans la gestion des fonds spéciaux » et évalue les pertes à 180 millions de francs (environ 27 millions d'euros). Il critique l'utilisation du « trésor de guerre » pour « entretenir, chez quelques correspondants affairistes et mal contrôlés de la DGSE, leurs "danseuses" »[59]
Alain Juillet, ancien du Service Action et futur directeur du renseignement de la DGSE, est alors missionné par le service pour trouver une issue. Selon son témoignage en justice le 4 septembre 2023 devant le juge Vincent Lemonier, il découvre une société « en faillite » et une situation « catastrophique », avec 23,5 millions d'euros investis et plus de 22 millions d'euros de pertes. Il identifie également un risque de poursuites pour « soutien abusif » si le service continue à renflouer l'entreprise. Il recommande de vendre[60].
C'est dans ce contexte que la DGSE orchestre l'arrivée d'Alain Duménil au capital d'EK Finances (renommée France Luxury Group en janvier 2002). La mise en relation est assurée par Alain Juillet et Olivier Heckenroth, gestionnaire des fonds secrets du service via la société HV International. Un protocole d'accord est signé en juillet 2002, validé par Jean-Claude Cousseran, alors directeur de la DGSE. Selon le témoignage d'Alain Juillet, l'origine réelle des fonds n'est pas révélée à Alain Duménil : les investisseurs sont présentés comme provenant des Émirats ou du Proche. L'industriel est le seul candidat à la reprise et apporte dans l'opération la marque Smalto. Au moment de l'opération, la participation de la DGSE, minoritaire, est estimée à environ 14,86 %, pour une valeur de 10,8 millions d'euros[60].
La DGSE estime avoir été spoliée. Lors d'une augmentation de capital en août 2003, ses parts sont réduites de 26 % à 2,48 %. Le service considère qu'Alain Duménil a profité de la situation pour s'approprier des actifs de valeur, notamment des boutiques avenue Montaigne et rue du Faubourg-Saint-Honoré, sans contrepartie équitable. La DGSE réclame 15 millions d'euros, intérêts compris[59],[61].
En 2016, deux agents de la DGSE ont ainsi menacé l'entrepreneur lors de son arrivée à l’aéroport de Roissy afin de tenter de récupérer ses fonds.
Alain Duménil est poursuivi pour banqueroute et mis en examen[62] le . L'enquête est en cours.
À la suite d'une plainte déposée par l’homme d’affaires, la Justice ouvre une seconde enquête et met en examen Bernard Bajolet, alors directeur de la DGSE, en octobre 2022 pour « complicité d’extorsion et atteinte arbitraire à la liberté individuelle par dépositaire de l’autorité publique »[63]. Bernard Bajolet comparut, en , devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour « complicité de tentative d'extorsion et atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l'autorité publique »[64]. Le , il est condamné par le tribunal de Bobigny à un an de prison avec sursis[65].
Autres
[modifier | modifier le code]Le , il achète le château d'Alincourt dans l'Oise (à Parnes) dans une vente aux enchères, pour 4,57 millions d'euros[66]. Il tente alors de déloger les 80 familles locataires du parc dans un camping ouvert par l'ex-propriétaire en 1976, via une société de sécurité privée[66],[67],[68].
Le , Alain Duménil est contrôlé par trois policiers au volant d’une voiture lui appartenant immatriculée en plaque diplomatique du fait de sa fonction d'attaché culturel de la république de Madagascar auprès de l’ambassade de Genève en Suisse. Alain Duménil tient des propos agressifs et profère des insultes à l'encontre de ces personnes dépositaires de l'autorité publique dans l'exercice de leurs fonctions. Le , le tribunal a estimé que la plainte déposée ensuite par les trois fonctionnaires de police était recevable, étant donné qu’Alain Duménil, s’il était couvert par un statut diplomatique, ne pouvait dans le cas présent s’en prévaloir puisqu’il était de nationalité française[69]. Alain Duménil a démissionné de ses fonctions auprès de Madagascar le [54],[70].
Publications
[modifier | modifier le code]- La Fête royale (roman), Plon, (ISBN 978-2-259-20848-2, BNF 41257044)[71]
- Parfum d'empire : la vie extraordinaire de François Coty (biographie), Plon, (ISBN 978-2-259-21031-7, BNF 41491980)
- Rue Bassano (roman), Fayard, (ISBN 978-2-213-66851-2, BNF 42667462)Une histoire d'amour sous l'Occupation à Paris ayant lieu rue Bassano, où siège l'entreprise de l'auteur et homme d'affaires
Décorations
[modifier | modifier le code]
Officier de l'ordre national du Mérite (2003[72])
- Chevalier du 22 octobre 1995[73]
Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres (2004[74])
Officier de la Légion d'honneur (2024), après une suspension en 2014 pour dix ans[75],[76]
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Site edecideur.info, fiche de présentation de la société AD Industrie dont Alain Duménil est le président.
- « Profil société Acanthe Developpement, activité, actionnaires et dirigeants de l'entreprise ACAN - FR0000064602 - Boursier.com » [archive du ], sur boursier.com (consulté le ).
- ↑ « Classement 2013 Fortunes de France », Challenges.
- François Pilet, « Le propriétaire de L’Agefi est soupçonné d’avoir caché 54 millions au fisc », L'Hebddo, .
- ↑ « Alain Duménil acquiert 51 % du quotidien L’Agefi », sur agefi.com (consulté le ).
- ↑ « "Il faut que l’ex-patron de la DGSE soit jugé" : un homme d’affaires sulfureux accuse l’ex-patron du renseignement de tentative d'extorsion »
, RTL (consulté le ).
- ↑ Christel Brigaudeau, « L’ex-maître espion jugé pour un coup de pression dans l’affaire des millions perdus de la DGSE »
, (consulté le ).
- ↑ David Bensoussan, Antoine Izambard, « Le dernier combat du millionnaire Alain Duménil, bête noire de la DGSE »
, (consulté le ).
- ↑ Thierry Lévêque et Franck Renaud, « De de Gaulle à Rondot, aux origines du magot secret de la DGSE », Intelligence Online, (lire en ligne).
- ↑ Thierry Lévêque et Franck Renaud, « Alain Juillet, pompier de la DGSE pour sauver le "magot" en péril », Intelligence Online, (lire en ligne).
- ↑ Gabriel Milési, Les nouvelles 200 familles : les dynasties de l'argent, du pouvoir financier et économique, Paris, Belfond, , 376 p. (ISBN 978-2-714-42560-7), p. 181
- Nicolas Cori, « Duménil, un habile créateur de cash », sur Libération, (consulté le )
- ↑ Sébastien Ruche, « Présent dans la presse et l’immobilier en Suisse romande », sur Le Temps, (consulté le ).
- ↑ « Le propriétaire de «L’Agefi» aurait caché 54 millions au fisc », sur 24 heures, (consulté le )
- ↑ « Dumenil-Leble : une maison de titres au second marché », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- Renaud Lecadre, « La saga Duménil Leblé s'achève, le malade est débranché. La banque est officiellement morte, hier, après avoir planté Carlo de Benedetti de 3 milliards de francs. », sur Libération, (consulté le )
- ↑ Eric Leser, « La banque d'affaires Duménil-Leblé va disparaître », sur Le Monde, .
- ↑ Mireille Rusinak, Les bons, les brutes et les autres, Paris, P. Belfond, , 320 p (ISBN 978-2-714-42274-3), p 256
- Franck de Bondt, « OPA sur La Générale Belge », Sud Ouest, , p. 4
- « Le propriétaire de «L’Agefi» aurait caché 54 millions au fisc », sur 24 heures, (consulté le )
- ↑ Françoise Blind, « Duménil-Leblé va s'ouvrir à de nouveaux partenaires », Les Echos, , p. 14
- ↑ Philippe Cohen, Le bluff républicain : à quoi servent les élections ?, Paris, Arlea,
- « Alain Duménil reprend le Comptoir des Fers et Métaux », Les Échos, , p. 25
- ↑ « Acanthe Développement perçoit les dividendes de sa stratégie », Les Echos, (lire en ligne)
- ↑ « Acanthe Développement perçoit les dividendes de sa stratégie », Les Echos, , p. 21
- ↑ « Acanthe Développement espère un bénéfice en 2002 », Les Echos, , p. 39
- Renaud Honoré, « Acanthe Développement revoit son orientation stratégique », Les Échos, (lire en ligne)
- « Le groupe Alain Dumenil prend le contrôle de France Luxury group », AFP,
- « La marque Jean-Louis Scherrer tente de renaître de ses cendres », sur Les Échos, (consulté le ).
- ↑ Guillaume Guersan, « Alain Dumenil, homme d'affaires », sur Cadre & Dirigeant Magazine, (consulté le )
- ↑ « Joaillerie : Poiray, de l’art et de la difficulté d’être indépendant », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Alliance Designers rachète René Mancini », Fashion Network, (lire en ligne).
- ↑ Par Éric Pelletier Le 13 octobre 2016 à 07h00, « Sur la piste du magot des services secrets », sur leparisien.fr, (consulté le )
- ↑ « Alain Duménil va ajouter Poiray à son groupe de luxe », Les Echos, (lire en ligne).
- ↑ « Alain Duménil à la barre du France Luxury Group », Le Figaro Economie, no 18127, , p 2
- ↑ « AD Industrie - Atout Capital », sur Atout Capital, (consulté le ).
- ↑ Jean-Marc Faure, « AD Industrie rachète Exameca », sur La République des Pyrénées, .
- ↑ « Madelin, homme d'affaires... et de réseaux », sur Le Point, (consulté le )
- ↑ « Chiffres clés », sur adgroupe.com.
- ↑ « Aéronautique: AD Industries va doubler la capacité de son site à Midparc », sur Medias 24, .
- Nicolas Cori, « Duménil, un habile créateur de cash »
, sur liberation.fr, Libération, (consulté le ).
- ↑ « Alain Duménil : un prix à tout prix », Livres Hebdo, (lire en ligne).
- « Philippe Sollers et Anne Wiazemsky se partagent le prix Duménil (60.000 euros) », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
- ↑ « L'Herne – Prix Duménil », sur www.editionsdelherne.com (consulté le )
- ↑ Patrick Besson, « À tous prix », sur Le Point, (consulté le )
- ↑ Par Le 20 avril 2009 à 07h00, « Un millionnaire à la fortune diversifiée », sur leparisien.fr, (consulté le )
- ↑ « Alain Duménil s'empare du quotidien économique suisse L'Agefi », Performance Bourse, 9 février 2009.
- ↑ David Bensoussan, « Alain Duménil vend un appartement à 100.000 euros le mètre carré », sur Challenges, (consulté le )
- ↑ Liquidation de Stephane Kélian.
- ↑ CEDH, DUMENIL c. FRANCE, 5 juillet 2019, 63418/13.
- ↑ « AMF: Alain Duménil doit payer 500.000€ », sur Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ « SAN-2013-14 - Décision de la Commission des sanctions du 5 juin 2013 à l'égard des sociétés ADT, Lado, Y et Z et de MM. C, D, A et B », sur amf-france.org.
- ↑ Cour de cassation, « Arrêt du 11 mai 2017 », sur www.courdecassation.fr, (consulté le ).
- (de) Philippe Reichen et Thomas Knellwolf, « Widmer-Schlumpf liess Tresore von Verleger räumen », Tages-Anzeiger, (consulté le ).
- ↑ Gérard Davet et Fabrice Lhomme, « La DGSE et son magot secret dans les filets de la justice »
, Le Monde, (consulté le )
- Par Éric Pelletier Le 19 novembre 2016 à 07h00, « Alain Duménil poursuivi pour banqueroute », sur leparisien.fr, (consulté le )
- ↑ David Bensoussan, Antoine Izambard, « Révélations sur les soucis judiciaires d’Alain Duménil, la bête noire de la DGSE », sur Challenges, (consulté le )
- ↑ La Rédaction, « Alain Duménil vs la DGSE : les dessous d’un scandale de fonds secrets », sur Enderi (consulté le )
- Karl Laske, « L’affaire Bajolet révèle l’impossible contrôle du patrimoine caché de la DGSE », sur Mediapart, (consulté le )
- « France • Alain Juillet, pompier de la DGSE pour sauver le "magot" en péril - 06/01/2026 », sur Intelligence Online, (consulté le )
- ↑ « France • Alain Juillet, pompier de la DGSE pour sauver le "magot" en péril - 06/01/2026 », sur Intelligence Online, (consulté le )
- ↑ « Alain Duménil poursuivi pour banqueroute », sur leparisien.fr, (consulté le ).
- ↑ « La DGSE et son magot secret dans les filets de la justice », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Thierry Lévêque, « France : L'ex-directeur de la DGSE Bernard Bajolet jugé en pour un "coup de pression" du service », sur Intelligence Online, (consulté le ).
- ↑ « L’ex-patron de la DGSE Bernard Bajolet condamné à un an de prison avec sursis pour complicité de tentative d’extorsion », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- « À Alincourt, le nouveau châtelain a déclaré la guerre aux campeurs », sur L'Obs avec Rue89, .
- ↑ Gautier Lecardonnel, « Millionnaire, pas gérant de camping »(Archive.org • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?), Le Courrier picard, .
- ↑ Locataires harcelés au château d’Alincourt, Politis, 28 avril 2009 .
- ↑ Laurent Mauduit, « Un fait divers pitoyable en dit long sur les liens entre pouvoir et affaires », sur Mediapart, (consulté le ).
- ↑ François Pilet, « Le propriétaire de «L'Agefi» est soupçonné d’avoir caché 54 millions au fisc », L'Hebdo, (version du sur Internet Archive).
- ↑
« C’est le premier roman, ou plutôt un récit qui se lit comme un roman, de l’homme d’affaires Alain Duménil, passionné de littérature et fasciné par son personnage qui avait l’envergure d’un homme d’État. Un livre foisonnant qui conte en fait une fable, celle de l’écureuil (Fouquet), de la couleuvre (Colbert) et du soleil naissant (Louis XIV). »
— selon Marie-Catherine, dans Famille chrétienne
Cf. « La Fête royale », Famille chrétienne, (lire en ligne). - ↑ Voir sur legifrance.gouv.fr.
- ↑ « Décret du 14 mai 2003 portant promotion et nomination » (consulté le ).
- ↑ « Nomination ou promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres juillet 2004 », sur culture.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ « Alain Duménil et le "blé" de la DGSE », sur L'Express, (consulté le ).
- ↑ Laurent Lagneau, « La DGSE dément tout tentative d'extorsion à l'encontre d'un homme d'affaires franco-suisse », sur Zone Militaire, (consulté le ).
Liens externes
[modifier | modifier le code]
