Roger Nimier

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Roger Nimier
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Nom de naissance Roger Nimier de La Perrière
Naissance
Paris
Décès (à 36 ans)
Garches
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture française
Mouvement Hussards
Genres

Œuvres principales

Roger Nimier, né le à Paris et mort le [1] à Garches[2], est un écrivain français.

Romancier, journaliste et scénariste, il est considéré comme le chef de file du mouvement littéraire dit des « Hussards ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Fils de l'ingénieur Paul Nimier[3],[4] et de Christiane Roussel, Roger Nimier naît le 31 octobre 1925, quatre ans après sa sœur Marie-Rose, née en 1921, et six ans après un premier Roger Nimier, né et mort en 1919. La famille habite sur le boulevard Pereire, dans le XVIIe arrondissement de Paris. Son père meurt alors qu'il n'a que quatorze ans.

De 1933 à 1942, il fréquente le lycée Pasteur de Neuilly. Il y est un élève brillant ; Michel Tournier, son condisciple en classe de philosophie, juge sa précocité « un peu monstrueuse » et son intelligence et sa mémoire « hors du commun »[5]. En 1942, il obtient un premier accessit au concours général de philosophie.

Après son baccalauréat, il commence des études à la Sorbonne à la rentrée de 1942, tout en étant employé par la maison de philatélie Miro, dirigée par son oncle[6].

Le 3 mars 1945, il s'engage au 2e régiment de hussards, situé à Tarbes ; il est démobilisé le 20 août 1945.

Premiers romans[modifier | modifier le code]

Nimier écrit dans un style proche de Giraudoux et de Cocteau un premier roman très autobiographique, L'Étrangère, qui sera publié après sa mort.

Il est publié pour la première fois à vingt-trois ans, avec Les Épées (1948), un roman plein d'insolence, mêlant la tendresse à la provocation politique dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale.

Deux années plus tard, paraît son roman le plus célèbre, Le Hussard bleu, qui renouvelle la veine des Épées et où il ré-emploie le personnage de François Sanders. En 1950 également paraissent le roman Perfide et Le Grand d'Espagne, un essai historico-politique au ton pamphlétaire qu'il conçoit comme un hommage à Georges Bernanos.

En 1951, Roger Nimier publie Les Enfants tristes, puis, en 1953, Histoire d'un amour. Suivant le conseil de Jacques Chardonne, qui juge sa production de cinq livres en cinq ans, trop rapide, il décide alors de ne publier aucun roman pendant dix ans[7].

Entre-temps, Bernard Frank l'a sacré chef de file des Hussards en décembre 1952, dans un article célèbre paru dans Les Temps modernes, le nom de « Hussards » faisant référence au Hussard bleu.

Édition et critique littéraire[modifier | modifier le code]

La période d'abstinence romanesque n'est pas pour autant une période de silence. Nimier se consacre à la critique, notamment dans la revue Opéra qu'il dirige ; à la politique à travers des chroniques parues dans l'hebdomadaire royaliste La Nation française ; à l'édition comme conseiller auprès de Gaston Gallimard ; et au cinéma, notamment aux côtés de Louis Malle, avec qui il écrit le scénario d'Ascenseur pour l'échafaud.

Nimier s'élève vigoureusement contre l'asservissement de la littérature à la politique. François Mauriac est un des rares écrivains non conformistes qui partagent cette opinion et lui écrit ainsi un courrier avant de recevoir son prix Nobel : « Vous êtes le seul de votre génération. C'est vous qui délivrerez la littérature de l'engagement qui l'étouffe »[8].

Critique redoutable et éditeur courageux, il sort de l'oubli où l'opprobre voulait les jeter Céline, Morand et Chardonne, qui deviendront ses proches[9],[10].

Sur le chapitre politique, il cultive volontiers un certain anticonformisme de droite : Charles Maurras et l'Action française ont exercé sur lui une influence qu'il reconnaît. Il signe en 1960 le « Manifeste des intellectuels français » qui répond au Manifeste des 121 et soutient l'action de la France en Algérie.

Retour au roman et mort accidentelle[modifier | modifier le code]

Son ami Louis Malle vient tout juste de le solliciter pour l'adaptation au cinéma du Feu follet de Drieu la Rochelle lorsqu'il trouve la mort le 28 septembre 1962, dans un accident de voiture au volant de son Aston Martin DB4. Sa voiture percute un pylône de l'autoroute de l'Ouest[11] sur le pont de la Celle-Saint-Cloud[2],[12], et l'écrivain Sunsiaré de Larcône à ses côtés meurt aussi des suites[13] de l'accident. Nimier allait avoir trente-sept ans. Amateur de voitures (il possédait aussi une Jaguar et une Delahaye), il en parlait souvent et écrivait à leur propos. Il avait conclu son roman Les Enfants tristes par la description d'un accident de voiture[14].

Tombe de Roger Nimier au cimetière Saint-Michel de Saint-Brieuc.

Son dernier roman, D'Artagnan amoureux, est publié quelques mois après. Ce roman posthume qui imagine le désarroi amoureux du héros de Dumas, annonçait peut-être une nouvelle phase dans l'œuvre de Nimier. Le roman inachevé au jour de son décès est achevé par Antoine Blondin qui écrit les deux derniers chapitres.

Les obsèques de Roger Nimier ont lieu le 3 octobre 1962 en la chapelle de l'hôpital de Garches, suivies par son inhumation, l'après-midi, au cimetière Saint-Michel de Saint-Brieuc où est également enterré le père d'Albert Camus.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Roger Nimier épouse Nadine Raoul-Duval (née en 1927), sœur cadette de Claude Raoul-Duval (1919), compagnon de la Libération et arrière-petite-fille d'Edgar Raoul-Duval (1832-1887), député de l'Eure, lui-même petit-fils du célèbre économiste Jean-Baptiste Say (1767-1832)[15].

Le couple a trois enfants, dont Martin (né le 27 janvier 1956) et l'écrivain Marie Nimier[16] (née le 26 août 1957).

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Un prix littéraire porte son nom ainsi qu'un cercle littéraire, association loi de 1901, le Club Roger Nimier[17],[18].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Publiées à titre posthume :

  • 1962 : D'Artagnan amoureux ou Cinq ans avant, roman, Gallimard, 283 pages ; adapté à la télévision.
  • 1965 : Journées de lectures, préface de Marcel Jouhandeau, Gallimard, 274 pages.
  • 1968 : L’Étrangère, préface de Paul Morand, Gallimard, 219 pages.
  • 1981 : L’Élève d’Aristote, Gallimard, éd. établie, introduite et annotée par Marc Dambre, 285 pages.
  • 1986 : Paméla eut le tort de répéter sa phrase, nouvelle illustrée par une lithographie originale de Bengt Lindström, éd. établie et présentée par Marc Dambre, préfacée par Dominique Rolin, tirée à 165 exemplaires dont 15 hors commerce, imprimée par l’Imprimerie Nationale sur vélin d’Arches (32,5 cm x 24,7), placée sous emboîtage toilé comportant la reproduction de la signature des artistes, Association des Cahiers Roger Nimier éditeur, 2e trimestre, 23 pages.
  • 1990 : Les Écrivains sont-ils bêtes ? , essais, Rivages, choix établi, annoté et préfacé par Marc Dambre.
  • 1989 : Les Indes galandes, nouvelles et contes, Rivages, éd. établie et présentée par Marc Dambre.
  • 1999 : Variétés, L'Air du temps (1945-1962), Arléa, textes choisis et présentés par Marc Dambre.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Adaptation à l'écran[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Aymé, Roger Nimier, Paris, « Livres de France », février 1967.
  • Yves Berger, Roger Nimier, dans Écrivains d’aujourd’hui, Paris, Grasset.
  • Antoine Blondin, André Fraigneau, Roger Nimier, Paris, « Accent grave », Laffont, 1964.
  • Pierre Boutang, Les Abeilles de Delphes, Paris, La Table ronde.
  • Jacques Chardonne, Lettres à Roger Nimier, Paris, Grasset.
  • Marc Dambre, Roger Nimier, Hussard du demi-siècle, Paris, Flammarion, 1989.
  • Marc Dambre et collectif, Cahier Roger Nimier, Paris, l'Herne, 2012.
  • Olivier Frébourg, Roger Nimier. Trafiquant d'insolence, Monaco, Éditions du Rocher, 1989.
  • Christian Millau, Au galop des Hussards, Paris, Fallois, janvier 1999.
  • Alain Sanders, Roger Nimier : hussard bleu et talon rouge, Éditions de Paris, 2006.
  • Philippe Barthelet et Pierre-Guillaume de Roux (dir.), Roger Nimier, Antoine Blondin, Jacques Laurent et l'esprit Hussard, Éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2012

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon la transcription de son acte de décès, il est décédé à l'hôpital, à 23 heures 45.
  2. a et b Olivier Frébourg, Roger Nimier. Trafiquant d'insolence, éditions du Rocher, , 166 p., p. 17.
  3. Paul Nimier (1890-1939) a notamment été l'inventeur de la télécommande de l'éclairage public, mise au point après sa mort, et de l'horloge parlante de l'Observatoire (Marc Dambre, Roger Nimier hussard du demi-siècle, Paris, Flammarion, 1989, p. 36).
  4. Il est le petit-fils de Joseph Laurent Hillion (1821-1891), député des Côtes du Nord (1885-1889).
  5. Michel Tournier, Le Vent Paraclet, Paris, Gallimard, 1977, p. 154.
  6. Marc Dambre, Roger Nimier hussard du demi-siècle, Paris, Flammarion, 1989, p. 39.
  7. « Je jure de ne plus publier de romans avant dix ans – si la terre et Nimier durent dix ans. », lettre de Roger Nimier à Jacques Chardonne du 2 juin 1953, publiée dans : Jacques Chardonne et Roger Nimier, Correspondance (1950-1962), édition établie par Marc Dambre, Paris, NRF, Gallimard, 1984, p. 101.
  8. Christian Millau, Au Galop des Hussards, éditions Fallois, 1999, page 50
  9. http://salon-litteraire.com/fr/roger-nimier/review/1805459-roger-nimier-l-officier-perdu
  10. http://www.lerideau.fr/pierre-guillaume-de-roux/7774
  11. « Destin ou accident », sur www.securite-routiere.org, Sécurité routière (consulté le 4 juin 2010)
  12. Selon les sources journalistiques de l'époque, Roger Nimier est mort sur le coup, ou peu après son arrivée à l'hôpital de Garches, voire pendant son transfert vers cet hôpital. Son acte de décès est enregistré le 29 septembre 1962 à Garches et le déclare décédé à l'hôpital le 28 septembre à 23 h 45. L'acte de transcription de décès no 1153 du 7 octobre 1962 est consultable sur le site des archives de Paris.
  13. Dans son ouvrage "Roger Nimier, Hussard du demi-siècle, Paris, Flammarion, 1989, page 552, Marc Dambre indique qu'elle serait décédée le lendemain matin, 29 septembre 1962.
  14. Le Journal du Dimanche, 30 septembre 1962
  15. Elle a un fils d'un premier mariage : Hugues d'Astier de la Vigerie, petit-fils de François d'Astier de La Vigerie.
  16. Mère de deux fils : Elio David (né en 1993) et Merlin David (né en 1994) de son union avec le Franck David (né en 1967).
  17. « Club Roger Nimier », sur journal-officiel.gouv.fr, (consulté le 16 mars 2016)
  18. « Club Roger Nimier », sur http://clubrogernimier.com/ (consulté le 16 mars 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]