François Jullien

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François Jullien
François Jullien par Claude Truong-Ngoc octobre 2013.jpg

François Jullien en 2013.

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Prix Hannah Arendt (en) ()
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François Jullien, né le à Embrun (Hautes-Alpes), est un philosophe français, helléniste et sinologue.

Il a commencé par se déplacer d'Europe en Chine, qu'il a choisie comme ailleurs, pour dépayser la pensée : à la fois découvrir d'autres possibles de l'esprit et remonter dans les "évidences” de la pensée européenne, qui ne sont que l'expression de ses parti-pris, pour questionner son questionnement.

D'un tel décalage des perspectives découlent de premiers travaux portant sur la morale, l'efficacité et la stratégie, les conceptions de la littérature ou de la peinture. En résulte une entreprise de déconstruction, procédant non plus du dedans de la pensée européenne, mais d'un dehors, celui d'une langue-pensée, la chinoise, demeurée si longtemps extérieure à l'Europe.

A partir de ce vis-à-vis, François Jullien a été conduit à reconsidérer la diversité culturelle : non plus en termes de “différences” supposant une “identité" des cultures et leur possible “comparaison” ; mais en termes d'écart leur per­mettant de se ré-envisager l'une par l'autre et de déployer entre elles un commun de l'intelligible. La notion de “dia­logue” des cultures y trouve alors sa pertinence : non plus par tolérance des différences, mais parce que la raison — par dé- et re- catégorisation — s’y remet en chantier.

De cette réflexion engagée entre les langues et les pensées, ainsi que des enjeux qui s’en dégagent, François Jullien a développé, depuis, une pensée promouvant l'existence qui prend le contre-pied tant des banalités de la sagesse que du marché du “Développement personnel”.

François Jullien est un des penseurs contemporains les plus traduits dans le monde.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien élève de l’école normale supérieure de la rue d’Ulm et agrégé de l’Université (1974), il a ensuite étudié la langue et la pensée chinoises aux universités de Pékin et de Shanghai (1975-1977). Il a été ensuite responsable de l'Antenne française de sinologie à Hong-Kong (1978-1981), puis pensionnaire de la Maison franco-japonaise à Tokyo (1985-1987)[1]. Il a obtenu un doctorat de troisième cycle en 1978, puis le doctorat d'État en études extrême-orientales en 1983.

Il a été successivement président de l'Association française des études chinoises (de 1988 à 1990), directeur de l'UFR Asie orientale de l'université Paris-Diderot (1990-2000), président du Collège international de philosophie (1995-1998), professeur à l'université Paris-Diderot et directeur de l'Institut de la pensée contemporaine[2] ainsi que du Centre Marcel-Granet[3][1]. Il a été membre senior de l'Institut universitaire de France de 2001 à 2011[4].

Il a dirigé plusieurs collections aux Presses universitaires de France ainsi que l'Agenda de la pensée contemporaine aux PUF[5], puis aux éditions Hermann[6].

Il est actuellement titulaire de la chaire sur l'altérité créée à la Fondation Maison des sciences de l'homme[7].

De nombreux colloques ont été organisés autour de sa pensée, en France et à l'étranger (Allemagne, Argentine, Chine, Taïwan, Vietnam...), dont les derniers se sont tenus à l'université Paris-Diderot et à la Bibliothèque nationale de France (décembre 2010), sous le titre « Dérangements-Aperçus, Autour du travail de François Jullien » (actes du colloque publiés chez Hermann en 2011[8]) ; à l'université normale de Pékin (décembre 2012), « Dialogue au sommet » avec Cheng Chung-Ying actes publiés sous le titre « Sixiang yu fangfa », décembre 2014[9]) ; à Cerisy-la-Salle (septembre 2013), « Des possibles de la pensée, l'itinéraire philosophique de François Jullien »[10], (actes parus chez Hermann, mars 2015) ; à l'Academia sinica de Taïwan, novembre 2013[11][12] (actes parus en 2015).

En 2010, il a reçu, en Allemagne, le Prix Hannah Arendt pour la pensée politique[13] ; et, en 2011, le Grand prix de philosophie de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre[14].

Marcel Gauchet a présenté ainsi le travail de François Jul­lien :

« Le travail de François Jullien me semble s’ins­crire dans la grande lignée de ce qu'a été le programme, non écrit mais ô combien agissant, de ce que j'appellerai l'école anthropologique du XXe siècle. Ecole française, mais pas seulement, qui a vu s’épanouir les travaux de Durkheim, de Mauss, de Granet, de Levi-strauss et de quelques autres encore. L'école, en un mot, du décentre- ment occidental. [...] Ces différentes entreprises nous ont offert la possibilité de penser d'un dehors, pour reprendre une expression de François Jullien qui me semble parti­culièrement heureuse. [...] Mais François Jullien ne s’est pas contenté d'ajouter à cet effort, qui compte parmi les plus difficiles qui soient. Il a en effet porté cet effort de décentrement à son point d'accomplissement, car il l'a re­tourné vers l'Occident. Cela en se portant sur le terrain de la philosophie, ce que nul avant lui n'avait vraiment fait, et en se confrontant à l'altérité chinoise qui offrait, il est vrai, un support privilégié. Il a poussé l'effort de décen­trement plus loin que ne l'avaient fait ses prédécesseurs. Il nous a appris à regarder notre pensée la plus théorique et la plus abstraite, celle qui intéresse les catégories de base grâce auxquelles nous appréhendons spontanément n'importe quel objet, d'ailleurs : il s’est fait l'ethnologue de notre univers conceptuel »[15].

À l'occasion de la remise à François Jullien du Grand prix de philosophie de l'Académie Française pour l'ensemble de son œuvre (2011), Angelo Rinaldi a présenté ainsi son travail :

« La variété des sujets auxquels s’est attaché ce philosophe sinologue pourrait faire croire à une œuvre dispersée. Il y a au contraire, chez François Jullien, une forte unité de pensée et de parcours. Pierre Nora la ré­sume d'une formule : penser entre la Chine et la Grèce. D s’agit en effet de réfléchir à l'impensé de notre pensée, dont la Grèce a posé les fondements. Et, pour ce faire, la Chine offre les moyens d'une prise oblique, une possibili­té de nous retourner sur nous-mêmes et de nous considé­rer du dehors. C'est à la constitution de cette extériorité que s’attache d'abord François Jullien, l'autre versant de son travail étant de revenir aux fondamentaux de la pen­sée européenne. A l'horizon de ces chemins l'attendent des questions générales qui nous intéressent tous directe­ment : y a-t-il un universel, que peut-on avoir en commun, quelles significations ont l'unité, la différence et la confor­mité ? En définitive, c'est ce que l'on appelle aujourd'hui le “dialogue des cultures” qui est au centre des préoccu­pations de ce philosophe, et c'est ce thème, constamment présent, qui lui donne son actualité »[16].

François Jullien est l'un des penseurs contemporains les plus traduits à l'étranger (dans quelque vingt-cinq pays) : plus d'une vingtaine de ses essais sont traduits en alle­mand, en italien, en espagnol ou en vietnamien ; plus d'une douzaine en anglais, en chinois et en portugais.

La plupart des livres de François Jullien sont réédités en édition de “Poche”. (Seuil, Hachette, Gallimard).

Présentation de son travail et concepts[modifier | modifier le code]

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Ayant ouvert son chantier dans l'« écart » des pensées de la Chine et de l'Europe, François Jullien n'a cessé d'organiser leur vis-à-vis, plutôt que de les comparer, afin de déployer entre elles un champ commun de réflexion. Étant conduit ainsi à circuler entre des domaines aussi divers que la morale, l'esthétique, la stratégie, les pensées de l'Histoire comme de la nature, il a en vue, par cette « déconstruction » menée du dehors, de détecter les partis-pris enfouis, de part et d'autre, ainsi que de faire apparaître notre impensé. Façon aussi de promouvoir les ressources ou « fécondités » des langues et des cultures, plutôt que de les considérer sous l'angle de leur « différence » ou de leur « identité » ; ainsi que de relancer la philosophie en la désenlisant de ses atavismes comme en la purgeant de ses trop faciles « évidences ». Cette démarche n'a pas manqué de produire des dérangements, tant en philosophie que dans l'orientalisme. Face à quoi, François Jullien a montré que c'est en faisant travailler des « écarts » - qui, en ouvrant une distance, font apparaître de l'« entre » et mettent en tension la réflexion - qu'on peut produire du « commun » ; et non pas à partir du « semblable », qui ne produit que de l'uniforme qu'on prendrait à tort pour de l'« universel ». De ce chantier ouvert entre les langues et les pensées de la Chine et de l'Europe, François Jullien a dégagé, depuis, une pensée du « vivre », faisant sortir de la pensée de l'Être qui est le parti-pris majeur de la pensée grecque. Il en résulte une philosophie générale qui se déploie en philosophie de l'existence et dont on peut suivre d'autres développements récents dans sa réflexion sur l'« intime » ou sur le « paysage ». On se reportera, pour une présentation d'ensemble de son travail, à De l'Être au vivre, lexique euro-chinois de la pensée, 2015.

Au-delà des domaines de l'orientalisme et de la philosophie, l'œuvre de François Jullien a rencontré un intérêt croissant auprès d'autres publics.

Dans le monde du management, notamment à partir des concepts de potentiel de situation à distinguer du « plan d'action » ; de maturation (des conditions) opposée à la modélisation projetée ; ou de « transformation silencieuse » amorcée pour induire le changement plutôt que de l'imposer. Cf. Traité de l'efficacité, 1997 ; Conférence sur l'efficacité, 2005. Dans le monde des psychologues et des analystes : notamment à partir du concept de « transformation silencieuse » (cf. Les transformations silencieuses, 2009) ; de la distinction de la parole et du dire (cf. Si parler va sans dire, 2006) ; de la pensée de l'allusif, de la disponibilité, du biais et de l'obliquité (cf. Cinq concepts proposés à la psychanalyse, 2012).

Dans le monde de l'art, notamment à partir des concepts de transformation silencieuse, de « grande image » (« La grande image n'a pas de forme ») ; d'essor et d'étale (l'étale est le déterminé, complètement advenu, mais dont l'effet est perdu ; l'essor désigne l'amont de l'effet, quand celui- ci est encore en procès, à l'œuvre et ne s’est pas étalé) ; de frontal et d'obliquité (au frontal de la représentation, on peut préférer l'« oblique » de l'évocation : « peindre les nuages pour évoquer la lune ») ; de cohérence opposé à sens (si l'œuvre ne délivre plus un « sens », ne tient-elle pas par sa co-hérence lui conférant sa con-sistance, la faisant « tenir ensemble » en tant qu'œuvre) ; d'évasif (opposé à l'assignable), d'allusif (opposé au symbolique) ; d'écart et d'entre : tandis que la différence, reposant sur une distinction, spécifie une essence et range dans la connaissance, l'écart, ouvrant une distance, maintient en tension ce qu'il a séparé ; en même temps qu'il produit un dérangement, il fait apparaître de l'entre par la distance ou-verte. Si l'« entre » est ce que n'a pas pu penser l'ontologie, puisqu'il n'a pas d'en-soi, autrement dit d'essence, il est, en revanche, par où [cela] passe, se passe : le lieu de l'opératoire et de l'effectif. Cf. Éloge de la fadeur, 1991 ; Le Nu impossible, 2000 ; La grande image n'a pas de forme, 2003 ; Cette étrange idée du beau, 2010.

Critiques[modifier | modifier le code]

Le travail de François Jullien a été critiqué par certains sinologues, au premier rang desquels Jean François Billeter. Celui-ci a principalement publié deux textes contre François Jullien et sa méthode : « Comment lire Wang Fuzhi ? »[17], cet article s'oppose au livre Procès ou création (1989). François Jullien a répondu au premier de ces textes dans « Lecture ou projection : Comment lire (autrement) Wang Fuzhi ? »[18].

Le second texte est Contre François Jullien[19], ce livre critique l'ensemble de l'œuvre de Jullien. En réponse, François Jullien publie Chemin faisant, connaître la Chine, relancer la philosophie. Critique critiquée à son tour dans un recueil d’articles de plusieurs intellectuels dont Alain Badiou : Oser construire : Pour François Jullien. Ainsi que dans un DVD : « Disponibilité de la pensée chinoise » de Jean-Hugues Larché[18][20].

Réponses et arguments[modifier | modifier le code]

François Jullien a répondu à la critique de vouloir faire de la Chine « une altérité » dans Chemin faisant. Connaître la Chine, relancer la philosophie[21]. Il y montre, preuves à l'appui, que Jean-François Billeter cite entre guillemets, mais sans références, des formules inventées de toutes pièces et tente de construire une image fantaisiste de l'œuvre de François Jullien pour tenter de caler contre elle ce qui serait sa propre position. Car il ne faut pas confondre extériorité et altérité : l'extériorité de la Chine, dont part François Jullien, se constate dans la langue aussi bien que dans l'Histoire ; l'altérité, elle, est à construire et se retrouve également comme « hétérotopie interne » des deux côtés, européen et chinois[22]. Bien loin donc d'isoler la Chine en un monde à part, le travail de François Jullien tisse, maille après maille, un filet problématique entre la Chine et l'Europe qui permet de capter un impensé ; et contribue à construire les conditions d'une nouvelle réflexivité entre les cultures.

Concernant plus précisément la critique à engager à l'encontre de l'idéologie chinoise, François Jullien rappelle qu'il en a traité dans maintes parties de son travail : La Propension des choses[23], (chapitre un) ; Le Détour et l'accès[24] (chapitres I à VI) ; Un sage est sans idée[25] (seconde partie, chapitre VII). Il n'a donc rien à voir avec ceux qui se sont complu dans l'image d'une Chine « autre » par désir de l'étrange et tentation exotique. Mais il se sépare tout autant de ceux qui, comme Billeter, s’autorisant de la pensée d’un "fond commun", manquent ainsi les chances d'une diversité de la pensée humaine, elle qui fait sa ressource. Car il faut refuser à la fois l'universalisme facile (à partir de son ethnocentrisme) et le relativisme paresseux (aboutissant au culturalisme). C'est ainsi que François Jullien comprend le dialogue des cultures : à la fois le dia de l'écart faisant apparaître la fécondité d'une pensée multiple et le logos permettant à celles-ci de communiquer entre elles dans une commune intelligence[26].

Il a aussi été répondu collectivement à la critique de Jean-François Billeter dans Oser construire, Pour François Jullien avec des contributions notamment de Philippe d'Iribarne, Jean Allouche, Jean-Marie Schaeffer, Wolfgang Kubin, Du Xiaozhen, Léon Vandermeersch, Bruno Latour, Paul Ricœur, Alain Badiou[27].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de François Jullien[modifier | modifier le code]

  • Lu Xun. Écriture et révolution, Paris, Presses de l’École normale supérieure, , 128 p. (ISBN 2-7288-0061-8)
  • La Valeur allusive : Des catégories originales de l’interprétation poétique dans la tradition chinoise, Paris, École française d'Extrême-Orient, , 312 p. (ISBN 2-85539-744-8)
  • La Chaîne et la trame. Du canonique, de l’imaginaire et de l’ordre du texte en Chine, Extrême-Orient/Extrême-Occident, Presses Universitaires de Vincennes, Collection « Quadrige », PUF, , chap. 5, 11 et 12.
  • Procès ou Création. Une introduction à la pensée des lettrés chinois, Seuil, .
  • Éloge de la fadeur. À partir de la pensée et de l’esthétique de la Chine, Philippe Picquier, .
  • La Propension des choses. Pour une histoire de l’efficacité en Chine, Seuil, .
  • Figures de l’immanence. Pour une lecture philosophique du Yi king, Grasset, .
  • Le Détour et l’Accès. Stratégies du sens en Chine, en Grèce, Grasset, .
  • Fonder la morale. Dialogue de Mencius avec un philosophe des Lumières., Grasset, .
  • Traité de l'efficacité, 234 p., Paris, Grasset, 1997 ; réed. Le Livre de Poche, 2002.
  • Un sage est sans idée ou L’Autre de la philosophie, Seuil, , 237 p. ; réed. Colletion "Points", Seuil, 2013.
  • De l'Essence ou du nu, 152 p., Paris, Seuil, 2000 ; réed. "Points" Seuil, Le Nu impossible, 2005.
  • Du « temps ». Éléments d’une philosophie du vivre, Grasset, .
  • La Grande image n’a pas de forme ou Du non-objet par la peinture, Seuil, .
  • L'Ombre au tableau, du mal ou du négatif, 186 p., Seuil, Paris, 2004 ; réed. "Points" Du mal / du négatif, 2006.
  • Nourrir sa vie. À l’écart du bonheur, Seuil, , traduction : en allemand (Merve Verlag, Berlin, 2006) ; en italien (Cortina, Milan, 2006).
  • Conférence sur l’efficacité, PUF, .
  • Si parler va sans dire. Du logos et d’autres ressources, Seuil, .
  • Chemin faisant, connaître la Chine, relancer la philosophie. Réplique à ***, Seuil, .
  • De l’universel, de l’uniforme, du commun et du dialogue entre les cultures, Fayard, .
  • L’invention de l’idéal et le destin de l’Europe, Seuil, .
  • Les Transformations silencieuses, Grasset, .
  • Cette étrange idée du beau, Grasset, .
  • Le Pont des singes (De la diversité à venir). Fécondité culturelle face à identité nationale, Galilée, .
  • Philosophie du vivre, Gallimard, .
  • Entrer dans une pensée ou Des possibles de l’esprit, Gallimard, , 188 p.
  • L’écart et l’entre. Leçon inaugurale de la Chaire sur l’altérité, Galilée, , 91 p.
  • Cinq concepts proposés à la psychanalyse, Grasset, , 185 p., réed. Le Livre de Poche, 2013.
  • De l’intime. Loin du bruyant Amour, Grasset, , 253 p. ; réed. Le Livre de Poche, 2014.
  • Vivre de paysage ou L’impensé de la Raison, Gallimard, , 258 p.
  • De l'être au vivre, Lexique euro-chinois de la pensée, Gallimard, , 315 p.
  • Vivre en existant, Une nouvelle éthique, Gallimard, , 281 p.
  • Près d'elle, Présence opaque / présence intime, Galilée, , 119 p.
  • Il n'y a pas d'identité culturelle, mais nous défendons les ressources d'une culture, 93 p., Éditions de l'Herne, 2016.
  • Une seconde vie, Grasset, , 185 p.
  • Dé-coïncidence. D'où viennent l'art et l'existence?, Grasset, , 162 p.

Traductions du chinois par François Jullien[modifier | modifier le code]

  • Lu Xun, Fleurs du matin cueillies le soir, Alfred Eibel, 1976
  • Lu xun, Sous le dais fleuri [Les luttes idéologiques en Chine durant l'année 1925], Alfred Eibel Éditeur, 1978
  • Zhong Yong ou la Régulation à usage ordinaire, traduction et commentaires, Imprimerie nationale, 1993

Bibliographie sur le travail de François Jullien[modifier | modifier le code]

  • Penser d’un dehors (La Chine), Entretiens d’Extrême-Occident, entretiens conduits par Thierry Marchaisse, Seuil, 2000 ;
  • Der Umweg über China, Ein Ortswechsel des Denkens, Merve Verlag, 2002 ;
  • Apo ten Ellada sten Kina, metabase kai epanodos, Exantas, 2002 ;
  • Yuanqu yu guilai, Dialogue entre la Grèce et la Chine, sur la recherche du philosophe français François Jullien, par Du Xiaozhen, Zhongguo renmin daxue chubanshe, 2004 ;
  • Dépayser la pensée, Dialogues hétérotopiques avec François Jullien sur son usage philosophique de la Chine, (textes de G. Samama, J-F Lyotard, Le Huu Khoa, J-M Schaeffer, T. Marchaisse, L. Vandermeersch, M. Bitbol, R. Lanselle, P. Ricœur), Ed. Les Empêcheurs de penser en rond (diffusion Seuil), 2003 ;
  • L’Indifférence à la psychanalyse, Sagesse du lettré chinois, désir du psychanalyste : rencontres avec François Jullien, (textes de L. Cornaz, P. Hassoun, R. Abibon, O. Natahi, H. Fontana, O. Douville, M. Guibal et T. Marchaisse), Presses Universitaires de France, 2004 ;
  • Furen Daxue di er jie hanxue guoji yantaohui « qi yan qu er zhong : hanxue zuowei dui Xifang de xin quanshi — Faguo de gongxian », Le Détour et l’accès : la sinologie en tant que nouvelle herméneutique pour l’Occident – la contribution française (Colloque international organisé sur le travail de François Jullien par l’université Fu-Jen de Taïwan 5 et 6 novembre 2004 ; textes de Pierre Chartier, Philippe Jousset, Alain Riou, Wolfgang Kubin) ; bilingue chinois-français Monumenta Serica, français-chinois, juin 2005 ;
  • La China da que pensar, par Natalia Fernandez Diaz, Anthropos, 2005 ;
  • Chine / Europe, Percussions dans la pensée. À partir du travail de François Jullien, PUF, 2005 (Collectif de 19 auteurs, dont Alain Badiou, Patrice Bollon, Daniel Bougnoux, André Chieng, Benoït Heilbrunn, Philippe Jousset, Wolfgang Kubin) ;
  • Sang Viên Dông… Tro Vê Viên Tây, François Jullien, passeur de concepts, concepteur de rencontres, Actes du colloque international organisé par l’université de Hué, Viêt Nam en mai 2005, Nhà Xuât Ban, Dà Nang, 2005 ;
  • La pratique de la Chine, en compagnie de François Jullien, par André Chieng, Grasset, 2006 ;
  • Contre François Jullien, par Jean-François Billeter, Allia, 2006 ;
  • L’œuvre en cours de François Jullien, un déplacement philosophique, par Philippe Jousset, collection « Philosophie ouverte », L’Harmattan, 2007 ;
  • Oser construire, Pour François Jullien (Contributions de François Gaillard, Philippe d’Iribarne, Jean Allouch, Patrick Hochart, Philippe Jousset, Jean-Marie Schaeffer, Lin Chi-Ming, Wolfgang Kubin, Ramona Naddaff, Du Xiaozhen, Léon Vandermeersch, Bruno Latour, Paul Ricœur et Alain Badiou), Les Empêcheurs de penser en rond, 2007 ;
  • Penser l’ « autre » : dialogue autour de la pensée de François Jullien, actes du colloque international organisé par l’Université de Pékin, 15-17 oct. 2007, édités par Du Xiaozhen aux Presses de l’Université de Pékin, 2011 ;
  • François Jullien, Pensare con la Cina, a cura di Marcello Ghilardi, Mimesis, Milano-Udine 2007;
  • François Jullien et le public vietnamien, coordonné par An Na Truong Thi, VoXuan Ninh et Jacques Cortès, Synergies Monde, Revue du Gerflint, no 3, 2008 ;
  • Les apports de la pensée chinoise au pilotage par les processus, réflexion menée à partir des travaux de François Jullien, sous la direction de Dominique Fauconnier, Les Dossiers du Club des Pilotes de Processus, octobre 2008 ;
  • Autour de De l’universel, de l’uniforme, du commun et du dialogue entre les cultures de François Jullien (interventions de Marcel Gauchet, Hervé Juvin, Philippe Raynaud et Léon Vandermeersch), Le Débat, Gallimard, p. 157-192 ;
  • François Jullien & Nghiên cuu so sanh, Van Hoa, Dông-Tây, par Hoang Ngoc Hien, Nha Xuat Ban Laodong, 2009 ;
  • Chine, la dissidence de François Jullien, par Nicolas Martin et Antoine Spire, p. 312, Seuil 2011 ;
  • « François Jullien, retour de Chine », (textes de Mathieu Potte-Bonneville, Martin Rueff, Daniel Bougnoux), revue Critique, mars 2011 ;
  • Dérangements-aperçus, autour du travail de François Jullien (contributions de Bernadette Bricout, Marcel Detienne, Marcel Gauchet, Patrick Hochart, Philippe Jousset, Étienne Klein, Frédéric Mantienne, Jean-Jacques Melloul, Mathieu Potte-Bonneville, Martin Rueff, Bernard Sichère, Léon Vandermeersch), actes du colloque des 7, 8, 9 décembre 2010 réunis par Cécile Serrurier et présentés par Bernadette Bricout, éditions Hermann, 2011 ;
  • En lisant François Jullien. La foi biblique au miroir de la Chine, sous la direction de Pascal David et Alain Riou (avec Thierry-Marie Courau, Pascal David, Jacques Fantino, Bernard Ganne, Antoine Guggenheim, François Jullien, Pascal Marin, Alain Riou, Bernard Sichère), Paris, Lethielleux, 2012 ;
  • Tra Cina ed Europa. Filosofia dell' « écart » ed etica della traduzione nel pensiero di François Jullien, par Riccardo Rigoni, préambule de Giangiorgio Pasqualotto, préface de François Jullien, Mimesis, Milano-Udine 2014
  • Des possibles de la pensée - l'itinéraire philosophique de François Jullien, Actes du colloque de Cerisy-la-Salle, septembre 2013, sous la direction de Françoise Gaillard et Philippe Ratte, Hermann, 2015
  • Rencontre sur le travail de François Jullien, dialogue avec le Professeur Cheng Zhongying, Pékin, décembre 2013, édité par Professeur Fang Weigui, Sixiang yu fangfa, Presses d'Université de Pékin, 2014
  • Rencontre internationale sur le travail de François Jullien, Academia Sinica, novembre 2013, Taipei, Zhongguo wenzhe yanjiu toungxun, volumes 24 et 25, Actes parus à l'Academia Sinica, 2015
  • Penser la Chine, Interroger la philosophie avec François Jullien, Pascal David, préface de Daniel Bougnoux, Paris, Hermann, 2016, 296 pages

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Savoirs ENS », sur savoirs.ens.fr (consulté le 23 juillet 2017)
  2. « sommaire-essai », sur agenda.ipc.univ-paris-diderot.fr (consulté le 23 juillet 2017)
  3. « sommaire-essai », sur agenda.ipc.univ-paris-diderot.fr (consulté le 23 juillet 2017)
  4. « Les membres - Institut Universitaire de France », sur www.iufrance.fr (consulté le 23 juillet 2017)
  5. « Agenda de la pensée contemporaine, printemps 2005 », sur www.puf.com (consulté le 23 juillet 2017)
  6. « Revue de l'Agenda de la Pensée Contemporaine - Hermann Éditeurs », sur www.editions-hermann.fr (consulté le 23 juillet 2017)
  7. « François Jullien | FMSH », sur www.fmsh.fr (consulté le 23 juillet 2017)
  8. « Dérangements, aperçus [Texte imprimé]  : autour du travail de François Jullien / textes réunis par Cécile Serrurier et présentés par Bernadette Bricout - Sudoc », sur www.sudoc.fr (consulté le 23 juillet 2017)
  9. Fabian Heubel, « Qu’est-ce que la philosophie interculturelle ? Entre comparatisme et critique transculturelle (Un dia-logue avec François Jullien) », Transtext(e)s Transcultures 跨文本跨文化. Journal of Global Cultural Studies, no 9,‎ (ISSN 1771-2084, DOI 10.4000/transtexts.554, lire en ligne) :

    « Fang Weigui 方維規 (dir.), Sixiang yu fangfa: quanqiuhua shidai zhongxi duihua de keneng思想與方法:全球化時代中西對話的可能 (Théories et méthodes: La possibilité d'un dialogue sino-occidentale à l'époque de la mondialisation), Beijing, Beijing daxue chubanshe, 2014. »

  10. « Des possibles de la pensée. L'itinéraire philosophique de François Jullien (2013) », sur www.ccic-cerisy.asso.fr (consulté le 23 juillet 2017)
  11. Fabian Heubel, « Qu’est-ce que la philosophie interculturelle ? Entre comparatisme et critique transculturelle (Un dia-logue avec François Jullien) », Transtext(e)s Transcultures 跨文本跨文化. Journal of Global Cultural Studies, no 9,‎ (ISSN 1771-2084, DOI 10.4000/transtexts.554, lire en ligne) :

    « Les 7 et 8 Novembre 2013 j’ai organisé le colloque « Betweenness and Propensity: A Workshop on François Jullien’s Interpretation of "Chinese Thought" » à l'Institut de la littérature et philosophie chinoise à l’Academia Sinica de Taipei (centré sur trois livre de François Jullien : L’écart et l’entre, La propension des choses et Traité de l’efficacité). »

  12. (en) Fabian Heubel 何乏筆, « 間與勢:朱利安François Jullien對「中國思想」的詮釋工作坊 Betweenness and Propensity: A Workshop on François Jullien's Interpretation of "Chinese Thought", Academia Sinica 2013-11-07/08 », -,‎ (lire en ligne)
  13. « François Jullien », sur chine.in (consulté le 23 juillet 2017)
  14. « François JULLIEN | Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le 23 juillet 2017)
  15. Marcel Gauchet, Dérangements-Aperçus, autour du travail de François Jullien, Paris, Hermann, , p. 174, 175
  16. « Discours sur les prix littéraires 2011 | Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le 13 août 2017)
  17. Jean-François Billeter, « Comment lire Wang Fuzhi ? », Études chinoises, vol. vol. IX, n°1,‎ , p. 95-127
  18. a et b Voir « Documents sur la controverse Billeter / Jullien (1990-) »
  19. « Contre François Jullien [Texte imprimé] / Jean François Billeter - Sudoc », sur www.sudoc.fr (consulté le 23 juillet 2017)
  20. « les penseurs du XXI : collection vidéo », sur jh.larche.free.fr (consulté le 23 juillet 2017)
  21. « Chemin faisant [Texte imprimé] : connaître la Chine, relancer la philosophie / François Jullien - Sudoc », sur www.sudoc.fr (consulté le 23 juillet 2017)
  22. Françoise Coblence et Benoît Servant, « Une rencontre avec François Jullien », Revue française de psychanalyse, vol. 81, no 2,‎ , p. 451–463 (ISSN 0035-2942, lire en ligne)
  23. « La propension des choses [Texte imprimé]  : pour une histoire de l'efficacité en Chine / François Jullien - Sudoc », sur www.sudoc.fr (consulté le 23 juillet 2017)
  24. « Le détour et l'accès [Texte imprimé]  : stratégies du sens en Chine, en Grèce / François Jullien - Sudoc », sur www.sudoc.fr (consulté le 23 juillet 2017)
  25. « Un sage est sans idée [Texte imprimé]  : ou l'autre de la philosophie / François Jullien - Sudoc », sur www.sudoc.fr (consulté le 23 juillet 2017)
  26. « De l'universel, de l'uniforme, du commun et du dialogue entre les cultures [Texte imprimé] / François Jullien - Sudoc », sur www.sudoc.fr (consulté le 23 juillet 2017)
  27. « Oser construire [Texte imprimé]  : pour François Jullien / Jean Allouch, Alain Badiou, Pierre Chartier... [et al.] - Sudoc », sur www.sudoc.fr (consulté le 23 juillet 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]